Le peintre descend-il du singe ?










L'homme ne descend pas du singe
bien sûr... tout au moins chacun de nous dans son
particulier... quant aux  autres ???




Mais revenons à des notions plus scientifiques.
L'anthropologie zoologique veut que les hominiens soient des cousins germains des autres primates :
non point issus d'eux, donc, mais seulement dérivés d'une branche commune.
ll est cependant une variété de l'espèce homo sapiens pour laquelle on peut se demander si la
science moderne n'a pas tort... Cette variété, c'est l`homo sapiens pictor, autrement dit l'Artiste-peintre.
Comment, direz-vous... vous prétendez faire descendre du singe 
les Primitifs italiens, Jean Fouquet, le Titien. Léonard de Vinci, 
Le Caravage, Rembrandt, Goya, Courbet, Van Gogh, Matisse... et
combien d'autres ?
Continuez cette liste, je vous prie... Mais ceci demande quelques explications.
Il y a exactement huit ans - en septembre 1957 - Sir Julian Huxley, ancien directeur de l'Unesco (et
frère d'Aldous Huxley, l'ineffable auteur du « Meilleur des Mondes ») 
inaugurait à la London Art Gallery ›› une exposition consacrée à l' « Art des singes ››. 
ou plus exactement aux œuvres des singes artistes-peintres.
Comment réagit le monde des arts ?... 
Le moins qu'on puisse dire est que l'exposition suscita des remous assez vifs. Certains crurent à une galéjade...
D`autres sentirent le rouge de l'indignation leur monter au front. Comment, disaient ceux-là, osez-vous
insulter la peinture, l`art, et à travers eux, la dignité de l`homme  D`autres s'enthousiasmèrent. Enfin,
disaient-ils, voici une voie d'inspiration nouvelle et pure, la source même de l'art pictural!
Qui avait raison ?... Sur le moment, la seule chose évidente fut que l'exposition permit quelques bonnes
affaires. Une partie des « œuvres » exposées, ayant été mise en vente ultérieurement, atteignit des cotes
à faire pâlir bien des « travailleurs du pinceau » appartenant à l'espèce homo sapiens !
Mais le recul a permis de réfléchir. Et il devint alors évident que l'exposition n'avait pas été sans
intérêt, surtout en ce qui concerne l'étude des fondements de l`expression artistique. Car elle a ouvert
des horizons inattendus sur le sens d'une certaine peinture « abstraite ››... tout au moins de celle qui
représente une « recherche » véritable. en éliminant tout le fatras douteux de barbouillage spéculatif dont la peinture moderne est malheureusement surchargée.











Le Singe, ce rustre zoologique, ce « primate de base ››, peut donc peindre ?
Eh oui !... Il existe même 32 singes artistes-peintres. Nous entendons par là 32 singes catalogués, répertoriés... pour certains l'on pourrait même dire cotés...ayant produit des « œuvres » graphiques et picturales! 
Zoologiquement, ces 32 artistes se répartissent ainsi : 23 chimpanzés, 4 capucins, 3 orangs-outangs
et 2 gorilles. L'art ne connaît pas de frontières génétiques !

Mais... comment un singe peut-il dessiner ou peindre ?... 
Pour nous faire une idée, observons l'un des plus connus parmi ces artistes d'un genre inattendu,
pendant qu'il s'abandonne à l'inspiration.
Congo est un aimable chimpanzé du sexe masculin, qui habite d`ordinaire Londres. Il a commencé à
peindre à l'âge de deux ans, au sortir d'une longue crise de dépression qui suivit la perte de sa liberté
et de sa forêt natale. Mais Congo s'est habitué à la vie civilisée qui lui apporte aussi des avantages,
notamment celui d'être débarrassé du souci d'avoir à partir continuellement en quête de son pain quotidien. 
Pour l'instant, c'est un chimpanzé bien propre - cela nous change de certains artistes sapientiaux! -- 
à l'air intelligent avec son muffle blanc encadré de grands favoris roux, ses cheveux à la
Beatles, ses grandes oreilles, ses arcades sourcilières proéminentes comme des visières au-dessus des yeux vifs... 
ll se tient sagement assis sur sa petite chaise d'enfant, devant sa table de travail où est
posée une grande feuille de papier blanc... sauf qu`il a mis un pied sur sa table pour mieux tenir son
papier... Mais il paraît que le fait est habituel chez les artistes chimpanzés !

On lui tend un crayon... Congo saisit l'objet, le flaire et essaie de le mordiller... ce qui lui vaut une
réprimande. Alors il le prend à pleine main, comme un bâton, et appuie la pointe sur le papier. Puis
son bras bouge un peu : alors il s'arrête et contemple longuement cette petite chose bizarre qui sort du
bout de son crayon, comme un tortillon de pâte dentifrice. 
Va-t-il continuer ?... ll hésite, et soudain recommence. Cette fois, il « travaille ›› sans discontinuer, 
traçant une ligne après l'autre, l'on n'oserait pas dire que cela « prend forme ››, car ce serait insulter ce que vous et moi appelons communément l' « art ››... Mais nous verrons que Congo ne trace tout de même pas n'importe quoi.
L'inspiration se poursuit pendant quelques minutes, puis Congo s'arrête et on change la feuille. Ravi,
il recommence. Mais son crayon s'est usé : alors, tout comme un véritable artiste dont l'inspiration a été
coupée. Congo entre en transe et trépigne; il jette le crayon, hurle et menace de détruire son œuvre.
On lui en tend un autre : instantanément il retrouve son calme.


L'artiste avait avalé son crayon...


Au bout d'un quart d`heure ou d'une demi-heure, cela dépend, Congo est fatigué. Alors, il jette son
crayon, donne de grands coups de poing sur la table et commence à dévorer son tableau, si l'on
n'intervient pas assez vite. D`autre fois, il s'interrompt pour se livrer de façon inattendue à une
exhibition gymnastique, gambadant et se balançant à tout ce qui lui tombe sous la main... Puis calmé,
défoulé, il se remet au travail.Mais tout cela n'est rien à côté de l'instant sublime... 
où Congo peint! On lui a confectionné tout exprès une petite table garnie de six godets contenant chacun une couleur : 
rouge, jaune, vert, bleu, noir et blanc. Il serait certes intéressant, du point de
vue de la libre création artistique, de laisser le brave animal s`abandonner à son génie créateur. Malheureusement les choses se compliquent  car Congo ne connaît nulle joie supérieure à celle qui consiste à mélanger les couleurs dans les godets jusqu'à ce qu'il n`y ait plus, partout, qu'une même teinte brun sale qui représente sans doute pour lui le sommet de l'art pictural. Quant à la toile... il n`en a cure! ll a donc fallu se résigner à limiter la liberté de l'artiste en lui passant le pinceau enduit d'une couleur, l'une après l'autre, et en laissant l'œuvre sécher après chaque application. Nous reparlerons du résultat. Pour des raisons de sécurité, il a également fallu limiter son talent à l`utilisation de la peinture à l'eau, plus spécialement aux couleurs « sans danger ›› qu'utilisent les enfants. Car l'artiste Congo s'est montré prêt à toutes les audaces. S'il répugne à tremper ses doigts dans la couleur (les singes ont horreur de l'eau !)  il a - par contre - inventé une suprême originalité : « la peinture  à la langue ». 
ll a également découvert aux couleurs une utilisation comestible : le blanc, surtout, lui paraît plein de
saveur, et il faut beaucoup de vigilance pour l'empêcher d`en faire l'usage habituellement réservé au lait.
Encore Congo est-il un gentil petit animal obéissant à son maître... 
Mais d'autres magisters n'ont pas cette chance. 
Par exemple, le maître de Christine, jeune chimpanzé femelle de deux ans, voulait
absolument que son élève fasse des tableaux avec des craies de couleur : 
Christine s'assit tranquillement et mangea toute la craie. Un autre faillit avoir des
ennuis terribles : son élève Achilla. un gorille femelle, avala le crayon! 
Il fallut pratiquer d'urgence une gastrotomie, dont le grand artiste - grand au sens linéaire du terme, du moins - se remit parfaitement.
Pour en revenir à Congo, il est aussi capricieux et ne tolère pas d`être observé par des étrangers
quand il se livre à son inspiration naturelle. L'arrivée d'un intrus le met en fureur : 
il pousse les hauts cris, jette le crayon ou le pinceau et tape à toute force sur la table.
Sa réaction est encore plus violente si l'on vient à interrompre l'œuvre commencée. 
Furieux d`être interrompu dans son élan créateur, Congo menace de
griffer et de mordre! Bon gré, mal gré, il faut se résoudre à le laisser aller jusqu'au bout : 
alors, il tend le crayon, gentiment, signifiant par là qu'il a fini. 
Cette curieuse réaction, ce sens de « l'achèvement ›› de l'œuvre, 
a été observée chez tous les artistes-singes. Aucun ne tolère d'être interrompu avant de
s'être complètement. totalement exprimé.
Précisons que. jamais Congo -- ni aucun de ses confrères -- n'a reçu la moindre récompense pour son
œuvre. Ni banane, ni un fruit quelconque, ni un morceau de sucre, ni une gâterie. 
L'artiste-singe peint pour livrer au monde le message de sa pensée secrète,
de ses désirs et de ses enthousiasmes. C'est réellement l`art pour l'art.
Un seul iconoclaste sapiental entreprit, « pour voir » de récompenser un artiste-singe : il espérait
peut-être améliorer ou intensifier la production... Hélas! Quand l`artiste eut compris au bout de quelques
séances, qu'il avait droit à une banane pour un dessin, il changea sa manière de faire : il se dépêchait
de griffonner n`importe quoi... et tendait la main pour réclamer son dû. 
Il fut impossible de le ramener à une notion plus saine de la création artistique.
Son âme était perdue : l'art mercantile était né!

Mais, direz-vous, cet « artiste-singe   Que dessine-t-il ? Que peint-il ?
Il est dommage que nous ne puissions reproduire ici les fort curieuses peintures en couleurs exécutées
par Congo et ses confrères... au bas desquelles les signatures de certains de nos tachistes
ne paraîtraient pas du tout insolites!


Mettons une feuille blanche devant l'obligeant Congo, ou l'aimable Betsy, ou l'étrange Bella, ou
l'ahurissante Sophie, la guenon gorille deux fois grosse
comme son gardien, insolite derrière son pupitre d'écolière avec le fétu de son crayon bien serré sous
son index replié en crochet... et attendons. Qu'est-ce que cela va donner ?
Un gribouillage, bien sûr, car l'on ne saurait donner un autre nom aux « crayons ›› et aux fusains ››
de nos artistes en branche. Mais, à l'analyse, ce gribouillage se montre révélateur.
Première constatation- : l'artiste respecte toujours les limites du papier ; jamais il ne déborde. 
C'est signe qu'il possède en lui la notion de l'œuvre en tant qu'élément distinct de l'environnement. 
Il éprouve le sentiment -- confus, sans doute, mais réel -- des rapports qui unissent le papier, le crayon... et son propre cerveau. C'est l'essence, la base, la source du sentiment artistique.
Il ne faudrait pas croire, non plus, que notre animal gribouille n'importe quoi ! Chaque artiste a son
style, sans doute en rapport avec sa personnalité profonde, à un tel point que les spécialistes identifient
très bien l'auteur d'un tableau. Le tracé énergique, appuyé et relativement coordonné de Fifi, 
chef autoritaire d*une petite tribu de chimpanzés, contraste avec
le style léger, fantaisiste, du conciliant Beebee, qui doit être quelque chose comme le poète de la troupe.
Celui de Congo, fait de longs traits légers, souvent orientés en éventail, d'autres fois de cercles et 
d'ovales harmonieux, n'a rien de commun avec le trait écrasé et heurté de Sophie, la guenon gorille. Bien plus, le style évolue avec l'expérience. Timide et hasardé au début, le dessin s'affirme par la suite et prend de la sûreté : l`artiste a conquis la maîtrise de son art.

Livrons-nous maintenant à un autre genre d'expériences. Remplaçons le papier blanc par une feuille
sur laquelle on a dessiné un motif simple : un carré gris par exemple. Eh bien, ce motif déjà existant va
influer sur la composition de l'œuvre, et l'artiste va réagir de deux manières différentes.
Si le motif est situé au centre de la feuille, il va provoquer chez le singe une réaction de marquage,
c'est-à-dire que l'animal gribouille à peu près exclusivement sur le motif ou ã son voisinage, en ignorant
le reste du papier. Si, au contraire, le motif est nettement décalé (à gauche ou à droite, en haut ou en bas), il provoque une réaction d`équililbration, c'est-à-dire que l'animal décale son propre dessin du côté où se trouve l`espace blanc, de façon à équilibrer grossièrement les masses optiques.
Quelles conclusions tirer de ces faits '?... Celle qu'il existe chez l`artiste-singe un incontestable sens artistique. Que celui-ci ne correspond pas a nos normes - du moins à nos normes traditionnelles -- ne change rien à la chose. L'animal peint pour lui et éprouve une joie profonde à exprimer sa personnalité. Il y met aussi une pointe d'originalité, sa «  touche ›› personnelle. Là est l'essentiel.
Mais la conclusion la plus inattendue est celle que l'on tire en comparant les dessins des artistes-singes
avec ceux d`enfants humains. Donnons une feuille et un crayon à un enfant de dix-huit mois ou deux
ans : son gribouillage apparaît très voisin de celui de nos singes. Tout comme son frère inférieur, l'enfant respecte les limites du papier et centre grossièrement son « dessin ». Sur la feuille marquée d'un carré, il manifeste les mêmes réactions de marquage ou d'équilibration, selon le cas, avec toutefois de petites différences : l'équilibre de la composition de l'enfant est moins bon; par contre, il manifeste une plus grande recherche dans le détail, en réalisant diverses variantes de ses figures (ce que le singe ne fait jamais) : il montre par là une tendance ù la recherche inventive, qui est le propre de l`espèce humaine.
Terminons par une remarque... inattendue. Des expérimentateurs à l'humeur taquine eurent un jour
l`idée de soumettre des dessins d”artistes-singes à des psychologues... sans révéler leur origine. Le résultat fut surprenant! Une œuvre du Docteur Tom (un chimpanzé) fut considérée comme émanant d' << un enfant de sept ou huit ans témoignant d`agressivité et de tendances paranoïaques ». Une œuvre de la guenon Beth fut interprétée comme émanant << d”une fillette de dix ans farouchement révoltée et de type schizoïde »; et une autre de la même, comme celle << d'une fillette de dix ans, de type paranoïde, et présentant un complexe d'Oedipe inversé ».
A la décharge des psychologues-psychiatres, il faut dire que leur diagnostic était fondé sur la 
comparaison avec des critères pathognomoniques humains...qu'il est certainement abusif d'appliquer à l'espèce Singe !





Le chimpanzé a une manière très caractéristique de se tenir en travaillant.



De la peinture d'adulte ã l'infantilisme

Avant de terminer, nous examinerons un dernier aspect de cette question, non moins important sur le
plan philosophique. Un artiste-singe, même en le supposant spécialement doué et « ayant appris la peinture ››, parviendra-t-il à dessiner ou à peindre comme un artiste- homme ?
Certainement pas. Pourquoi ?...
La clef dela réponse se trouve dans la magistrale étude que la psychologue américaine 
Rhoda Kellogg a consacrée à l'ontogénèse de la représentation picturale. Utilisant plus de 200000 dessins d'enfants de deux à dix ans, cet auteur a réussi à dégager les stades par lesquels passe le sens du dessin au cours de la croissance de l`enfant... en somme, quelles sont
les étapes intermédiaires de la représentation graphique, du gribouillage du tout-petit au dessin bien for-
mé du grand enfant. Pour mieux comprendre, étudions par quels mécanismes un enfant devient apte à dessiner une silhouette humaine... Vers un an, il est tout juste capable de tracer un ensemble de lignes, mais comme il n'a pas encore compris le mystère de l'« aller et retour . il en est réduit à tracer des lignes courtes et entrecoupées. L'idée de continuité entre des lignes différemment orientées lui vient vers deux ans : il trace alors des boucles écrasées et embrouillées; ces boucles s'arrondissent peu à peu pour devenir des spirales, qui se contractent bientôt en un cercle, et celui-ci devient à peu près correct vers trois ans. Un peu plus tard, l'enfant commence à remplir le cercle avec des points et des traits en désordre (phénomène identique au  « marquage ››); un peu plus tard, le
dessin s`épure et se transforme en «  roue de gouvernail ››. Celle-ci, à son tour, deviendra une tête avec
des cheveux, et bientôt des yeux, un nez et une bouche. Vers quatre ans, l'enfant accroche à cette
tête quatre traits figurant les membres. Il ne lui reste plus qu'ã isoler le corps et ajouter les doigts et les
pieds... A partir de cinq ans, l'aptitude à réaliser une image figurative est complète, et l'enfant va
prendre ses modèles dans le monde extérieur (une maison, un chien, une fleur), au lieu de les puiser
dans son inspiration profonde, comme il a fait jusqu'à trois ans.
Or, le rapprochement des dessins d'artistes-singes et d'artistes-enfants montre que le stade le plus 
évolué atteint par l'animal est celui du cercle marqué. C`est le stade auquel parvient normalement 
un enfant de trois ans. C'est aussi celui qui correspond au point ultime de l'abstrait véritable. Au-delà commence l'ébauche, encore maladroite, mais certaine: c'est le début de l`art figuratif.
Un curieux rapprochement _ qui n'est d'ailleurs nullement une coïncidence - nous montre que le
stade du << cercle marqué » représente à la fois la limite extrême de l`art abstrait, et le summum des
possibilités du cerveau simien. On peut en conclure que l'artiste-singe - qui est incapable de dépasser
le niveau d'un enfant de trois ans- ne fera jamais de dessin figuratif.
Renversons maintenant notre question du début, et formulons-la de la façon suivante : 
un artiste-homme peut-il peindre comme un singe ?
Pour répondre, nous devons faire un rapide tour d`horizon de ce que fut et de ce qu'est devenue la
peinture. De la fin du Paléolithique (l'art magdalénien, aurignacien, solutréen) à la fin du XIXe siècle, c'est-à-dire pendant près de vingt-cinq mille ans. la peinture a été à peu près exclusivement figurative. Mais, depuis le début de ce siècle. toute une série de mouvements plus ou moins en « isme ›› ont prétendu l`entraîner dans la recherche des sources de l'inspiration picturale. En fait, l'analyse des peintres modernes nous permet de les répartir en quatre tendances, du point de vue de l'évolution psychologique :

a) Les peintres figuratifs vrais : ce sont les peintres classiques, qui cherchent leur source d'inspiration dans le monde extérieur et prétendent représenter les êtres et les objets tels qu'ils sont. D`après ce que nous avons dit, nous voyons qu'ils correspondent au stade de maturité de l`être humain. C'est une peinture d'adultes.

b) Les figuratifs oniriques : ce sont les peintres du rêve et les peintres du subsconcient. Prétendant s'inspirer de la psychanalyse, ils cherchent à adapter les lois picturales au domaine 
des pulsions psychiques, ils reflètent la montée au grand jour des images mystérieuses de l'inconscient. De cette catégorie relèvent notamment les «  Surréalistes , et nous pourrions citer les noms de Salvador Dali, Magritte, Jean Lurçat, Yves Tanguy, etc.

c) Les peintres figuratifs infantiles : ceux-là représentent aussi des êtres et des objets, mais sous une
forme imparfaite, modifiée, incomplète, erronée. C`est << du point de vue psychologique » le stade
atteint par les enfants entre trois et cinq ou six ans. De nombreux peintres modernes entrent dans cette
catégorie : c'est le cas de Juan Miro, Dubuffet, Gromaire, des « peintres du dimanche » 
(Henri Rousseau) et de nombreuses œuvres de Van Dongen et de Picasso, etc. Il suffit de mettre côte à côte un de leurs personnages et un bonhomme dessiné par un enfant, pour se rendre compte que ces peintres sont de vrais figuratifs, mais au stade infantile.

d) Les peintres abstraits : ceux-là ne prétendent pas représenter le monde réel, mais puisent leur inspiration dans les stades primordiaux de la différenciation graphique. Il n'est donc pas étonnant que les éléments de leur peinture se retrouvent à la fois chez l`enfant de moins de trois ans et chez l'artiste-singe. Dans cette catégorie, nous devons citer les noms désormais classiques de Kandinsky, Piet Mondrian, Elliott, Picabia. Paul Klee, Robert Delaunnay, Morgan Russel, Kupka. Arp. Ben Nicholson, et les « tachistes ›» de la suite de Hans Hartung. Ceux-là seuls sont les vrais peintres abstraits, psychologiquement parlant.


Remarquons bien que certaines de leurs compositions (nous pensons à certaines peintures de Nicholson, d`Eliott, et au fameux « Victory Boogie-Woogie » de Mondrian) ne manquent ni de charme, ni d'harmonie... C`est aussi le cas, d'ailleurs, des peintures d'artistes-singes de talent comme les chimpanzés Congo, Zippy, Betsy, l'orang-outan Alexandre, la gorille Sophie : certaines de leurs œuvres ne dépareraient nullement les murs du salon d`un amateur de peinture abstraite.


Cette constatation, nous le voyons, répond à notre seconde question: 
oui l'homme peut peindre comme un singe!

Révérence parler naturellement!


Docteur Pierre Theil.



Article paru dans la revue La Vie des Bêtes et l'Ami des Bêtes, janvier 1966.









Le gorille contrairement au chimpanzé fait beaucoup moins "le singe" en travaillant...


















L'observation du mode de vie des animaux, 
 peut nous aider à réfléchir sur nous-même de manière originale.

Dans notre société contemporaine caractérisée par la perte des valeurs et des repères, les actions pour le  respect de l'animal et de l'environnement peuvent initier de nouveaux challenges humains, instruire par une véritable force créatrice, l'encouragement à la préservation de certains principes vitaux.
Par la simple mise en oeuvre de principes générateurs d'innovations, elle peut ainsi nous permettre de sortir de l'impasse actuelle du déni, en ce qui concerne l'importance de la responsabilité sociétale. 







Les singes peintres...


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