Un bateau italien qui venait de San Francisco était accosté au port, devant les bâtiments de la douane. De ce côté-là, on avait allumé toutes les lampes, d'énormes ampoules électriques à la lumière blanche et crue qui pendaient à des fils un peu partout, de sorte que de loin cela donnait l'impression d'un plateau de cinéma, avec des ombre s'agitant en tous sens, les coups de sifflet commandant le vacarme métallique des grues et des palans, les couleurs mangées par les projecteurs, le vert et le rouge du pavillon, par exemple, tout pâles, tranchant à peine sur le blanc.
Le passager clandestin
Georges Simenon
"Le métier d'homme est difficile"
"Si tu veux vivre vieux marin,
arrondis les caps, et salue les grains"
Arrondir un cap : contourner une pointe, un cap en passant prudemment au large ;
Saluer un grain : réduire la voilure dans les surventes.
"Alors, il s'est aperçu que la civilisation n'était qu'une faillite maquillée. "
Jean Feuga
"Pourquoi ?... Que cherchait-il ?
Un jour, je dirai le drame de sa vie
un drame profondément humain et simple.
Il n'avait pas de but. L'aventure un peu folle et meurtrière
ne fut pour lui qu'une voie d'évasion qui l'entraînait irrésistiblement, comme un fleuve. Il a subi le douloureux désir de savoir ce qui se cache derrière tel horizon qui semble devoir limiter tout élan. Il a voulu être libre, parce qu'il se savait assez fort pour cela...
Mais on ne peut être libre que contre les autres. Deux catégories d'hommes : ceux qui écrasent, et ceux qui se laissent écraser. Gérard avait choisi...
extrait de "Les Aventuriers de la Mer"
Jean Feuga
Avril 1934
épisode paru dans la revue Scandale, numéro 9
Paris, 227 rue Saint-Denis.










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