vendredi 30 septembre 2011

Si l'écho de leurs voix ...
















































Les formes et les choses se manifestent à celui qui n'est pas attaché à son être propre.


Dans ses  mouvements, il est comme l'eau ;
dans son repos il est comme un miroir,
et dans ses réponses, il est comme l'écho.
Lao-Tseu  
Extrait de Le Vrai Classique du vide parfait


















Le verdict du passé est toujours le verdict d'un oracle. Vous ne le comprendrez que si vous êtes les architectes de l'avenir, les connaisseurs du présent.

Friedrich Nietzsche







































"Ils parvinrent en haut du rocher dans un tel silence que non seulement ils trompèrent les gardes, mais ils ne firent pas même se lever les chiens, animal inquiet. Mais ils n’abusèrent pas les oies, que les Romains avaient épargnées malgré l’extrême disette, parce que c’étaient des oiseaux consacrés à Junon. 
Et c’est ce qui sauva les Romains. En effet, réveillé par le cri et le battement d’ailes des oies, Manlius, remarquable combattant, précipita les Gaulois qui montaient, en appelant les autres à prendre les armes. C’est de là que vient la coutume de porter dans une procession solennelle un chien fixé à une fourche, tandis qu’une oie est portée, comme pour un triomphe, sur une litière munie d’une couverture. "










Histoire des Oies du Capitole Lhomond




































































































J'ai lu chez un conteur de fables,
Qu'un second Rodilard, l'Alexandre des chats,
L'Attila, le fléau des rats,
Rendait ces derniers misérables.
J'ai lu, dis-je, en certain auteur,
Que ce chat exterminateur,
Vrai Cerbère, était craint une lieue à la ronde :
Il voulait de souris dépeupler tout le monde.
Les planches qu'on suspend sur un léger appui,
La mort-aux-rats, les souricières,
N'étaient que jeux au prix de lui.
Comme il voit que dans leurs tanières
Les souris étaient prisonnières,
Qu'elles n'osaient sortir qu'il avait beau chercher,
Le galand fait le mort, et du haut d'un plancher
Se pend la tête en bas : la bête scélérate
A de certains cordons se tenait par la patte.
Le peuple des souris croit que c'est châtiment,
Qu'il a fait un larcin de rôt ou de fromage,
Égratigné quelqu'un, causé quelque dommage ;
Enfin qu'on a pendu le mauvais garnement.
Toutes, dis-je, unanimement
Se promettent de rire à son enterrement,
Mettent le nez à l'air, montrent un peu la tête,
Puis rentrent dans leurs nids à rats,
Puis ressortant font quatre pas,
Puis enfin se mettent en quête.
Mais voici bien une autre fête :
Le pendu ressuscite ; et, sur ses pieds tombant,
Attrape les plus paresseuses.
" Nous en savons plus d'un, dit-il en les gobant :
C'est tour de vieille guerre ; et vos cavernes creuses
Ne vous sauveront pas, je vous en avertis :
Vous viendrez toutes au logis. "
Il prophétisait vrai : notre maître Mitis
Pour la seconde fois les trompe et les affine,
Blanchit sa robe et s'enfarine ;
Et de la sorte déguisé,
Se niche et se blottit dans une huche ouverte.
Ce fut à lui bien avisé :
La gent trotte-menu s'en vient chercher sa perte.
Un rat, sans plus, s'abstient d'aller flairer autour :
C'était un vieux routier, il savait plus d'un tour ;
Même il avait perdu sa queue à la bataille.
" Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille,
S'écria-t-il de loin au général des chats :
Je soupçonne dessous encor quelque machine :
Rien ne te sert d'être farine ;
Car, quand tu serais sac, je n'approcherais pas. "
C'était bien dit à lui ; j'approuve sa prudence :
Il était expérimenté,
Et savait que la méfiance
Est mère de la sûreté.










 Le Chat et un vieux Rat




Jean de La Fontaine 



































 L'humanité a l'oreille ainsi faite qu'elle continue à dormir quand le bruit retentit et ne se réveille qu'avec l'écho.


Arthur Schnitzler








































L'honneur parle, il suffit: ce sont là nos oracles.











Iphigénie en Aulide (1674)






Jean Racine


































jeudi 29 septembre 2011

Angélique simplicité de gestes colorés d'émotions...
































































































Antonello « Abraham et les 3 anges



























































































































































Voie colorée de l'amicale luminosité 
circulant  dans l’extrême fragilité... 








Il fallait extrapoler la voilure
en la suspension du geste de la Vierge...
Il fallait ouvrir une voie envisagée en forme d'amande
étblir un condensé en  « pourtraitures 
géométriquement dessinées»
Il fallait oeuvrer à la lueur des cierges
Il fallait peindre des perspectives complexes élaborées 
Il fallait échafauder des combinaisons ensoleillées 
il fallait oser des ré-interprétations en universelle spiritualité.
Il fallait ouvrir la voie en succession d’architectures imbriquées
Il fallait porter l’attention  à la réalité des objets 
dans une saveur veloutée toute flamande. 
Il fallait ce goût du détail pour faire accepter l'idée
de tâches colorés presque informes vues de près
et qui donnaient le change une fois qu'on s'éloignait.

Il fallait une quête, une  fascination 
une aptitude à susciter l’émotion rayonnée 
de chaleur englobée par la couche picturale
Il fallait peindre cet audacieux florilège de luminosité. 
Il fallait oser afficher la compassion qui rayonne 
au travers d'un voile de mystère
à l'heure bleue emmagasinée
celle qui fait tourner les êtres sous la lumière...

Il fallait oser s'abstenir de définir


pour simplement suggérer... 


Hommage à l'art d'Antonello par Jacqueline Waechter









































mercredi 28 septembre 2011

Qui brille pour tout le monde différemment selon le point de vue ?










































































































































































































































 Point de vue



Le soleil brille pour tout le monde
Quand, à la Méditerranée,
On s' donne la main, on fait la ronde.
Et chacun peut en profiter.

Faudrait voir à pas mélanger
Les torchons avec les serviettes,
Le caviar et la vache enragée,
Les clochards avec les starlettes.

Moi, j'dis qu' l'hiver a pas l' même goût
Selon comment on le regarde.
Moi, j'dis qu' l'hiver a pas l' même goût
A Megève ou sous l' pont de Saint-Cloud.

Sur la Seine, y a des bateaux-mouches
Avec des dames en décolleté
Qui rient très haut et font des touches...
Et y a aussi les suicidés.

Faudrait voir à pas mélanger
Les torchons avec les serviettes,
L' malheur et l'imbécillité,
La fringale et le coup d' fourchette.

Moi, j' dis qu' la Seine a pas l' même goût
Selon comment on la regarde.
Moi, j' dis qu' la Seine a pas l' même goût
Vue par en-dessus ou par en-dessous.

Y a des murs où, au matin blême,
On met en rang les entêtés.
Y a des murs où, au matin blême,
On assassine la Liberté.

Faudrait voir à pas mélanger
Les torchons avec les serviettes,
Les martyrs et les médaillés,
Les généraux et les poètes.

Moi, j' dis qu' l'Honneur a pas l' même goût
Selon comment on le regarde.
Moi, j' dis qu' la Mort a pas l' même goût
Vue par en-dessus ou par en-dessous.
















musique de Jean Arnulf, paroles Martine Merri











Pour Point de vue, je suis sûr que c’était les paroles




 d’abord, 


puisqu’il y avait eu une première musique de 






faite par quelqu’un d’autre.






 Mais ça ne nous plaisait pas. 


Je trouvais que ça n’allait pas du tout avec ce qu’avait 


écrit Martine : 


il fallait conserver de la tendresse, 

il ne fallait surtout pas de brutalité. 

Le texte se suffisait à lui-même, 

il est extraordinaire, même sans musique. 

Tant mieux s’il y a eu une musique qui collait bien 


avec. 

Mais il me fallait surtout rester très calme, « cool », 


avec ce texte.







    Martine Merri : 





"C’était ma petite personne, qui, à l’époque, était très à 




gauche, très « social »; 

c’est tout bêtement une chanson sur l’injustice sociale. 

C’était quelque chose qui me tenait énormément à cœur 


et j’avais la candeur de croire que ça risquait de 




changer un jour... 

Elle a eu du succès, cette chanson, un succès relatif. 

On n’était pas des grandes stars, 




mais c’est celle qui a le plus marqué.