L'intuition est une vue du cœur dans les ténèbres.
André Suarès
Extrait de Dostoïevski
André Suarès :
Gabriel Bounoure l'a défini comme « le grand témoin de la grande crise de sa génération, quand on ne pouvait même pas croire à la vie, sauf sous cette forme sublime qu'on appelle art. »
Le temps n'a qu'une réalité, celle de l'instant.
Autrement dit, le temps est une réalité resserrée sur l'instant et suspendue entre deux néants.
Gaston Bachelard
Extrait de L'intuition de l'instant , étude sur la Siloë de G. Roupnel
Et c'est seulement l'amour qui lui permet de se réaliser pleinement.»
Eric Rohmer
Dialogue du film Pauline à la plage
musique Paul Maurice, Al vaivén de mi carreta
Hommage au film d'Eric Rohmer , la Collectionneuse Patrick Bauchau : Adrien Haydée Politoff : Haydée Daniel Pommereulle : Daniel
" Ozan lui montre ce qu'il faut faire : 'Ainsi, le son prend de la couleur.'
Quand Ozan joue, on dirait du miel. Curieusement le maître a de petites mains épaisses, des doigts larges aux extrémités calleuses. Mais les sons magiques qui coulent de ces doigts sont d'une beauté surnaturelle. Jamais Joakim ne pourra jouer ainsi.
Et Ozan est encore moins charmé par ses improvisations que par ses doigts.
'Que sais-tu des pauses ?' Joakim ne sait rien. Il reproduit ce qu'il a entendu, c'est tout.
'La musique se dégage du repos absolu', dit Ozan.
'Celui qui ne comprend pas ça, ne maîtrisera jamais la musique. Allez',
et il fait le geste de rejeter quelque chose loin de lui,
'Joue-moi un air dans le makam hidjaz.' Joakim s'y est préparé, c'est le mode musical dans lequel la majorité des mélodies d'Ozan ont été écrites.
Il fait de son mieux. Produit une série de notes qui grimpent en trottinant le sentier menant à la Forteresse.
'Doucement, pas si vite', crie le vieillard, alors que Joakim n'en est même pas à mi-chemin. 'Es-tu trop couard pour affronter le silence?'
"Un est le premier chiffre du nombre qui ne se termine jamais '
L'élégance, un vide protecteur autour de la personne?
"Comment êtes-vous arrivée à tourner La Collectionneuse ?
Je prenais un café au Flore lorsque l’assistant d’Eric Rohmer est venu me voir. Rohmer, que j’avais croisé dans des dîners chez des amis communs, me cherchait. Il voulait savoir si j’étais disposée à écrire des dialogues pour son prochain film. Moi, qui étais passée d’un truc à l’autre jusqu’à présent, j’ai dis oui. Avec Rohmer, on s’est un peu perdus de vue ces dix dernières années, mais j’ai toujours gardé le contact avec lui. C’est quelqu’un que j’estime et que j’aime beaucoup.
Dans La Collectionneuse, vous aviez co-écrit les dialogues.
C’est Rohmer qui vous l’avait demandé ?
Avec Rohmer, je m’entendais extrêmement bien. Il ne fait pas des films pour « faire du fric » et ce qu’il écrit, qu’on aime ou pas, ce sont des choses qui lui tiennent à cœur et qui veulent dire quelque chose."
Au départ, vous souhaitiez faire du cinéma ?
Je n’ai jamais travaillé pour devenir une actrice. Lorsque Rohmer m’avait demandé si je voulais écrire les dialogues de La Collectionneuse, je crois qu’il avait déjà l’idée de me faire jouer le rôle. Moi, je n’y pensais pas du tout ! Quand il me l’a demandé, je lui ai répondu :
« Pourquoi pas ? »
J’ai toujours agi ainsi quand on me proposait un rôle : j’accepte et puis on verra... C’est toujours ça de gagné et tant que ça dure... C’est pour vous dire que je ne suis pas quelqu’un qui a eu un « plan de carrière » en choisissant ses films, en sollicitant des metteurs en scène...
Faire du cinéma ne me dérangeait pas outre mesure, mais le théâtre m’aurait fait perdre tous mes moyens ! Être en présence avec quelqu’un qui a payé sa place pour vous voir jouer un rôle, cela me paniquait totalement, tout comme la télévision en direct. Au cinéma, où l’on n’est pas un contact direct avec le public, on ne se sent pas obligé de donner le meilleur du premier coup, à la première prise...
..."Avant de faire du cinéma, je n’étais rien du tout, mais j’avais des amis qui connaissaient les metteurs en scène et les gens connus... Je regardais ce monde comme une spectatrice. C’était assez fascinant quand même. À partir du moment où j’ai tourné La Collectionneuse, tous ces gens qui m’ignoraient royalement ont commencé à devenir très charmants... Donc, je ne faisais pas trop d’illusions après."
Adrien s'apprête à passer une partie de l'été dans la villa provençale de Rodolphe afin d'assister, soi-disant, à une vente et de traquer un commanditaire pour sa future galerie de peinture. Mijanou, son amie, s'envole pour Londres. En réalité, Adrien va surtout tenter, avec Daniel, un peintre reconverti dans la fabrication d'objets, une quête du néant par le biais d'une profonde inactivité. La présence inattendue de Haydée déplait à Adrien qui craint de voir sa tranquillité troublée.
Autour du film
Ce film raconte la cohabitation dans une villa provençale de deux garçons et une fille.
Rohmer aborde ici nombre des thèmes récurrents dans ses films : le désir, la fidélité, l'amitié entre les sexes. Il se caractérise par l'utilisation très forte de la voix off du narrateur. La voix off d'Adrien dit d'ailleurs :
« S'ouvrit alors une ère d'hostilité franche qui fut celle peut-être où nos talents respectifs, le sien non moins que les nôtres, trouvèrent à s'exercer. »
extrait d' Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Le titre du film vient du comportement de Haydée ; Adrien dit d'elle (37'25) :
« J'ai trouvé la définition de Haydée, c'est une collectionneuse. Haydée, si tu couches à droite et à gauche comme ça sans préméditation, tu es l'échelon le plus bas de l'espèce, l'exécrable ingénue. Maintenant si tu collectionnes d'une façon suivie avec obstination, bref si c'est un complot, les choses changent du tout au tout. »
L'idée de collection est contre l'idée de pureté .
le film évoque ainsi l'incomplétude du désir.
L'idée de collection est un lien qui unit les deux personnages principaux car le travail d'Adrien est justement de vendre à ses collectionneurs. Il sera d'ailleurs demandé à Adrien s'il fait partie de la collection d'Haydée.