lundi 28 février 2011

"Quel rôle d'Annie Girardot vous a-t-il le plus marqué?"


























MOURIR D'AIMER


























Film d'André Cayatte avec Annie Girardot. 



Les parois de ma vie sont lisses
Je m'y accroche mais je glisse
Lentement vers ma destinée
Mourir d'aimer

Tandis que le monde me juge
Je ne vois pour moi qu'un refuge
Toute issue m'étant condamnée
Mourir d'aimer

Mourir d'aimer
De plein gré s'enfoncer dans la nuit
Payer l'amour au prix de sa vie
Pécher contre le corps mais non contre l'esprit

Laissons le monde à ses problèmes
Les gens haineux face à eux-mêmes
Avec leurs petites idées
Mourir d'aimer

Puisque notre amour ne peut vivre
Mieux vaut en refermer le livre
Et plutôt que de le brûler
Mourir d'aimer

Partir en redressant la tête
Sortir vainqueur d'une défaite
Renverser toutes les données
Mourir d'aimer

Mourir d'aimer
Comme on le peut de n'importe quoi
Abandonner tout derrière soi
Pour n'emporter que ce qui fut nous, qui fut toi

Tu es le printemps, moi l'automne
Ton cœur se prend, le mien se donne
Et ma route est déjà tracée
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer
Mourir d'aimer

CHARLES AZNAVOUR









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"GP et CPL Robert HIRSCH évoque ses souvenirs sur les débuts d'Annie GIRARDOT à la Comédie Française (48") - Théâtre Montparnasse : PA et ZAR Annie GIRARDOT assise devant bureau les pieds sur la table parle de son personnage dans "Madame Marguerite" de Roberto ATHAYDE (42") - PE extrait scène Annie GIRARDOT devant un squelette (20") - En répétition, Jorge LAVELLI le metteur en scène assis dans la salle donne des indications à Annie GIRARDOT (32") - Annie GIRARDOT parle de la pièce (25") - PE extrait scène avec le squelette (50")."



























































Annie Girardot/Lino Ventura - Le bateau d'émile
envoyé par RioBravo. - Court métrage, documentaire et bande annonce.




Film de Denys de La Patellière (1961). 
Dialogues de Michel Audiard, d'après une nouvelle de Georges Simenon 
(période rochelaise).































5 janvier 1959...Annie Girardot présente...


















C'est sur ce tournage qu'elle est tombée folle amoureuse de Renato Salvatori, 
qui interprétait le frère d'Alain Delon dans le film."

 Un bonheur fugitif...

























































C'est fou ce qu'on voit de choses dans la vie ! : Souvenirs vrais et faux C'est fou ce qu'on voit de choses dans la vie ! : 
Souvenirs vrais et faux de Nicole de Buron



Extrait du film "cours après moi que j't'attrape", 
de Nicole de Buron,
rencontre par petite annonce d'un couple (Annie Girardot, Jean-Pierre Marielle)
























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Hommage à Annie Girardot, « l'actrice préférée des Français ». par Jacqueline Waechter 2011





























Nuées de Métamorphoses au sein du cocon d'âme...






































































































































































































Parodos 1
262 - 274

SOCRATE. Il faut que ce vieillard observe le silence et qu'il écoute la prière : "Souverain maître, Air immense, qui enveloppes la terre de toutes parts, Ether brillant, et vous, Nuées, vénérables déesses, mères du tonnerre et de la foudre, levez-vous, ô souveraines, apparaissez au penseur dans les régions supérieures !"
STREPSIADE
. Pas encore, pas encore ; pas avant que je me sois enveloppé de ce manteau, de peur d'être inondé. N'avoir pas pris, en sortant de chez moi, une casquette de peau de chien, quelle malchance !
SOCRATE
. Venez, ô Nuées vénérées, vous manifester à cet homme, soit que vous occupiez les cimes sacrées de l’Olympe, battues par les neiges, soit que dans les jardins de votre père Océan vous formiez un chœur sacré avec les Nymphes, soit que, aux bouches du Nil, vous puisiez des eaux dans des cornes d'or, que vous résidiez aux Marais Méotides ou sur le rocher neigeux du Mimas, écoutez-nous, accueillez notre sacrifice, et que nos cérémonies vous fassent plaisir.
275 - 290

LE CHOEUR. Nuées éternelles, élevons-nous, en rosée transparente et légère, du sein de notre père Océan aux bruissements profonds, jusqu'aux sommets des monts couronnés de forêts, afin de découvrir les horizons lointains, les fruits qui ornent la Terre sacrée, le cours sonore des fleuves divins, et la Mer aux mugissements sourds; car l'œil de l'Ether brille sans relâche de rayons éclatants. Mais dissipons le voile pluvieux qui cache nos figures immortelles, et embrassons le monde de notre regard illimité.
291 - 298

SOCRATE. O Nuées très vénérables, il est certain que vous avez entendu mon appel. Et toi, as-tu entendu leur voix divine avec le mugissement du tonnerre ?
STREPSIADE
. Moi aussi je vous révère, Nuées respectables, et je veux répondre au bruit du tonnerre, tant il m'a causé de tremblement et d'effroi. Aussi, tout de suite, permis ou non, je lâche tout.
SOCRATE
. Ne raille pas et ne fais pas comme les poètes que grise la vendange. Sois silencieux : un nombreux essaim de déesses s'avance en chantant.
299 - 313
LE CHOEUR, se rapprochant de la scène. Vierges dispensatrices des pluies, allons vers la terre féconde de Pallas, voyons le royaume de Cécrops, riche en grands hommes et mille fois aimé. Là se trouve le culte des initiations sacrées, le sanctuaire mystique des cérémonies saintes, les offrandes aux divinités célestes, les temples magnifiques et les statues, les processions trois fois saintes des bienheureux, victimes couronnées immolées aux dieux ; les festins dans toutes les saisons; et là, au renouveau, la fête de Bromios, les chants mélodieux des chœurs et la musique des flûtes frémissantes.
314 - 355

STREPSIADE. Au nom de Zeus, je t'en prie, dis-moi, Socrate, quelles sont ces femmes qui font entendre un chant si respectable ? Sont-ce quelques héroïnes ?
SOCRATE
. Pas du tout ; mais les Nuées célestes, grandes divinités des hommes oisifs, qui nous suggèrent pensée, parole, intelligence, charlatanisme, loquacité, ruse, compréhension.
STREPSIADE
. C'est pour cela qu'en écoutant leur voix, mon âme se sent des ailes ; elle cherche à épiloguer, à ergoter sur de la fumée, à coudre trait d'esprit à trait d'esprit, pour riposter à l'autre raisonnement. De telle sorte que, s'il est possible, je souhaite vivement de les voir en personne.
SOCRATE
. Eh bien, regarde du côté de la Parnès. Je les vois descendre lentement par là.
STREPSIADE
. Où donc ? Montre-moi.
SOCRATE
. Elles s'avancent en grand nombre, à travers les cavités et les bois, sur une ligne oblique.
STREPSIADE
. Qu'est-ce donc ? Je ne les vois pas.
SOCRATE
. Là, à l’entrée.
STREPSIADE
. Ah ! oui, maintenant un peu, par là.
SOCRATE
. Tu dois maintenant les voir tout à fait, à moins que tu n'aies une coloquinte de chassie.
STREPSIADE
. Oui, par Zeus ! O vénérables divinités, elles remplissent toute la scène.
SOCRATE
. Et cependant tu ne savais pas, tu ne croyais pas que ce fussent des déesses ?
STREPSIADE
. Non, par Zeus ! mais je me figurais que c'était du brouillard, de la rosée, de la fumée.
SOCRATE
. Non, non, par Zeus ! Sache que ce sont elles qui nourrissent une foule de sophistes, des devins de Thourion, des empiriques, des oisifs à bagues qui vont au bout des ongles et à longs cheveux, des fabricants de chants pour les chœurs cycliques, des tireurs d'horoscopes, fainéants, dont elles nourrissent l'oisiveté, parce qu'ils les chantent.
STREPSIADE
. Voilà pourquoi ils chantent "le rapide essor des Nuées humides qui lancent des éclairs, les tresses du Typhon aux cent têtes, les tempêtes furieuses, filles de l'air, agiles oiseaux qu'un vol oblique fait nager dans les airs, torrents de Pluies émanant des Nuées humides". Et, pour prix de leurs vers, ils engloutissent des tranches salées d'énormes et bons mulets, et la chair délicate des grives.
SOCRATE
. Grâce à elles toutefois, et n'est-ce pas juste ?
STREPSIADE
. Dis-moi, comment se fait-il, si ce sont vraiment des Nuées, qu'elles ressemblent à des mortelles ? Elles ne le sont pourtant pas?
SOCRATE
. Alors que sont-elles donc ?
STREPSIADE
. Je ne sais pas trop. Elles ressemblent à des flocons de laine et non à des femmes, j'en atteste Zeus, pas le moins du monde. Et celles-ci ont des nez.
SOCRATE
. Réponds maintenant à mes questions.
STREPSIADE
. Dis-moi vite ce que tu veux.
SOCRATE
. As-tu vu quelquefois, en regardant en l'air, une nuée semblable à un centaure, à un léopard, à un loup, à un taureau ?
STREPSIADE
. De par Zeus ! j'en ai vu. Eh bien ?
SOCRATE
. Elles sont tout ce qu'elles veulent. Et alors, si elles voient un débauché à longue chevelure, quelqu'un de ces sauvages velus, comme le fils de Xénophante, pour se moquer de sa manie, elles se changent en centaures.
STREPSIADE
. Qu'est-ce à dire? Si elles voient Simon, le voleur des deniers cyniques, que font-elles ?
SOCRATE
. Pour le représenter au naturel, elles deviennent tout à coup des loups.
STREPSIADE
. C'est donc pour cela certainement que, hier, voyant Cléonyme, qui a jeté son bouclier, à la vue de ce lâche, elles sont devenues cerfs.
SOCRATE
. Et maintenant, quand elles ont aperçu Clisthène, tu vois, c'est pour cela qu'elles sont devenues femmes.



extrait  ARISTOPHANE 

LES NUÉES













































































































  Le nuage





Levez les yeux ! C'est moi qui passe sur vos têtes,
Diaphane et léger, libre dans le ciel pur ;
L'aile ouverte, attendant le souffle des tempêtes,
Je plonge et nage en plein azur.

Comme un mirage errant, je flotte et je voyage.
Coloré par l'aurore et le soir tour à tour,
Miroir aérien, je reflète au passage
Les sourires changeants du jour.

Le soleil me rencontre au bout de sa carrière
Couché sur l'horizon dont j'enflamme le bord ;
Dans mes flancs transparents le roi de la lumière
Lance en fuyant ses flèches d'or.

Quand la lune, écartant son cortège d'étoiles,
Jette un regard pensif sur le monde endormi,
Devant son front glacé je fais courir mes voiles,
Ou je les soulève à demi.

On croirait voir au loin une flotte qui sombre,
Quand, d'un bond furieux fendant l'air ébranlé,
L'ouragan sur ma proue inaccessible et sombre
S'assied comme un pilote ailé.

Dans les champs de l'éther je livre des batailles ;
La ruine et la mort ne sont pour moi qu'un jeu.
Je me charge de grêle, et porte en mes entrailles
La foudre et ses hydres de feu.

Sur le sol altéré je m'épanche en ondées.
La terre rit ; je tiens sa vie entre mes mains.
C'est moi qui gonfle, au sein des terres fécondées,
L'épi qui nourrit les humains.

Où j'ai passé, soudain tout verdit, tout pullule ;
Le sillon que j'enivre enfante avec ardeur.
Je suis onde et je cours, je suis sève et circule,
Caché dans la source ou la fleur.

Un fleuve me recueille, il m'emporte, et je coule
Comme une veine au cœur des continents profonds.
Sur les longs pays plats ma nappe se déroule,
Ou s'engouffre à travers les monts.

Rien ne m'arrête plus ; dans mon élan rapide
J'obéis au courant, par le désir poussé,
Et je vole à mon but comme un grand trait liquide
Qu'un bras invisible a lancé.

Océan, ô mon père ! Ouvre ton sein, j'arrive !
Tes flots tumultueux m'ont déjà répondu ;
Ils accourent ; mon onde a reculé, craintive,
Devant leur accueil éperdu.

En ton lit mugissant ton amour nous rassemble.
Autour des noirs écueils ou sur le sable fin
Nous allons, confondus, recommencer ensemble
Nos fureurs et nos jeux sans fin.

Mais le soleil, baissant vers toi son œil splendide,
M'a découvert bientôt dans tes gouffres amers.
Son rayon tout puissant baise mon front limpide :
J'ai repris le chemin des airs !

Ainsi, jamais d'arrêt. L'immortelle matière
Un seul instant encor n'a pu se reposer.
La Nature ne fait, patiente ouvrière,
Que dissoudre et recomposer.

Tout se métamorphose entre ses mains actives ;
Partout le mouvement incessant et divers,
Dans le cercle éternel des formes fugitives,
Agitant l'immense univers.





Louise Ackermann
















Au fond, c'est ça la solitude : s'envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours.
August Strindberg
Extrait de Seul















mise en images Jacqueline Waechter 2011























dimanche 27 février 2011

Le surprenant voyage d'une fleur...





















Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas.
Lao-Tseu
Extrait du Tao Te King





























Langage des fleurs...

Orchidée: ferveur, amour raffiné et mystérieux






































"Il y a deux mille cinq cents ans, en Chine, Confucius vantait la beauté des orchidées.

Les Aztèques vénéraient certaines orchidées et utilisaient la vanille. 

C'est en Hollande que la première orchidée exotique fleurit, en 1615. 

Elle symbolise la fécondité, la perfection et la spiritualité."











phalène



V. Hugo l'a fait, à tort, masculin : 

Si j'avais, ô Madeleine, 
L'oeil du nocturne phalène

Ball. 9.



"REM. M. Eugène Rambert, poëte de la Suisse contemporaine, a suivi Victor Hugo et a fait phalène masculin : 
Des papillons nés dans la plaine Le plus léger fut un phalène, à l'œil de feu (Poésies, 1874, p. 180).

Puis, prenant l'offensive, il me reproche de ne pas accepter le masculin : 
Victor Hugo dit le phalène, Musset aussi : 

Et c'est l'instinct de l'âme humaine 
Qui parle ainsi. 
Au papillon qui se présente 
En épouseur, 
Voit-on la rose complaisante 
Dire : ma sœur ! (ib. p. 188) ? 


Je laisse les poëtes s'arranger avec le genre de phalène
Un lexicographe ne peut que constater l'usage, auquel Mme Ackermann a été fidèle :


Si par un soir d'été la phalène imprudente 
Voit dans l'obscurité luire une lampe ardente, 

Poésies philosoph. p. 44."

















Le vrai réalisme consiste à montrer les choses surprenantes que l'habitude cache sous une housse et nous empêche de voir.
  Jean Cocteau
Extrait de l' Essai de critique indirecte






























































































Sonnet de porcelaine




Le soir, ouvrant au vent ses ailes de phalène,
Évoque un souvenir fragilement rosé,
Le souvenir, touchant comme un Saxe brisé,
De ta naïveté fraîche de porcelaine.

Notre chambre d'hier, où meurt la marjolaine,
N'aura plus ton regard plein de ciel ardoisé,
Ni ton étonnement puéril et rusé...
Ô frissons de ta nuque où brûlait mon haleine !

Et mon cœur, dont la paix ne craint plus ton retour,
Ne sanglotera plus son misérable amour,
Frêle apparition que le silence éveille !

Loin du sincère avril de venins et de miels,
Tu souris, m'apportant les fleurs de ta corbeille,
Fleurs précieuses des champs artificiels.



   Renée Vivien























































































mise en images Jacqueline Waechter 2011















Il s'agissait en effet de savoir si les métaphores, et les jeux de mots, et les énigmes, qui ont pourtant bien l'air d'avoir été imaginés par les poètes par divertissement, ne portent pas à spéculer sur les choses de manière nouvelle et surprenante... 

Le nom de la Rose 

Umberto Eco