Une belle gravure est plus qu'une copie,
c'est une interprétation.
Souvenirs de théâtre, d'art et de critique (1903)
Gautier
7 d'octobre
(1440).
Israël de Mécheln, ou suivant d'autres, de Mayence, découvre à Bokolt l'art de graver au burin.
Finiguerra, dit Maso, exerçât cet art en Italie en 1440.
Ce ne fût qu'au quinzième siècle que la gravure prit naissance. La gravure en bois précéda l' imprimerie.
On en a, sans fondement, attribué l'invention à un certain Lupert Rust, qui n'a peut-être pas existé.
M. de Heineke a découvert dans la Chartreuse de Bruxheim, près de Memmingen, un des plus anciens couvents d'Allemagne, une feuille gravée en bois, représentant un Saint-Christophe,
avec la date de 1425. M. de Murr a fit graver cette feuille dans son Journal des Beaux-Arts. Elle est la plus ancienne gravure en bois connue aujourd'hui.
Le plus ancien livre de gravures en bois est celui ayant pour titre : Legenda Sanctorum, imprimé à Augsbourg, en 1471. Le psautier de Mayence, de 1457, a aussi environ 200 lettres capitales bien gravées.
La gravure en bois, à taille d'épargne à rentrées, ou à plusieurs planches, précède l'an 1500.
On voit de ces estampes, datées de 1504, d'Albert Dürer et d'autres maîtres. Les Italiens attribuent mal à propos cette invention Hugo-de Carpi. La plus ancienne estampe est une Passion de 1440.
En France, le premier livre avec des estampes paru à Lyon, en 1488.
L'Art d'imprimer les estampes en différentes couleurs, a été imaginé par Lostmann, en 1626, et perfectionné par Christophe -le-Blond, natif de Frankfort sur le Mein.
Hercule Zegers inventa, en 1660, l'art d'imprimer sur papier de paysages enluminés.
La gravure à l'eau forte a été inventée à la fin du quinzième siècle. On a des estampes d'Albert Dürer
de 1512, gravées à l'eau forte.
L'art de graver l'architecture dans le goût du lavis, est de l'invention de Barrabé, parisien, en 1761.
Galerie Chronologique
à Paris, chez barba, libraire au Palais-Royal, derrière le Théâtre -français, N°51
1810
L'intention qu'avaient eue successivement François, Demarteau, Bonnet et quelques autres, cette préoccupation d'une sorte de "trompe-l'oeil" à obtenir par le fac-similé gravé d'un dessin, un artiste né à Francfort, Jean-Christophe Leblond, l'avait eue, lui aussi et avant eux, mais avec l'ambition en plus d'étendre à l'imitation du coloris ce qu'ils devaient se contenter d'appliquer à l'imitation des formes monochromes.
Dès le commencement du XVIII eme siècle, Leblond avait réussi à produire des estampes à plusieurs tons, suivant un procédé qualifié d'abord par lui de "Gravure en pastel " et que l'usage a consacré sous la dénomination plus générale de gravure en couleur .
Peut-être eût-il été mieux d'employer ici, au lieu du premier de ces trois mots, celui d'impression, car la gravure dite en couleur n'est pas en réalité un genre particulier de gravure.
Toute l'originalité du procédé consiste dans l'application successive sur une même épreuve de plusieurs planches (ordinairement au nombre de quatre) à la préparation desquelles le berceau, la roulette,
quelquefois même le burin, ont concouru.
De ces planches enduites chacune d'une couleur entière que vient ensuite rompre ou nuancer la superposition des couleurs dont les autres planches ont été chargées, résulte sur l'épreuve, au moyen de points de repère, un ensemble de formes coloriées analogue à l'aspect que présente une peinture au pastel, à l'aquarelle ou a la gouache.
C'est un peu près ainsi qu'on procède, et c'est aussi un résultat à peu près semblable qu'on obtient aujourd'hui avec la chromolithographie; mais la gravure en couleur avait sur celle-ci cet avantage que, par la diversité même des travaux préalables exécutés sur le cuivre, elle courait moins le risque de fournir des épreuves ayant l'apparence inerte ou la crudité de simples enluminures.
Quelques unes des estampes qu'a laissées Leblond, -particulièrement un grand portrait de Louis XV en buste, _ permettent bien d'apprécier les ressources que comportent le procédé dont il a été l'inventeur. Leblond mérite, en effet, d'être tenu pour tel, en ce sens qu'il acheva de trouver un secret que l' on avait guère su avant lui que pressentir ou que deviner à demi.
Néanmoins les tentatives faites dans les premières années du XVII eme siècle par le hollandais Lastmann, un peu plus tard par le Flamand Seghers, ne doivent pas être complètement mises en oubli, pas plus qu'il ne serait juste de méconnaitre certains perfectionnements matériels introduits après Leblond dans la gravure en couleur, à Paris par Gautier Dagoty, à Londres par Taylor. Toute proposition gardée entre les deux découvertes, Leblond a dans l'histoire de ce procédé de gravure le même rôle a peu près que Daguerre dans l'histoire de l' héliographie.
Ils ont, l'un et l'autre, réalisé un progrès assez décisif pour clore la période des tâtonnements et pour déterminer les progrès partiels à venir; mais il ne s'en suit pas qu'ils n'aient rien dû aux essais de leurs prédécesseurs, et si le titre d'inventeurs leur restent justement acquis, c'est parce qu'ils ont trouvé la solution du problème, sans avoir été pour cela les premiers à la chercher.
Leblond, d'ailleurs, ne tira de sa découverte d'autre profit que l'honneur de l'avoir faite.
Après avoir vainement tenté de l'exploiter en Angleterre, il ne réussit pas davantage à Paris. Il y vécut pendant quelques années dans une extrême détresse, et mourut à l'hôpital en 1741.
Extrait du Livre La Gravure
par le vicomte Henri Delaborde
gravure en criblé
![]() |
| gravure en criblé |
![]() |
| gravure en criblé |














0 commentaires:
Enregistrer un commentaire