![]() |
| Rembrandt, jeune femme assise, dessin à la plume lavé. Cabinet des Estampes de la BN. |
'La longue série de ses portraits,
si profondément authentiques parce qu'ils vont au-delà des apparences matérielles,
illustre les différentes étapes de son évolution artistique,
en un crescendo dramatique où semble culminer le sens du tragique.
Toutefois dans ces dernières oeuvres qu'il conçoit dans la pauvreté et la souffrance
mais alors qu'une foi plus profonde l'a détaché de toutes les injures terrestres,
il nous laisse,
non seulement la plus haute preuve d'une intuition poétique inégalable,
soutenue admirablement par un sens aigu de l'essentiel,
mais aussi un message bouleversant de charité et de paix,
qui situe cet artiste incompris de son vivant,
parmi les personnages les plus lumineux et les plus significatifs de tous les temps.
texte extrait de Chefs-d'oeuvre de l'Art, le XVII° siècle
texte de Raffaello Causa et Jean Cathelin.
éditions Hachette
![]() |
| détail du tableau de Rembrandt, Les Pélerins d’Emmaüs, 1648 |
"Son génie à la fois puissant et tendre, poétique et vrai,
fait évanouir le fantôme de bien des fausses beautés,
éveille en nous ce qu'il y a de meilleur."
extrait d'un article intitulé
Les dessins de Rembrandt
à l'exposition de la Bibliothèque Nationale
de
Paul Alfassa
paru dans la revue de l'Art-XXIII
"ce négligé, cette insistance, cette étrangeté dans le faire,
cette désespérante et soudaine réussite dans l'expression"
Eugène Fromentin à propos des dessins de Rembrandt
"C'est toujours la figure entière, l'objet entier qu'il considère,
et la liaison à ce qu'il l'entoure est généralement indiquée :
ici par un personnage vivement esquissé,
là par un intérieur suggéré en quelques coups de pinceau,
par un bout de paysage, un pli de terrain,
quelques traits, une teinte légère,
un rien,
mais si juste que cela suffit à récréer autour des choses leur atmosphère.
Et les choses elles-mêmes, il les voit à sa manière.
Là où les autres perçoivent des lignes et des contours,
il voit des valeurs et des masses;
il les définit pr la lumière qui les baigne,
et par un je ne sais quoi d'impalpable et pourtant de réel,
qui participe à leur vie et les unit les unes aux autres. "
Paul Alfassa
"C'est cette vision de peintre,
cette vision profonde et ample,
qui donne à ces études prises sur le vif tant de naturel.
Chacune, sur un point particulier, est une vue de réalité complète et d'ensemble.
A pareille école
non seulement Rembrandt acquiert cette pénétration qui lui permet, d'un coup d'oeil, de jauger pour ainsi dire, ce qu'il voit, mais il pénètre, en quelque sorte, d'instinct,
dans la logique de la nature, il s'identifie avec elle,
et lorsqu'il imagine,
il crée vivant comme elle."
Paul Alfassa
Il n'est pas aisé de définir exactement cette beauté poétique,
les mots sont maladroits
à fixer un sentiment où la raison n'a point de part;
et cependant si elle est difficile à expliquer, elle n'est pas inexplicable:
"Un poète dans tous les arts écrit M de Wyzewa,
qui a mieux senti et mieux exprimé que personne ce que je voulais faire entendre,
est un homme qui, au contact de la réalité,
éprouve naturellement des sensations ou des émotions plus 'belles' que l'ordinaire des hommes
et dont l'âme possède ainsi d'instinct le don d'embellir pour nous la réalité. "
extrait d'un article intitulé
Les dessins de Rembrandt
à l'exposition de la Bibliothèque Nationale
de
Paul Alfassa
paru dans la revue de l'Art-XXIII
Je crois bien que ce "réalisme poétique" fait le principal mystère de ses peintures; lorsque les deux tendances contradictoires qui le composent ne s'accordent pas absolument, quelque chose manque à la perfection de ses tableaux, et c'est la cause des reproches qu'on lui a fait simultanément de trop s'attacher à la terre et de se perdre dans les chimères; lorsqu'elles s'unissent harmonieusement, elles créent un de ces chefs-d'oeuvres dont l'hallucinate beauté vous demeure à jamais présente quand on a eu la joie de les voir, témoin les deux toiles qui font du musée de Brunswick un des endroits les plus précieux du monde.
extrait d'un article intitulé
Les dessins de Rembrandt
à l'exposition de la Bibliothèque Nationale
de
Paul Alfassa
paru dans la revue de l'Art-XXIII
![]() |
| Rembrandt, paysage dans la tempête, 1638, Herzog Anton-Ulrich museum, Brunswick |
"On se le figure ayant, il y a un instant, fermé la Bible ou quelque recueil des métamorphoses d'Ovide : ce qu'il vient de lire prend forme dans son esprit.
Comme tous les vrais artistes créateurs,
dès qu'il pense, c'est par images;
elles se présentent à lui avec netteté et précision, avec autant d'évidence que la réalité même,
_ et il les jette sur le papier. Il n'est pas de ceux qui cherchent séparément leurs figures et les arrangent ensuite froidement dans un ordre harmonieux;
tout lui apparait d'un seul coup.
extrait d'un article intitulé
Les dessins de Rembrandt
à l'exposition de la Bibliothèque Nationale
de
Paul Alfassa
paru dans la revue de l'Art-XXIII
On ne sait, en vérité, à regarder ces estampes,
ce qu'il faut admirer le plus,
ou que tant de vie se trouve enfermée dans des traits si hâtifs et si sommaires,
ou qu'il s'en conserve tant dans ces planches vingt fois reprises, travaillées de toutes manières,
avec tous les outils,
et qu'une application si soutenue n'éteigne pas la flamme intérieure. "
Paul Alfassa




























0 commentaires:
Enregistrer un commentaire