mardi 31 mai 2011

« La terre s’ouvre jusqu’aux abîmes » "Veillez... tenez-vous prêts"


































































(...)
"Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme, et une dernière base constante pour y édifier une tour qui s'élève à l'infini, 
mais tout notre fondement craque et la terre s'ouvre jusqu'aux abîmes."
Pensées
(199).


Blaise Pascal
























































« Lorsqu'on ne sait pas la vérité d'une chose, il est bon qu'il y ait une erreur commune qui fixe l'esprit des hommes, comme par exemple la lune à qui on attribue le changement des saisons, le progrès des maladies etc., car la maladie principale de l'homme est la curiosité inquiète des choses qu'il ne peut savoir, et il ne lui est pas si mauvais d'être dans l'erreur que dans cette curiosité inutile.
La manière d’écrire d’Épictète, de Montaigne et de Salomon de Tultie est la plus d’usage, qui s’insinue le mieux, qui demeure plus dans la mémoire et qui se fait le plus citer, parce qu’elle est toute composée de pensées nées sur les entretiens ordinaires de la vie, 
comme quand on parlera de la commune erreur qui est parmi le monde que la lune est cause de tout, 
on ne manquera jamais de dire que Salomon de Tultie dit que, lorsqu'on ne sait pas la vérité d'une chose,
il est bon qu'il y ait une erreur commune, etc., qui est la pensée ci-dessus. »





Blaise Pascal


























































 Salomon de Tultie. 
Selon Louis Marin, cet anagramme de Louis de Montalte (pseudonyme de Pascal dans les Provinciales) devrait se lire "Salomon de (s)tultitia", c'est à dire le roi "sage de folie", mis sur le même plan qu'Epictète (sage stoïcien) et Montaigne (sage pyrrhonien). Il désignerait donc Pascal lui-même.




























 « Il fallait être Newton pour apercevoir que la lune tombe, quand tout le monde voit bien qu’elle ne tombe pas »


Paul Valéry
Instants, 1937.





























 « L'homme ne sait à quel rang se mettre, il est visiblement égaré et tombé de son vrai lieu sans le pouvoir retrouver. Il le cherche partout avec inquiétude et sans succès dans des ténèbres impénétrables » 




Pensées (400).




Blaise Pascal























































 «  Le cœur a son ordre ; l’esprit a le sien, qui est par principe et démonstration, le cœur en a un autre. On ne prouve pas qu’on doit être aimé, en exposant d’ordre les causes de l’amour : cela serait ridicule » 



Blaise Pascal


Pensées
(298).













« Les deux fondements : l’un intérieur, l’autre extérieur, la grâce, les miracles, tous deux surnaturels »


Blaise Pascal 

Pensées
(861).

















 Voilà notre état véritable. C'est ce qui nous rend incapables de savoir certainement et d'ignorer absolument. Nous voguons sur un milieu vaste, toujours incertains et flottants, poussés d'un bout vers l'autre ; quelque terme où nous pensions nous attacher et nous affermir, il branle, et nous quitte, et si nous le suivons il échappe à nos prises, nous glisse et fuit d'une fuite éternelle; rien ne s'arrête pour nous. C'est l'état qui nous est naturel et toutefois le plus contraire à notre inclination. Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme, et une dernière base constante pour y édifier une tour qui s'élève à l'infini, mais tout notre fondement craque et la terre s'ouvre jusqu'aux abîmes »



Pensées
(199).


Blaise Pascal























 « Je veux lui faire voir là-dedans un abîme nouveau. Je lui veux peindre non seulement l'univers visible, mais l'immensité qu'on peut concevoir de la nature dans l'enceinte de ce raccourci d'atome, qu'il y voie une infinité d'univers, dont chacun a son firmament, ses planètes, sa terre, en la même proportion que le monde visible, dans cette terre des animaux, et enfin des cirons, [et dans ces cirons une infinité d’univers semblables à ceux qu’il vient d’entendre, et toujours des profondeurs pareilles, sans fin et sans repos]  » 



Blaise Pascal

Pensées
(199)























 « Abysme. Terme de Blason. C'est le cœur, ou le milieu de l'Escu, ensorte que la piece qu'on y met ne touche et ne charge aucune autre piece telle qu'elle soit. Ainsi on dit d'un petit Escu qui est au milieu d'un grand, qu'il est mis en abysme. Et tout autant de fois qu'on commence à blasonner par toute autre figure que par celle du milieu, on dit que celle qui est au milieu est en abysme, comme si on vouloit dire, que les autres grandes pieces étant élevées, celle-là paroît petite, comme cachée, et abysmée. »

Furetière, dictionnaire de 1690 































































































« J’ai mes brouillards et mon beau temps au-dedans de moi »

Blaise Pascal




































« Ubi est deus tuus. Les miracles le montrent et sont un éclair » 



Pensées

(878)



Blaise Pascal

















































Benoit Mandelbrot: Fractals and the art of roughness





























mise en images Jacqueline Waechter mai 2011





































2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonsoir,
Je voulais savoir de qui sont les deux petites photos en haut à droite de votre blog. Merci d'avance.

Jacqueline Waechter a dit…

Bonjour "Anonyme" ,
il s'agit d'une réalisation numérique effectuée d'après des photographies personnelles de deux de mes peintures, techniques mixtes sur toile, et également peintures à l'encaustique.