Le petit homme qui chantait sans cesse le petit homme qui dansait dans ma tête le petit homme de la jeunesse a cassé son lacet de soulier et toutes les baraques de la fête tout d'un coup se sont écroulées et dans le silence de cette fête j'ai entendu ta voix heureuse ta voix déchirée et fragile enfantine et désolée venant de loin et qui m'appelait et j'ai mis ma main sur mon coeur où remuaient ensanglantés les sept éclats de glace de ton rire étoilé.
Jacques Prévert
«Un seul oiseau en cage la liberté est en deuil.»
Jacques Prévert
- Fatras
Les feuilles mortes,
Yves Montand
paroles: Jacques Prévert musique: Joseph Kosma.
Parole de chanson Les feuilles mortes
Oh je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux ou nous étions amis
En ce temps là, la vie était plus belle
Et le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Tu vois je n'ai pas oublié
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emportent
Dans la nuit froide de l'oubli
Tu vois, je n'ai pas oublié
La chanson que tu me chantais
C'est une chanson, qui nous ressemble
Toi tu m'aimais, et je t'aimais
Et nous vivions, tous deux ensemble
Toi qui m'aimait, moi qui t'aimais
Mais la vie sépare ceux qui s'aiment
Tout doucement sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Le pas des amants désunis
C'est une chanson, qui nous ressemble
Toi tu m'aimais, Et je t'aimais
Et nous vivions, tous deux ensemble
Toi qui m'aimait, moi qui t'aimais
Mais la vie sépare ceux qui s'aime
Tout doucement sans faire de bruit
Et la mer efface sur le sable
Le pas des amants désunis.
Tadeusz Faliszewski Orchestra dir. by Henryk Wars - Ghetto, Tango
(muz. A.Piotrowski, text S.Mar), Syrena-Electro 1932
"NOTE: This tango's title „Ghetto" represents the original meaning this old Italian word „borghetto", translating as "part of the city, borough". Alternative etymology is from another Italian word for „slag" („getto" or „ghetto"). Many European and Middle Eastern cities once had a historical Jewish quarter and some still have it. In Venice the island where the slag was stored, was also the area of the Jewish cofinement. This first, as it seems, „Jewish ghetto" in Europe existed because Jews were viewed not only as that they were foreigners due to their non-Christian beliefs in a Renaissance Christian environment, but also their involvement in commercial enterprises might be a threat to a local business. In the 19th century, Jewish ghettos in Europe were progressively abolished, and their walls demolished. The Germans reinstituted Jewish ghettos during World War II in Eastern Europe, turning them into de-facto concentration camps and death camps in the Holocaust. These Nazi ghettos used to concentrate Jews before extermination sometimes coincided with traditional Jewish ghettos and Jewish quarters. Expediency was the key factor for the Nazis in the Final Solution.
This very typical, impressive Polish tango tells a story about a provincial little town of Kałuszyn, where poor tailor Abram lives. He is unhappily in love with Estera, a daughter of old Berel. „Kałuszyn cannot be called a charming place" tell the opening line. „God did not deny Kałuszyn poverty nor burdens". „The days here do not pass, but they drag their feet in frozen mud". „You rarely hear somebody's singing in Kałuszyn, and when you think about the girl, just such thought is considered a sin".
However, in this poor and sad place, suddenly a small light of poor young tailor's love for Estera, gleamed. „Each flash of his needle reflected one tear of his love, every stitch was stained with a drop of his love's blood"... - for each thought about Estera hurts his heart. She is not for him, although she is ready to give Abram her heart. Yet, the flashes of his needle and his teras will not be enough to pay for her soul and her body. Her father, old Berel demands the flashes of gold for his daughter! All what poor Abram can do is hum to himself his lullaby to Estera's eyes, her lips and that wonderful braid, confessing his despair to a cricket, who seconds him with tiny singing in his little room's corner, and to snow petals, that begin to fall on Kałuszyn behind a small window.
In the slideshow are some unique photographs and paintings of prewar shtetls in Poland, in the Cracow and Lublin regions."
paroles Jacques Prévert, musique Joseph Kosma, chante Fabien Loris // Marcel Carné / Les portes de la nuit // 1946.
"Film de Marcel Carné (1946), dialogues de Jacques Prévert, musique de Joseph Kosma. Décors d'Alexandre Trauner (dont la reconstitution d'une station du métro aérien).
Ce drame est peut-être le meilleur et sûrement le moins connu de Carné. Tourné aussitôt après la fin de la guerre et se déroulant une nuit de l'hiver 1945, avec un gros budget, le film fit un four complet: la critique se déchaîna, le public ne vint pas. Jacques Prévert en fut tellement meurtri qu'il abandonna pratiquement le cinéma.
Yves Montand fait ses débuts. Jean Vilar, grand comédien de théâtre et fondateur du TNP et du Festival d'Avignon, mais trop rare au cinéma, joue le rôle mystérieux du Destin. Avec également Julien Carette (M. Quinquina) et Raymond Bussières.
Les personnages de Diego (Yves Montand) et Malou (Nathalie Nattier) étaient originellement destinés à Jean Gabin, l'acteur fétiche de Carné, et sa compagne d'alors, Marlène Dietrich. "
Deux chansons, dont l'une devenue célèbre, ont été écrites par Prévert et composées par Kosma pour ce film: "Les enfants qui s'aiment" et "Les feuilles mortes".
Numerical Art and Photo by Jacqueline Waechter 2010
Les fenêtres nous guettent
Quand notre coeur s'arrête
En croisant Louisette
Pour qui brûlent nos chairs
Les fenêtres rigolent
Quand elles voient la frivole
Qui offre sa corolle
A un clerc de notaire
Les fenêtres sanglotent
Quand à l'aube falote
Un enterrement cahote
Jusqu'au vieux cimetière
Mais les fenêtres froncent
Leurs corniches de bronze
Quand elles voient les ronces?
Envahir leur lumière
Les fenêtres murmurent
Quand tombent en chevelure
Les pluies de la froidure
Qui mouillent les adieux
Les fenêtres chantonnent
Quand se lève à l'automne
Le vent qui abandonne
Les rues aux amoureux
Les fenêtres se taisent
Quand l'hiver les apaise
Et que la neige épaisse
Vient leur fermer les yeux
Mais les fenêtres jacassent
Quand une femme passe
Qui habite l'impasse
Où passent les Messieurs
La fenêtre est un oeuf
Quand elle est oeil-de-boeuf
Qui attend comme un veuf
Au coin d'un escalier
La fenêtre bataille
Quand elle est soupirail
D'où le soldat mitraille
Avant de succomber
Les fenêtres musardent
Quand elles sont mansardes
Et abritent les hardes
D'un poète oublié
Mais les fenêtres gentilles
Se recouvrent de grilles
Si par malheur on crie
Vive la liberté
Les fenêtres surveillent
L'enfant qui s'émerveille
Dans un cercle de vieilles
A faire ses premiers pas
Les fenêtres sourient
Quand quinze ans trop jolis
Et quinze ans trop grandis
S'offrent un premier repas
Les fenêtres menacent
Les fenêtres grimacent
Quand parfois j'ai l'audace
D'appeler un chat un chat
Mais les fenêtres me suivent
Me suivent et me poursuivent
Jusqu'à ce que peur s'ensuive
Tout au fond de mes draps
Les fenêtres souvent
Traitent impunément
De voyous des enfants
Qui cherchent qui aimer
Les fenêtres souvent
Soupçonnent ces manants
Qui dorment sur les bancs
Et parlent l'étranger
Les fenêtres souvent
Se ferment en riant
Se ferment en criant
Quand on y va chanter
Ah! je n'ose pas penser
Qu'elles servent à voiler
Plus qu'à laisser entrer
La lumière de l'été
Non je préfère penser
Qu'une fenêtre fermée
Ça ne sert qu'à aider
Les amants à s'aimer
Non je préfère penser
Qu'une fenêtre fermée
Ça ne sert qu'à aider
Les amants à s'aimer.
"Vous voulez savoir comment chaque jour je pactise avec le
diable pour serrer la main de Dieu?
Mort depuis, mort déjà, mort avant. Mort, tout simplement.
Vous voudriez savoir comment c'est, la mort? Prenez un
miroir et traversez la simple apparence de votre regard, de
votre sclérotique jaunie par le temps et le mensonge, chaque
jour assombrie par le travail de cellules qui la conduisent vers
le noir le plus total. Impossible? Regardez-moi...
__ Faut-il que je raconte? Moi je prétends qu'il vaut mieux
que j'invente. Alors, ce sera un vrai plaisir. Autoportrait d'une
non-existence, cruelle habitude d'une non-volonté, telle une
clé qui ouvre les portes d'un enfer devenu réel, ou les vantaux
d'un paradis où vous seuls aurez le droit d'entrer si tel est
mon désir.
je ne rends l'âme que sous la lumière crue d'un projecteur
de music-hall. j'erre dans les dédales d'une salle d'attente, je
hante les coulisses d'un théâtre déserté et je cherche mon nom
sur des affiches déchirées,. je me fais une peau nouvelle
chaque soir, une peau douce et élastique, une peau de rêve.
" Music-hall ", mot si vulgaire, mot suicidaire pour qui cherche
dans ce joyeux monde un semblant de dignité."
5. Cas particulier (Jean Guidoni / J. Top & S. Perathoner)
6. Pauvre Patrick! (J. Guidoni / ?) - chanson inédite, jamais enregistrée sur disque
7. Vérone Véronal (J. Guidoni / B. Estardy)
8. Rouge (Pierre Philippe / Carlos d'Alessio)
9. Rose, première partie (Pierre Philippe / Yani Spanos)
Cas particulier
(Jean Guidoni / J. Top & S. Perathoner)
Pour que le rêve soit réalité
Dans le silence s'élève un cri
Vouloir mourir à tout prix
Cas particulier
S'endormir enfin à jamais
Faire taire au fond de soi
Celui qui fait semblant de vivre
Cas particulier
Se retourner encore une fois
Déchirer le dernier livre
Se perdre une dernière fois
Accepter que jamais
On n'fut un cas particulier
Je sais des gens qui mangent seul à la même heure
Un verre de vin à portée de leur main
Le soir dans leur cuisine l'ennui sans un bout de pain
Parce que ça fait grossir et qu'il vaut mieux en rire
ça nous dégoute un peu mais ce n'est pas si mal
De n'avoir plus que soi pour dernier combat
Pour que le rêve soit réalité
Se retrouver seul sous la terre
Comme au-dessus on l'a été
Cas particulier
Le plus cruel est d' s'en aller
Désemparé et désolé
brisé nié d' n''avoir été
Qu' un cas particulier
ça nous fait peur un peu mais ce n' est pas si mal
De n'avoir plus que soi pour dernier combat
N'avoir plus de curiosité
qui pourrait nous regretter?
les yeux ouverts et glacés
accepter que jamais
on ne fut qu' un cas particulier
Je sais des gens qui choisissent le jour et l' heure
pour partir dans l' ombre à pas lents
Cela nous fait peur un peu mais ce n'est pas si mal
De n'avoir plus que soi pour dernier combat
Pour que ton rêve soit réalité
Dans le silence lance un appel
Tu veux mourir à tout prix
Cas particulier
T'endormir enfin à jamais
Laisse donc hurler au fond de toi
Celui qui ne veut qu'aimer
Cas particulier
Laisse le vivre au fond de toi
Lui seul est capable de changer
Le rêve en réalité
Cas particulier
Il suffit d'accepter
Il suffit d'accepter que jamais
Tu ne fus un cas particulier
Il faut accepter
Accepter
Et te laisser l'apprendre à aimer
Accepter que jamais tu n' fus un cas particulier
N'accepter que jamais tu n' fus un cas particulier
Cas particulier
Cas particulier
Accepter que jamais tu n' fus un cas particulier
Cas particulier
Cas particulier
Accepter que jamais tu n' fus un cas particulier
Cas particulier
Cas particulier
9 bis. Rose, suite de la chanson avec interruptions (Pierre Philippe / Yani Spanos)
9 ter. Jean se déchaîne (extraits normalement intégrés à "Rose"): Sylvie Vartan, Hervé Vilard...
10. La chanson de Mandalay (Brecht / Kurt Weill), version de haute voltige avec danseurs & chaises
11. Mort à Venise (J. Guidoni / P. Auriat)
12. Smoking blanc (Pierre Philippe / Philippe Dubosson)
13. Final: Jean danse sur "Le beau Danube"
Une voix sur la scène, la mienne; une voix qui prend la
pause, la mienne encore.
" C'est qui ce groupe? ", demande un pompier à un autre
pompier. Je hurle dans le micro et j'ai le sentiment que personne
ne m'entend. On passe sa vie dans ce métier à régler les
problèmes techniques. Les preneurs de son sont souvent sous
influence. Les chanteurs aussi. Et si je me prenais les pieds dans
le fil du micro, et si je tapais ma tête sur un flight-case. Et si je
mourais, comme ça, bêtement. Hélas, on ne meurt jamais sur
une scène, enfin, pas vraiment. Je dis des mots qui ne m'appartiennent
plus. Je chante des phrases que je tente de faire
miennes, des phrases que je nourris de petits sentiments, de
petites mesquineries, de rêves dont je ne me souviens même
pas. Et puis, il fait froid. Ça m'est égal, je ne transpire plus.
Les musiciens .font la gueule, les techniciens aussi. Le
public attend et moi, tête faite, je m'adapte. Un bon point,
une belle image pour le gentil petit élève. Et puis merde, ce
soir, ce théâtre me déprime. Trop d'humidité, trop de caméras
de surveillance, trop de chiens policiers, trop d'ordre sur
la crasse. Et cette peur de mal faire que je plie dans mes
bagages depuis trop longtemps. Je m'ennuie. Les lumières
s'éteignent ensemble alors que ma voix traîne encore la fin
d'un mot en musique dans la résonance des enceintes. Clap
clap, une autre, une petite dernière. Les lumières se rallument
en symbiose, tout est blanc, rien n'est dissimulé par
des couleurs qui ne me vont pas. Bravo. Merci. C'est fini.
extrait du livre écrit par Jean Guidoni
intitulé
Chanter n'est pas jouer
l'Archipel, 2003
Hommage à Jean Guidoni par Jacqueline Waechter 2010
"Je me retrouve dans des domaines où jamais je n'aurais
osé émettre un souffle.
Des intonations inconnues, des sons que je découvre,
des étoiles qui filent droit vers moi et qui, avant de m'atteindre,
meurent sans que je comprenne vraiment pourquoi
et comment.
Et puis, à un moment, je sais.
Je sais que le voyage va se terminer.
La fin est inéluctable, elle ne transige pas, j'aurai beau
supplier, tergiverser, tricher, rien n'y fera.
Elle me montre la sortie du bout de ses doigts secs.
Ses ongles griffus, si je n'obtempère pas, vont me harponner
par le col de la veste, me mettre à la porte de cet
endroit où je commençais à être si heureux... Avec vous.
Et le spectacle vit sa vie ...
Alors je plonge dans un bain de tendresse et de compréhension
... Je me pose derrière le pied du micro et, sans plus
aucun geste, je chante aussi bien que jamais plus je ne le
pourrai.
Je chante comme si c'était la dernière fois.
Et chaque fois c'est la dernière fois, chaque fois c'est un
déchirement. Je veux que vous le sachiez.
J'ai alors dans la bouche le goût amer des dimanches
soirs avant l'école du lundi.
J'ai les yeux brûlants de transpiration. Je cherche parmi
vous un sourire auquel je pourrais répondre.
Deux chansons encore et il me faudra disparaître.
Bien sûr, il y aura encore un peu d'effervescence dans les
coulisses et dans la loge, on rira et on parlera un peu trop
fort pendant le dîner, on boira un peu plus que de coutume,
on prolongera la soirée le plus tard possible. Mais ce ne sera
pas pareil, la magie aura bel et bien pris la poudre d'escampette.
Elle sera partie voir ailleurs si l'herbe est plus verte.
Elle m'abandonnera jusqu'à la prochaine fois."