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L'amour n'est pas seulement un sentiment, il est un art aussi.La Recherche de l'absoluHonoré de Balzac
"Ils sont évanouis et ne reviendrons plus;Mais les plus beaux pays que l'homme ait parcourusNe sont ils pas toujours ceux où, dans son jeune ageIl a fait de la vie un doux apprentissage?Temps heureux d'espérance et de projets sans finQui d'un riche avenir, colore le lointain.La mémoire est l'étai qui soutient la vieillesse;Bientôt je serai vieux :eh bien! je veux sans cesseMe rappeler ces doux, ces fortunés momens,
Passés comme l'éclair, mais pleins d'enchantemens,
Où mon âme expansive à ton charme amollie,Savourait tes beautés, noble et belle Italie!"Girodet, poème Le Peintre"Ut pictura poesis"
Horace
"Beaux vallons, frais coteaux, grottes inspiratrices,
Antres voluptueux, attrayants précipices"
Extrait de pensées poétiques de Girodet.



L'eau froide de l'hiver,
en courbe vénitienne,
se la coule douce,
au creux canal, quelques persiennes
éclosent,
tandis qu'au loin des pensées mousses
se grisent...
J.Waechter, février 2010.
Quelle parole peut peindre le délicieux concert que produisaient les bruits étouffés du bourg animé par les travailleurs à leur retour des champs?Le Curé de village Honoré de Balzac
Carnets de noteset impressions:
Voyage en pays de MontargisUne visite au Musée Girodet par Jacqueline WaechterMembre du Syndicat de la Presse Artistique FrançaiseUn après midi d'hiver
février de cette année là
au détour d'un sentier
apparait l'image d'un musée romantique à souhait...
Un bâtiment de pierres blanches
un jardin pailleté de givre, un superbe magnolia
un sequoia, quelques arbustes et des parterres muets
de fleurs en cet hiver languissant,
quelques fabriques de ruines éparpillées
à la mode de ce temps là...
Un accueil charmant.
"l'Ancien Hôtel de Ville de style néo-classique tardif, construit entre
1859 et
1861 par Étienne-Albert Delton pour abriter la fondation (
école technique et bibliothèque) créée par Philippe Durzy, capitaine dans les armées de Napoléon, racheté par la ville en
1881."
Une indéfinissable impression, une émotion qui serre le cœur,
et qui provient sans doute aussi du souvenir
celui d'une demeure conçue avec intelligence et brio
par un militaire qui légua sa fortune
afin de permettre aux jeunes gens orphelins d'apprendre un métier manuel
installés au rez de chaussée du bâtiment,
des salles d'expositions
et une bibliothèque prévues dès l'origine de la construction
sises à l'étage supérieur...
premières impressions et aperçu
du Musée Girodet de Montargis...
un envol vers un monde étrange, celui du sublime...
résumé en quelques traits d'ébauche
un magnifique croquis...
L'artiste, le vrai artiste, le vrai poète, ne doit peindre que selon qu'il voit et qu'il sent. Il doit être réellement fidèle à sa propre nature.Charles Baudelaire

Des murs et des parquets conservés dans leur jus
des délicates tonalités
et des teintes soignées qui font écrin aux superbes collections du musée,
une envolée lyrique par l'escalier de lumière,
une mise en scène contemporaine à la fois sobre et chaude
qui mène discrètement mais sûrement l'amateur à l'écoute de la vibration mystérieuse, tonique, parfois nostalgique
des œuvres originales d'un peintre singulier : voilà bien là un hymne à Girodet, l'enfant du pays de Montargis:
Courrez vite voir ce musée comme échappé des méfaits du temps,
et des artisans de la dé-construction des mythes,
Car voici ici un spectacle émouvant et devenu rare...une alliance de la modernité
et des témoins du passé en un lieu vivant
tout emprunt de douce et nostalgique mémoire
une palpitation et des souvenirs
disposés en harmonie équitable...
ici on a du sentiment, on est ému et on en ressent de la légitime fierté.
Courrez -y
avant que la future rénovation programmée d'ici peu,
ne ravale sans doute tout de A à Z,
avant que la mise aux normes n'uniformise l'ensemble
et crée autant d'annexes qui feront de ce lieu quelque chose d'autre...
Le peintre Girodet en son Musée de Montargis :
Quelques repères, quelques jalons...
Les sept premières années de sa vie
la maison à Montargis
le pont de la chaussée
la petite terre du Verger
les bois et la "Garenne de Roussi"
la pension Watrin, quartier de Picpus à Paris
les lettres à sa mère
les vêtements reliques que l'on serre
le portrait manqué
que l'on regrette toute sa vie
la rencontre d'un bon docteur
Benoit-François Trioson
Trio son Girodet
fils et père d'inventions
l'installation rue Vivienne à Paris
le soutien du médecin au jeune peintre en herbe
l'atelier de Joseph Vernet
l'intuition du peintre
David partagée à la mère
«Vous aurez beau faire, madame, votre fils sera peintre ».Et cette émouvante famille recomposée des Trioson
immortalisée par le pinceau ultrasensible de Girodet
dont il faisait partie intégrante
et cet identitaire voyage en de multiples surnoms amusants et familiers
"Ruehaus" "Romainville"
et la valse des monogrammes à boucles de lettres entrelacées
que Girodet egrenna mais toujours après 1800,
et la peinture d'histoire que l'on ne signe jamais...
Voici la prédominance de la filiation biologique comme photographiée dans sa fibre intime
et voici également le miracle de l'adoption peint dans toute sa lumière d'amour avec autant d'intensité
fait rare et signifiant
Il y a aussi qui émaillent cette vie d'artiste peu ordinaire, divers éléments éparpillés, des rencontres, beaucoup de lecture
le livre de Tobie
nombre de sources d'inspiration puisées en
l'atelier de David, le second père en peinture
il y a
l'enseignement des Humanités afin de devenir un véritable peintre
il y a la fraternité, la rivalité des élèves de l'Atelier de David
la compétition Drouet, Fabre et Girodet
et le duel que l'on évite de peu, sur le sage conseil de sa mère.
Il y a encore bien des exils,
le voyage et le séjour en Italie
la loge maçonnique des amis sincères située dans l'atelier de Belle
Piazza di Spagna
Et puis il y a..;
la syphilis contractée à Rome
la lente et sourde progression de la maladie tout au long de la vie
Il y a aussi
l'influence de Brenet
la lumière magique posée en touches fluides et fondues sur les êtres et les choses,
les phénomènes naturels des études de Lavoisier
qui passionèrent l'artiste Girodet et l'homme aussi.
Il y a transcrite en langage poétique
les différents états des substances
les passages d'un état à l'autre
les solides
et les fluides gazeux
Touches à touches :
du rayon irradiant le corps
en un jeune homme réceptacle
et encensoir à la fois,
il y a exprimée en un langage singulier et personnel
l'exhalaison
la vapeur moite
un fluide, un gaz personnifié...
Il y a aussi la transcription
des affinités électives
de l'attraction explosive de deux êtres que tout oppose
de la déesse et de la confrontation avec l'homme terrestre
Il y a le signalement pictural
d'un monde de météores
capté à la limite du matériel naturel et du spirituel
surnaturel...
Oh le souvenir des quatre catégories de Lavoisier
les météores fuligineux ,
l'éclair
le tonnerre
les étoiles filantes
le feu follet
les météores aériens, les vents et les nuages
les nébuleuses, les cyclones, les fumées volcaniques
les météores aqueux
les nuages, les nébuleuses de pluies de rosée et les brouillards
les météores lumineux
l'arc en ciel et les aurores boréales...
Oh a représentation de la transformation des matières
des corps aux contours improbables...

Oh l'esprit révolutionnaire de cet esprit original
Visiter d'autres pays, que l'Italie afin d'élargir les sources d'inspiration
I piaceri della Solitudine...Bénéficier de l'apport d'un cercle d'amis et d'amateurs anglais, des soins
d'un habile médecin lettré
lui qui apaisa le peintre alors sous l'emprise douloureuse des affres de la maladie..;

la poésie est comme la peinture..
un cinéma muet ou parlant,
Enfilant le collier des perles d'images
dans l'extase des mille feux de la magie des expressions
et des migrations d'âmes, le peintre nous illumine la vue du monde et des gens qui l'animent...

"Faire de la peinture une poésie et de la poésie une peinture".
Girodet.
http://www.culturesfrance.com/adpf-publi/folio/sand/gravitation.html
"L'enfant que son génie appelle à la peinture,A peine voit le jour; déjà de la natureLe spectacle imposant captive ses regards;Il semble avec le lait sucer l'amour des arts"Girodet, Le Peintreet même si l'enfant représenté dans le tableau s'éloigne discrètement de l'idéal,
par cette émanation même de tristesse d'un enfant sans mère,
et qui n'aime pas tant jouer de la musique...que panser les plaies de son coeur
du rêve à la réalité, il y a tant de nostalgie et de mélancolie peintes...

Sources d'Illuminations de couleurs orientales...en leur palais...

Déclinaisons des palettes de couleurs fauves et de textures d'une subtilité infinie...

Variations des thèmes et toujours autant d'émotions diffusées...

De l'amour paternel envers un fils
de l'amour d'un peintre envers un père adoptif
de la fragilité des êtres et des familles menacées
de la fraternité comme alternative à la liaison biologique de l'ordre familial...
de la culture des belles lettres, de l"hétérogénéité des sources d'inspiration
de la loi des trois unités et l'étendue de sa culture
une approche fragmentée révolutionnaire
de l'Emile et des idées de Rousseau
"L'introspection solitaire, la posture mélancolique, l'ivresse poétique et la contemplation aux dépens de la discipline sont célébrées par une série de portraits représentant trois stades du développement d'un enfant, le petit 'Benoît-Agnès Trioson'
u
ne approche révélatrice, ouverte, tellement contemporaine...
"La mission de l'art n'est pas de copier la nature, mais de l'exprimer! "
Le Chef-d'oeuvre Inconnu (1832)
Honoré de Balzac


Un musée à Montargis,
une ambiance à l'italienne, un tel raffinement de l'écrin...

L'amour est la poésie des sens.Honoré de
Balzac 

"J'ai (...) copié l' Endymion antique; mais j'ai cru devoir ne point représenter la figure de Diane. L'idée du rayon m'a paru plus délicate et poétique, outre qu'elle était neuve alors. Cette pensée m'appartient toute entière, ainsi que la figure du jeune Amour, sous la forme de Zéphyre qui sourit en écartant le feuillage".
Extrait d'une lettre de Girodet
Le Sommeil d'Endymion
"
Mais évitez la grotte où dort Endymion"...extrait du poème Le Peintre de Girodet
Buissons touffus senteurs forestières
lumière lunaire...
délicates teintes bleues
glacis de lueurs métalliques
oh la déesse lumière impalpable
astre phosphorescent
qui irradie les sens...
rictus éclairant le visage inconscient
vapeur émanation du corps endormi
Substance chimique produite
et vapeur issue de la rencontre
mutuelle, la conquête de l'un par le désir de l' autre..;
Atmosphère humide, mystérieuse alchimie de l'union, sensuel frisson...
"L’héritage du peintre, terres et maisons, faisait de lui le débiteur de son frère. Au moment où il prenait la route de l’Italie, Girodet était déjà un homme endetté ; il le resta toute sa vie, son patrimoine l’emportant toujours de loin sur l’argent disponible. Cette situation allait d’ailleurs s’aggraver après l’achat en 1808 de la belle maison de la rue Neuve-Saint-Augustin, domicile et atelier sans décor ni confort bourgeois. Il suffit de lire le
David de Delécluze pour mesurer combien ce lieu aux murs nus et aux cheminées sans chambranle contribua à la légende d’un peintre à la fois riche et désargenté, mais dont la réputation d’être fantasque faisait oublier le gestionnaire précis et la vie réglée par les échéances et les intérêts à payer."
"Cette publication remarquable, qui apporte des éléments décisifs pour la connaissance du peintre, forme le n° 128-129 du Bulletin de la Société d’Émulation de l’Arrondissement de Montargis."La fortune de Girodet Auteur : Jean-Marie Voignier
http://www.latribunedelart.com/girodet-article00557.html
Un père adoptif si sage, et un frère biologique, joueur invétéré, puis
assagi...deux portraits en miroir...
équilibre des contraires...
Paul Carpentier
(1787-1877)
d'après Anne-Louis Girodet-Trioson
Don de l'artiste
Cire sur toile 1853
"C'est en 1853, à l'occasion de la création du musée de Montargis,
que Carpentier offre cette copie de l'autoportrait de Girodet aujourd'hui conservé au Musée Magnin de Dijon.
Le vase grec évoque l'étude de l'Antiquité; le compas et le crayon révèlent l'importance accordée au dessin. Carpentier applique ici la technique de la peinture à la cire, apprise chez son maître Jacques -Nicolas Paillot de Montabert (1771-1849), un élève de David, désireux de remettre au goût du jour les techniques picturales de l'Antiquité et du Moyen-Age"

Craquelure typique de la peinture à la cire appliquée sur un support souple...

Chevalière et esprit de noblesse du peintre, les outils à la main, juste avant la plongée dans la bataille de la création....


Un rectangle fenêtre, un
carré puits de lumière, une rampe fleurie de fer forgé,
un escalier de marbre blanc
et la main de la statue nous guide vers cet ailleurs merveilleux...:
au creux de nous même
le dévoilement de notre âme
en miroir des tableaux admirés...
Pas seulement peindre ce qu'il voit devant lui, mais aussi ce qu'il voit en lui-même. Caspar David Friedrich
L'art de peindre n'est que l'art d'exprimer l'invisible par le visible.Les Maîtres d'autrefois (1876) Eugène Fromentin
dépaysement
aventures artistiques
terres inconnues
l'altérité
l'identité
la diversité


le corps d'Atala, marmoréen
de quelle substance se compose t'il?
sous quel effet se décompose t il?
atmosphère, délétère, pluie, vent, lune ou soleil
froid et crépuscule
"Il n'est pas de douleur que le sommeil ne sache vaincre."Le Cousin Pons (1847)
Honoré de Balzac
En s’approchant, ils aperçurent dans un coin de la toile le bout d’un pied nu qui sortait de ce chaos de couleurs, de tons, de nuances indécises, espèce de brouillard sans forme ; mais un pied délicieux, un pied vivant ! Ils restèrent pétrifiés d’admiration devant ce fragment échappé à une incroyable, à une lente et progressive destruction. Ce pied apparaissait là comme le torse de quelque Vénus en marbre de Paros qui surgirait parmi les décombres d’une ville incendiée.
- Il y a une femme là-dessous, s’écria Porbus en faisant remarquer à Poussin les diverses superpositions de couleurs dont le vieux peintre avait successivement chargé toutes les parties de cette figure en voulant la perfectionner.
(Honoré de Balzac dans Le Chef d’œuvre inconnu)


Quand ma sœur est morte, je l’ai veillée la nuit ; j’étais au bord de son lit ; je la regardais couchée sur le dos dans sa robe de noces avec son bouquet blanc. — Je lisais du Montaigne et mes yeux allaient du livre au cadavre ; son mari dormait et râlait ; le prêtre ronflait ; et je me disais en contemplant tout cela que les formes passaient, que l’idée seule restait et j’avais des tressaillements d’enthousiasme à des coins de phrases de l’écrivain1.
Gustave Flaubert
Correspondance.
L'art est de peindre un sujet particulier avec assez de puissance pour que la généralité dont il dépendait s'y comprenne.PaludesAndré Gide

La peinture s'apprend dans les musées.
Auguste RenoirHenry de Triqueti
par Tania Brimson "Henry de Triqueti ou le maître oublié. Une boîte de Pandore s’ouvre avec cette rétrospective, condamnant tacitement la foule d’historiens d’art coupable du délaissement de ce génie du XIXe. Pour nous autres visiteurs innocents, c’est plutôt une caverne d’Ali Baba qui accueille des regards ébahis face à tant de trésors méconnus. Mystère. Pourquoi Triqueti, ce sculpteur (et dessinateur) au talent hors pair, graveur des portes de la Madeleine, est-il quasiment absent des livres d’art ? Concours de circonstance ? Conversion au protestantisme entraînant un éloignement spirituel et géographique de la France ? Evolution des goûts et des moeurs ? Quoi qu’il en soit, justice semble enfin faite grâce aux expositions du musée des Beaux-Arts d’Orléans et du Girodet de Montargis qui se complétent à merveille. Le prince Charles en personne applaudit cet "événement majeur" noir sur blanc : yes your majesty, "il y a lieu de se réjouir". Orléans a déroulé le papier peint rouge pour l’occasion. Du romantisme langoureux de ‘La Miséricorde divine’ à l’élégance néoclassique de l’imposant ‘Vase des Israélites’ en passant par les miroitantes Béatrice, Laura et Vittoria le parcours est comblé de chefs-d'oeuvre. Le dévot Triqueti est un virtuose de la subtilité, fin maître du bas-relief, as du trait. A Montargis, grâce au commissariat inventif et audacieux de Richard Dagorne, la sublime chapelle du prince Albert (Windsor) reprend vie. Une monumentale maquette du lieu, flanquée de portraits de Victoria et Albert signés Winterhalter, imprègne le nouveau venu de l’atmosphère solennelle de la chapelle royale. Puis le cheminement mène aux coulisses de la création : l’atelier du sculpteur respire à nouveau, les oeuvres inachevées se chevauchent sur des tables de travail en bois. Une approche instructive certifiée non conforme que nombre d’entre nous attendions pour ranimer une époque mise aux oubliettes. Le XIXe siècle reviendrait-il à la mode ? Certainement, et avec grâce. Bravo."

"... les plus beaux portraits de Titien, de Raphaël et de Léonard de Vinci sont dus à des sentiments exaltés, qui, sous diverses conditions engendrent d'ailleurs tous les chefs-d'œuvre. "
La Maison du Chat-qui-pelote
Honoré de Balzac
"La poésie, la peinture et les exquises jouissances de l'imagination possèdent sur les esprits élevés des droits imprescriptibles. "
La Maison du Chat-qui-pelote
Honoré de Balzac
Le Cabinet des Antiques (1839)
Honoré de Balzac
De même que le mal, le sublime a sa contagion.L'Envers de l'histoire contemporaine
Honoré de Balzac

Les Employés
Honoré de Balzac
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Portrait de Girodet Trioson sculpté par
Henry de Triqueti
Là où je dois peindre, j'écris un retangle de la taille que je veux qui joue, pour moi, le rôle d'une fenêtre ouverte par laquelle regarder l'historia.Citations de Leon Battista Alberti



"La
société ne fait-elle
pas de
l'homme, suivant les milieux où son
action se déploie, autant d'hommes différents qu'il y a de variétés en zoologie? ... Il a donc existé, il existera de tout
temps des espèces sociales comme il y a des espèces zoologiques. "
La Comédie humaine
Honoré de Balzac

L'homme qui peut empeindre perpétuellement la pensée dans le fait est un homme de génie.Une fille d'Eve (1834)Honoré de Balzac
"Le désir, ce torrent de votre volonté, est si puissant chez l'homme, qu'un seul jet émis avec force peut tout faire obtenir... "
Honoré de Balzac
Les funérailles d'Atala"Nous convînmes que nous partirions le lendemain au lever du soleil pour enterrer Atala sous l'arche du pont naturel, à l'entrée des Bocages de la mort. Il fut aussi résolu que nous passerions la nuit en prière auprès du corps de cette sainte.
Vers le soir, nous transportâmes ses précieux restes à une ouverture de la grotte qui donnait vers le Nord. L'ermite les avait roulés dans une pièce de lin d'Europe, filé par sa mère : c'était le seul bien qui lui restât de sa patrie, et depuis longtemps il le destinait à son propre tombeau. Atala était couchée sur un gazon de
sensitives des montagnes ; ses pieds, sa tête, ses épaules et une partie de son sein étaient découverts. On voyait dans ses cheveux une fleur de
magnolia fanée... Ses lèvres, comme un bouton de rose cueilli depuis deux matins, semblaient languir et sourire. Dans ses joues d'une blancheur éclatante, on distinguait quelques veines bleues. Ses beaux yeux étaient fermés, ses pieds modestes étaient joints, et ses mains d'
albâtre pressaient sur son cœur un crucifix d'
ébène ; le
scapulaire de ses vœux était passé à son cou. Elle paraissait enchantée par l'Ange de la mélancolie, et par le double sommeil de l'innocence et de la tombe. Je n'ai rien vu de plus céleste. Quiconque eût ignoré que cette jeune fille avait joui de la lumière, aurait pu la prendre pour la statue de la Virginité endormie.
Le religieux ne cessa de prier toute la nuit. J'étais assis en silence au chevet du lit funèbre de mon Atala. Que de fois, durant son sommeil, j'avais supporté sur mes genoux cette tête charmante ! Que de fois je m'étais penché sur elle, pour entendre et pour respirer son souffle ! Mais à présent aucun bruit ne sortait de ce sein immobile, et c'était en vain que j'attendais le réveil de la beauté !
La
lune prêta son pâle flambeau à cette veillée funèbre. Elle se leva au milieu de la nuit, comme une blanche
vestale qui vient pleurer sur le cercueil d'une compagne. Bientôt elle répandit dans les bois ce grand secret de mélancolie, qu'elle aime à raconter aux vieux chênes et aux rivages antiques des mers. De temps en temps, le religieux plongeait un rameau fleuri dans une eau consacrée, puis secouant la branche humide, il parfumait la nuit des baumes du ciel. Parfois il répétait sur un air antique quelques vers d'un vieux poète nommé
Job ; il disait :
"J'ai passé comme une fleur : j'ai séché comme l'herbe des champs.
Pourquoi la lumière a-t-elle été donnée à un misérable, et la vie à ceux qui sont dans l'amertume du cœur ?"
Ainsi chantait l'ancien des hommes. Sa voix grave et un peu cadencée allait roulant dans le silence des déserts. Le nom de Dieu et du tombeau sortait de tous les échos, de tous les torrents, de toutes les forêts. Les roucoulements de la colombe de Virginie, la chute d'un torrent dans la montagne, les tintements de la cloche qui appelait les voyageurs, se mêlaient à ces chants funèbres, et l'on croyait entendre dans les Bocages de la mort le chœur lointain des décédés, qui répondait à la voix du solitaire.
Cependant une barre d'or se forma dans l'orient. Les éperviers criaient sur les rochers et les martres rentraient dans le creux des ormes : c'était le signal du convoi d'Atala. Je chargeai le corps sur mes épaules : l'ermite marchait devant moi, une bêche à la main. Nous commençâmes à descendre de rochers en rochers : la vieillesse et la mort ralentissaient également nos pas. A la vue du chien qui nous avait trouvés dans la forêt, et qui maintenant, bondissant de joie, nous traçait une autre route, je me mis à fondre en larmes. Souvent la longue chevelure d'Atala, jouet des brises matinales, étendait son voile d'or sur mes yeux ; souvent, pliant sous le fardeau, j'étais obligé de le déposer sur la
mousse et de m'asseoir auprès, pour reprendre des forces. Enfin, nous arrivâmes au lieu marqué par ma douleur ; nous descendîmes sous l'arche du pont. O mon fils ! Il eût fallu voir un jeune sauvage et un vieil ermite, à genoux l'un vis-à-vis de l'autre dans un désert, creusant avec leurs mains un tombeau pour une pauvre fille dont le corps était étendu près de là, dans la ravine desséchée d'un torrent !
Quand notre ouvrage fut achevé,
nous transportâmes la beauté dans son lit d'argile. Hélas ! j'avais espéré de préparer une autre couche pour elle ! Prenant alors un peu de poussière dans ma main, et gardant un silence effroyable, j'attachai pour la dernière fois mes yeux sur le visage d'Atala. Ensuite je répandis la terre du sommeil sur un front de dix-huit printemps ; je vis graduellement disparaître les traits de ma sœur, et ses grâces se cacher sous le rideau de l'éternité ; son sein surmonta quelque temps le sol noirci, comme un lis blanc s'élève du milieu d'une sombre argile : " Lopez, m'écriai-je alors, vois ton fils inhumer ta fille ! " et j'achevai de couvrir Atala de la terre du sommeil."
François René vicomte de Chateaubriand

Effervescence des teintes, électrisation du peintre pour son sujet...

"J'ai passé comme la fleur; j'ai séché comme l'herbe des champs."
Livre de Job
L'amour a son instinct, il sait trouver le chemin du cœur comme le plus faible insecte marche à sa fleur avec une irrésistible volonté qui ne s'épouvante de rien.La Femme de trente ans
Balzac 
La mythologie celtique d'Ossian,
la malédiction qui planera sur ceux qui ont décidé de la mort des poètes et des bardes..;
"Les vieillards sont assez enclins à doter de leurs chagrins l'avenir des jeunes gens. "
La Femme de trente ans
Honoré de Balzac

Circonstances extrêmes, déchainement des éléments naturels qui forcent la nature de l 'être humain,
petitesse de l'être face aux forces de la nature
révélation
châtiment biblique?
l'homme qui court à sa perte entrainant toute la famille
les peintures sublimes
le déchainement des éléments
les eaux tumultueuses, l'agitation des océans, les volcans en activité
les nuées l'effrayante impuissante de l'homme en regard des évènements tragiques des désastres naturels
peindre les répercussions humaines de ces évènements et de ces bouleversements...

"inondation subite et partielle produite par une convulsion de la nature"
Contre le déchainement des éléments naturels contraires, que peut l'argent,
et la bourse que serre d'une main aride un seul vieillard angoissé...
entraine t' il ainsi par son manque de clairvoyance tout le monde a sa perte?
L'amour qui économise n'est jamais le véritable amour.
Melmoth réconcilié
Balzac Honoré deL'universalité de sa démarche esthétique, témoignage des aléas climatiques, politiques
et des déchirements familiaux propres à une époque et à l'Humanité en général.
La scène du déluge, 1806
"...une mère submergée par les flots bien entendu,
mais aussi par les attentes des membres de sa famille
auxquels elle ne répond plus
que par un abandon passif de son corps à ceux qui s'y accrochent.
Son désespoir s'est transformé en en impuissance :
elle est écartelée par les besoins des autres
et n'est plus actrice de l(ascension du rocher,
ni même de la protection de ses enfants
car seul le bras gauche semble encore répondre à une demi-volonté.
(Il s'agit peut-être d'un réflexe d'enveloppement du nourrisson agrippé à son sein).
L'incapacité à agir de la mère alors que son mari,
bouleversé, les yeux exorbités par sa conscience de la fatalité,
résiste et tend tous ses membres vers les aspérités de la paroi rocheuse émergée,
révèle un personnage de femme assez différent des deux Danaé qui l'ont précédée.
(...) la mère de ce Déluge n'est plus qu'un corps tiraillé,
auquel son suspendus ses enfants,
alors que son époux retient sa chair amorphe et déjà sans vie."
Extrait de Girodet par Anne Lafont, réunion des Musées nationaux, Biro éditeur, 2005Une façon lumineuse de conclure sur
un Girodet insaisissable, inattendu, exigeant en peinture, à la fois rebelle d'une modernité exceptionnelle, mais aussi fidèle à l'académisme davidien. Un artiste accompli qui plaçait la peinture au-dessus de tout et définissait le romantisme comme l'insatiable volonté de faire de la vie une oeuvre d'art dans l'indépendance, la démesure et le raffinement.
Extrait de l'article de Thomas Yadan pour Evene.fr - Novembre 2005
Les âmes grandes sont toujours disposées à faire une vertu d'un malheur.Honoré de Balzac

Honoré de Balzac
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