M. Larche sculpteur, (1860 - 1912)
Alfred de MUSSET (1810-1857), Namouna (1831) :
« J’aime surtout les vers… »
J'aime surtout les vers, cette langue immortelle.
C'est peut-être un blasphème, et je le dis tout bas ;
Mais je l'aime à la rage. Elle a cela pour elle
Que les sots d'aucun temps n'en ont pu faire cas,
Qu'elle nous vient de Dieu, qu'elle est limpide et belle,
Que le monde l'entend, et ne la parle pas.
Eh bien ! Sachez-le donc, vous qui voulez sans cesse
Mettre votre scalpel dans un couteau de bois ;
Vous qui cherchez l'auteur à de certains endroits,
Comme un amant heureux cherche, dans son ivresse,
Sur un billet d'amour les pleurs de sa maîtresse,
Et rêve, en le lisant, au doux son de sa voix ;
Sachez-le, - c'est le cœur qui parle et qui soupire
Lorsque la main écrit, c'est le cœur qui se fond ;
C'est le cœur qui s'étend, se découvre et respire
Comme un gai pèlerin sur le sommet d'un mont.
Et puissiez-vous trouver, quand vous en voudrez rire,
A dépecer nos vers le plaisir qu'ils nous font !
Qu'importe leur valeur ? La muse est toujours belle,
Même pour l'insensé, même pour l'impuissant ;
Car sa beauté pour nous, c'est notre amour pour elle.
Mordez et croassez, corbeaux, battez de l'aile ;
Le poète est au ciel, et lorsqu'en vous poussant
Il vous y fait monter, c'est qu'il en redescend.
Allez, - exercez-vous, débrouillez la quenouille,
Essoufflez-vous à faire un bœuf d'une grenouille.
Avant de lire un livre, et de dire : "J'y crois !"
Analysez la plaie, et fourrez-y les doigts;
Il faudra de tout temps que l'incrédule y fouille,
Pour savoir si son Christ est monté sur la croix.
Eh ! Depuis quand un livre est-il donc autre chose
Que le rêve d'un jour qu'on raconte un instant ;
Un oiseau qui gazouille et s'envole; une rose
Qu'on respire et qu'on jette, et qui meurt en tombant ; -
Un ami qu'on aborde, avec lequel on cause,
Moitié lui répondant, et moitié l'écoutant ?
Célestine Galli-Marié dans le rôle de Carmen
Arie Vardi conducting Israel Philharmonic Orchestra
Bizet, Djamileh"Elle, dans les parfums de rose et de santal,
Poursuit son rêve d'or, d'azur et de cristal,
Dédaigneuse à jamais de la foule hébétée.
Et l'on voit au travers des mauresques arceaux,
Ses cheveux dénoués tombant en noirs ruisseaux,
S'éloigner la Houri, perle aux pourceaux jetée."








Source des documents , la revue de l'Art , article signé Hugues Imbert, critique musical (1842-1905)
Seguidille (Carmen by Georges Bizet)
Ninon Vallin (1928)
- Claude Debussy : « Je suis amoureux de cette voix pailletée d’argent »
- Reynaldo Hahn : « Quand elle chante, c’est un bouquet de musique que l’on respire »
Ninon Vallin sings "Près des remparts de Séville" from Georges Bizet's "Carmen". Recording with a few pictures
Ninon Vallin's simple, direct and enchanting Carmen, with emphasis on the text in a way only a native French song specialist can do.
recorded in Paris 1928, EMI Pathe X 7147 (matrix number 201285)
go here to see video clip of Ninon Vallin singing Faure's Les Berceaux in Cinephoni:
http://www.youtube.com/watch?v=X-K5no...
"Ninon Vallin fut une reine du répertoire francais de sensibilité. La simplicité poignante de sa Mignon, la simplicité fatale de sa Carmen sont des modèles de lecture: le texte, la musique, une probité d'artiste qui se traduit directement dans la loyauté d'une voix restée très tard un instrument d'une beauté, d'une souplesse sans rides."
Carmen
Près des remparts de Séville
chez mon ami Lillas Pastia,
j'irai danser la seguedille
et boire du Manzanilla,
j'irai chez mon ami Lillas Pastia.
Oui, mais toute seule on s'ennuie,
et les vrais plaisirs sont à deux;
donc pour me tenir compagnie,
j'ammènerai mon amoureux!
Mon amoureux!.. il est au diable!
Je l'ai mis à la porte hier!
Mon pauvre coeur, très consolable,
mon coeur est libre comme l'air!
J'ai des galants à la douzaine;
mais ils ne sont pas à mon gré.
Voici la fin de la semaine:
qui veut m'aimer? je l'aimerai!
Qui veut mon âme? Elle est à prendre!
Vous arrivez au bon moment!
Je n'ai guère le temps d'attendre,
car avec mon nouvel amant
près des remparts de Séville,
chez mon ami Lillas Pastia,
j'irai danser la seguedille
et boire du Manzanilla,
dimanche, j'irai chez mon ami Pastia!
Carmen
Right by the walls of Sevilla,
At my old friend Lillas Pastia's,
I'll go to dance the seguidilla
And drink some manzanilla,
I'll go to my old friend Lillas Pastia's.
But all alone it's not much fun,
True pleasure is when you're a pair;
So, to make sure I've got someone,
I'll bring my lover with me there!
My lover man! To hell with him now!
I broke up with him yesterday!
And my poor heart's ripe for a whim now,
My heart is free, it's free to play!
I am pursued by scores of gallants;
But none that I like through and through.
Now here's the weekend - what's the balance?
Who will love me? I'll love him too!
Who wants my soul? It's ripe for mating!
You have arrived right with the tide!
I have no time to waste by waiting,
For with my new man by my side,
Right by the walls of Sevilla,
At my old friend Lillas Pastia's,
I'll go to dance the seguidilla
And drink some manzanilla,
This Sunday I'll go to my old friend Pastia's!
Translation by Jacob Lubliner
Libretto : Henri Meilhac and Ludovic Halévy"
Ninon Vallin's simple, direct and enchanting Carmen, with emphasis on the text in a way only a native French song specialist can do.
recorded in Paris 1928, EMI Pathe X 7147 (matrix number 201285)
go here to see video clip of Ninon Vallin singing Faure's Les Berceaux in Cinephoni:
http://www.youtube.com/watch?v=X-K5no...
"Ninon Vallin fut une reine du répertoire francais de sensibilité. La simplicité poignante de sa Mignon, la simplicité fatale de sa Carmen sont des modèles de lecture: le texte, la musique, une probité d'artiste qui se traduit directement dans la loyauté d'une voix restée très tard un instrument d'une beauté, d'une souplesse sans rides."
Carmen
Près des remparts de Séville
chez mon ami Lillas Pastia,
j'irai danser la seguedille
et boire du Manzanilla,
j'irai chez mon ami Lillas Pastia.
Oui, mais toute seule on s'ennuie,
et les vrais plaisirs sont à deux;
donc pour me tenir compagnie,
j'ammènerai mon amoureux!
Mon amoureux!.. il est au diable!
Je l'ai mis à la porte hier!
Mon pauvre coeur, très consolable,
mon coeur est libre comme l'air!
J'ai des galants à la douzaine;
mais ils ne sont pas à mon gré.
Voici la fin de la semaine:
qui veut m'aimer? je l'aimerai!
Qui veut mon âme? Elle est à prendre!
Vous arrivez au bon moment!
Je n'ai guère le temps d'attendre,
car avec mon nouvel amant
près des remparts de Séville,
chez mon ami Lillas Pastia,
j'irai danser la seguedille
et boire du Manzanilla,
dimanche, j'irai chez mon ami Pastia!
Carmen
Right by the walls of Sevilla,
At my old friend Lillas Pastia's,
I'll go to dance the seguidilla
And drink some manzanilla,
I'll go to my old friend Lillas Pastia's.
But all alone it's not much fun,
True pleasure is when you're a pair;
So, to make sure I've got someone,
I'll bring my lover with me there!
My lover man! To hell with him now!
I broke up with him yesterday!
And my poor heart's ripe for a whim now,
My heart is free, it's free to play!
I am pursued by scores of gallants;
But none that I like through and through.
Now here's the weekend - what's the balance?
Who will love me? I'll love him too!
Who wants my soul? It's ripe for mating!
You have arrived right with the tide!
I have no time to waste by waiting,
For with my new man by my side,
Right by the walls of Sevilla,
At my old friend Lillas Pastia's,
I'll go to dance the seguidilla
And drink some manzanilla,
This Sunday I'll go to my old friend Pastia's!
Translation by Jacob Lubliner
Libretto : Henri Meilhac and Ludovic Halévy"
Numerical Art by Jacqueline Waechter 2010 librement inspiré des œuvres de Larche.










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