mardi 17 août 2010

Peut-être existe-t-il un chemin qui mène aux étoiles?













































































































































































































Vikenti Veressaïev
L’Étoile
CONTE ORIENTAL







C’était dans les temps anciens, dans une contrée lointaine et inconnue.

Une nuit noire éternelle régnait sur le pays ; des brouillards méphitiques s’élevaient de la terre et se répandaient dans l’air. Les hommes naissaient, grandissaient, aimaient et mouraient dans les ténèbres humides. Parfois le souffle du vent dissipait les lourdes émanations de la terre et, du ciel éloigné, les étoiles lumineuses semblaient regarder les hommes.

C’était alors une fête générale : ceux qui d’ordinaire restaient dans la solitude de leurs demeures sombres comme des cavernes, se réunissaient sur la place pour chanter des hymnes au ciel.

Les pères montraient les étoiles à leurs enfants et leur enseignaient que la vie et le bonheur de l’homme est dans l’aspiration qui l’attire vers elles. Les jeunes hommes et les jeunes filles regardaient alors fixement le ciel et, de l’obscurité qui écrasait la terre, leurs âmes s’élançaient vers lui.

C’est aux étoiles que les prêtres adressaient leurs prières et les poètes leurs chansons. Les savants étudiaient le chemin des étoiles, leur nombre et leur grandeur. Or ils avaient fait une découverte importante : « Les étoiles se rapprochaient de la terre par une marche lente, mais ininterrompue. Ils avaient établi, d’après des sources indiscutables, que dix mille ans auparavant on aurait eu du mal à distinguer le sourire sur le visage d’un enfant à un pas et demi de distance, alors que maintenant chacun pouvait l’y distinguer aisément, même à trois pas. Ainsi il était hors de doute que, dans quelques millions d’années, le ciel resplendirait de lumières vives et que le règne de la clarté rayonnante éternelle arriverait sur la terre. Tous vivaient avec patience dans l’attente de cet heureux temps et mouraient dans cette espérance.

Ainsi pendant de longues années la vie calme et tranquille des hommes s’écoula, réchauffée par une douce croyance dans les étoiles lointaines.

Or, une fois que les étoiles brillaient dans le ciel particulièrement claires, que l’âme de la foule s’élançait vers la clarté éternelle dans une vénération muette, une voix retentit tout à coup :


























« Frères ! disait cette voix, comme il fait clair et merveilleux dans les hautes vallées du ciel ! Comme il fait humide et obscur chez, nous ! Mon âme languit sans vie et sans désir dans ces ténèbres éternelles ! Que nous importe que la vie de notre postérité lointaine s’éclaire d’une lumière ininterrompue ? Nous avons, nous aussi, besoin de cette lumière ; elle manque à chacun de nous plus que l’air et la nourriture, plus que la mère et que l’amante. Qui sait ! Peut-être existe-t-il un chemin qui mène aux étoiles ! Peut-être ne sommes-nous pas incapables de les décrocher du ciel et de les apporter ici parmi nous, pour la joie de toute la terre ! Allons donc chercher ce chemin et la lumière de la vie ! »






Richter plays Prokofiev 6th Sonata













































Le métro de Moscou par Émile Schreiber 1935
Émile Schreiber, 1935
Émile Schreiber, 1935
Émile Schreiber, 1935




Émile Schreiber











"Les années s’écoulèrent. Comme auparavant les gens naquirent, grandirent, aimèrent et moururent dans les ténèbres humides ; comme auparavant la vie sembla calme et paisible. Mais une inquiétude profonde, un désir inassouvi la rongeait dans l’obscurité. Les gens essayaient en vain d’oublier ce que l’astre avait éclairé de sa clarté passagère. Les joies calmes d’auparavant étaient empoisonnées ; le mensonge se glissait partout. En priant avec vénération les étoiles lointaines, l’homme pensait : « Et s’il se trouvait soudain un être assez insensé pour apporter cette étoile ici, chez nous ! » Alors sa langue s’embarrassait, un frisson de crainte remplaçait l’essor pieux.
Émile Schreiber, 1935
Le père enseignait à son fils que la vie et le bonheur de l’homme sont dans l’aspiration qui l’attire vers les étoiles... et tout à coup, une pensée traversait son esprit : « Si vraiment mon fils, illuminé par cette aspiration, parlait comme Adeïle à la recherche d’un astre et l’apportait sur la terre ! » Alors il se hâtait de lui expliquer que la lumière est bonne, mais qu’il est fou d’essayer de la descendre sur la terre. Et il lui racontait qu’il s’était trouvé des insensés qui l’avaient tenté, mais qu’ils avaient péri sans gloire et sans utilité pour la vie.
Les sacrificateurs enseignaient également cela, et les savants le démontraient. Mais ces sermons résonnaient inutilement. À chaque instant, la nouvelle se répandait qu’un jeune homme ou une jeune fille avait quitté le toit paternel. Pour aller où ? Peut-être sur le chemin montré par Adeïle ? Et les gens sentaient, avec effroi, que si la lumière recommençait à briller sur la terre, il faudrait se mettre, bon gré, mal gré, au grand travail et qu’on ne pourrait le fuir nulle part.
Avec une inquiétude confuse ils interrogeaient le lointain du regard et il leur semblait apercevoir au-dessus de l’horizon le reflet vacillant des étoiles qui s’approchaient."

 V. VERESSAYEV.
{Traduit du russe par JACQUES POVOLOZKY )











" The first part of the acclaimed docu-biography of the Ukrainian/German pianist Sviatoslav Richter including archive footage and an interview with the 80 year old Richter."








Moscou ou les poupées russes: qu'est ce que l'âme russe?



Jacqueline Waechter, autoportrait à la Russe
Jacqueline Waechter, autoportrait à la Russe
Jacqueline Waechter, autoportrait à la Russe
Jacqueline Waechter, autoportrait à la Russe 



Numerical Art and Drawings by Jacqueline Waechter 1990-2010













































...

























































































































































































0 commentaires: