
Ils se promenèrent sur la levée, au bord des eaux , aux dernières lueurs du soir, presque silencieusement, disant de vagues paroles, douces comme le murmure de la Loire, mais qui remuaient l' âme.
Honoré de Balzac
La Femme de trente ans.


: « Aussi rien n'est-il comparable, dans le cours de la Loire, au riche panorama que la Touraine présente alors aux yeux du voyageur.
Le triple tableau de cette scène, dont les aspects sont à peine indiqués, procure à l'âme un de ces spectacles qu'elle inscrit à jamais dans son souvenir ; et, quand un poète en a joui, ses rêves viennent souvent lui en reconstruire fabuleusement les effets romantiques. »
Honoré de Balzac
La Femme de trente ans

L'influence exercée sur l'âme par les lieux est une chose digne de remarque.
Honoré de Balzac
La Femme de trente ans
Ainsi tout change, ainsi tout passe
- Ainsi nous-même, nous passons
- Hélas
- Sans laisser plus de trace
- Que cette barque où nous glissons
- Sur cette mer où tout s'efface.
Alphonse de Lamartine

Oui; mais il faut parier; cela n'est pas volontaire, vous êtes embarqué.
Pensées (1670)
Blaise Pascal

« O straniero, su ogni spiaggia di questo mondo, senza uditorio né testimonio, porta all’orecchio del ponente una conchiglia senza memoria :
Ospite precario nei sobborghi della nostra città, tu non passerai la soglia dei Lloyds, dove la tua parola non ha alcun corso e il tuo oro è senza titolo… Io abiterò il mio nome, fu la tua risposta ai questionari del porto. E, sui tavoli del cambiavalute, tu altro non hai che torbido da produrre, come le grandi monete di ferro esumate dal fulmine ».
(Saint-John Perse, Esilio).
« Étranger, sur toutes grèves de ce monde, sans audience ni témoin, porte à l’oreille du Ponant une coque sans mémoire : Hôte précaire à la lisière de nos villes, tu ne franchiras point le seuil des Lloyds, où ta parole n’a point cours et ton or est sans titre… J’habiterai mon nom, fut ta réponse aux questionnaire du port. Et sur les tables du changeur, tu n’as rien que de troubles à produire, comme ces grandes monnaies de fer exhumées par la foudre ».
Saint-John Perse,
Exil.

« Les sables ni les chaumes n’enchanteront le pas des siècles à venir, où fut la rue
pour vous pavée d’une pierre sans mémoire_ô pierre inexorable
et verte plus que n'est
le sang vert des Castilles à votre tempe d'Étrangère" »
Saint-John Perse,
Exil.
« Qu'allais-tu déserter là ?… »
Saint-John Perse


Un jour nous nous embarquerons sur l'étang de nos souvenirs
Et referons pour le plaisir
Le voyage doux de la vie.
L'Étang chimérique
Léo Ferré
C'est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain ne l'écoute pas"
Victor Hugo

| Nous voyons l'abeille se poser sur toutes les plantes et tirer de chacune le meilleur. | ||
| Isocrate | ||
Poussés nous sommes tous au même endroit, et tous, nous serons tôt ou tard tirés au sort dans l'urne:
et nous monterons dans la barque
pour un exil d'éternité.
Odes, II, 3
Horace


«Étrange l'homme sans rivage, près de la femme, riveraine.»
Alexis Léger Saint-John Perse





"Va prendre tes leçons dans la Nature" Léonard de Vinci


Qu'est-ce donc qu'une mauvaise herbe, sinon une plante dont on n'a pas encore découvert les vertus ?
Ralph Waldo Emerson

«L'amour est une herbe spontanée et non une plante de jardin.»
Ippolito Nievo
- Confession d'un octogénaire

Souvent, j'ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot dans les abîmes du passé, comme l'insecte qui flotte au gré d'un fleuve sur quelque brin d'herbe.
Louis Lambert
Honoré de Balzac

Portes ouvertes sur les sables, portes ouvertes
sur l’exil,
Les clés aux gens du phare, et l’astre roué vif sur la pierre du seuil :
Mon hôte, laissez-moi votre maison de verre dans les sables…
L' Été de gypse aiguise ses fers de lance dans nos plaies,
J’élis un lieu flagrant et nul comme l’ossuaire des saisons
Et, sur toutes grèves de ce monde, l’esprit du dieu fumant déserte sa couche d’amiante.
Les spasmes de l’éclair sont pour le ravissement des Princes en Tauride.
A mille rives dédiées, à milles page confiées, à mille pages confiée la pure annonce de ce chant.
D'autres saisissent dans les temples la corne pleine des autels:
ma gloire est sur les sables!
ma gloire est sur les sables!...Et ce n'est point errer, ô Pérégrin,
Que de convoiter l'aire la plus nue pour assembler aux syrtes de l'exil un grand poème né de rien, un grand poème fait de rien...
Sifflez , ô frondes par le monde, chantez ö conques sur les eaux!
J'ai fondé sur l'abîme et l'embrun et la fumée des sables. je me coucherai dans les citernes et dans les vaisseaux creux,
En tous lieux vains et fades où gît le goût de la grandeur.
Moins de souffles flattaient la famille des Jules; moins d'alliances assistaient les grandes castes de prêtrise.
« Où vont les sables à leur chant s'en vont
Où vont les sables ä leur chant s'en vont les Princes de l'exil,
Où furent les voiles haut tendues s'en va l'épave plus soyeuse qu'un songe de luthier,
Où furent les grandes actions de guerre déjà blanchit la mâchoire d'âne,
Et la mer à la ronde roule son bruit de crânes sur les grèves,
Et que toutes choses au monde lui soient vaines, c'est ce qu'un soir, au bord du monde,nous contèrent
Les milices du vent dans les sables d'exil...
Saint-John Perse,
Exil.
"C'étaient de très grands vents, sur toutes faces de ce monde,
De très grands vents en liesse par le monde, qui n'avaient d'aire ni de gîte,
Qui n'avaient garde ni mesure, et nous laissaient, hommes de paille,
En l'an de paille sur leur erre... Ah ! oui, de très grands vents sur toutes faces de vivants !"
Saint-John Perse

« Et vous avez si peu de temps pour naître à cet instant ! »
Saint-John Perse

… Des terres neuves, par là-bas, dans un très haut parfum d'humus et de feuillages,
Des terres neuves, par là-bas, sous l'allongement des ombres les plus vastes de ce monde… (II, 1)
| Il n'est rien d'essentiel à l'homme qui ne soit figuré naturellement, dans le caillou, la plante ou la bête. | ||
| André Pieyre de Mandiargues Extrait de Le belvédère | ||

Dans mes livres, en effet, il est souvent question de régions-frontières, de régions marginales, d’avant-postes, parce que c’est une situation qui me plaît en imagination. Mais il est vrai qu’en géographie j’aime beaucoup les zones de transition, de passage d’une région à l’autre. Je suis né au nord des Mauges,
à St Florent le Vieil, pas très loin d'une des frontières intérieures les plus tenaces qu'il y ait en France: la frontière géologique entre le Massif armoricain et le Bassin parisien. C'est une frontière rurale, c'est une frontière politique aussi".
Julien Gracq, Entretien avec Jean-Louis Tissier ,1978

| Qu'est-ce donc qu'une mauvaise herbe, sinon une plante dont on n'a pas encore découvert les vertus ? | ||
| Ralph Waldo Emerso | ||


L'amour n'est rien d'autre que la suprême poésie de la nature.
Novalis


Art Numérique et Photos par Jacqueline Waechter 2010
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