jeudi 8 juillet 2010

Croisées perméables du Temps...

...







Si par delà un orage,
certaine nuit
quelque cliché souvenir fuit
comme bouche à l'eau
menthe glaçon d' impressions étranges
roulant sous le feu de la langue
comme la sensation lande
d'avoir déjà
été
ombelle de torpeur
pavot de moiteur
bruyère laser

si par le tranchant du balai de la lueur
rayonnant sur la ville...




Si par les livres,
d'eux la solitude, compagnons...
ces jetés de croquis
en fleurs parsemant la descente de lit
si par ces jonchées de papiers froissés
ces nuitées toutes somnambules de regards vagues
si par ces paupières ondulées
lourdes de toits d'insomnies
si par de jeunes souvenirs
deux mains qu'on s'imaginaient caressantes
étalées ,
si par les offrandes d' écheveaux de laines
traçantes, captives
toutes buées tactiles
si par les
levains d'embruns moussant aux croisées...






Si, se revoyant plus jeune encore
la tête en étoiles
émerveillés
échappés, partant au loin méditer
fuyant en la suite exponentielle
des visages de la mappemonde
le cœur serré
tout froissé par la grande interrogation...







Et par les mains feuilletées
comme verres soufflés,
et par les terres biffées
comme quand on découpait les morceaux choisis
pour mieux ajuster à la croisée
et séparer
du moins
renvoyer
plus loin des vents mauvais




et rêve m'en a pris
et trêve
voilà les dés astres du délitement
jetés à la face du gréement

et soif prit d'imaginer

qui par ce navire
qui là a bien pu demeurer
qui pour dormir et aimer ?

et fougue s'inscrivit
en la trace de quelques papiers
et qui scrutait
les rebords du cliché
à jamais capturés?





Si par le souffre
les senteurs des verreries
engrangées
au magasins des torpeurs
quelques digressions
s'inscrivaient pour la voyager




en mille contes
de salle à diner
chargées en tréteaux
gamberger






Si par les queues d'arondes et les palombes s'ébattant sur la corniche
...





si par mille fenêtres à laver

vagabondes

on cheminait

si par mille plateaux de cédrats confits
si par les fontaines de liqueurs


un seul rayon s'attardait

en la lèche des petits plombs
en ces vitraux

et pour qu'ils chatoient..;




Si et pars
des livres d'images surannées

des négatifs à demis effacés


si on s'en devinait








en l'ombre portée

en l'épaisseur de la gangue calfatée

si en la coque
le navire déroutant
chargé

de tas de croisées jetées
luisait dans la cale
le soleil masqué de la benne









Si
par la corde à linge en arc tendre ployée
coulée dans la dorure d'un pauvre petit matin de faux Byzance





par la pince à linge esseulée
Si par l'anse calme d'un rideau apaisé...



Par l'artiste

par son cœur mansardé

et par la brisée de sa fenêtre




par les ouvriers qui s'en viendront un jour tout décaper






par ce commentaire
et par ce chiffre qui vient s'immiscer







Par une corde, un panier de peuplier tressé
un abri de bois improvisé

par un garde manger de fortune
et quelques fruits mis à dorer







par un vêtement de corps mis à sécher
pendu comme neige au soleil
fondu arrêté pour l éternité...






et par le vide si doux si frais qui vient d'entrer
soudain
l'air de rien.. au milieu du banquet de silence après l'ondée...







et par la Technique qui vient à bout de toute chose



et par la Pratique aussi







et par le Dessin beurré de tartines de lumière filtrée par le papier graissé...









et par la main précise et tannée de l'ouvrier




et par la pièce bleutée
qui luit toute blanche
et par sa signature gravée




et par ce Vieux Paris qui parfois transparait






et par ces ébauches et ces épures
comme deux amants enlacés





et par la matière chauffée
les matériaux liés
les clous
le linge
le souvenir ruiné de la croisée

la trace cicatrisée voyageant dans la fibre


...





et fleurissant à la pointe de l'épée
la marque grave de l'artisan engage...




Et par le nom étrange, le cor de l'art
et par chœur le souvenir travailleur
un chant secret du métal
transmué dans le corps du bois



et par les papiers et par les signes
et par les comptes et par les messagers
si par les mélodies et les ondées du piano
quelque prélude transparait...







et par les fenêtre des flux dorés
coulant à la rencontre de l aube
et par tout crépuscule





l'élégance des proportions ceintes de dignité,





et par le passage du temps
et par la marque des hommes qu'on délave













et par le renforcement incrusté dans l'âme courbe du temps...






Variations colorées et libres interprétations, art numérique-poème par Jacqueline Waechter



(...morceaux choisis, issus du livre:

- Fenêtres de Paris XVIIe et XVIIIe siècles,

Cahiers de la Rotonde, n. 18, Ville de Paris,
Commission du Vieux Paris. 124 p., 140 ill.


Catalogue de l'exposition qui s'est tenue à la Rotonde de la Villette,

à Paris, du 22 janvier au 20 avril 1997)




http://vieux.saint.etienne.perso.sfr.fr/fiches.html




Une maison ancienne à Paris, 22 rue Basfroi :

http://test75011.numeriblog.fr/













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