jeudi 9 février 2012

Parce que ça fait tellement plaisir à l’observateur...











































































« Jusqu’ici en effet la réversibilité est restée 




d’ordre métaphysique […] 


mais elle est peut-être en train d’inquiéter 




l’ordre physique 




et d’en ébranler les fondements. » 










Jean Baudrillard, Les stratégies fatales















































































« Les histoires de réversibilité sont toujours les plus drôles, ainsi celle du rat et du psychologue: le rat raconte comment il a fini par conditionner parfaitement le psychologue à lui donner un bout de pain chaque fois qu’il relève le clapet de sa cage. 


























Sur le modèle de cette histoire, on pourrait imaginer, au niveau de l’observation scientifique, que toutes les expériences auraient été truquées – non pas involontairement altérées par l’observateur, mais truquées par l’objet, dans le dessein de s’amuser ou de se venger (ainsi les trajectoires inintelligibles des particules), ou mieux encore: que l’objet ne fait semblant d’obéir aux lois de la physique que parce que ça fait tellement plaisir à l’observateur.












Telle serait la pataphysique (la science des solutions imaginaires), qui guette toute physique à ses extrémités inavouables. » 












Jean Baudrillard, Les stratégies fatales



























































« Toutes les mythologies, toutes les religions naissantes ont vécu d’une violente dénégation du réel, d’un violent défi à l’existence. 


Et tout ce qui nie et défie le réel est certainement plus proche du monde par la pensée. » 
















Jean Baudrillard, Les stratégies fatales

































































« On a fait de l’ironie une forme méphistophélique, mais elle est seulement ce qui filtre toutes choses et les préserve de la confusion. Elle filtre les mots, les esprits et les corps, elle filtre les concepts et les plaisirs, 


et les préserve de la promiscuité et de la coagulation amoureuse. 






Elle joue d’une forme à l’autre, dans l’anamorphose, elle joue d’une espèce à l’autre, dans la métamorphose – ainsi la copulation des dieux et des hommes, dans le mythe grec, est ironique. La différence des dieux aux hommes, des hommes aux bêtes, est un philtre de séduction. 


Quand le même s’accouple au même, tout devient obscène. 




La nécessité de l’ironie, comme celle du plaisir, 


fait partie de la nécessité du Mal. » 

























Jean Baudrillard, Les stratégies fatales










































































« Il y a quelque chose de plus fort que la passion: l’illusion. Plus forte que le sexe ou le bonheur: la passion de l’illusion. 




Séduire, toujours séduire. Déjouer la puissance érotique par la puissance impérieuse du jeu et du stratagème – dans le vertige même dresser des pièges, et au septième ciel encore garder la maîtrise des voies ironiques de l’enfer –, telle est la séduction, telle est la forme de l’illusion, tel est le malin génie de la passion. » 























































































































0 commentaires: