mercredi 5 mai 2010

"Une Grâce, l'Oubli de Soi ou une Patrie"...

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"C'est à la fin des années 1920, lors d'une correspondance échangée avec Sigmund Freud, que l'écrivain Romand Rolland évoque pour la première fois le sentiment océanique. La discussion porte en fait sur le sentiment religieux. S. Freud vient de publier L'Avenir d'une illusion dans lequel il analyse la religion comme une forme de régression de l'adulte vers les émotions de l'enfance. La soumission des hommes vis-à-vis de Dieu est comme celle du petit enfant qui éprouve le dénuement et la fragilité. Face aux épreuves de la vie, celui-ci en appelle à une figure paternelle idéale ? Dieu ? censée lui apporter protection et soutien.

R. Rolland, esprit mystique tourné vers la spiritualité orientale, refuse de réduire la religion à une régression psychologique. Il évoque un autre état de conscience : le « sentiment océanique », impression étrange de fusion avec le cosmos, où la conscience se dissout dans un grand tout.





Ce sentiment océanique a été décrit par de nombreux mystiques qui ont fait des expériences similaires, qu'elles soient religieuse ou profanes. Mais c'est à la religiosité indienne que le sentiment océanique est souvent assimilé."










L'expression paraît dans une lettre de Romain Rolland à Sigmund Freud le 5 décembre 1927 :

"Mais j'aurais aimé à vous voir faire l'analyse du sentiment religieux spontané ou, plus exactement, de la sensation religieuse qui est (...) le fait simple et direct de la sensation de l'éternel (qui peut très bien n'être pas éternel, mais simplement sans bornes perceptibles, et comme océanique)."

La référence à l'éternel est une allusion à Spinoza, qui recommande de voir les choses

"sous l'aspect de l'éternité" (sub specie aeternitatis).

"Nous connaissons clairement par là en quoi notre salut, c'est-à-dire notre Béatitude ou notre Liberté consiste ; je veux dire dans un Amour constant et éternel envers Dieu, ou dans l'Amour de Dieu envers les hommes. Cet Amour ou cette Béatitude, est appelé dans les livres sacrés Gloire, non sans raison" (Éthique, V, proposition 36, scholie).

Selon Sigmund Freud, qui débattit de cette notion dans son Malaise dans la civilisation, il n'est pas à l'origine du besoin religieux parce que celui-ci provient plutôt des sentiments de désaide infantile et de désirance pour le père, remplacés plus tard par l'angoisse devant la puissance du destin.


"Dans les philosophies ou religions tendant à l'éveil spirituel (Zen, Vedanta, etc.), on trouve fréquemment la comparaison entre l'océan (l'univers) et la vague (l'individu), le sentiment océanique correspondant à une prise de conscience non-duale de la nature de l'Être."




http://fr.wikipedia.org/wiki/Sentiment_oc%C3%A9anique












"Qu'est-ce que le moi ?
Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants, si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier. Mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non; car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.
Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on, moi ? Non ; car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme ? Et comment aimer le corps ou l'âme, sinon pour ces qualités qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables ? Car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.
Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualités empruntées."




Pascal






« Voilà ce que je vois et ce qui me trouble. Je regarde de toutes parts, et je ne vois partout qu’obscurité. La nature ne m’offre rien qui ne soit matière de doute et d’inquiétude. Si je n’y voyais rien qui ne marquât une divinité, je me déterminerais à la négative ; si je voyais partout les marques d’un créateur, je reposerais en paix dans la foi. Mais, voyant trop pour nier et trop peu pour m’assurer, je suis en un état à plaindre, et où j’ai souhaité cent fois que, si un dieu la soutient, elle le marquât sans équivoque ; et que si les marques qu’elle en donne sont trompeuses, qu’elle les supprimât tout-à-fait ; qu’elle dît tout ou rien, afin que je visse quel parti je dois suivre. Au lieu qu’en l’état où je suis, ignorant ce que je suis et ce que je dois faire, je ne connais ni ma condition ni mon devoir. Mon cœur tend tout entier à connaître où est le vrai bien, pour le suivre ; rien ne me serait trop cher pour l’éternité.

Je porte envie à ceux que je vois dans la foi vivre avec tant de négligence, et qui usent si mal d’un don duquel il me semble je ferais un usage si différent ».


Blaise Pascal


"Le moi est haïssable. (...) En un mot le moi a deux qualités. Il est injuste en soi en ce qu'il se fait centre de tout. Il est incommode aux autres en ce qu'il les veut asservir, car chaque moi est l'ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l'incommodité, mais non pas l'injustice.



Et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l'injustice. Vous ne le rendez aimable qu'aux injustes qui n'y trouvent plus leur ennemi. Et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu'aux injustes."











« Le libre arbitre ne peut vouloir que le mal. La grâce doit être constante et irrésistible et nous déterminer de l'intérieur à vouloir le bien. »

Jansénius.












http://odalix.univ-bpclermont.fr/Cibp/Pensees/Sel91-92.htm











De la grandeur des hommes
"On tient à eux par le bout par lequel ils tiennent au peuple ; car quelque élevés qu'ils soient, si sont-ils unis au moindre des hommes par quelque endroit. Ils ne sont pas suspendus en l'air, tout abstraits de notre société. Non, non ; s'ils sont plus grands que nous, c'est qu'ils ont la tête plus élevée ; mais ils ont les pieds aussi bas que les nôtres. Ils y sont tous à même niveau, et s'appuient sur la même terre ; et, par cette extrémité, ils sont aussi abaissés que nous, que les plus petits, que les bêtes."









"Il est nécessaire, dit Pascal, qu'il y ait de l'inégalité parmi les hommes, cela est vrai ; mais cela étant accordé, voilà la porte ouverte non seulement à la plus haute domination, mais à la plus haute tyrannie."






« La tyrannie consiste au désir de domination, universel et hors de son ordre.
Diverses chambres de forts, de beaux, de bons esprits, de pieux dont chacun règne chez soi, non ailleurs. Et quelquefois ils se rencontrent et le fort et le beau se battent sottement à qui sera le maître l’un de l’autre, car leur maîtrise est de divers genre. Ils ne s’entendent pas. Et leur faute est de vouloir régner partout. Rien ne le peut, non pas même la force : elle ne fait rien au royaume des savants, elle n’est maîtresse que des actions extérieures. Ainsi ces discours sont faux... »





La tyrannie est de vouloir avoir par une voie ce qu'on ne peut avoir que par une autre. On rend différents devoirs aux différents mérites, devoir d'amour à l'agrément, devoir de crainte à la force, devoir de créance à la science.

On doit rendre ces devoirs-là, on est injuste de les refuser, et injuste d'en demander d'autres. Ainsi ces discours sont faux, et tyranniques : je suis beau, donc on doit me craindre, je suis fort, donc on doit m'aimer, je suis… Et c'est de même être faux et tyrannique de dire: il n'est pas fort, donc je ne l'estimerai pas, il n'est pas habile, donc je ne le craindrai pas.”

Pascal Pensées


Blaise Pascal






. Pascal, le postmoderne et la tyrannie

http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:zVGga3pzCYgJ:multitudes.samizdat.net/Pascal-le-postmoderne-et-la+la+tyrannie+consiste+au+d%C3%A9sir+de+domination&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr






Anna Karina

http://fr.wikipedia.org/wiki/Anna_Karina




"En 1959, elle refuse un rôle important dans À bout de souffle parce qu'il comprenait une scène dénudée. Son personnage disparaîtra finalement du film. Malgré ce refus, Anna Karina jouera dans nombre de films de Jean-Luc Godard. Ils se marient peu de temps après le tournage de Le Petit Soldat (1960). En 1961, elle obtient le prix de la meilleure actrice au festival de Berlin pour son interprétation du personnage d'Angela dans le film Une femme est une femme."











Ulysse revoyant sa Patrie...


"Pour guérir, il n'y a qu'à rentrer chez soi.
Le retour est le médicament de la nostalgie comme l'aspirine est celui de la migraine"
Vladimir Jankélévitch


'L'Irréversible et la nostalgie', Flammarion, 1974



"Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province et beaucoup davantage ?"

Joachim Du Bellay


http://www.evene.fr/livres/actualite/odyssee-homere-ulysse-bac-2502.php













Un jour vient où, à force de raideur, plus rien n'émerveille, tout est connu, la vie se passe à recommencer. C'est le temps de l'exil, de la vie sèche, des âmes mortes.
Pour revivre, il faut une grâce, l'oubli de soi ou une patrie.

L'Eté (1954)
Albert Camus







Joachim Du Bellay,

'Les Regrets', Sonnet CXXX, 1558


"Et je pensais aussi ce que pensait Ulysse,
Qu'il n'était rien plus doux que voir encor' un jour
Fumer sa cheminée, et après long séjour
Se retrouver au sein de sa terre nourrice.

Je me réjouissais d'être échappé au vice,
Aux Circés d'Italie, aux Sirènes d'amour,
Et d'avoir rapporté en France à mon retour
L'honneur que l'on s'acquiert d'un fidèle service.

Las mais après l'ennui de si longue saison,
Mille soucis mordants je trouve en ma maison,
Qui me rongent le coeur sans espoir d'allégeance.

Adieu donques (Dorat) je suis encor' Romain,
Si l'arc que les neuf Soeurs te mirent en la main
Tu ne me prêtes ici, pour faire ma vengeance."

















Pourquoi les femmes meurent-elles si souvent dans les films de Godard?

Fatalité?
ou femmes Fatales?

puisque les hommes naissent et meurent dans leurs sillages...


sirènes

du romantisme
de
l'insatisfaction...

voix off
des rapports tendus entre passé et présent

brouillages
et brouillards,

des fumées et des ruines
d'eux les cendres de la cité moderne...
des images magies... noires...

JLG
Sort scié
du "ci né Aima "

du mariage
de la femme jadis épousée
et de la femme compagne des jours

des campagnes et des guerriers
des provocations
des martyrs et des martyrisés

un condensé de sensations
dans l'œil de la caméra, des tours
de manivelle
dans la chambre obscure
made in God Art...


La beauté singulière d'Anna Karina

"ruse, jalousie, vengeance, désir…"
Nostalgie?
loin du cœur...les yeux...


Qui fixe l'immensité
céleste du vide de l'espace marin?
...Le M'est pris...
...
Silenzio!

(Moteur!
La machine tourne et enregistre)
...

Jacqueline Waechter 2010




















Telles vous cheminez, stoïques et sans plaintes,
A travers le chaos des vivantes cités,
Mères au coeur saignant, courtisanes ou saintes,
Dont autrefois les noms par tous étaient cités.

Vous qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloire,
Nul ne vous reconnaît ! un ivrogne incivil
Vous insulte en passant d'un amour dérisoire ;
Sur vos talons gambade un enfant lâche et vil.

Honteuses d'exister, ombres ratatinées,
Peureuses, le dos bas, vous côtoyez les murs ;
Et nul ne vous salue, étranges destinées !
Débris d'humanité pour l'éternité mûrs !

Mais moi, moi qui de loin tendrement vous surveille,
L'oeil inquiet, fixé sur vos pas incertains,
Tout comme si j'étais votre père, ô merveille !
Je goûte à votre insu des plaisirs clandestins :

Je vois s'épanouir vos passions novices ;
Sombres ou lumineux, je vis vos jours perdus ;
Mon coeur multiplié jouit de tous vos vices !
Mon âme resplendit de toutes vos vertus !

Ruines ! ma famille ! ô cerveaux congénères !
Je vous fais chaque soir un solennel adieu !
Où serez-vous demain, Eves octogénaires,
Sur qui pèse la griffe effroyable de Dieu ?

Charles Baudelaire




Anna Karina,
Vingt Ans Après...








http://www.cineclubdecaen.com/realisat/godard/histoiresducinema2b.htm


"Je montre que le cinéma, c'est des hommes qui ont filmé des femmes.
Il y a quelque chose de très fatal là-dedans.
C'est l'histoire de la beauté, qui dans la peinture comme dans la littérature a toujours été liée à des femmes et pas à des hommes."

Jean-Luc Godard









http://www.paperblog.fr/904575/04-histoire-de-l-homosexualite-de-la-renaissance-au-siecle-des-lumieres/







Baccio Bandinelli,


dessin...détail...










Jonas Kaufmann,

B. Britten,

7 Michelangelo

Sonnets, Op 22, Sonnets 38, 32, 24
















« Ordre par dialogues.
Que dois-je faire.
Je ne vois partout qu’obscurités.
Croirai-je que je ne suis rien ?
Croirai-je que je suis Dieu ? »


Blaise Pascal

Gradation. Le peuple honore les personnes de grande naissance : les demi-habiles les méprisent disant que la naissance n'est pas un avantage de la personne mais du hasard. Les habiles les honorent, non par la pensée du peuple, mais par la pensée de derrière. Les dévots qui ont plus de zèle que de science les méprisent malgré cette considération qui les fait honorer par les habiles, parce qu'ils en jugent par une nouvelle lumière que la piété leur donne, mais les chrétiens parfaits les honorent par une autre lumière supérieure. Ainsi se vont les opinions succédantes du pour au contre selon qu'on a de lumière.

Pensée 83B.




de l’axiome d’Eudoxe.
C’est cet axiome qui commande l’hétérogénéité entre les trois ordres




http://pagesperso-orange.fr/jm.nicolle/jmn/philomaths/discontinuite.htm



"La distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité."




Blaise Pascal






"La grandeur des gens d’esprit est invisible aux rois, aux riches, aux capitaines, à tous ces grands de chair."


Blaise Pascal









"Tous les corps ensemble, et tous les esprits ensemble,
et toutes leurs productions, ne valent pas le moindre mouvement de charité."




Blaise Pascal







"De tous les corps et esprits, on n’en saurait tirer un mouvement de vraie charité."




Blaise Pascal






Trois principes : l’identique, la contradiction et l’incommensurable.


"Contradiction est une mauvaise marque de vérité : plusieurs choses certaines sont contredites ; plusieurs fausses passent sans contradiction. Ni la contradiction n’est marque de fausseté, ni l’incontradiction n’est marque de vérité"

pensée 384B.


Blaise Pascal








Numerical Art and Drawings by Jacqueline Waechter 2010










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