
Orphée
Admirez le pouvoir insigne
Et la noblesse de la ligne :
Elle est la voix que la lumière fit entendre
Et dont parle Hermès Trismégiste en son Pimandre.
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

La tzigane
La Tzigane savait d'avance
Nos deux vies barrées par les nuits
Nous lui dîmes adieu et puis
De ce puits sortit l'Espérance
L'amour lourd comme un ours privé
Dansa debout quand nous voulûmes
Et l'oiseau bleu perdit ses plumes
Et les mendiants leurs Avé
On sait très bien que l'on se damne
Mais l'espoir d'aimer en chemin
Nous fait penser main dans la main
À ce qu'a prédit la tzigane
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Détail d'un dessin de Guillaume Apollinaire.

| Hommage à Apollinaire (Chagall, 1911) - ce" Zeus Doux"... 1911-12. Huile, poudre d'or et argent sur toile. 200 x 189,5 cm, Stedelijk van Abbemuseum, Eindhoven. | | | | | | ||||||||||||
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La force du miroir
J'étais, indigne, un jour, en la chambre au lit blanc
Où Linda dans la glace admirait sa figure
Et j'emportai, grâce au miroir, en m'en allant,
La première raison de devenir parjure.
Linda fut non pareille avant, mais aujourd'hui
Je sais bien qu'elle est double au moins, grâce à la glace ;
Mon cœur par la raison où son amour l'induit
Est parjure à présent pour la seconde face.
Or, depuis ce jour-là, j'ai souvent comparé
Dans la chambre où la glace accepte un pur mirage,
La face de Linda, le visage miré,
Mais mon cœur pour élire a manqué de courage.
Si, parjure toujours, pour choisir j'ai douté,
Ce n'est pas qu'au miroir la dame soit plus belle ;
Je l'adore pourtant d'être en réalité
Et parce qu'elle meurt quand veut sa sœur formelle.
J'adore de Linda ce spécieux reflet
Qui la simule toute et presque fabuleuse,
Mais vivante vraiment, moderne comme elle est :
La dame du miroir est si miraculeuse !
Et la glace où se fige un réel mouvement
Reste froide malgré son détestable ouvrage.
La force du miroir trompa plus d'un amant
Qui crut aimer sa belle et n'aima qu'un mirage.
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Le départ
Et leurs visages étaient pâles
Et leurs sanglots s'étaient brisés
Comme la neige aux purs pétales
Ou bien tes mains sur mes baisers
Tombaient les feuilles automnales
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Nocturne
Le ciel nocturne et bas s'éblouit de la ville
Et mon cœur bat d'amour à l'unisson des vies
Qui animent la ville au-dessous des grands cieux
Et l'allument le soir sans étonner nos yeux
Les rues ont ébloui le ciel de leurs lumières
Et l'esprit éternel n'est que par la matière
Et l'amour est humain et ne vit qu'en nos vies
L'amour cet éternel qui meurt inassouvi
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

La nuit descend
La nuit descend
On y pressent
Un long destin de sang
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Détails d'œuvres réalisées par Jacqueline Waechter en 1998
à partir de documents trouvés dans l'appartement de Guillaume Apollinaire,
202 Boulevard Saint-Germain, Paris
et Numerical Art 2010...







Source: revue "Savoir et Beauté", Numéro spécial Guillaume Apollinaire
"Revue bi trimestrielle patronnée par les œuvres provinciale et par les principales administrations publiques
Sous le haut patronage de MM. les Gouverneurs des Provinces
de Brabant, de Hainaut, de Liège, de Luxembourg et de Namur"
1964
Collection personnelle Jacqueline Waechter.

Enfance
Au jardin des cyprès je filais en rêvant,
Suivant longtemps des yeux les flocons que le vent
Prenait à ma quenouille, ou bien par les allées
Jusqu'au bassin mourant que pleurent les saulaies
Je marchais à pas lents, m'arrêtant aux jasmins,
Me grisant du parfum des lys, tendant les mains
Vers les iris fées gardés par les grenouilles.
Et pour moi les cyprès n'étaient que des quenouilles,
Et mon jardin, un monde où je vivais exprès
Pour y filer un jour les éternels cyprès.
Guillaume Apollinaire
Poèmes à la marraine

Léo Ferre interprète Marie un poème de Guillaume Apollinaire
MARIE
[Alcools] |

Jean Philippe Rameau (1683 - 1764)
Anacreon (1757) - Contredanse -

A musical form typical of the province of Brabant Wallonne, Belgique, Belgium, played in the elegant style of Thierry Legros on Le jour de l'epinette à La Petite Ecole de Gentinnes.

Hommeldag/Jour de l'epinette a Gentinnes.

Mclotte de St-Hubert, ville de l'Ardenne belge, dansée par La Caracole (www.lacaracole.be)
au festival des cultures du monde de Jambes (Namur)

Ombre
Vous voilà de nouveau près de moi
Souvenirs de mes compagnons morts à la guerre
L'olive du temps
Souvenirs qui n'en faites plus qu'un
Comme cent fourrures ne font qu'un manteau
Comme ces milliers de blessures ne font qu'un article de journal
Apparence impalpable et sombre qui avez pris
La forme changeante de mon ombre
Un Indien à l'affût pendant l'éternité
Ombre vous rampez près de moi
Mais vous ne m'entendez plus
Vous ne connaîtrez plus les poèmes divins que je chante
Tandis que moi je vous entends je vous vois encore
Destinées
Ombre multiple que le soleil vous garde
Vous qui m'aimez assez pour ne jamais me quitter
Et qui dansez au soleil sans faire de poussière
Ombre encre du soleil
Ecriture de ma lumière
Caisson de regrets
Un dieu qui s'humilie
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
poèmes de Guillaume Apollinaire
"This film dedicated for my wife. Poem: Apollinaire - Marie, music: Beethoven - Chello sonata.
Directed by Tibor, Pintér - camera Edina, Horváth. Made in the year 2008.
Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous
Marie
Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux
Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux
Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine
Guillaume Apollinaire,
Alcools Máriácska
Már ott táncoltál kicsi lányka
Ott táncolsz majd mint nagymama
Ugrándozni matrózka-táncba
Zeng majd minden harang szava
Mikor jössz vissza
Máriácska Az álarc mind oly hallgatag
A muzsika oly messzi messzi Mintha az égből szólna csak Szeretnélek igen de nem nagyon szeretni S fájdalmam boldogságot ad Juhok mennek a hóesésben Gyapjúpehely ezüst a hó Katonák vonulnak s miért nem Enyém e szív e változó Változó szív s mi még nem értem Nem értem hova lesz hajad Göndör mint tenger fodrozódva Nem értem hova lesz hajad És a kezednek őszi lombja Mit esküink borítanak A Szajna partjára kiértem Egy régi könyv hónom alatt A folyó mint a szenvedésem El-elfolyik de nem apad Csak ez a hét már végetérjen (Vas István fordítása)"




Marc Lavoine
- Le Pont Mirabeau
(Guillaume Apollinaire)





André Rouveyre
http://www.remydegourmont.org/de_rg/autres_ecrits/prefaces/rouveyre/notice.htm

Reconnaissance
À Mademoiselle P...
Un seul bouleau crépusculaire
Pâlit au seuil de l'horizon
Où fuir la mesure angulaire
Du cœur à l'âme et la raison
Le galop bleu des souvenances
Traverse les lilas des yeux
Et les canons des indolences
Tirent mes songes vers
Les
Cieux
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Photographie
Ton sourire m'attire comme
Pourrait m'attirer une fleur
Photographie tu es le champignon brun
De la forêt
Qu'est sa beauté
Les blancs y sont
Un clair de lune
Dans un jardin pacifique
Plein d'eaux vives et de jardiniers endiablés
Photographie tu es la fumée de l'ardeur
Qu'est sa beauté
Et il y a en toi
Photographie
Des tons alanguis
On y entend
Une mélopée
Photographie tu es l'ombre
Du Soleil
Qu'est sa beauté
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Allons plus vite
Et le soir vient et les lys meurent
Regarde ma douleur beau ciel qui me l'envoies
Une nuit de mélancolie
Enfant souris ô sœur écoute
Pauvres marchez sur la grand-route
Ô menteuse forêt qui surgis à ma voix
Les flammes qui brûlent les âmes
Sur le boulevard de Grenelle
Les ouvriers et les patrons
Arbres de mai cette dentelle
Ne fais donc pas le fanfaron
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite
Tous les poteaux télégraphiques
Viennent là-bas le long du quai
Sur son sein notre République
A mis ce bouquet de muguet
Qui poussait dru le long du quai
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite
La bouche en cœur Pauline honteuse
Les ouvriers et les patrons
Oui-dà oui-dà belle endormeuse
Ton frère
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

http://www.collection-appareils.fr/phpBB3/viewtopic.php?f=19&t=5607
http://www.collection-appareils.fr/phpBB3/viewtopic.php?f=6&t=5636
"Maximilien Balbreck serait né le 10 août 1826 à Remoiville dans la Meuse et mort en 1902(?).
La Maison "BALBRECK AINÉ" a été fondée en 1854, Impasse Robiquet située 81 Boulevard du Mont-parnasse.
En 1878, on la trouve sous le nom "Instruments d'astronomie, de géodésie, de topographie et d'optique". Balbreck est très connu pour ces instruments comme l'orographe et autre théodolite.
Le 4 juillet 1856, né à paris Louis Charles Maximilien Balbreck (encore un Maximilien)
Vers la fin du XIXeme (1890?) la maison Balbreck déménage au 137 rue de Vaugirard à Paris et se spécialise dans la fabrication d'optique. La société devient "Balbreck ainé et fils"
Balbreck possédait la licence exclusive des objectifs Cooke. "
"





Veille
Pipes de nuit pipes du jour
Tout l'opium ô chevelures
Les cheveux bruns de mon amour
Et ces lenteurs tandis que dure
L'éveil des monstres tour à tour
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Numerical Art, Paintings and Drawings by Jacqueline Waechter 1998-2010

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