

"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose qui est de ne pas savoir demeurer au repos dans une chambre"
Blaise Pascal

En voyant l'aveuglement et la misère de l'homme, en regardant tout l'univers muet et l'homme sans lumière abandonné ? lui-même, et comme égaré dans ce recoin de l'univers sans savoir qui l'y a mis, ce qu'il est venu faire, ce qu'il deviendra en mourant, incapable de toute connaissance, j'entre en effroi comme un homme qu'on aurait porté endormi dans une île déserte et effroyable, et qui s'éveillerait sans connaître et sans moyen d'en sortir. Et sur cela j'admire comment on n'entre point en désespoir d'un si misérable état. Je vois d'autres personnes auprès de moi d'une semblable nature. Je leur demande s'ils sont mieux instruits que moi. Ils me disent que non et sur cela ces misérables égarés, ayant regardé autour d'eux et ayant vu quelque objets plaisants s'y sont donnés et s'y sont attachés. Pour moi je n'ai pu prendre d'attache et considérant combien il y a plus d'apparence qu'il y a autre chose que ce que je vois j'ai recherché si Dieu n'aurait point laissé quelque marque de soi.
Pascal, Pensées
Maigret en Arizona

http://www.reperages.ch/simenon/notice_maigret/note_maigret_Maigret%20chez%20le%20coroner.htm
"Le commissaire Maigret est envoyé à Tucson (Arizona, U.S.A.) en voyage d'études. L'agent du F.B.I. Harry Cole lui permet de suivre l'enquête que conduit le coroner de la ville. La jeune Bessy Mitchell (dix-sept ans), a été déchiquetée par un convoi ferroviaire entre Tucson et Nogales, après que son corps ait été abandonné sur la voie. Au cours de séances publiques, le coroner, assisté d'un jury, doit déterminer — préalablement à toute mise en accusation — s'il s'agit d'un suicide, d'un accident ou d'un acte criminel.
La veille du drame, Bessy est sortie avec cinq jeunes aviateurs de la base militaire de Davis-Moutain : Ward, O'Neil, Van Fleet, Mullins et Wo Lin. Le sergent Ward est l'amant attitré de Bessy ; il est marié, a deux enfants et souhaitait divorcer pour épouser sa maîtresse. Pourtant, peu avant le drame, presque sous les yeux de Ward, Bessy s'était donnée à Mullins.
Le corps mutilé de Bessy a été retrouvé le 28 juillet. La vérité sur les faits de la soirée du 27 juillet peine à s'établir. Les jeunes aviateurs se contredisent et leurs témoignages s'opposent sur des points essentiels. Quelques certitudes finissent pourtant par se dégager. Après une beuverie chez le musicien Tony Lacour, Bessy et les cinq soldats décident d'aller passer la nuit à Nogales en voiture. En route, Ward et Bessy se disputent au sujet de la relation sexuelle qu'elle a eu avec Mullins au début de la soirée. La jeune fille exige de faire demi-tour et sort du véhicule.
Les jeunes gens l'abandonnent sur la route et retournent à Tucson. Une fois en ville, Ward et Mullins rebroussent chemin et tentent de retrouver Bessy. Mais, pris de fatigue et sous le coup de l'ivresse, ils s'endorment dans la voiture.
De leur côté, O'Neil, Van Fleet et Wo Lee prennent un taxi et se font conduire à l'endroit où Bessy est descendue. Elle y est encore. O'Neil la saoule, puis tente de la posséder. Au moment où Bessy se rend compte de la présence des deux autres aviateurs, elle s'enfuit et trébuche alors qu'elle tente de franchir la voie ferrée.
D'après le témoignage d'un marchand de comestibles, Angelino Potzi, O'Neil serait le dernier à voir Bessy, inanimée sur les rails. Etait-il trop ivre pour l'enlever de là ? Ou satisfait de la punir en l'y abandonnant ? On n'en saura pas davantage.
Pour la suite de sa mission d'études, Maigret quitte Tucson et s'envole pour Los Angeles juste avant que le jury rende un verdict qu'il n'apprendra jamais."
"They know these stories, preferential from the English space coming in which one not only must carry out textual analyses, around before the end of the book on the track of the murderer has to come, but also to evaluate the graphics in the book? Simenon has almost never reached to these means. In the story, it is described here, but already, and this not only once, but several times, always the same situation describing. On the left side a street, on the right side a railway line. In between every time differently the running lines which the movement of the operating should show. A unique event in the Maigret world."


"Bessy est morte parce qu'on a pas trouvé de remède à l'ennui".

"Selon Jean Mesnard dans les Pensées de Pascal, Pascal a probablement été influencé par Montaigne et par la lecture d’un chapitre des Essais qui traite de la « diversion », pour l’élaboration de sa définition du divertissement. Jean Mesnard explique que les deux mots divertissement et diversion ont une étymologie très proche l’un de l’autre. Ces deux termes se fondent sur une notion de psychologie qui consiste pour l’homme à se fuir, volontairement ou non, à donner le change, à s’évader. Malgré une approche commune les deux philosophes ont une manière très différente d’aborder cette notion. Pour Montaigne, la diversion est une notion plutôt positive, en effet, Mesnard explique pour illustrer la thèse de Montaigne que « pour celui qui souffre, faire diversion à sa douleur, c’est à dire éviter d’y penser, permet de moins souffrir ». Cela permet de trouver un peu de paix.
Le divertissement au sens pascalien est beaucoup plus négatif, Pascal semble réfuter la notion de Montaigne et explique dans la partie des Pensées qui s’intitule
« Misère de l’homme sans Dieu » que le divertissement est le moyen qui nous détourne de nous-même, qui nous empêche de regarder la réalité en face. Dans le fragment 168-134, il nous dit : « les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés pour se rendre heureux de n’y point penser ».
Pascal désigne par divertissement toutes les activités qui nous évitent l’ennui et qui nous empêchent de réfléchir sur nous-même. Il considère les loisirs tels que la chasse, le jeu ou la danse comme des divertissements, ainsi que toutes les activités dites « sérieuses » comme la guerre, la politique ou la recherche scientifique. Sans le divertissement l’homme serait accablé par la petitesse et la peur de mourir, il ne connaîtrait pas un instant de bonheur et de repos."

"As Englishman John Keegan has written in a recent memoir of his experiences in the New World, the mythologized America of Hollywood--especially Hollywood's version of the West--was taken for truth, sometimes the whole truth, among Europeans of the prewar era. Their image of the United States, however vague it might be, was one of "[d]istance, space, danger, sudden riches, extravagant character, grandeur of scenery, unpredictability of action, unexpectedness of outcome," all conveyed most compellingly by the Westerns. (7) Visitors seeing the real thing for the first time often have mixed feelings of familiarity--Wow, I've been here before!--and amazement--Wow, it's even more than I imagined!"
"It's easy to see some of this in Simenon's response to Tucson, but there was something more, I think. Writing many years later, and in the present tense, he could still see what he saw then, a place of fascinating contrasts. Tucson "is to my eyes unlike any other city, so much a part of the desert that in some streets the sand crunches under the soles of our shoes.... The streets are wide. Men on horseback thread their way between the automobiles."
"To someone of Simenon's acuity, this transition from provincial to urban and suburban was palpable and thrilling. The desert still defined the town. The dry hot air tasted of it; even on the city streets, where men rode their horses as of yore, the sand crunched beneath one's feet. At the same time, Tucson was moving toward a cosmopolitan modernity. The streets may have been sandy, but they were wide, and the main ones (but not all the narrower ones, including Broadway (10)) were paved and filled with cars."
"The tensions of a new drama, that of the modern world, had not quite eclipsed or relegated to museums the dramatic emblems of the Old West. With one foot in the past and the other in the future, Tucson lacked only a clear present. Precisely this condition is a key theme of Simenon's work. His novels, in one way or another, explore what happens when a central character is shaken by some force, dramatic or subtle, that plunges him (usually him but sometimes her) into a profound existential wilderness where nothing is what it once seemed nor yet what it might become. The trauma of transition from one state of awareness to another drives the action and is the source of what is often extraordinary tension."
"The state of transition is thus the very territory of Simenon's fiction. If the Southwest was the embodiment of his and Marc's idea of America, Tucson also embodied the situation that ignited Simenon's imagination. The city was, like his characters, at that in-between place where everything is in flux, a place--to borrow some of Keegan's marvelous language--of excitement, danger, extravagant contrast, unpredictability of action, and unexpectedness of outcome. Neither the tough old town of legend nor yet the scrubbed, air-conditioned city of modern America, Tucson was at a junction where anything and everything might happen. Other towns and cities might have fit this bill, but no place Simenon saw in American, before or after Tucson, ever quite did."
"Simenon is, in fact, often cited as the novelist of the "little man." In reviewing the English version of Assouline's biography, Christopher Lehmann-Haupt described Simenon as the creator "of a literature anatomizing the 20th century's most quietly desperate people."
Extraits de l'article :
http://www.highbeam.com/doc/1G1-102553956.html


"
| Voici ce que Jean Richard raconte (dans son livre de souvenirs Ma vie sans filet) à propos de cet épisode: "C'est pour tourner l'adaptation de "Maigret chez le coroner" que toute l'équipe, sous la conduite de Stéphane Bertin, a fait le voyage des Etats-Unis. Le tournage a eu lieu à Tucson, ville de l'Arizona proche de la frontière mexicaine, et a duré cinq semaines en novembre et décembre 1980. Le film a pris le titre de "Maigret en Arizona", plus évocateur géographiquement. Dans le roman, Simenon fait remettre à Maigret, par le maire de la ville, "un petit papier et une belle plaque en argent de deputy-sheriff". Dans le film aussi. Etant "Djoulious Maigrett" (on prononce comme ça en Arizona) j'ai eu droit à une distinction honorifique décernée par le maire de Tucson. C'est une jolie statuette représentant Maigret, sa pipe et son chapeau, avec l'inscription: «Jules Maigret, commissaire de la Police Judiciaire, fait citoyen d'honneur de la ville de Tucson - Arizona»". Si le film vaut par la bonne "couleur locale" permise par le tournage sur les lieux mêmes évoqués par le roman, et par des acteurs également américains, il est plus difficile de rendre toute la réflexion que fait Maigret - et par derrière lui Simenon - sur le mode de vie américain. L'essentiel du roman, outre l'intrigue de cette enquête dans un tribunal américain, porte en effet sur l'appréhension que fait le commissaire du style de vie des Américains, sur leur façon d'être et de se comporter, reflétant les découvertes qu'en a faites l'auteur lui-même lors de son long séjour aux Etats-Unis. | |
| Anecdote: | Après le tournage en Amérique, toute l'équipe était revenue en France, lorsque Stéphane Bertin s'est aperçu qu'il avait oublié de tourner une scène en extérieur et sans cette scène, le film ne voulait plus rien dire. Et impossible de le tourner à Paris ou en France. Alors, Stéphane Bertin s'est adressé à la direction d'Antenne 2 pour savoir ce qu'on pouvait faire... Et quelques jours plus tard, toute l'équipe repartait pour l'Arizona tourner la scène manquante ! Heureuse époque, où la télé française savait dépenser l'argent à bon escient..." Extrait du site : |
http://www.enquetes-de-maigret.com/CHE.htm

François Cadet dans "Signé Picpus"http://coinducinephage.canalblog.com/archives/2009/12/09/16082334.html
Kings Of Leon - Arizona

ARIZONA / MARK LINDSAY

une scène du film Arizona Dream de Emir Kusturica avec la magnifique musique de Goran Bregovic

http://fr.wikipedia.org/wiki/Arizona_Dream

Numerical Art by Jacqueline Waechter 2010

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