mercredi 5 mai 2010

"Casino de la Mort, longues Plages d'Exil"...

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Jean Guidoni-CE SONT DES CHOSES QUI ARRIVENT-LBN 26/05/07




Jean Guidoni
CE SONT DES CHOSES QUI ARRIVENT
Paroles: Jean Guidoni,
Alain Lacombe,
musique: Pascal Auriat


Un port harassé de brume
Un colt acier dans la nuit
Une silhouette de plumes
Qui au fond des docks rugit
Pour dire que tout est fini
Dans ce corps à la dérive
Ce sont des choses qui arrivent

Mon amour ne me laisse...

Et cet homme qui fait pleurer
La pluie au creux de ses rides
Pour le tout dernier départ
Au quai froid de cette gare
Hanté par les mots sordides
Des clochards à la dérive
Ce sont des choses qui arrivent

Mon amour ne me laisse...

Un rideau de velours bleu
Pour une bouche rouge pitié
Manière de dire encore un peu
Laissez-moi l'amour charité
Celui des initiations
Des gamins à la dérive
Ce sont des choses qui arrivent

Mon amour ne me laisse pas...

Des voix qui vont et qui viennent
Des "garde-moi" des "je t'aime"
Des colères qui s'étreignent
Des mots d'amour qui surprennent
Contre les cloisons de haine
De cette chambre à la dérive
Ce sont des choses qui arrivent
Au matelas des dimanches
Chantent les soupirs usés
Se cachent les amours masqués
Dans cet hôtel de néon
Pour une tendre revanche
Des ébats à la dérive
Ce sont des choses qui arrivent

Mon amour ne me laisse...

Et ces gestes obsédants
Au bord d'un chagrin brûlant
Pour mettre à jour ce désir
Qui me brise sur le drap
Et je me laisse endormir
Sur ce lit à la dérive
Ce sont des choses qui arrivent

Mon amour ne me laisse pas...




Jean Guidoni
Un titre intemporel de 1987, de l'album Tigre de Porcelaine.










Étranges étrangers

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes de pays loin
cobayes des colonies
doux petits musiciens
soleils adolescents de la porte d'Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d'Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manœuvres désoeuvrés
Polaks du Marais du Temple des Rosiers


Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère
rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres
Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d'une petite mer
où peu vous vous baignez
Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boite de cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet
Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés
Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d'or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
qui dormez aujourd'hui de retour au pays
le visage dans la terre
et des hommes incendiaires labourant vos rizières
On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos



Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez.

Jacques Prévert



















Guidoni Olympia 90 - 5 -
Recette africaine

et Casino de la mort
avec Marcia Ann Bartley








Jean Guidoni - le chant des canons (Brecht/Weil)

































Jean Guidoni
Songtexte
Album: Le Rouge Et Le Rose
Jahr: 1983
texte: Pierre Philippe
Titel: Tout Va Bien


Tout Va Bien


Songtext :



Je n'étais pas sorti depuis le grand labour
J'attendais que les cris s'espacent et cessent enfin
Entre mourir de peur ou bien mourir de faim
J'ai pris tout mon courage et rampé vers le jour
Tu sais J'ai survécu dans un -endroit bizarre
Au fond d'une ambulance à moitié calcinée
Vivent parmi les morts et comme halluciné
Au coin de ce que fut notre gare Saint-Lazare
Je respire un grand coup et voilà que revient
Le soleil espéré et que cesse la bruine
Je trouve ce papier qui volait dans les ruines
Et j'écris cette lettre pour te dire Tout va bien

Tout va bien
Ici
Tout va bien
On sent
A des riens
Que la
Vie revient
Tout va bien
Mais oui
Tout va bien
Et le
Quotidien
Le dit
Le maintient
Tout va bien
Amour
Pour ton chien
Pour les
Parisiens
Pour mol
Et les tiens
Tout va bien
Crois-le
Tout va bien
Bonjour
Tout va bien
Je t'aime
Tout va bien

J'ai marché dans les rues ton ombre dans la mienne
Les vainqueurs distribuaient la soupe à l'Opéra
J'ai lapé dans le bol tendu par un para
Là où nous goûtions les tempêtes wagnériennes
On avait déblayé boulevard des Capucines
Vers l'Olympia en ruines j'ai vu quelques putains

C'est bon signe je crois lorsque le vieil instinct
Narguant les convenances remonte des racines
J'ai fait un grand détour pour ne pas rue Royale
Contempler le charnier où grouillent encore les rats
C'est là où fut dit-on abattu Jean Ferrat
Et le vent apportait des musiques martiales

Les vainqueurs défilaient commentés par Zitrone
Moi je ne disait rien les yeux sur la télé
Te mère se lamentait : ses opalines fêlées
Malgré l'ordre et la paix la faisaient rire jaune
Allez mon petit Jean votre quartier est triste
Et rempli de cadavres en décomposition
Restez donc à dîner Il y a une émission
Avec Mireille Mathieu je l'aime bien comme artiste
Mais puisque vous partez prenez garde aux patrouilles
Ils ont parqué les rouges au Palais des Congrès
Dans le Palais des Glaces les pédés sans regret
Et au Palais des Sports vos chers juifs ont la trouille

Pour revenir chez nous comment passer la Seine
Barbelés sur les ponts barbelés sur les quais
Près d'un cratère j'ai cru revoir le mastroquet
Où nous nous retrouvions en des heures moins malsaines
Ce bistrot déglingué c'était tout notre empire
Le futur y avait un visage précis
Naïfs que nous étions et aveuglés aussi
Qui nous Imaginions pouvoir prévoir le pire
Adieu notre jeunesse voilà le temps qui vient
Du bâillon des oeillères et de la pestilence
Le temps des ovations et celui des silences
Que l'on ne rompt que pour se redire:
Tout va bien

Tout va bien
Ici
Tout va bien
On sent
A des riens
Que la
Vie revient
Tout va bien
Mais oui
Tout va bien
Et le quotidien
Le dit
Le maintient
Tout va bien
Amour
Pour ton chien
Pour les
Parisiens
Pour moi
Et les tiens
Tout va bien
Crois-le
Tout va bien
Je t'aime
Tout va bien
Adieu
Tout va bien

Vivace mon amour on essaiera de l'être
Tu le seras aussi comme cette vie qui va
Comme l'est ce brin d'herbe cueilli dans les gravats
Que je glisse pour toi dans le pli de ma lettre
















Et vingt coups de fouet si je mens
plus quelques autres pour voir le sang
Faites jaillir le sang et je paierai
plus de monnaie plus vous frapperez
je n'ai plus la force d'avoir raison
de la chambre à la salle de bain
Maître puis-je avoir la permission
de n'être encore pardon qu'un humain.

Le moindre détail est important
écartelé attaché fouetté
Résistant comme pour une bataille
repentant je nomme ça liberté
Hésitant comme avant la bataille
un cri c'est tout c'est rien c'est détail
Je n'ai jamais pleuré comme un enfant
l'esclave se doit d'être haletant.

Et si je vous écrit cette lettre maître
c'est bien sûr que je vous aime
Ne me forcez pas à me soumettre
à d'autre loi que votre loi je vous aime.
j'ai gardé notre correspondance
nos amours ne sont qu'épistolaires
mais peut-être aurais-je un jour la chance
de courber à vos genoux mon dos j'espère.


Jean Guidoni




























Grand Merci à Jean Guidoni...

Numerical Art and Drawings by Jacqueline Waechter 2010




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