


Trilogie Variations hommage à Girodet-Trioson par Jacqueline Waechter 2010.

Girodet...Autoportrait, au miroir?
Plume et encre brune sur Vergé
133 x 97 mm,
acquis par le Musée Girodet en 1981

Dans son hommage à l'artiste publié en 1826, Julie Simons-Candeille relate l'atmosphère qui régnait à la vente de l'atelier:
"dont le souvenir s'est gravé dans la mémoire des amateurs... ses élèves, ses anciens amis ne pouvaient retenir leurs pleurs; un cri d'effroi leur échappa à l'idée de voir passer en Angleterre l'Enéide, l'Anacréon, tous les trésors du portefeuille de leur maître.: un Anglais en offrait jusqu'à cent mille écus...M. Becquerel, proche parent de Girodet, et digne interprète de ses intentions, comme de celles de l'héritier légal, spécula pour l'honneur de ce dernier, et pour celui de la nation, en refusant l'offre étrangère: il se chargea de l'Anacréon; et M.Pannetier, ami inconsolable de l'auteur d'Atala, prit à son compte, aidé de beaux talens et du dévouement exemplaire de MM. De Juines, Aubry-le- Comte, Chatillon, Coupin, Monanteuil, etc,
cette publication de l'Enéide, ..."
Source : Girodet, Dessins du Musée, Catalogue par Jacqueline Boutet-Loyer.
Dépôt légal, Janvier 1983.


"Lettre à Madame,
Madame Simons
Premièrement d'abord mon amie, je n'ai jamais rien lu chez Mad de S.
Elle a eu dans le tems connaissance de la Critique des Critiques
et elle sait que c'est de moi. Depuis elle a reçu des vers insérés dans le Mercure.
Oncques depuis n'ai fait un hémistiche. Mad de S. n'a point connaissance de
l'ouvrage que je vous ai lu. Elle en ignore même l'existence. Ou diable avez-
vous donc pu recueillir le bruit que j'avais fait des lectures chez elle?
Le monde, chère Agnès, est une étrange chose.
Voilà pourquoi je me confine dans mon atelier. Cependant, mon amie, je suis
bien loin de vous regarder comme le monde et, si je n'étais pas toujours à
l'attache, je ne serai pas autant privé de voir ma meilleure amie. Sœur ne
dit pas assez. Je ne peux pas vous blâmer d'avoir cédé à un mouvement de
vivacité; je me ferais trop fort mon procès. Mais je vous plains d'être sensible,
moi qui suis orgueilleux de me trouver des rapports d'organisation avec vous.
Je crois que mon bonheur eût été plus certain quoique plus borné si les dieux
m'eussent fait naître de la pâte des commis à douze cent francs.
Les dieux ainsi ne l'ont point ordonné. Je vous porterai bientôt, mon
amie, une pastille du sérail. Mais cependant il faut vous dire que c'est une
autre odeur que vous avez respiré dans mon atelier. J'avais fumé des cigares
du Pérou. Sachez donc que je fume: avec l'âge, on gagne en défauts et en
vices ce qu'on perd en qualités et en agréments. Il y a cependant un point où la
vieillesse honnête prends ses avantages et tout me présage que si j'arrive à être
vieux, nous serons de parfaits amis, puisque je suis dès à présent le plus tendre
et le plus attaché des vôtres.
Mon amie, pardonnez-moi de ne pas vous avoir répondu de suite. Je
m'étais couché matin le jour que vous envoyâtes chez moi. Je n'ai pas une
politesse bien régulière, mais je suis sûr que vous n'en accusez pas mon cœur,
qui vous est dévoué à tout jamais.
Adieu, aimable amie, je vous embrasse tendrement en attendant le
plaisir de vous voir.
Demain écrirai en me levant à Préaud et à Talma."
Lettre de Anne -Louis Girodet-Trioson à Madame Simons-Candeille.
Source: Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais.
Nouvelle Série- Tome XVII- N° 138- 4e trimestre 2003


Ah me! love can not be cured by herbs.
~Ovid..

Deux Variations en Bleu par Jacqueline Waechter
libre inspiration,
interprétation du "Médaillon aux deux têtes, Julie Candeille et Girodet"

"Eh bien dînez à votre aise dans les quartiers lointains; ne venez pas demain puisque vous pressentez le trouble que me causerait encore votre présence, et tâchez de vous arranger pour venir mardy soir me délasser par une lecture et un entretien tout anacréontiques"
Extrait d'une lettre de Julie Candeille à Girodet, 1808

A Tribute to Anne-Louis Girodet-Trioson by Jacqueline Waechter
"Why BIMS?
Because we love that sensation and all those things which give us butterflies in...:))
It is the most powerful sensation that human beings can ever feel.
One cannot premeditate it, one cannot prepare oneself to "encounter" it, for one never knows when it bursts out.
You live this sensation when your desire for something possesses you, when you think the world is petrified around you, awaiting the issue of the moment that you have just lived, but you just don't know what to do with the remains the instant has deeply carved into your soul.
It is that sensation turning you into a claustrophobic in the open air, that something drying your throat and making your hands tremble, your feet ceasing to obey you... And the world entire becomes a solid rock placed right upon your chest.
The ghost of a smile flutters upon your face, on command, no matter how happy, or how crying without tears you may be, how wishing to die and be born again, to a completely different life...
Drily, the Romanians call this sensation emptiness in my stomach, but it is closer to what the English call butterflies in my stomach "
Butterflies In My Stomach
Trip Hop / Nu-Jazz / Funk
http://www.myspace.com/bimsromania

Numerical Art and Photo by Jacqueline Waechter 2010
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