

... j'entends passer le vent,
- et je trouve que rien que pour entendre passer le vent, il vaut la peine d'être né.
Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes
Fernando Pessõa


Être poète n'est pas une ambition que j'aie,
- c'est ma manière à moi d'être seul.
Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes
Fernando Pessõa

Je me sens né à chaque instant - à l'éternelle nouveauté du Monde...
- ...
- Le Monde ne s'est pas fait pour que nous pensions à lui
- (penser c'est avoir mal aux yeux)
- mais pour que nous le regardions avec un sentiment d'accord...
Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes
Fernando Pessõa

Yvonne
Y…eux brûlants dans mon cœur vous laissâtes deux trous
V…ous avez yeux aimés de vagues reflets roux
O…n vous prendrait pour deux oiseaux qui se ressemblent
N…oirs oiseaux lourds de nuit yeux d’amour lourds de mort
N…aïfs comme au beau temps des Dames de Saint-Maur
E…t tristes quand aux cils de troubles larmes tremblent
Poèmes à Yvonne, 1903 in Le guetteur mélancolique)
Guillaume Apollinaire

O mon ombre en deuil de moi-même.
Guillaume Apollinaire

| En poésie nous avons des droits sur les paroles qui forment et défont l'Univers. | |
Guillaume Apollinaire |

Il y a un poème à faire sur l'oiseau qui n'a qu'une aile.
Calligrammes (1918),
les Fenêtres
Guillaume Apollinaire

Incertitude, ô mes délices
Vous et moi nous nous en allons
Comme s'en vont les écrevisses
A reculons, à reculons.
Le Bestiaire ou cortège d'Orphée (1911),
L'écrevisse
Guillaume Apollinaire

"Roule, grande boule, fourmilière de consciences, terre, roule, teintée d'aurore, chapée de crépuscule, d'aplomb
- sous les soleils, nocturne,
- roule dans l'espace abstrait, dans la nuit à peine éclairée,
- roule... "
Le Gardeur de troupeaux et autres poèmesFernando Pessoa

| Rien n'est mort que ce qui n'existe pas encore Près du passé luisant demain est incolore. | |
| Guillaume Apollinaire |

Je souhaite dans ma maison,
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.
Guillaume Apollinaire

Douce poésie ! le plus beau des arts ! Toi qui suscitant en nous le pouvoir créateur nous met tout proches de la divinité.
Apollinaire
La Femme assise
Il y a Et le soir vient et les lys meurent
Regarde ma douleur beau ciel qui me l'envoies
Une nuit de mélancolie
Enfant souris ô sœur écoute
Pauvres marchez sur la grand-route
O menteuse forêt qui surgis à ma voix
Les flammes qui brûlent les âmes
Sur le Boulevard de Grenelle
Les ouvriers et les patrons
Arbres de mai cette dentelle
Ne fais donc pas le fanfaron
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite
Tous les poteaux télégraphiques
Viennet là-bas le long du quai
Sur son sein notre République
A mis ce bouquet de muguet
Qui poussait le long du quai
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite
La bouche en cœur Pauline honteuse
Les ouvriers et les patrons
OUi-dà oui-dà belle endormeuse
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite
Guillaume Apollinaire

Passons, passons, puisque tout passe,
- Je me retournerai souvent.
- Les souvenirs sont cors de chasse
- Dont meurt le bruit parmi le vent.
Alcools (1913),
Cors de chasse
Guillaume Apollinaire
| ||||

| On peut être poète dans tous les domaines : il suffit que l'on soit aventureux et que l'on aille à la découverte. | |
| Extrait de L'esprit nouveau et les poètes | |
Guillaume Apollinaire

Le cubisme est l'art de peindre des ensembles nouveaux avec des éléments empruntés non à la réalité de vision, mais à la réalité de conception.
Les Peintres cubistes (1913)
Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire

Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses...
Alcools (1913), la Chanson du Mal-Aimé
Guillaume Apollinaire

L'essentiel c'est qu'on sache voir,
qu'on sache voir sans se mettre à penser,
qu'on sache voir lorsque l'on voit,
sans même penser lorsque l'on voit
ni voir lorsque l'on pense.
Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes
Fernando Pessõa

Mon Automne éternelle ô ma saison mentale
Les mains des amantes d'antan jonchent ton sol
Une épouse me suit c'est mon ombre fatale
Les colombes ce soir prennent leur dernier vol.
Alcools (1913),
Signe
Guillaume Apollinaire
Le guetteur mélancolique J'entends parfois une voix quiète d'absente
Dire de petits mots
Qui font que j'aimerai chaque douleur présente
Et tout l'espoir des prochains maux
Mots finissant en el comme le nom des anges
O puérilités
Le ciel que l'on médite et le miel que l'on mange
Fraîcheur du miel ô ciel d'été

Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir.
Alcools (1913),
la Chanson du Mal-Aimé
Guillaume Apollinaire

Sache que je parle aujourd’hui
Pour annoncer au monde entier
Qu’enfin est né l’art de prédire.
Guillaume Apollinaire
Et toi mon cœur pourquoi bats-tu ?
Comme un guetteur mélancolique
J'observe la nuit et la mort
Guillaume Apollinaire.

Je me sens né à chaque instant
à l'éternelle nouveauté du Monde...
[...]
Le Monde ne s'est pas fait pour que nous pensions à lui
(penser c'est avoir mal aux yeux)
mais pour que nous le regardions avec un sentiment d'accord...
Fernando Pessoa
(Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes,
trad. Armand Guibert, p.40, nrf Poésie/Gallimard)

Les grands artistes se consacrent avec une telle assiduité et une telle application à l'étude des matériaux, dont ils auront à se servir, qu'ils semblent plutôt des savants de ce qu'ils imaginent, que des apprentis de leur imagination.
Athena
Fernando Pessõa
.
"La jolie rousse"
"Me voici devant tous un homme plein de sens
Connaissant la vie et de la mort ce qu'un vivant peut connaître
Ayant éprouvé les douleurs et les joies de l'amour
Ayant su quelquefois imposer ses idées
Connaissant plusieurs langages
Ayant pas mal voyagé
Ayant vu la guerre dans l'Artillerie et l'Infanterie
Blessé à la tête trépané sous le chloroforme
Ayant perdu ses meilleurs amis dans l'effroyable lutte
Je sais d'ancien et de nouveau autant qu'un homme seul pourrait des deux savoir
Et sans m'inquiéter aujourd'hui de cette guerre
Entre nous et pour nous mes amis
Je juge cette longue querelle de la tradition et de l'invention
De l'Ordre et de l'Aventure
Vous dont la bouche est faite à l'image de celle de Dieu
Bouche qui est l'ordre même
Soyez indulgents quand vous nous comparez
À ceux qui furent la perfection de l'ordre
Nous qui quêtons partout l'aventure
Nous voulons vous donner de vastes et d'étranges domaines
Où le mystère en fleurs s'offre à qui veut le cueillir
Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues
Mille phantasmes impondérables
Auxquels il faut donner de la réalité
Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait
Il y a aussi le temps qu'on peut chasser ou faire revenir
Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières
De l'illimité et de l'avenir
Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés
Et ma jeunesse est morte ainsi que le printemps
Ô Soleil c'est le temps de la Raison ardente
Et j'attends
Pour la suivre toujours la forme noble et douce
Qu'elle prend afin que je l'aime seulement
Elle vient et m'attire ainsi qu'un fer l'aimant
Elle a l'aspect charmant
D'une adorable rousse
Ses cheveux sont d'or on dirait
Un bel éclair qui durerait
Ou ces flammes qui se pavanent
Dans les roses-thé qui se fanent
Hommes de partout surtout gens d'ici
Car il y a tant de choses que je n'ose vous dire
Tant de choses que vous ne me laisseriez pas dire
Ayez pitié de moi"
Guillaume Apollinaire

L'univers est son propre rêve.
(En bref, trad. Françoise Laye , p.34, Christian Bourgois, 2004)
Fernando Pessoa

C’est de souffrance et de bonté
Que sera faite la beauté
Plus parfaite que n’était celle
Qui venait des proportions
Il neige et je brûle et je tremble
Guillaume Apollinaire
L'homme est au-dessus du citoyen. Aucun État ne vaut Shakespeare.
(En bref, trad. Françoise Laye , p.46, Christian Bourgois, 2004)
Fernando Pessoa

Je préfère la défaite qui reconnaît la beauté des fleurs à la victoire dans le désert.
Fernando Pessoa


Les becs de gaz pissaient leur flamme au clair de lune.
Alcools (1913)
Guillaume Apollinaire
Ignorer que nous vivons
Remplit assez notre vie.
Fernando Pessoa

Les mauvaises herbes même sont de celles que l'on pourrait rendre bonnes en en usant congrûment.
Extrait de L'arbre à soie
Guillaume Apollinaire

Vous dont la bouche est faite à l’image de celle de Dieu
Bouche qui est l’ordre même
Soyez indulgents quand vous nous comparez
À ceux qui furent la perfection de l’ordre
Nous qui quêtons partout l’aventure
Nous ne sommes pas vos ennemis
Nous voulons vous donner de vastes et d’étranges domaines
Où le mystère en fleurs s’offre à qui veut le cueillir
Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues
Mille phantasmes impondérables
Auxquels il faut donner de la réalité
Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait
Il y a aussi le temps qu’on peut chasser ou faire revenir
Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières
De l’illimité et de l’avenir
Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés
La Jolie rousse
Guillaume Apollinaire

... - les choses n'ont pas de signification: elles ont une existence.
- Les choses sont l'unique sens occulte des choses.
Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes
Fernando Pessõa

"La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas."
Fernando Pessoa
http://www.frenchpeterpan.com/70-categorie-516648.html

Malheur à toi et à tous ceux qui passent leur existence - à vouloir inventer la machine à faire du bonheur!
Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes
Fernando Pessõa

Numerical Art and Photo by Jacqueline Waechter 1998-2010
In Situ, 202 boulevard Saint-Germain Paris...
photos, dessins réalisés dans l'appartement jadis loué par le poète Guillaume Apollinaire
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