
Edyta Geppert,
George Sand et Chopin...
"A Varsovie ou à Nohant, tu restes seul avec ta question
Quand tu demandes au monde
Pourquoi m'aimes- tu si mal?
A la commissure de tes lèvres le sel d'une larme
Au cœur la sombre douleur du néant
Et la gloire t'apparaît sans saveur
Pourquoi est-ce arrivé? Pourquoi?"

Elle est garçon, elle est artiste, elle est grande, généreuse, chaste, elle a les grands traits d’un homme
lettre à Mme Hanska
Balzac , à propos de George Sand...

Il faut que tu saches que pendant les fêtes, j’ai traduit Eugénie Grandet de Balzac (c’est une merveille ! C’est une merveille !). La traduction est admirable. On m’en donne au minimum 350 roubles assignats. Mais le « futur millionnaire » n’a pas d’argent pour la copie. Au nom des anges célestes, envoie moi 35 roubles assignats
F. M. Dostoïevski, l. à son frère, janv. 1844

" (Félicité) se moque très bien de Camille Maupin, ce cadet de George Sand qu'elle appelle son frère Caïen, car cette gloire récente a fait oublier la sienne. Mlle des Touches admise son heureuse rivale avec un angélisme laisser-aller, sans éprouver de jalousie ni garder d'arrière-pensée."
Balzac, Béatrix, George Sand

...
Histoire de ma vie George Sand...
"Un de mes amis qui connaissait un peu Balzac m'avait présentée à lui, non comme une muse du département, mais comme une bonne personne de province très émerveillée de son talent. C'était la vérité. Bien que Balzac n'eût pas encore produit ses chefs d'oeuvre à cette époque, j'étais vivement frappée de sa manière neuve et originale et je le considérais déjà comme un maître à étudier. Balzac avait été, non pas charmant pour moi à la manière de Delatouche, mais excellent aussi, avec plus de rondeur et d'égalité de caractère. Tout le monde sait comme le contentement de lui-même, contentement si bien fondé qu'on le lui pardonnait, débordait en lui; comme il aimait à parler de ses ouvrages, à les raconter en causant, à les lire en brouillons ou en épreuves. Naïf et bon enfant au possible, il demandait conseil aux enfants, n'écoutait pas la réponse, ou s'en servait pour la combattre avec l'obstination de sa supériorité. Il n'enseignait jamais, il parlait de lui, de lui seul. Une seule fois, il s'oublia pour nous parler de Rabelais, que je ne connaissais pas encore. Il fut si merveilleux, si éblouissant, si lucide, que nous nous disions en le quittant : "Oui, oui, décidément, il aura tout l'avenir qu'il rêve; il comprend trop bien ce qui n'est pas lui, pour ne pas faire de lui-même une grande individualité."
...

Un beau matin Balzac, ayant vendu la Peau de Chagrin, méprisa son entresol et voulut le quitter; mais, réflexion faite, il se contenta de transformer ses petites chambres de poète en un assemblage de boudoirs de marquise, et, un beau jour, il nous invita à venir prendre des glaces dans ses murs tendus de soie et bordés de dentelle. Cela me fit beaucoup rire; je ne pensais pas qu'il prît au sérieux ce besoin d'un vain luxe, et que ce fût pour lui autre chose qu'une fantaisie passagère. Je me trompais; ces besoins d'imagination coquette devinrent les tyrans de sa vie, et pour les satisfaire il sacrifia souvent le bien-être le plus élémentaire. Dès lors il vivait un peu ainsi, manquant de tout au milieu de son superflu, et se privant de soupe et de café plutôt que d'argenterie et de porcelaine de Chine.
Réduit bientôt à des expédients fabuleux pour ne pas se séparer de colifichets qui réjouissaient sa vue, artiste fantaisiste, c'est-à-dire enfant aux rêves d'or, il vivait par le cerveau dans le palais des fées; homme opiniâtre cependant, il acceptait, par la volonté, toutes les inquiétudes et toutes les souffrances, plutôt que de ne pas forcer la réalité à garder quelque chose de son rêve.
Puéril et puissant, toujours envieux d'un bibelot, et jamais jaloux d'une gloire, sincère jusqu'à la modestie, vantard jusqu'à la hâblerie, confiant en lui-même et aux autres, très expansif, très bon et très fou, avec un sanctuaire de raison intérieure, où il rentrait pour tout dominer dans son oeuvre, cynique dans la chasteté, ivre en buvant de l'eau, intempérant de travail et sobre d'autres passions, positif et romanesque avec un égal excès, crédule et sceptique, plein de contrastes et de mystères, tel était Balzac encore jeune, déjà inexplicable pour quiconque se fatiguait de la trop constante étude à laquelle in condamnait ses amis, et qui ne paraissait pas encore à tous aussi intéressante qu'elle l'était réellement.
...
Son commerce était fort agréable, un peu fatigant de paroles pour moi qui ne sais pas répondre pour varier les sujets de conversation; mais son âme était d'une grande sérénité, et en aucun moment je ne l'ai vu maussade. Il grimpait avec son gros ventre tous les étages de la maison du quai Saint-Michel et arrivait soufflant, riant et racontant sans reprendre haleine. Il prenait des paperasses sur ma table, y jetait les yeux et avait l'intention de s'informer un peu de ce que ce pouvait être; mais aussitôt, pensant à l'ouvrage qu'il était en train de faire, il se mettait à le raconter, et, en somme, je trouvais cela plus instructif que tous les empêchements que Delatouche, questionneur exaspérant, apportait à ma fantaisie.
Un soir que nous avions dîné chez Balzac d'une manière étrange, je crois que cela se composait de boeuf bouilli, d'un melon et de champagne frappé, il alla endosser une belle robe de chambre toute neuve, pour nous la montrer avec une joie de petite fille, et voulut sortir ainsi costumé, un bougeoir à la main, pour nous reconduire jusqu'à la grille du Luxembourg. Il était tard, l'endroit désert, et je lui observais qu'il se ferait assassiner en rentrant chez lui. "Du tout, me dit-il; si je rencontre des voleurs, ils me prendront pour un fou, et ils auront peur de moi, ou pour un prince, et ils me respecteront."
...
Beaucoup d'artistes célèbres ont eu des manies bizarres aux heures du travail. Balzac s'en attribuait plus qu'il n'en avait réellement, et on lui en a prêté plus encore. Je l'ai surpris plus d'une fois, en plein jour, travaillant comme tout le monde, sans excitants, sans costume, sans aucun signe d'enfantement douloureux, riant dès l'abord, l'oeil limpide et le teint fleuri."
Histoire de Ma Vie
George Sand,
Balzac...

Je lui jetais presque son livre au nez. Je me souviens que, comme je le traitais de gros indécent, il me traita de prude et sortit en me criant sur l’escalier : « Vous n’êtes qu’une bête! »
George Sand
Histoire de ma vie

Lettre :
George Sand à Alfred de Musset
J’étais au désespoir. Enfin j’ai reçu ta lettre de Genève. Oh ! que je t’en remercie mon enfant ! Qu’elle est bonne et qu’elle m’a fait de bien. Est-ce bien vrai que tu n’es pas malade, que tu es fort, que tu ne souffres pas ? Je crains touours que par affection, tu ne m’exagères cette bonne santé. Oh ! que dieu te la donne et te la conserve ! mon cher petit. Cela est aussi nécessaire à ma vie désormais que ton amitié. Sans l’une ou sans l’autre, je ne puis pas espérer un seul beau jour pour moi. Ne crois pas, ne crois pas, Alfred, que je puisse être heureuse avec la pensée d’avoir perdu ton coeur. Que j’aie été ta maîtresse ou ta mère, peu importe. Que je t’aie inspiré de l’amour ou de l’amitié ; que j’aie été heureuse ou malheureuse avec toi, tout cela ne change rien à l’état de mon âme à présent. Je sais que je t’aime et c’est tout...
http://www.canalacademie.com/ida4066-Lettre-d-amour-George-Sand-a.html
" Je voudrais avoir une sortie pour laisser échapper Jules à quelque heure que ce fût, car enfin mon mari peut tomber je ne dirai pas du ciel, mais de la diligence, un beau jour à 4 h. du matin et n’ayant pas de gîte me faire l’honneur de débarquer chez moi. "
Georges Sand , Jules Sandeau...
"Mon ami, allez chez Jules, et soignez son corps. L’âme est brisée vous ne la relèveriez plus. N’essayez pas. […] Tâchez que Jules vive, ce sera horrible pour lui pendant longtemps, mais enfin il est si jeune. "

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"Jules Sandeau vous expliquera ce que c'est pour nous que le jardin du Coudray… Le point de concours où nos deux planètes sont venues se rencontrer pour faire le voyage de la vie en commun…" http://www.educreuse23.ac-limoges.fr/sand/sandeau.htm Celine Dion singing the letter of George Sand that was written for Alfred de Musset. | |
http://www.georgesand.culture.fr/fr/am/am02_mac.htm

Lettre de Balzac à George Sand :
Marseille, 20 mars [1838]
Cara diva regina dei Pifoëllini 1, je passe le Rubicon, et vais voir s'il y a un Eldorado pour les gens d'énergie. Je n'ai pu vous répondre de Paris à v[otre] bonne lettre, mais j'ai pensé que j'aurais du temps à moi, ici, è vero .
A Paris, j'ai eu à vaincre les dragons de la misère qui sont entre moi et la réussite de ce que je tente, car il n'y a rien de vrai comme les contes de fées. Seulement au lieu de la princesse, mettez cent mille livres de rentes que nous n'avons pas, ou la gloire que vous avez. Croyez, chère, que je n'oublierai pas de longtemps les six jours que j'ai passés à Nohan[t] et si le Docteur Pifoël ne s'y oppose pas, j'irai parfois y oublier les mille chagrins d'une vie sans soleil depuis trois ans. I1 y a des moments où l'amitié peut faire illusion, et je regrette bien de n'avoir pas été une semaine près de vous trois ans plus tôt. Je serai de retour, avant vingt jours et je vous dirai s'il y a eu succès. S'il y a insuccès, il faut que je me jette sur le théâtre, comme en 1831 sur la librairie, et je vois combien j'ai été bête de faire des livres, j'ai retardé les plaisirs de la vie de 10 ans, et dans 10 ans, tous mes cheveux seront blancs, il n'y aura plus d'amour, que l'amour payé, triste ressource. Ha ! dites à Listz [sic] de vous mettre une note là dessus quelque jour.
Addio Cara, je n'ai pas voulu quitter le sol français sans vous dire quelques mots du coeur, car qui sait qui vit ou qui meurt, c'est l'équinoxe. Le golfe de Lyon [sic] ne vaut pas le diable. Si je me noyais, souvenez-vous que la mort ne peut jamais être amère pour moi, et que c'est à Nohan[t] que j'ai passé les derniers jours sans soucis que je devais avoir. Mais ceci sent un peu le couplet final des chansons de l'Empire et de feu le Caveau. Je reviendrai pour faire les Galériens. Le titre est trop insultant, j'en ai un autre meilleur. J'ai vu ce matin les affiches des paquebots qui vont à Smyrne et à Constantinople, prix 177 fr. Est-ce alléchant ! Surtout quand on n'a ni houka, ni lataki. je n'en ai trouvé ni à Paris, ni ici ! Proh pudor ! ce qui veut dire infâme Marseille. Allons, je baise vos jolies mains dorées au bout par les cigares, et baise au front vos deux adorables Pifoëllini, et suis
le vieux Mar. (Corr., III, p.390-391)

Issoudun [19 février 1838].
J’ai appris, chère Illustre, que vous étiez encore en Berry, et moi qui ai toujours eu envie de faire un pèlerinage à Nohan[t], je vous écris ce petit mot à cette fin de savoir si je ne me casserai pas le nez contre la porte, car j’ai entendu dire par un M. Martin, que vous m’avez jadis adres...sé, que vous partiriez pour Paris vers la fin du mois, et je ne voudrais pas non plus retourner, sans avoir vu soit la lionne du Berry, soit le rossignol dans son antre ou dans son nid, car vous avez une force et une grâce qu’apprécient [sic] plus que qui que ce soit
V[otre] d[évoué] s[erviteur],
H. de Balzac,
qui vous offre ses hommages et vieilles amitiés.
Frapesle, lundi 19 février.
Honoré de Balzac


http://www.musees.regioncentre.fr/Actualite/cher_george._de_balzac-1255.html?navID=〈=&preprod=&idcat=B&idactualite=1255&mois=&iddateactualite=2058
Honoré à George, George et quelques Amis..vidéo par Jacqueline Waechter

“J’ai un but, une tâche, disons le mot, une passion. Le métier d’écrire en est une violente et presque indestructible. ”
George Sand à Jules Boucoiran, 4 mars 1831, Correspondance, t. I, p.817
George and Honoré...
Numerical Art, Video, Drawings, Mixed Media by Jacqueline Waechter 1999-2010


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