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Histoires à quatre mains qui remettent toujours à demain,
histoire de romans, de fleuves, de bars tabacs, de taxis,
de bains et de baignoires...
* Titre : Extérieur, Nuit
* Réalisation : Jacques Bral
* Scénario : Jacques Bral
* Idée originale : Noël Burch
* Dialogues : Jean-Paul Leca, Julien Levi, Jacques Bral
* Musique : Karl-Heinz Schäfer
* Directeur de la photographie : Pierre-William Glenn
* Ingénieur du son : Antoine Bonfanti
* Montage : Jacques Bral
* Directeur de production : Patrick Delauneux
* Production : Les Films Noirs
* Pays d'origine : France
* Format : Couleurs (1,66 - 35 mm Procédé : Eastmancolor)
* Genre : Drame
* Durée : 1 heure, 50 minutes
* Date de première sortie : 1980
* Remastérisé (format 1.85 son Dolby 5.1 SRD) avec le soutien de la Région Île-de-France avec un sortie le 27 janvier 2010.
Distribution
* Christine Boisson - Cora
* André Dussollier - Bony
* Gérard Lanvin - Léo
* Jean-Pierre Sentier - Charles
* Marie Keime - La femme
* Elizabeth Margoni - Véronique
* Lydie Pruvot - La fille du club de Jazz
* Jean-Francis Gondre - Le premier client
* Sylvie Pinel - Le faux témoin
* Henri-Jacques Huet - Un musicien

Extérieur Nuit....
Il y a le bleu de ces années là, ce bleu si particulier qui couvre les murs de l'appartement ouvrant sur un balcon écharpé à fleur de ciel, une sorte de bleu pétrole, carburant des lignes de la nuit.
Il y a les bouquins qui plient les étagères, le désordre et les baffles blanches,
les déjeuners d'œufs et de pain, les cigarettes et les cigares,
l'argent qui va et qui vient, les petits matins de café crème
et le temps perdu à ne savoir que faire
tandis qu'ailleurs d'autres s'affairent.
Il y a la page blanche de l'écrivain,
il y a celui qui parle et celui qui rêve d'écrire vrai,
il n'y a l'absence d''énergie et de volonté pour réaliser
il y a des tubes de rêves.
Il y a l'or du sax devenu muet, le nu en vinyle blanc statufié façon femme idéale,
la baignoire design
la cloche transparente épousée de plantes vertes,
qui englobe la publiciste au bain
avant d'affronter une nouvelle journée qui rapportera gros.
Il y a la goutte qui un jour fait déborder le vase,
il y a des jours à qui mieux mieux,
des jours maigres et vides comme quand on ne peut plus,
des jours mauvais comme quand on ne veut plus,
il y a le simulacre, et le trop c'est trop,
tout ce qui n'est même plus drôle entre deux vieux amis,
les bavardages pour tuer le temps.
Il y a les souvenirs des pavés
qui poussaient entre les herbes folles
de ceux arrachés à la matière même de la rue
et qu'on se passait d'un geste
comme des relais de coureurs de sprint
un jour de mai.
Il y a la poussière des décombres qui fument encore dix ans après.
Il y a l'amitié qui perdure
à attendre je ne sais quoi,
je ne sais qui
sur un banc près d'un canal paumé.
Il y la pellicule floutée, grainée
d'un cinéaste qui épouse à fleur de chair la vie ultrasensible de ceux en manques de peaux,
tout spécialement embarqués en équipes jazzy,
il y a les derniers métros surfant sur la rame des brigades de nuits
le survol des noctambules et des brigands,
les taxis de nuit en maraude
à la recherche de clients.
Il y a Paris la nocturne toujours plus mystérieuse qui palpite,
les ombres et les certitudes qui valsent,
il y a le témoignage des êtres qui vivent au jour le jour leur vie dans la moiteur des bars,
la lumière un peu glauque de leurs reflets dans les piliers facettés à miroirs...
Il y a la fin d'une époque et aucun début d'aucune autre...
Il y a en fond de train, un peu de blues fusion façon Ducs des Lombards
un va et viens chaloupé d'un cri
façon tango panaché dans la boite à jazz
quand la demoiselle fait irruption dans la vie des deux garçons.
Il y a une carte de l'Argentine qui sert de planque à billets,
au cas où...
Il y a une frêle fille étrange qui n'a jamais vraiment eu le choix.
Il y a un chauffeur de taxi, une certaine nuit sur la terre
des prévisions de cinéma qui raviront Jim Jarmusch
et
des antédiluviens dialogues façon Jules Renard
« Qu'importe ce que je fais ! Demandez-moi ce que je pense »
Journal en forme de JR : ex t'est rieur ...
Il y a des refuges en forme de fugueuse fille nocturne
pour échapper à l'extérieur qui nuit.
Il y a l'amour qu'on fait et celui qu'on déclame,
il y a tout ce qui fait la douce volupté inquiétante et féline
des jours tranchés sur le cru de la lueur du qui vive
et du qui va là.
Il y a ce rêve de révolution capotée qui s'incarne en Corps ha la rebelle!
Mai joli mois, Jules et Jim,
quoi au sujet de l'amour?
Il y a de ces femmes à la besace du cœur toujours en bandoulière
sud partance vers ailleurs...
Il y a des croyances et des amours fleuves noirs
des mélanges mélasses d'utopies qui virent aux bleus à l'âme.
Il y a la surimpression d'une chatte noire au regard étincelant
qui vous transperce dans le voyage au bout de la nuit...
d'une grande secousse-éclair le cœur de l'iris,
avant l'endormissement général et le grand renoncement.
Hep Taxi! Combien pour la course avec les derniers romantiques
en pèlerinage à Notre Dame des Bons Regrets ?...
Jacqueline Waechter 2010

Bernard Lavilliers Extérieur Nuit...



Virginie. − Ça brouillasse dans ma tête! ... On ne voit pas clair dans ces phrases-là! ... Est-ce que l'amour baragouine? (...) il va droit au fait, l'amour!
Balzac, Le Faiseur, 1850, I, 2, p. 178.

− Papa, si tu as à baragouiner sciences, allez dans le jardin, disait Cora...
Balzac, Œuvres diverses, t. 3, 1850, p. 635.

"Cora " « Tout attachement a sa fin ».
L'équipe du film Extérieur Nuit en tournage...Cora par George Sand...
http://fr.wikisource.org/wiki/Cora

La vie est une longue blessure qui s'endort rarement et ne guérit jamais.
George Sand

Je travaille la nuit, je monte à cheval le jour, je joue au billard le soir, je dors le matin.
C'est toujours la même vie.
George Sand


Le temps n'endort pas les grandes douleurs, mais il les assoupit.
Extrait de Oeuvres autobiographiques
George Sand

En Attendant Godot
.....Samuel Beckett
- ESTRAGON (renonçant à nouveau) : Rien à faire.
- VLADIMIR (s'approchant à petits pas raides, les jambes écartées) : Je commence à le croire. (Il s'immobilise.) J'ai longtemps résisté à cette pensée, en me disant, Vladimir, sois raisonnable. Tu n'as pas encore tout essayé. Et je reprenais le combat. (Il se recueille, songeant au combat. A Estragon.) Alors ? te revoilà, toi.
- ESTRAGON : Tu crois ?
- VLADIMIR : Je suis content de te revoir. Je te croyais parti pour toujours.
- ESTRAGON : Moi aussi.
- VLADIMIR : Que faire pour fêter cette réunion ? (Il réfléchit) Lève-toi que je t'embrasse. (Il tend la main à Estragon.)
- ESTRAGON (avec irritation) : Tout à l'heure, tout à l'heure.
- Silence.
- VLADIMIR (froissé, froidement) : Peut-on savoir où monsieur a passé la nuit ?
- ESTRAGON : Dans un fossé.
- VLADIMIR (épaté) : Un fossé ! où ça ?
- ESTRAGON (sans geste) : Par là.

«Tu n'as pas le souci de l'argent, du pain à gagner. Te voilà libre, et le temps t'appartient. Tu n'as qu'à vouloir. Mais il te manque de pouvoir.»
Jules Renard - Extrait de son Journal 1887-1892

«Essayons de converser sans nous exalter puisque nous sommes incapables de nous taire.»
Samuel Beckett - Extrait de En attendant Godot
«Le sujet s'éloigne du verbe... et le complément direct vient se poser quelque part dans le vide.»
Samuel Beckett - Extrait de En attendant Godot
«Nous naissons tous fous. Quelques-uns le demeurent.»
Samuel Beckett - Extrait de En attendant Godot
Samuel Beckett - Extrait de En attendant Godot

Jim Jarmusch, Night on Earth
http://jacquelinewaechter.blogspot.com/2009/04/la-nuit-sur-la-terre-vous-prenez-un.html
Numerical Art by Jacqueline Waechter 31/01/2010

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