mardi 19 mai 2009

Fireplace - Fire Place


















Take your place in the burning place,
just to play for time,
take your place,
just to have the time of one's life.
Take your place, time will tell
sometimes
if it must die before one's time.
Take your place,
time is on my side.
Take a place
just behind the fireplace.
Times are hard,
take your place,
and keep me abreast of the real times...

Take your place
in time bomb,
don’t be afraid!
Take your place
in time loan
don’t be surprised!
Take your place
in time travel.
Take your place
near the fireplace,
that’s time trial.
Take your place on the fireplace,
perhaps it’s free customizable time zone map
for your own use…
Take your place,
choose a good place in front of the fireplace...

dimanche 17 mai 2009

So Was... à Quatre Mains - « Four Hands » Piano - Pirouet


















Marc Copland - Sunset - Paris - May 2009



Miles Davis et John Coltrane - So What



Miles Davis - Seven Steps to Heaven

vendredi 15 mai 2009

Pierre Dac, 74 mots.



















Pierre Dac (1893-1975),
comédien, humoriste, écrivain, et philosophe français.
Manuscrit autographe d'un sketch publicitaire, 1 page in-4
Décor : "Confessionnal de M. l'abbé Rézina"
Une pénitente qui s'accuse du péché de gourmandise est absoute par l'abbé,
car être gourmande de conserves Saupiquet
est une "vertu théologale et stomacale"...

Collection particulière, Jacqueline Waechter.

jeudi 14 mai 2009

Where is the key ?

.





















Frottages, dessins sur papier 24 x 32 cm.
Jacqueline Waechter a réalisé en l'appartement du poète Guillaume Apollinaire, 202 boulevard Saint-Germain à Paris, des empreintes des traces laissées sur les murs, portes et parquets, juste avant la rénovation complète du lieu, en 1999.

mardi 12 mai 2009

Tennessee Williams, Salutations!
















Tennessee Williams
surrounded by friends actors and actresses
cutting the birthday cake of the Glass Menagerie.

George Grizzard, Piper Laurie, Maureen Stapleton, Pat Hingle .

Original Photography with an autograph of Tennessee Williams.
Personal collection of Jacqueline Waechter.


lundi 11 mai 2009

Materia Prima



















Materia Prima,
mélodie Galapagos,
Elizabeth Bay
des anges
Punta Garcia
des cormorans incapables de voler,
île Isabela,
des âmes femmes tortues,
sous saules d’onde.
Fleuves de fantasmes,
crique de Tagus,
fous aux pieds bleus
flans du volcan Wolf,
dragon écailleux,
Conolophus rosada…

Tor Vegata,
oh raison funèbre,
Tristana, film des choses d'ici-bas,
vapeurs de pingouins,
langage d'âme,
variations d’iguanes,
une centaine d’individus,
forme un bel effet
en rose et noir.
Arpèges de harpes célestes,
cieux entrouverts,
espèce en voie d’extinction,
sistres séraphins, à l’unisson,
encensoirs d’archanges flamboyants:
Mi Manca la Voce…

Un iguane rose ...
http://berry-aspas.spaces.live.com/Blog/cns!B16A79AF69A1A06C!12262.entry

dimanche 10 mai 2009

Do you feel a breeze?



















What did You see?
something new
and so did you
Did you feel?
Did you hear?
Did you smell ?
What Did You taste ?
the artwork depicts sublimation facts
something new
and so did you
If so, what's a crew?
something
and so did you...
What evidence inside or outside?
something new
and so did you…

vendredi 8 mai 2009

Lettre ouverte au Schtroumpfissime...




















« Tibère ne s’est jamais joué à ce point de l’espèce humaine…
Bonaparte disait de lui-même : « J’ai 300 000 hommes de revenu. »
Il a fait périr plus de cinq millions de Français, ce qui surpasse le nombre de ceux que nos guerres civiles ont enlevés en trois siècles…
Descends de ce monceau de ruines dont tu avais fait un trône ! »

Noble Souverain,
Soyez touché de notre sort,
soyez témoin de notre infortune,
et si nous sommes téméraires dans notre exhorte,
l’avenir se chargera de décrire les torts de l’humeur taciturne.
Noble Souverain, calmez donc un peu le jeu
de la colère, et apaisez votre courroux,
ad venez en ce triste combat quotidien,
pour la survie, comme les plus malheureux d’entre nous,
intentez, si Vous le pouvez,
un réel procès à l’adversité des mauvais jours.

Noble Souverain, daignez prendre en compte
les avis précis, l’ampleur des tempêtes, les
flots orageux, les ressacs des corps lancés les uns contre les autres,
calculez bien la trajectoire de l’onde,
n’ignorez point l’effet d’un brin de retors,
les additions de promesses non tenues,
l’accumulation des idées en dépit du bon sens,
les multiples offenses à la sagesse, les présences malvenues,
n’omettez rien, en prévision de l’effet boomerang…

Noble Souverain, s’il faut ainsi, venir Vous
soutirer le vin de la raison, s’il faut, ici et là,
que la lie remonte au point de non retour,
s’il Vous faut chercher encore plus de rupture
sans se préoccuper plus avant, du risque des trahisons,
s’il Vous venait l’imprudente idée de manier l’arme de la sagacité coutumière,
en l’art impudent d’ignorer le commun des mortels,
veuillez dès lors,
Agréer, Noble Souverain,
toute la considération de Notre Désolation Distinguée.

Veuillez ne pas advenir, s’il vous plait,
au point tangent de l’irritation,
n’entravez point l’effet naturel de la clémence et de la patience journalières.
Veuillez essayer d’anticiper le pari incertain des meilleurs alliés,
des usuelles amitiés, et du sacre du népotisme.
Veuillez ne pas engager, trop en avant, le gros des troupes clairsemées,
dans les sables mouvants des dernières humiliations.
Et si c’est ainsi qu’il faut qu’on vienne, à Vous, s’adresser,
pour avoir une quelconque chance de se faire mal entendre,
nous choisirons de venir débattre à tout prix, et sans relâche,
puisque qu’ensemble tout est possible, selon la formule consacrée,
dans l’unique but,
que la paix soit partout rétablie dans le royaume…

Noble Souverain, guetteur nerveux de la tour de Babel,
cessez de traquer les vieilles chimères chères à votre cœur, et indifférentes au nôtre,
le train de vie ne peut plus suivre…

Noble Souverain, le peuple parfois, vient à se souvenir des rois du dédain,
de l’engeance de l’inégalité, du sort funeste de la cuvée de réserve,
du goût cru de la destinée à la lueur des rats de cave.

Noble Souverain, nous n’avons peut être pas l’honneur de bien vous connaître,
nous ignorons tout du loisir et du temps nécessaires à ce faire…
Noble Souverain, votre barque a été bien menée,
on n’a jamais lésiné sur la qualité du charbon alimentant le chaudron de la célébrité,
mais le navire est de nos jours en perdition,
il est balloté, dans la soumission à la loi de la crise des grands argentiers,
nous restons d’avis, retranchés que nous sommes,
et pour beaucoup d’entre nous déjà nus ou démunis,
de la mort probable et prochaine de toute sérénité coutumière au pays.

Noble Souverain, ce n’est point par plaisir
que nous venons, ici, revendiquer,
nous avons l’amer sentiment d’être réduits à vivre
d’éternels jours en campagne, hélas,
le décompte des manquants à l’appel, est bien réel,
et grossit chaque jour le fleuve des portés disparus dans l’affreuse tourmente.
Nous vivons dans la crainte de l’heure aggravée,
du ’chacun son tour’, de la crispation,
et nous sentons qu’il ne suffira pas de s’allier avec l’Allemagne,
ou avec des mercenaires zélés,
pour réussir le sauvetage mondial de tous…

Noble Souverain,
Vous serait-il possible d’envisager la réalisation d’une véritable union
et d’oser l’imagination ?
Vous viendrait-il à l’idée de tenter de régler vos mesures politiques
en regard de l’amplitude réelle de la crise sociale ?
d’envisager au mieux la lutte engagée entre elle et nous...
à la dérobée de tout mouvement sceptique ou ironique ?

Noble Princesse,
muse souveraine à l’affiche, ayez,
pour une heure seulement, quelque véritable sentiment de pitié,
en souvenir précis de la traite tirée sur la mémoire du peuple français,
rappelez Vous au souvenir de la simple Madame René Coty,
qu'importe la religion pourvu que ce soit celle du coeur,
retirez Vous de vos états de figurante,
dans la crainte d’un grand train en marche
pour le siège des sourires figés, de papier couché,
froids comme certains soirs de déprime...

Noble Souverain, croyez bien que personne ne nous aide,
personne n’envisage que vous teniez son parti.
Noble Souverain, c’est la nécessité qui nous oblige et qui nous afflige,
l’orage qui gronde,
les nuages des incendies dans les provinces sans travail,
déjà à moitié rendus sur Paris, qui nous fait suffoquer.
Noble Souverain,
admettez que l’avalanche de politiques en réunions au sommet
ne sache plus bien faire évènement,
ni recette.

Noble Souverain,
le peuple demande son reste,
le peuple se sent perdu, le rebours va de tous côtés,
c’est le mépris de l’homme par la machine,
le come back de Ned Ludd
le retour de la panique des Brigands,
le branle bas de combat des désespérés,
le mouvement général de la mauvaise humeur,
l’acceptation qu’il n’y a pas révolte sans périls,
le puits sans fond de la tyrannie d’économie.

Noble Souverain,
une opinion qui rarement dure jusqu’au soir
amène de facto, de l’eau au moulin des aigreurs,
astique l’acier à la fleur du fusil.
Noble Souverain, entendez ici et là
comme l’idée de l’impatience qui sourd dans le désordre ambiant,
l’aggravation de l’état de nos craintes.
Allez, allez y encore un peu plus avant,
de surprises en surprises, muet, comme une ombre qui rase les murs,
quand le temps se fait gris,
effleurez de la roue, les tas d’immondices entassées au bord des rues,
ne manquez pas le spectacle des êtres frémissant, au travers du débris.
Imaginez l’amertume des pensées, en regard des volte-face.
Appelez encore une fois à la complaisance, à la tempérance et à la bienveillance,
il est plus que temps…

Délivrez nous de la grand’ peine
de l’ordinaire des jours maigres,

Délivrez nous de la crainte d’être ce jeune soldat
pourvu du mauvais treillis, envoyé là-bas, au casse-pipe,
dans les sables aurifères du désert,

Délivrez nous de la cruelle et prochaine mystification…

jeudi 7 mai 2009

Adieu, Honoré de Balzac, In situ...


video

Adieu
Jours d'hivers et de givres,
vapeurs et bruines
photo reportage suranné
dans le parc,
au delà de la grille rouillée
quelques arbres centenaires
qui se souviennent
peut être
Dossier sans titre
affaire classée
paysage en ruines
amours dévastés,
nature ensauvagée...

Musique : Carl Philipp Emanuel Bach
Clavier Fantaisie mit Begleitung einer Violine, Bq 80

Beyond the past
imperial material
a veteran of Napoleon’s Russian Campaign
the love of Stéphanie
the traumatic crossing of the Berezina
the disaster
She has gone mad
only one word « Adieu»
the process of dehumanization,
a solution in madness,
one reduction to an animal.
the disaster at the Berezina.
At the monastery of Les Bons-Hommes,
Stéphanie, unfeminine.
her loss of pudeur,
her wild state…
Thus
the question of female madness.
recognition and memory.
senses and death.
the gap
the recreation of a film scene
the sad episode from the past:
Stéphanie speaks once again !
her death…
In light of the theme
alienation from the past
the collapse of continuity
the faith in representation
a disaster
the high cost of the recovery of the past..
the attempt recapture of the past military history
the unspeakable transformation
into the female madness…

mercredi 6 mai 2009

Recueil antique de petites choses surprenantes...









Oeuvre réalisée
d'après le film Satyricon
de Federico Fellini







Erysichthon
fils de Triopas,
arrogant et impie
dans l’idée de se construire un palais pour ses festins,
un jour,
entreprit d'abattre tous les arbres du bois sacré de Déméter.
Aidé de vingt hommes armés de cognées,
pins, ormes, poiriers, pommiers tombèrent à terre.

Dans la futaie épaisse,
ce n’était que désolation
là où jadis l'eau d’ambre bondissait des sources claires
entre les arbres florissants.
Enfin un grand peuplier, qui touchait au ciel,
fut frappé
laissant crisser
comme un gémissement,
qui parvint aux oreilles divines.

Erysichthon
n’écouta pas la prière de Nikippa
qui n’était autre que la déesse déguisée
et fort en colère,
il ne voulut pas épargner les arbres qui restaient.
Il ne voulait que festoyer avec ses amis.
La famine lui fut alors envoyée dans ses entrailles,
elle lui fit connaitre les tourments d’une faim insatiable,
plaça en lui un appétit sauvage, comme une maladie
Tout ce qu'il ingurgitait ne nourrissait que sa faim.

Les parents d'Erysichthon avaient honte.
Ils imaginaient toutes sortes de statagèmes
pour le serrer auprès d’eux:
«Triopas ira, mais a reçu un coup, d'un sanglier, dans un vallon du Pinde;
il y a neuf jours qu'il est couché». «Erysichthon est en voyage».
«Erysichthon s'est blessé au jeu du disque»,
«il a fait une chute de cheval»,
«il est dans l'Othrys où il compte le bétail».

Pendant ce temps là,
ainsi que neige au soleil, Erysichthon fondait,
à la fin il n' y eut plus, que les nerfs, que les fibres et les os
qui restaient.
Il a tout vendu pour acheter plus ,
jamais satisfait.
Il a vendu sa propre fille,
par la suite, il a rongé ses membres,
il s’est consommé tout entier..

Oh Déméter,
dispensatrice, corbeille sacrée, regardez-la du sol,
non pas des toits de vos maisons!
Oh Déméter, qui coupe les chaumes, les gerbes d'épis
qu'on sache fuir l'insolence...

Gagnons
le temps du clair printemps,
le clair été de toutes choses simples,
à foison
la force d'aller un jour jusqu'à son temple.

Déméter garde nous dans la concorde
et conserve nous dans le bonheur,
procure nous tous les produits de la terre,
les fruits, les épis, les moissons.
Oh Déméter, fait croître la paix,
que celui qui a semé moissonne aussi,
épargne ton courroux, sois-moi favorable…

lundi 4 mai 2009

Wisdom in a Shell...















The mystery train of a small shell extension,
Leucostigma candidescens,
the shell opens to the left,
a differentiation,
the lengthened shell measures 1 cm...

It searches the shadow of plants
in the simple growing between old stones,
very few walls in aranae of Nimes are suitable
and only one place in Italy.
Those shells...the rest stationed in small spaces,
they don’t invade some other places,
it remains no more than a hundred,
there, in France,
probably,
maybe
how many times,
how long ?

Georges Coutagne described Roman Clausilie in 1903,
and after that, the big show of silence.
This shell is threatened in danger
by the maintenance of arenae
performed with the aid of chemical weedkillers.

So the technical direction of arenae finally chose
the preservation of the precious zones
where lived Roman Clausilie
by accomplishing a manual weeding
preserving in the same time
some plants and typical old walls…

dimanche 3 mai 2009

Souvenirs d’artistes...Monsieur Imaï























































Début des années 1980, je me souviens…de l’atelier d’art de la rue Sainte-Isaure à Paris, situé au pied de la Butte Montmartre, inchangé depuis le siècle précédent, avec ses verrières usées, qui parfois laissaient passer la pluie, je me souviens de la cour d'école plantée de vieux marronniers touffus, dont les feuilles roussissaient vite à la moindre chaleur, des fleurs printanières, encensoirs naturels de nos quêtes artistiques.
On venait y suivre des cours du soir, dans un des ateliers de la Ville de Paris.
Monsieur Roger Marage officiait aux belles œuvres de l’instruction de la gravure.
C’est là que je rencontrai pour la première fois Monsieur Hisachi Imaï.
Une presse à bras, des murs noircis, témoins de l’encre passage de plusieurs générations de graveurs à l'eau forte, l’odeur caractéristique de l’’imprimerie et du vernis graveur,
les bacs emplis de perchlorure de fer qui éclaboussaient de perles orangées les vêtements et les blouses de ceux et celles qui y plongeaient leurs plaques de cuivre un peu trop brusquement…

Au milieu de cette ferveur et de cette agitation créatives, je revois la silhouette méditative de
Monsieur Hisachi Imaï, sobrement vêtu d’une blouse blanche minutieusement boutonnée, absorbé par le travail délicat d’une plaque de cuivre, à peaufiner au brunissoir la subtilité du dégradé des gris que fait naître sur la plaque encrée l’usage de plusieurs aquatintes successives.
Quelques temps après, je me suis approchée de la presse, j'ai regardé l'artiste soulever les langes, j’ai regardé l’épreuve vivante qui se détachait sur le papier blanc encore humide :
des ombres de femmes dansaient au milieu de palais antiques fantômatiques,
de douces sarabandes comme autant de valses mélancoliques se jouant tendrement du mystère de la gravité des choses et des êtres sur musique d’infini.
C’était la visitation du rêve personnifié, la douceur de l’embellie du miracle des sentiments enfouis au plus profond de l’âme, distillés dans le respect et l’amour de l’art, dans l’humilité que toute pratique sincère impose à celui qui œuvre à cœur. J’étais subjuguée.

Nous ne nous étions encore échangés aucune parole, mais tout était dit !
J’ai balbutié quelque compliment, Monsieur Hisachi Imaï modestement a baissé les yeux vers son œuvre, pour dire qu’elle seule était responsable de tant de poésie et de beauté.
Plus tard nous nous revîmes dans son atelier personnel,
lors de petits diners d’artistes et de soirées musicales. Cela se passait à deux pas de l’église immortalisée par Maurice Utrillo,
dans un modeste appartement entièrement consacré à la peinture et à la poésie.

Monsieur Hisachi Imaï et ses amis avaient recréé une ambiance bon enfant typiquement montmartroise car ils adoraient tous la France, dans la nostalgie du cabaret du Lapin Agile.
Les préparations culinaires pour accompagner ces agapes nécessitaient souvent plus d’une journée de travail et d’innombrables courses que Monsieur Hisachi Imaï effectuait seul. Il partageait avec nous, pour notre plus grand plaisir, la joie de notre surprise, notre étonnement devant tant de convivialité heureuse.
Il se consacrait ainsi à nous faire découvrir de multiples plats et mets traditionnels de son pays. Les artistes ont souvent été de fameux gastronomes.

C’est ainsi que je fis connaissance avec le raffinement de la cuisine japonaise,
que je découvris le sens sacré du mot amitié, et celui du respect au pays du soleil levant.
Nous laissions nos chaussures à l’entrée, c’était un autre monde...
Souvent pour se mieux faire comprendre, on se pointait du doigt un mot dans un dictionnaire franco japonais, le oui se traduisait par l’esquisse d’un sourire,
l’approfondissement de la pensée par un silence et un hochement de tête.
Parfois nous écrivions nos noms, additionnés de quelques dessins, en souvenir aérien de la soirée, sur un éventail de papier japon, que Monsieur Hiaschi Imaï glissait dans un étui de tissu brodé. Chaque convive repartait avec un éventail.
Nous nous séparions à regrets, dans la bénédiction du salut traditionnel, remettions nos chaussures pour affronter les démons de la nuit, avant de rentrer dormir chacun chez soi.

A chaque Noël et à chaque Nouvel An, je recevais de magnifiques cartes avec des dessins originaux et des aquarelles annotées de quelques mots de gentillesse, et la présence de ces fêtes n’étaient que prétexte à entretenir l’amitié dans la chaude présence de la pratique de l’art.
Venise, le cœur blanc et brûlant de l’Espagne de Don Quichotte, les châteaux de la Loire, tout cela prenait une teinte onirique, romantique, au travers de lavis élégants et aériens réalisés par l'artiste poète.
Monsieur Hisachi Imaï était de ces êtres qui ressentent la beauté, la fragilité, et la douceur nécessaire pour préserver la vie des créatures, trempant son pinceau délicat dans l’eau colorée de leur moindre fibre.

Ses toiles sont des semis de nuits de velours étoilées,
des tapis merveilleux sur lesquels dansent des hommes et des femmes hors du temps,
des enfants et des chiens fidèles et affectueux,
des taureaux et des oiseaux, issus de nos rêves les plus sensibles.

Un jour l’artiste m’offrit un livre recueil d’oeuvres qui vibraient,
condensé de vies frémissantes d’amour et d’inquiétudes, si sereinement…
J’étais émue aux larmes, je savais que Monsieur Hisachi Imaï avait parcouru avec son exposition itinérante de grandes villes au Japon,
et qu’il avait donné à tous ses amis d’ici et de la bas, un peu partout dans le monde, ce bel ouvrage…Il avait réalisé son rêve.
C’était sa manière discrète et généreuse de nous dire Adieu,
de nous laisser un peu de sa présence imaginaire, pour atténuer le chagrin.

Aujourd'hui, je tourne les pages du livre une à une,
je revis, dans le souvenir d’un certain regard d’amitié inimitable,
transcriptible en aucune langue au monde connu, dans l’existence actuelle des choses certaines.

L’atelier de la rue Sainte Isaure a fermé ses portes pour toujours,
Monsieur Hisachi Imaï est parti rejoindre les nuées,
les couleurs bleues intenses et fondues qui ornaient si finement le ciel de ses toiles veloutées.
Et j’ai une pensée vers lui qui s’échappe,
à chaque fois que je vais m’étendre dans la mélancolie et dans l’espoir,
jouant de toute la gamme des bleus de l’âme…

samedi 2 mai 2009

Someone to Watch Over Me...



















Souviens-toi pour moi
des navigations, brisures
au souffle de la nuit Soprano.
Souviens toi
des forêts d’oiseaux lyres.
Souviens toi
du timbre voilé du velours ensanglanté
Souviens toi
des pleurs venus en pannes d’avenir
des doux leurs dans la mer éperdue
des muses et câles, en vibrato.
Souviens toi de
l’état du cœur ,
de l’état des lieux du monde.
Souviens toi de tout cela
chante le encore une fois pour moi.

Jimmy Scott
Little Jimmy
Little Jimmy Scott
James V. Scott
Cleveland,
Ohio,
États-Unis d’Amérique
Souviens toi de tout cela
Chante le encore pour moi

Souviens toi
de ces visages serrés
de ces souffles à peine échappés
Souviens toi de l’éternité des tristes étreintes
à l’unisson du Rythm and Blues.
Souviens toi du swing and labels.
Souviens toi du prix de la dispersion
emporté dans le vent des pièges,
Souviens toi de l’étendue de la voix
étreinte du monde sortilège,
Souviens toi pour moi
de l‘ingénuité et de la candeur.

Souviens toi
des studios de l'enregistrement
Sire Records
Atlantic Records
Tangerine Records
J's Way Records
Fantasy Records
Artists Only!
Milestone Records
Tokuma Records
Venus Records
Souviens toi
des labels monastères ou des labels disparitions.

Souviens toi de
Cleveland,
coulant de tristes jours
dans le sinistre abandon des maisons
par l’effet tempête des subprimes.

Jimmy, little V, palpitait en mal de père,
Jimmy jouait Jimmy buvait Jimmy courait la femme
Jimmy chantait l’adoration de Maman au piano
Jimmy s’étirait à chœur d'enfants dans les églises de Cleveland.
Jimmy petits jobs pour boucler les fins de mois
Jimmy à douze ass, avec Tim McCoy chantant dans les clubs
Jimmy dans l’accident, et la folie d’un chauffard ivre,
Jimmy à l’arrêt, Maman disparue,
Jimmy abandonné avec les frères et sœurs.
Jimmy dans le syndrome de Kallmann
Jimmy qui ne grandit plus jamais,
Jimmy qui tentait d’enrayer le crescendo de la souffrance,
Jimmy dans la conservation, souvenir de la voix d'enfant.

Everybody's somebody's fool,
Savoy Records, oh Ray Charles!
Falling in Love Is Wonderful,
Atlantic Records, toute une histoire,
un visage de femme noire
couverture d’album The Source,.
A quoi bon discuter du sexe des anges ?
si ce n’est pour faire couler l’argent
à flots du mystère ?

L’idée même de norme a quelque chose à voir avec le monstre sacré
elle le sous entend dans l’élimination par principe de pureté.

Souviens toi
des années de dèche,
à panser la misère, dans un hôpital,
à coltiner les bagages des autres, dans un hôtel.
Someone to Watch Over Me,
des funérailles de Doc Pomus,
et du dernier souhait du défunt :
revivre dans les notes d’un autre musicien...

Twin Peaks, "Sycamore Trees"
Inscrit moi dans la loge noire de la brillance miraculeuse
de ta voix d’amour, Jimmy!

All the Way,
Dream
Heaven
Holding Back the Years
If You only Knew.

Jimmy se marie with Jean McCarthy,
le 31 décembre 2003, Covenant Community Church.
If You only Knew, Love is a long road !

vendredi 1 mai 2009

Trilogie



















Here I am
intermède du jardin,
roads eh ho sauvages
ormai
magasin des fleurs cultivées…
io,
ero solo
chemin sous cellophane...

I am confused by what I feel
devo ammetterlo,
sweet confusion,
c’est le plus court récit d’un polar,
c'est l’attente du souffle méthane
la lampée à la bouteille d'encre...

Here I am
ed ecco il castello,
when the nights are going on,
I find sometimes…
still alone,
un paquet de pages de troupes cornées
et des cornes mouillées de café,
Just like a song,
the place below...

The place is good,
do you know ?
les laitues romaines,
che dolce mistero,
les roses jaunes souffre,
il più bell sole dell’anno,
tout cela ou,
n’importe quoi d’autre
peu ou prou...

Lady starlight
perso nel passato,
send me some angels,
une essence,
une dilapidation certaine
e di che parla ?
just this way,
several bells...

Deux heures trop tard,
here I am!

Vendredi soir
here I am!
le nuvole perdute,
de nous v'eau
on the storm
sans chercher midi à quatorze heures
violettes
here I am
au jeu des corps à cors
no time to call you,
today…

Here I am
vin coulant sous les orangers,
l’heure verte
chiffonnade de la feuille
dans le souvenir d’une près anse...

Here I am
un bambou d’une vigoureuse audience
here I am,
une vie de bohème
banqueroutée sous les tilleuls
qui tisanaient l’air...

C’était peut-être toi
et peut être pas,
I call your number,
non son più,
Sais tu au fond
qui tu es ?

Here I am
closerie des légendes
lilas fées des mers
Here I am
égard de la visite
pensées naufragées.
vives voix des langueurs,
I am confused by what I feel
archéologies des fugues contemporaines...

Here I am
cosa che potrei fare?
Here I am
postface des contes d’amours inachevés
Capisce ?