jeudi 30 avril 2009

Parties de campagne...











"La Maison du Père Rouleau"
XV s, Mondoubleau.







C’était le séjour attitré des vacances familiales d’été, ma grand mère maternelle habitait là, et comme du côté paternel il n’y avait plus personne, la question était réglée d’emblée, on allait là, dès qu’il faisait beau et que Paris semblait un peu trop étouffant. L’air de la campagne c’est bon pour les enfants, c'était comme un vrai slogan, qui n’était pas obligatoirement du goût de mon père homme de la ville, qui partait avec des provisions de bouquins et de journaux pour tenir le siège. Quand on ne pratique ni la pêche ni la chasse, ni le jeu de cartes ou de boule, qu’on se désintéresse de l’élevage des bêtes, du prix du grain,
ou des derniers méfaits de la grêle sur les fruitiers,
la vie tout un mois, dans un petit bourg,
juché sur son promontoire au milieu de la campagne vallonnée,
cela peut paraître interminablement ennuyeux.
Comme on n’avait pas de voiture, on prenait le train.
Un gros train noir, briqué comme un insecte luisant, crachant de la fumée tout ce qu’il savait, en entrant en gare dans un bruit infernal de machines additionné d’odeur d’huile, de fumées blanches et âcres et de pas mal de projections acqueuses. Un train qui me faisait irrémédiablement tousser et éternuer un bon moment après l’arrêt du terminus.
Cette arrivée en gare, pour moi, ce n’était pas du cinéma,
et cela me faisait toujours un peu peur.
Ce n'était pas seulement la présence suffocante de l’engin au bruit assourdissant,
mais surtout le fait de voir les gens armés de bagages, trainant des valises en carton bouilli bourrées à bloc, parfois même des sacs en toile écossaise, dont le contenu se brinquebalait à tous vents, des familles haletantes et suantes, surchargées de paniers pique niques,
sans oublier les épuisettes et les filets à papillons, bref tout ce petit monde obligé de tirer comme des bœufs sur les lourdes portières du train pour les ouvrir,
tout en s’époumonant, parce que plus personne ne s’entendait crier dans cette atmosphère surréaliste de frénésie.
La ligne amenait jusqu’à la côte atlantique, mais nous, on s’arrêtait avant,
pour changer de train.
J’appréhendais à chaque fois d’être obligée d’enjamber le marche pied plus vite que la machine, soulevée par ma mère, agitée dans l’angoisse du départ imminent, dans la menace du coup de sifflet du chef de gare.
J'étais fatiguée par avance, de la course à effectuer, tiraillée dans le sillage maternel pressant d’aller s’installer sur les banquettes de moleskine verte trop rembourrées, c'était pour moi, un séjour en réalité, en somme assez court,
mais trop tendu et qui me durcissait vite les fesses,.
Chaque voyage, c’était aussi se retrouver à compter les heures et les vaches derrière la vitre pendant un temps qui me semblait interminable, dans un compartiment qui sentait le renfermé et la poussière, les casse croûtes et la bière des précédents occupants, un fumet inimitable qui tronait dans les airs et dans l’ignorance de l’efficacité du nettoyage des agents de la SNCF.
Tout cela faisait très incongru, on avait l’impression d’entrer dans l’odeur intime des gens, fouillant dans les recoins des miettes coincées dans la baguette métallique,
qui fixait la vitre du compartiment estampillé de la fameuse formule multi lingue:
" Ne pas se pencher, è pericoloso..."
Respirer, c'était déjà une épreuve.
Alors on se concentrait ailleurs, dans l'épluchage des mille et uns détails de la vie, on nageait dans la mauvaise rêverie, et dans les oublis de particules enchâssées dans les coutures des sièges et des grilles métalliques, comme quand on est un brin écœuré.
Tout semblait là comme offrir une trappe, un piège de la tentation juste là
pour faire se salir sans vraiment le vouloir,
et à cette époque là, du moins chez nous,
pas question de se tacher ni de froisser ses vêtements.
Il fallait se tenir à carreau, faire dans le beau style, bref tenir son rang,
se tenant tout droit comme un I, sur la banquette.

On ne partait pas loin, mais début des années soixante,
un voyage de 200 kilomètres en train, cela pouvait faire encore un peu aventure,
faut dire qu'on n’a toujours un peu retardé chez nous dans l’avancée des choses de la mécanique,
question de philosophie sans doute….
« Brou…ARRRRROU ;;;, cinq minutes d’arrêt !» ;;
une vraie tirade digne de Molière, celle là mon père l’attendait avec plaisir.
Une envolée lyrique de chef de gare à la Courteline,
une floraison de roulades ad hoc agrémentée de l’accent local, parfumée de l’air du temps de l’homme sérieux, s’évaporant dans la gloire du prestige de ses trente ans de bons et loyaux services ferroviaires…
C’est que cela arrivait souvent d’être obligé de changer de train et de quai pour arriver à destination.
Nous on allait à Mondoubleau, et c’était la micheline rouge qui nous y conduisait, là aussi cela ne faisait pas très sérieux, on aurait dit qu’on faisait tout pour donner de la nostalgie aux futurs vieux gosses, et enrichir les marchands de trains miniatures et de souvenirs.
Pon pin ponnnn..., cela faisait un peu sirène de bateau égaré comme une baleine en pleins champs ,
et cette musique là non plus ne s'oubliait pas facilement, un fameux signal, fanal, ma foi...

Mondoubleau, c’est situé non loin de Vendôme, et à cette époque-là, c'était encore très balzacien comme effet d'ambiance, d’ailleurs la grand-mère habitait rue Basse…
La maison devait dater du XVIII ou XIX eme siècle, mais elle avait sans doute été construite sur une bâtisse plus ancienne, car quand on allait chercher le fromage dans la cage au fin treillis suspendue à un anneau de fer dans la cave, on s’apercevait que celle ci était voûtée, couvant jalousement et en secret l’arc de belles ogives entrecroisées et sculptées en pierre calcaire.

Deux ou trois maisons plus loin, il y avait la demeure du Père Rouleau, un vieux monsieur, qui trônait fier comme Artabant, au milieu d’une construction antique qui datait du XV eme siècle et que le ministère des affaires culturelles de l’époque, songeait à classer monument historique. C’était sans compter l’avis du vieux monsieur, qui n’était pas dupe de la manœuvre, et entendait continuer à vivre comme il lui seyait.
Faut dire qu’il avait du caractère, qu’il savait se montrer, et se montrait bien vivant,
pas question de toucher à quoi que ce soit chez lui, ni de lui dicter le moindre de ses gestes !
Quand on allait le voir chez lui, c’était impressionnant, la fenêtre était minuscule, la lumière rare, on n'aérait pas souvent comme pour économiser l'air et le temps.
Cela sentait bon la suie et la boucane, c’était tout noir comme dans un vrai four de la boulange qui cuit son pain au feu de bois.
Mais qu’est ce qu’on rigolait bien quand on avait su apprivoiser le bon maitre bourru des lieux !
J’y allais porter les chemises que ma grand mère lui repassait,
Je crois bien qu’il avait un peu le béguin, à la façon dont il ouvrait avec joie le paquet empesé qui sentait le linge frais.
En face, ou non loin, je crois me souvenir qu'il y avait la maison toute blanche du notaire,
avec dedans une de ses filles qui pratiquait le piano. On en goutait les effluves sonores et
tendres de la Lettre à Élise, perdue dans les sortilèges des chaleurs des soirs d'été ,
qui vivent somnolents et les fenêtres entrouvertes, volets clos,
pour préserver les beaux meubles de la trop grande clarté...
Toutes les maisons qui jouxtaient celle de la grand mère, étaient construites le long d’une des enceintes fortifiées entourant le vieux donjon.
C’est à dire que les arrière cours étaient cernées de hauts murs,
formés des vestiges de fortifications, jadis destinées à protéger les seigneurs,
et les habitants des attaques continuelles des ennemis qui se disputaient
en permanence le territoire.
Au Moyen Age, les seigneurs avaient ici à gérer au minimum deux allégeances,
sur le Mont des Doubleau le bien nommé,
les attaques étaient quasi perpétuelles,
la région était riche et prospère, elle attirait aussi les convoitises,
de par son emplacement stratégique.

J’aimais bien la campagne, parce qu’il y avait des animaux, des fleurs et des papillons,
tout plein de découvertes à faire dans l’espace interstices magiques des veilles pierres.
Il y avait des délices à déguster dans les vergers et les potagers,
mais cela n’en faisait pas pour autant un paradis sur terre.
Tout cela n’était pas sans octroyer de manière souvent inattendue,
quelques craintes et déplaisirs, au milieu de pas mal de moments de joie complète,
en pleine nature. Il est vrai que le lézard abandonnait sa queue à l'ennemi dans sa fuite ,
et qu'elle repoussait,
ce phénomène formidable à mes yeux, je l'avais vu des dizaines de fois se reproduire,
mais parfois, cet appendice revivait sous des auspices tout de même un peu tordues...

Tout d’abord à chaque nouveau séjour, il fallait s’accoutumer à la vie de la maisonnée .
Quand on arrivait, on était accueilli par un vaste hall vide, tout carrelé de tomettes rouges, qui sentaient la cire et le foin,
si c’était le soir on tâtonnait jusqu’à la porte de la petite cuisine sous l’aimable éclairage d’une ampoule de vingt cinq bougies. C’est à dire vingt cinq Watt.
Mon père avait bien essayé de la changer, et de proposer de payer la facture d’électricité mais ma grand mère n’avait jamais voulu accepter ce qu’elle considérait comme une aumône, elle en faisait une question de principe, on venait chez elle, elle nous invitait, pas question de changer quoi que ce soit, elle était pauvre mais surtout économe. Elle avait sa fierté.
Et du caractère, elle était née dans le siècle précédent,
les romans de Zola décrivaient bien cet état d'esprit de ces gens déshérités
qui n'ont pour s'en sortir et faire face à l'ennemi du quotidien, que l'énergie du désespoir comme moteur de survie,
elle avait appris toute seule à lire et à écrire. Fallait donc pas lui en compter.

La maison de la rue basse avaient été par ses propriétaires louée à deux familles,
dont l’une n’était plus constituée que de ma grand mère et l’autre par un vieux couple,
mais le hall restait commun, l’escalier de bois sombre servait aux deux locataires
à gagner les chambres du premier étage,
chacun ayant sa partie, c’est dire qu’il fallait faire gaffe à ne pas faire de bruit.
Au dessus, c’était le grenier qui sentait la coumarine. Et les herbes séchées.
Ce n’était pas facile, à l’heure dite, c’est à dire bien trop tôt pour nous autres parisiens,
d’aller se coucher dans la sérénité.
On vivait dans une sorte de couvre feu permanent, chuchotant à voie basse afin de déjouer les oreilles attentives des voisins curieux de tout.
Évidemment, c’était un jeu qui fonctionnait dans les deux sens, il y avait des fins de soirées, où on passait son temps à épier les bruits de la vie des voisins d’à côté, pour tuer l’ennui, à défaut d'ennemis véritables peut être.
Il n’y avait pas de télévision chez ma grand mère au début des années soixante, seul un poste un poste de radio TSF trônait dans la salle à manger, qui chaque midi, ponctuait l’heure du déjeuner, avec les questions aux minutes sonnantes et colorées du jeux des mille francs.
C’est comme cela, qu’à l’heure de la salade, je suis tombée amoureuse de la voix de Lucien Jeunesse immergée dans le suspense de la question rouge.
Et c'est comme cela aussi que mon père se faisait à la fois respecter et jalouser,
faisant office en tant que l’intellectuel de service chargé de mettre sa science au service de tous
et qui avait un peu trop souvent réponse à tout.
C’était donc souvent de la laitue qui était servie à ce genre de repas estival, toute fraîche cueillie auparavant par la grand-mère, que j’accompagnais pour ce faire,
jusqu’à son petit jardin du Pâtis, lopin de terre situé en contrebas de l’ancien donjon dit du Pot à Beurre, ainsi baptisé en raison de sa silhouette particulière, et toute penchée.
Autant dire que la feuille était tendre et croquante sous la dent, et que l’ail était émincé à point avec la ciboulette et le persil, juste là pour relever le tout d’un fumet des plaisirs gustatifs particulliers aux charmes de la province, creusant la recette en son fin terroir d'us et de coutumes toutes personnelles.

Ce qui changeait de Paris, c’était surtout la symphonie continuelle et le concert des animaux sauvages ou domestiques,
présents jusque sous les fenêtres de la petite chambre tapissée de papier saumon à semis de fleurettes crème, orientée à l’est, qui avait vue sur les pierres de grès roussard de la vieille tour et dans laquelle je couchais habituellement.
Le matin, on était éveillé par le chant du coq évoluant dans le poulailler de la cour, aux milieu de ses poulettes, cour également animée par les fenêtres des voisins levés chaque jour aux aurores. L'avantage c’est que les œufs étaient frais et délicieux et qu’on allait les cueillir tous chauds sur la paille, dès la sortie du four enfin dès que les poules fières de leurs exploits,
et un peu tête de linotte caquetaient à plus soif, répandant naïvement alentours le chant triomphal de la victoire éphémère.

Une vigne courrait le long de ce mur, la nuit la cour était envahie par les ballets des chauve souris,
qui circulaient en émettant de tous petits piaillements et en formant des grands huit,
danse nocturne qui qui m’impressionnait d’autant plus,
que ma grand mère superstitieuse, affirmait partout à la ronde, que ces bêtes portaient malheur,
que si elles se prenaient dans les cheveux féminins, on ne pouvait plus s’en débarrasser.
Cette cour, il fallait aller la traverser pour aller sur le trône,
une planche en bois trouée avec pour toute lecture de propreté,
les dernières feuilles du canard local, empilées soigneusement à côté du trou des futurs exploits libérateurs des conduites obstruées.
Évidemment, tradition oblige, il y avait dans les chambres, pour unique manière de se soulager, la chaleureuse présence d'élégants seaux en faïences ou en en métal, ornés de liserés bleus
ou de fleurs multicolores.
J’avais peur d’aller à la cabane, surtout la nuit, et j’avais horreur des seaux,
ce qui fait que je devenais rapidement ultrasensible sur le sujet digestif...
Qui n’a pas connu le fumet de ces odeurs là à peine le couvercle de la marmite soulevé,
et les crampes de soirées rien qu'à l'idée de se le coltiner comme corvée de nettoyage,
ne peut vraiment comprendre ce que c’était que la France d'alors,
située hors de l’écoulement de certaine modernité des choses.
Ici, comme dans beaucoup de campagnes de la doulce France de l'époque,
le coq chantait les deux pattes sur le tas de fumier
mais le paysan, au final ne s'en portait pas plus mal.
Certains s’y habituaient mieux que d’autres,
je crois que la présence des animaux tout autour,
car il y avait aussi parfois quelques souris qui batifolaient et pas mal d’oiseaux
donnait une dimension fantastique à l’ensemble et un côté un peu effrayant à la vision de la cour des miracles.
Je m'attendais chaque fois à y croiser des sorcières retour de sabbat,
j'y ai une fois aperçu un crapaud clapotant dans une flaque d'eau, un jour de pluie,
non loin de la cabane, et même une salamandre noire et jaune;
qui se prélassait là, très belle et tranquille, mais tout cela ne me rassurait guère...

Tout avait beaucoup de saveur, les fruits notamment,
les légumes aussi,
le plaisir comme le déplaisir, c’étaient, je crois bien, sans transitions et tout en contrastes.
La vie étaient scindée, il y avait comme des tranches qui s'y découpaient,
chacun y avait sa place attitrée, cela semblait pouvoir durer une éternité ainsi,
en fait cela faisait déjà des siècles que peu de choses avaient vraiment changé.

Mais le progrès est une lutte à armes fatales et il égalise tout,
ma grande mère si réfractaire à l'usage de la fée électricité,
un jour échangea sa belle table de merisier contre une superbe table Formica,
si bien vantée par un vendeur antiquaire, qui avait su astiquer
non sans quelque profit personnel,
tous les les bienfaits de la propreté et de la facilité d’entretien.

A cinq ans près, ce n’était déjà plus la même enfance,
et je serais curieuse de connaître le détail de celle de certaine actrice française jadis reine du théâtre campagnard, Juliette Binoche
qui se souvient avec enthousiasme du Mondoubleau de ses jeunes années.
J’ai eu ma part d’enchantement, aussi,
mais j’ai conservé surtout le souvenir d’avoir vécu, assistant à la fin d’un monde,
embrassant toutes les lueurs des feux de la transition.

Le jour où mon père, lassé de se faire tanner par sa fillette unique ,
qui se morfondait et trépignait dans l'espoir d’obtenir la fabrication
et l’installation de la balançoire de ses rêves, se décida à construire la fameuse escarcelle,
ce fut une véritable expédition.
On est donc allé se procurer tout d’abord une corde, chez le bourrelier, dans une échoppe située du côté de la place Saint Denis,
non loin de l’église.
C’était un brave homme, qui faisait aussi dans la sellerie, parce qu’il restait à cette époque, encore quelques percherons et chevaux de traits, entretenus par des paysans amoureux de leurs bêtes, à condition qu’elles ne rechignent pas et ne fassent pas leur feignant dans la tâche.
Il y avait là de véritables orfèvres chevalins, pour œuvrer dans les champs difficiles, rétifs à la machine, des bêtes solides, fort utiles pour travailler la terre lourde à décoller.
Il fallut choisir la bonne corde, au milieu du tas de ses consœurs qui pendouillaient dans une antre humide et sombre, dont je me rappelle encore l’odeur: toute particulière et jamais retrouvée depuis: j’avais un peu peur là aussi, mais j’étais surtout fascinée par ce monde qui me semblait hanté et magique.
Mon père dut ajuster une planche, trouver deux attaches et une fixation suffisamment solides au sein des murs décrépis de la petite cour,
et c’est ainsi que j’ai pu faire un peu de balançoire,
mais avec la stricte consigne de ne pas m’envoler trop haut, du fait de l’exiguité de la courette.

Quand la lassitude venait, celle en tout cas de se restreindre ainsi en pleine ascension enfantine, remise en place par le regard inquiet du paternel, qui vivait dans la crainte que je ne me fasse un mauvais coup, je promenais des nounours datant des années trente, repêchés in extrémis dans le grenier, bordés d'un drap bleu à rayures, dans un landau à forme de corbeille, qui grinçait parce qu’il était fabriqué tout en osier.
Mes jouets étaient pour la plupart restés à Paris.
Le grand jeu, c’était aussi de courser le papillon à l’aide d’un filet rose acheté chez Lecourt, et d'autres insectes qui, une fois capturés, passaient quelques heures enfermés dans une espèce de pot à lait en plastique rouge et blanc, où je pouvais à loisir les observer par la fente laissée entrouverte par la fermeture incomplète du récipient.
Mon grand plaisir, ensuite, était de les relâcher à l'air libre, de les voir s'éloigner dans le ciel, et de sentir l’odeur qui persistaient, de tâter du bout des doigts la poudre de leurs ailes irisant les parois intérieures du récipient, qui en demeurait tout talqué.
Il paraît que plus petite encore, vers deux trois ans, je les appelais des Papa Petits…

Quand j’en avais fini avec les lépidoptères, je m’attaquais à l’observation du goujon dans tous ses états, je l'étudiais dans tous les stades de son développement, sous toutes ses formes, selon les pêches miraculeuses effectuées dans la Grenne.
Je tannais ensuite mon père, pour aller promener dans la vallée de la Braye, muni de la goujonnière en métal gris et à l'anse de bois poli, tout cela uniquement pour les relâcher dans une autre rivière, histoire de les faire voyager un peu.
On a aussi tâté de la pêche à la grenouille, pourvus de l'incontournable fil de laine rouge , emprunté à la pelote de ma mère, accroché au bout de la ligne.
Mon père avait été acquérir du matériel de pêche, tout exprès pour l'affaire, et s'en était allé également acheter des bottes de marque Le Chameau chez le marchand de chaussures Lauger. Une première!
Il faut dire que parfois, il s'ennuyait ferme, lui aussi... qu'il semblait étouffer , tournant comme une bête en cage dans la maison si exigüe de la grand mère,
qu'il espérait ainsi échapper à la corvée de la fente des bûches,
qu'on devait débiter pour pouvoir alimenter le réchaud à bois,
sur lequel allait être cuisiné le prochain repas familial.

Toutes ces sorties un peu rocambolesques, du moins pour mon père qui avait l'esprit plutôt cartésien, porté sur la mathématique, c’était aussi surtout l’occasion pour moi, de passer devant des maisons insolites, la possibilité de découvrir des gens du village que je ne connaissais pas encore et qui m’impressionnaient.
Il y avait notamment la maison très basse, qui disparaissait au milieu d'un jardin fleuri de grands lis et de roses rouge sang opulentes et très odorantes,
où vivaient des sœurs très âgées et vieilles filles, les dames Lubineau.
Tout était prétexte à rêve, enfin à déambuler sur les mots, la région regorgeait de ruines et d’histoires mystérieuses.
Il y avait des vestiges qui faisaient se souvenir de la présence active des puissants templiers et de leurs commanderies, et ce, pas seulement dans la ville nommée Le Temple, encore toute proche.

J’accompagnais souvent la grand mère, alourdie dans sa marche,
d’une carriole métallique nantie d’un casier munis de bouteilles soigneusement lavées,
pour aller se fournir en eau fraîche et pure à la Source de Guériteau.
Elle disait qu’elle guérissait tout, cette eau la!
C’est vrai qu’elle avait un goût incomparable,
à cette époque, on ne connaissait pas encore l’abus d’engrais chimique,
la source coulait abondante quasi en toutes saisons.
De l’autre côté de la route, en face, il y avait la vieille chapelle ,
qui tombait en ruines, idéale pour faire des parties de cache cache.
Et les vieux racontaient dans le pays, mi amusés mi narquois,
qu'il y avait eu là, il y a fort longtemps un monastère réputé,
mais que tout avait été détruit et les bénédictins chassés en 1238,
parce que le seigneur du coin, de retour de croisade,
avait trouvé sa dame dans les bras d’un moine;
et qu’il avait fait construire la chapelle pour tenter de se racheter une conscience,
en vue d'obtenir une bonne place chaude au paradis!

Des histoires, il s’en racontait de toutes sortes, le pays ne manquait ni de vicomtesses,
ni de paysans malins tout farfelus, le bon bourgeois avait des retours d'age et des inventions fleuries à la boutonnières des fêtes et des cérémonies qui déliaient les langues.
On connaissait une voisine qui avait eu un bébé à cinquante ans passés,
ce qui avait alimenté les conversations pendant un certain temps
car elle avait déjà des enfants mariés et des petits enfants,
comment allait faire tout ce monde là pour s'y retrouver!
Les histoires tristes côtoyaient les récits les plus gais, les bâtiments parfois suivaient le même chemin,
certaines tours comme la poivrière de Choué, pour limiter les frais, prenaient de drôles de tournures, et la tour du pot à Beurre penchait de plus en plus,
car on avait creusé par en dessous pour en retirer de la pierre de construction!
Le viaduc de la ligne de chemin de fer reliant Paris à Tours, commencé dans la première moitié du XIX eme siècle, ne servait plus qu'à organiser des promenades pour tester les gouts du risque et les effets de vertige de la la dulcinée,
mais ce n'était pas un mince atout pour la sentir doucement frissonner apeurée dans ses bras.
Pour les promenades au clair de lune, ce n'était pas à négliger non plus,
effet romantique garanti...

Le père Robinet était un fameux original, comme on dit dans les campagnes,
avec lui on pouvait faire son plein panier de provisions de légendes et d'histoires vraies et pour le moins étranges.
C'est lui qui faisait visiter aux quelques touristes égarés là sur les routes des vacances à la mer, en guise de pause sodas et crème glacée dans le circuit torride des exigences du guide Michelin, les beautés cachées du Pot à Beurre et de ses alentours historiques.
Il détaillait avec une patience infinie, alliée d'un enthousiasme sans bornes,
une sagacité d'explorateur des vieilles pierres, comme on n'en trouve plus guère de nos jours, aux âmes candides et dubitatives, toutes les subtilités architecturales des maisons et des lieux de sa chère ville qu’il adorait.
Avec lui on revivait tout, façon Balzac évoluant dans les pages bien senties de sa Comédie Humaine dans le salon de Saché, gesticulant et mimant tour à à tour les divers personnages les plus antinomiques, devant le châtelain de Margonne et ses domestiques médusés par le rire et le pouvoir d’incarnation de toutes sortes de personnages ainsi merveilleusement ressuscités.
Il parlait du camp de César de Sougé, comme si il en avait lui même dirigé les soldats romains réquisitionnés pour l’ériger.
Selon ma grand mère, il brodait un peu, en disant que le souterrain allait des caves du château féodal à ce fameux camp, sur des kilomètres et toujours comme un rat dans son boyau sous terre.
Toujours selon elle, c’est direct à Guériteau que ce souterrain menait !

J'ai cherché pendant des années les entrées, de ces souterrains escaladant les pentes de la motte féodale, et fouillant les buissons d'épines, mais je n'ai creusé mes méninges, qu'emportée sur la pente de mes rêves, ayant trouvé pour tout trésor celui de l'imagination.

C’était une sorte de guerre de tranchée verbale, lancée entre la mémoire populaire et l'érudition provinciale, qui pouvait ainsi s’enclencher, par voie de tables de fin de déjeûners de commices interposées ,
Car il était rare que tout cela s’affronte en direct, si ce n’est autour d’une petite goutte.
Ma grand mère réussissait fort bien les cerises à l’eau de vie.

C’est ainsi qu’un jour, je courus aussi bien vite devant chez Carreau, le marchand de saucisses, pour admirer la borne qui jadis servait à attacher les chevaux devant sa boutique:
c’était bien un tronc de palmier fossilisé, et pratiquement personne ne le savait!
Il y a fort longtemps, il avait fait effectivement très très chaud à Mondoubleau
selon le père Robinet, tellement chaud que rien qu’à l’écouter on en transpirait,
surtout l’été. En ce temps là il faisait aussi facilement moins quinze l’hiver,
que trente cinq l’été, à l’ombre.
Monsieur Robinet était tout aussi emporté par le récit de l'action
qu'un peu enveloppé, il soufflait fort, ponctuant ainsi l'atmosphère attentive de son auditoire parfois bouche bée à l'écoute de ses fabuleux récits. Sa soufflerie personnelle
rythmait le chapelet incantatoire et poétique de ses phrases à rallonge, truffées de citations érudites.

Parfois, l'été, cela tournait à l'orage, et il faut bien dire aussi qu’il pleuvait des fois plusieurs jours d'affiliée.
Cela n’en finissait pas, alors, on se racontait des histoires locales,
autour de la table en formica recouverte d’une nappe
avec des biches et des daims imprimés dessus qui gambadaient tout leur soul
dans la forêt et dans l'ignorance du son fatidique des cors au fond des sous-bois
stupéfiés dans l'arrivée biggarée de la meute.
On tuait ainsi le temps qui s'égouttait inlassablement des toitures d'ardoise, trop mouillées,
tout en feuilletant des vieux Paris Match,
en commentant les drames des autres.
Mon père essayait de faire diversion, se focalisait sur son bouquin, mais n’y arrivait pas.
Au cas où on bénéficiait d'une éclaircie, ma grand mère proposait d'aller faire le grand tour pour se dégourdir les jambes ankylosées.
Le grand tour, cela voulait dire descendre la rue de la basse ville,
passer au devant des hauts bâtiments en briques rouges de l'ancienne tannerie en ruine,
c'était longer la voie ferrée pour cueillir au printemps quelques coucous géants poussant sur ses gras talus,
ou l'été des bouquets de marguerites,
pour finir par la promenade du mail, d'où on jouissait d'un fameux panorama sur la ville, paresser un peu sur les bancs, et papoter sous les tilleuls, avant de s'en revenir au bercail.
J'aimais bien cet endroit là, parce que l'odeur des arbres en fleurs m'enivrait, au mois de juin, qu'il y avait là quelque troncs bien creux, où on pouvait renifler une bonne odeur douce de mousse fraîche et de lichens et même se cacher.
Puis retour à la case départ, non sans avoir passé par la ville haute,
et la boulangerie qui faisait dans la spécialité de la brioche.
La pause café, chez les petites gens, c'est sacré, il y avait toujours un ou deux voisins pour partager les joies du breuvage excitant et amer
autour d'une conversation qui s'éternisait parfois sur les pertes d'un tel au tiercé
ou d'une une telle à la loterie nationale .

Quand je ne me languissais pas dans l’unique pièce commune, que j'étais fatigué de la sempiternelle partie de petits chevaux ou de nain jaune
qui parfois m'amusaient toutefois beaucoup,
que j'avais éclusé toute la réserve de ma boite de décalcomanies,
je regardais la pluie tomber du haut de la fenêtre ouverte dans ma chambre du premier étage.

Et des heures durant, j’observais le vols des choucas des tours tournoyant autour des vieilles pierres comme âmes en peine,
j’aimais beaucoup leur cri strident qui me semblait parler pour moi,
transcrire toute l’interrogation du monde empêtré dans les fines toiles d'araignées luisantes du destin.

La maison d’à côté était vide, il se disait que la jeune mariée était morte peu de temps après ses couches, que son mari encore tout jeune homme, s'en était allé, mort suicidé de chagrin.
La cour qui n'était séparée de celle de la maison de la grand mère, que d'un haut mur à la chaux,
elle était envahie de ronces et d’épines, comme autant de barbelés naturels travaillant chez Gargantua pour lui tresser une belle couronne.
L’ennui faisait pousser les ailes de mon imagination,
je me racontais des histoires de chevaliers et de princesses,
je construisais des châteaux forts à l’aide du jeu en bois qui m’avait été offert
et je prenais part à toutes les faces de l’action des combats de l'ombre et de la lumière.

Le soir, après ces journées de pluies, parfois on allait au cinéma.
On descendait la rue pour aller se serrer sur des bancs de bois de ferme,
frais installés du jour dans la grange d’un loueur de salle,
non loin du marchand de cycles,
chez qui mes parents m'avaient acheté mon premier vélo Mercier,
si lourd et au cadre tout orange.
On applaudissait autant aux images de Laurel et Hardy
qui se déchainaient dans les pitreries et les coups salaces sur l'écran de toile,
que dans le bon rire, en écho des paysans et des villageois pliés en deux dans le délire.
Je crois bien que j’en ai plus d’une fois mouillé ma culotte, au grand désespoir de ma mère ,
car il n’y avait bien entendu aucune machine à laver pour solutionner facilement le problème.
Mais le lavoir de la ville était très bien conservé, et la lessiveuse toujours prête à bondir sous l'action du réchaud qui même l'été fonctionnait bien souvent, car on se salit si vite à la campagne l'été, quand on est parisien le reste de l'année.

Des problèmes la ville en connaissait, c’est encore par la voix du tambour major,
que la municipalité et son maire faisaient connaître à ses citoyens,
les derniers décrets des lois et l'annonce de certains désastres locaux.
Avis à la population…!
coups de baguette et roulements de tambour, bicorne s'il vous plait,
tout avait ainsi une allure digne des livres d'histoire illustrant les pages de la Révolution,
car l'annonceur public et fortement moustachu, portait beau avec la cocarde !

A côté de cela,
il y avait le camion des falbalas qui cornait dans la rue deux fois par mois, et tous les enfants qui se précipitaient pour se disputer les derniers gadgets qu’on ne trouvait pas dans les magasins habituels de la ville, qui s'en tenaient à la vente de la marchandise plus traditionnelle.

Puis il y eut ensuite le premier supermarché, qui est resté vide de chalands pendant des semaines et des semaines…
-Vous verrez cela ne marchera pas, personne n’ira!
Jusqu’à temps qu’on sorte l’histoire des bons cadeaux et de fidélité...
Le tour était joué et l'affaire dans le sac!

Puis ma grand mère eut la télévision, en noir et blanc.

Et c’est en cercle concis, et confits dans le silence et dans le noir,
qu’un jour on découvrit, médusés, le premier homme américain, marchant sur la lune…

mercredi 29 avril 2009

Teleprompter...



















This teleprompter,
a making off
like a rolling stone on the translation courses
this teleprompter,
with some animals accounts
using the linguistic gaps,
involved in the moon facts.
Plate wearers
are doing all the damage
in some hearts of dealers,
focusing on the human world times,
doing all the seminal works.
No man's land movie,
and several reviews,
some new fields,
and one optical aberration,
into several languages
that affected perceptions.
This teleprompter
like a stranger
a sunshine of the brain
into the color fascination tasks
Come on the right visual screen!
this right visual field
this left visual field
all the verbal working memories,
an unexpected dissolution of marriage
some language affects perceptions...
Is it the sickness, the illness,
or the new deal of disease ?
Is it a timepiece discrimination in safety?
is it secure ?
Oh, this man,
just a poor lonesome cowboy ?

mardi 28 avril 2009

Mehr Licht! Mehr Licht!


Monsieur S. était, comme disent certaines langues aiguisées et un peu imagées,
usant d'un jargon peut être peu trop populaire pour le cas qui nous intéresse,
né avec une cuillère d’argent dans la bouche.
Ses doudous étaient tous très doux,
ils provenaient des meilleurs magasins de jouets,
sa jeunesse s'était écoulée au coeur des beaux quartiers de la capitale, dans la fine fleur de l'image d'Epinal de luxe calme et volupté.
Tout petit, déjà il savait se distinguer, il était le préféré de Maman,
elle le trouvait si sensible !

A l’armée, il parait qu'on s'ingénie dans les instances supérieures des gradés
à repérer les 'cœurs madeleines' au sein du troupeau,
car avec un peu de traitement de faveur, et pas mal d'entrainements adéquats,
on en extrait la fine fleur des âmes guerrières, pour fabriquer
des illuminés ne rechignant pas devant l’ampleur de la tâche à accomplir.

Maman était catholique, ce qui n’était pas le cas de papa S.,
la maison très «chic et triste» ne manquait pas de domestiques.
Le bambin n’avait guère temps de rêver,
il luit fallait aller skier, l’hiver à Megève,
et nager comme un pro, l'été dans la mer.
On avait ses petits loisirs de classe, c'était comme ça,
réglè comme du papier à musique et cela ne se discutait même pas.
Pour tenir son rang d'enfant sortilèges et d'apprenti Sorcier, sa seule liberté,
c’était de se faire capricieux.
Top choyé, parfois, c’était plus fort que lui,
il lui fallait s’échapper incongru dans la turbulence de la révolte,
pour tâter le pouls de la vraie vie,
celle qui salit son petit bonhomme.
Il lui fallait prouver qu’il était bien un homme,
quitte à semer le meilleur petit copain dans la forêt,
au cours d’une partie de boy scouts version sauce à l’anglaise.

Monsieur S., dans sa jeunesse intrépide,
connut donc les joies délicieuses de la fréquentation de nombreuses écoles privées,
avant d’attérir sur les bancs de Sciences Po,
où il se stabilisa si peu,
juste le temps de se faire quelques amis bien sentis
et d’incontournables relations gouvernementales,
en bref de remplir les blancs de son carnet d’adresses.
De l’adresse il n’en manquait pas, ni de l'idée dans l'art de la provocation,
façon Easy rider en Tchao Pantin des bisounours :
avant d’intégrer plein pots le temple du commerce,
à 20 ans, il chevauchait ainsi gaillardement
et à moto les routes charnelles de l’Asie du Sud-Est,
afin de secouer son pesant de sommeil et de tenter de tromper son ennui.

Monsieur S. était, à sa manière, un bel exemple de la sagacité de la pensée de Pascal revisitée dans l'art du calcul des apesanteurs financières,
lancé tout en haut du volcan,
mais personne ne peut affirmer qu’il en était pleinement conscient.
Après tout qu’importe, puisqu’il avait mieux senti que quiconque,
et si jeune le côté effrayant de ces espaces infinis des silences bancaires.
Il avait son petit côté janséniste qui n'était pas sans charme ni sans dangers pour le Roi Soleil.
La ceinture de Port Royal avec les petits clous qui entraient bien finement dans la chair,
en signe de souvenir de la Passion, à vif,
cela n’aurait pas été pour lui déplaire de se la faire enfiler,
mais trêve de souvenirs littéraires...cela ferait tâche.
Si sa vie dépassait l'affliction.
c'est que Monsieur S. était au fond un grand mystique.

Monsieur S. avait l’art de faire travailler la famille et un certain goût
pour la mise en scène de théâtre, un réel talent dans l'art de la manipulation,
deux oncles ne demandaient qu’à blanchir le linge sale qui s'entassait dans le panier.
Le sort du père un peu trop flambeur et paresseux,
pour être encore au goût d'une époque chimique qui faisait dans le précipité,
s’en est trouvé vite floué et flouté.
Par ici la sortie des comptes, dans une nouvelle version approuvé par la nomenklatura S.
Entre la faillite et…une place de choix pour le fils prodigue, divin opérateur de marchés,
le destin de l’affaire était écrit.
C'était un pacte de sang, digne de celui de Faust, un vrai copain d’animation pour les nuits blanches.
C'est ainsi que Monsieur S. devint le roi des raids boursiers et des parties échangistes,
le grand ordonnateur des coups de grisous sur Saint-Gobain via la Générale des Eaux, in extrémis, stoppé par le président de de la République, François M.,
dans un crochet du gauche qui se respecte,
soigne ta droite résumerait Jean -Luc G. !

Ceci expliquant cela, c’est peut- être aussi par un retour fameux du travail de l’inconscient,
que Monsieur S. réussit un coup de maître, digne de Vautrin :
la double incarnation des bénéfices de la société
ou comment Vendre la banque S." à deux reprises ".
Historiquement, ce fut une première, un chapitre qui manquait à la Comédie Humaine,
hélas demeurée inachevée,
et comme ce bon Honoré, nos deux hommes sont morts trop jeunes, à cinquante ans,
si c'est pas une belle philosophie qui vient s'écrire ici en lettres d'ors !

Monsieur S. a toujours été, au fond, un artiste et un poète,
il a su créer un nouveau style,
il a inauguré une nouvelle ère , 1,97 mètre, cela situe son homme aux sommets!
Fils à papa, jouant au casse tête de l'origine dans la surenchère des gadgets set financiers,
il caracolait, tel Pégase ou Peter Pan,
pétaradant au volant d’ un gros 4x4,
oeuvrant aux vitres fumées, dans un véhicule pur épate
choisi par son fils !
Quel artiste il faisait en show lapin et dans la mise en abime !

La destinée cela ne peut se comprendre qu’à la lecture de certains signes,
l’existence de Monsieur S. était donc placée sous celui de Dante,
c'est ainsi qu' il épousa donc Béatrice W.…

Ce qui potentiellement le rendit digne fils successeur de Michel Ange,
le propulsa au pinacle de la gloire du beau David
trônant à Florence dans le cœur de la cité bancaire jadis si florissante.
Dans la vie, des espèces sonnantes et trébuchantes, qui a dit qu’il y avait place pour le jeu du hasard ?
On parie, en souvenir de Pascal? il parait qu'il y a tout à gagner alors...

Sex and Money, c’est un jeu qui vous amène vite sur les rings
fréquentant des back stage et chantre des soirées SM sur les canapés décatis du Palace,
charme et brutalité des plaisirs gustatifs des financiers à l'amande.
Dans ce genre de petites sauteries, le sens de la famille est tout particulier,
honneur aux dames patronnesses d'un certain genre, et aux traitements Haddock :
le doigt sur les incompétences du beau-père,
si Monsieur S. échouait de justesse, pour renverser le padre,
c'est qu'il pouvait se faire payer très cher le prix de sa défaite,
et la banque ne pouvait faire autrement que de casquer un max,
c'est à cela qu'on reconnait les grands stratèges, in fine:
« Je l'ai traité comme mon fils, il m'a traité comme son père ".
maigre consolation que cette phrase bien sentie, qui vaut son pesant d'or.

Julia L. c’était juste le temps que deux extrêmes se rejoignent
assez pour faire coïncider la vraisemblance dans le dicton,
juste la bonne clef pour remonter l’horloge et faire mousser l’échéancier de la bière.
Week-end en échappées d’enfants du show bizz,
dans l’oubli temporaire des séances de casting
et des réunions de conseil d’administration,
au château familial, de Bléneau, à Paris, New York, ou à Londres
voilà qui faisait comme un mauvais remake d’une histoire à la Godard ou à la Truffaut.
En guess Star, pour mener la danse des calculs élémentaires,
la fille d’un colonel de l’Armée Rouge...
C'est ainsi que Monsieur S. et Julia L prirent des cours de tir à Genève, la pacifique.
Rien de plus positif pour approcher Jimmy Goldsmith, que ce troisième élément,
porté sur un plateau d’argent, pour exciter l’appétit qui manquait à l'appel cheval du mord.

Monsieur S., tout fringant, se lança dans des opérations hasardeuses en Russie
via Julia qui comme Nicolas et Pimprenelle rêvait sur son un petit nuage,
sans compter sur le réveil de l’ours
la belle Julia avait eue la mauvaise idée de vouloir avoir un enfant,
voilà qui corsait le tour de taille de l'histoire,
dans le paisible 16e arrondissement de Paris.
Maximilien naquit le jour anniversaire du père présumé,
qui ne se manifesta point, choisir de ne pas choisir, tel n'est pas la question.
On ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs.
Dans le monde de la finance, seules les apparences comptaient,
Julia fut donc suivie par des détectives payés par Monsieur S.,
la nounou bulgare engagée parlait le russe mais n’avait pas de papiers.
Voilà ce que c'est de vouloir cracher dans le turbin,
le tout se termina dans les pleurs du bébé secoué,
l’affaire fut classée aux archives, l'enfant n'avait que quatre mois.
Monsieur S. s'occupait fort bien, par ailleurs, de ses trois enfants officiels,
et ils recevait la meilleure éducation religieuse,
je vous laisse deviner laquelle,
quand on a un compte à régler avec ses parents,
la dette est sans fin...

Genève, à l’époque, c’était bien pratique pour se refaire une santé fiscale,
au pays du médicament, rien de tel alors, pour spéculer,
sur les maladies du monde à venir, les raids financiers d'un hedge-fund,
non sans quelques voyages coucous dans les nichées de quelques paradis fiscaux.
Mais Béatrice vivait désormais à New York, et Monsieur S n’avait plus la main si heureuse.

Chez les frères Karamazov, il venait de tâter un peu de Crimes et Châtiments,
sans oublier de cracher au bassinet pour l'Idiot de service.
Avec la littérature russe, ce qu’il y a de bien c’est que c’est une épopée,
il y a beaucoup de héros qui croquent à tour de pages des tas de concombres salés,
dans la saumure du désir humain au beau milieu de la débâcle…
tout au moins, pour jouer son va tout, cela ne manque pas de classe et de piquant,
en attendant de tâter de la roulette,
spécialité de ces messieurs pragmatiques,
qui ne reconnaissent même plus le sens de la famille.

Monsieur S. eut donc désormais tout loisir pour se consacrer à la chasse,
explorant un peu plus la vraie vie interlope.
Pour achever de tuer le temps et jouer encore une fois aux Indiens,
Monsieur S. armé d’un un fusil de tireur d’élite de l’armée israélienne,
tirait des buffles en Afrique.
Bref il travaillait dans la figure du style gothique, au cœur de la jungle.
Au pays d’Alice, il n’y a pas que des merveilles,
quatre balles c’est aussi une belle issue symbolique
pour écrire poétiquement le mot fin,
le tout au milieu des Basquiat et des noirs de Soulages
c'est une belle revue filmée par Cécile B deux mille?
On n'est pas obligé de trouver cela beau ou d'en rire,
mais cela peut donner à réfléchir...

A défaut il y a tous les ingrédients pour saucer son discours de sus pence
en vrai polar, champion de la série noire.

Encagoulé, attaché par un harnais tout moulé dans une combinaison pur latex.
prince noir des affaires du désir mimétique,
Monsieur S. avez vous eu un dernier soupçon de la manipulation reine et chaman ?
C. B avait -t-elle fait chanter l’héritier de l’empire
dans le souvenir de Robespirerre M.?

Dorian Gray, aura su se déssaisir de la trop belle occasion de se voir vieillir,
le pacte signé avec M est resté sans effet.
Monsieur S. n'a rien récupéré de sa jeunesse père due.

Anabelle Li s’est jetée dans le désespoir de la folie marguerite,
tranchant dans le dis cours à la lame du rasoir,
cela n’a servi à rien d’autre qu’à faire engraisser un peu plus le mythe de Béatrice.
Les poètes ont toujours raison, on couche toujours avec des morts, Thank You Satan, merci Léo d'avoir si bien ferré le gardon.

Monsieur S. dans l’extase de l’appropriation de l'essence de l'autre,
parce qu’au fond il se sentait petit chose,
à pour le moins réussi à gagner le yoyo en bois des Iles Canaries.
Dans le franchissement de l'obstacle insurmontable,
il a trouvé le baiser ambigu de l’échec seul singulier révélateur de la divinité.
A-t'il trouvé le baiser de la femme araignée à son goût?

Tandis que Monsieur S. était si bien occupé à se détruire,
le monde financier s’engageait sur la pente glissante du fantasme de la super puissance…
on sait depuis ce qu'il en est ad venu.

Goethe, après avoir achevé son Second Faust,
mourant aurait émis ces dernières paroles,
en esquissant dans l'air, un "W":
Mehr Licht! Mehr Licht!

lundi 27 avril 2009

PORCHERIE, PIGSTY, PORCHERIE…


















New Age of commodities,
some old pictures,
an unconsumable tycoon
in post WWII Germany.

Here I am
in the the heart of the storm
phantom of the paradise, in desert,
eating butterflies and snakes
here there are,
the new prehistorical times
here they are
Hamlett pig’s Kings
of one crucial interrogation,
Here it is,
the sickness
No frontiers

Est ce qu’un regard calme sur la cruauté du monde
suffira à adoucir et à éclairer la vision sombre de l’avenir?

Comme le disait mon amie Gisèle,
la française devenue américaine et manager d’art,
en parlant d’un copain artiste un peu rêveur,
« Son problème à lui, c’est qu’il ne fait pas les connections !’

Blague dans le groin,
c’est l’heure de lier la sauce,
aux petits oignons de la palette,
les côtelettes sont cuites !

C’est l’heure du petit salé
et du caillou dans la lentille du Puy
qui crisse bien incongru sous la dent
dans la plaine Waterloo
d'action mandibules du joli moi de mais mon muguet!
Comme qui dirait, c’est du propre mon cochon !

Y a urgence chez les hommes en blanc
X files pour recoller les morceaux du puzzle viral,
c’est que cela se bouscule au portillon,
à la mappemonde des mutants du buzz porcin,
y a de la valetaille qui grogne!
Here there are!
Y a du taf dans la pendule à remonter les cochons gonflables
pour s'activer les temps des flamants roses,
Pigs, and Pinf Floyd,
bienvenue dans la grande famille à fables de l'album rose,
pour se payer une tranche de planante tout vinyle,
en bas résille affichés sur la tronche !

C’est l’heure pour bien coller la pointe d’ail,
et rendre plus sapide le rôti,
sans oublier le brin de romarin,
qui fait descendre la tomate farcie dans le jardin.
C’est l’heure paupiette pour faire toute mousser la bière,
juste avant de se coucher dedans, mon porcelet !

C'est l’heure de trancher dans le lard
le juste prix pour travailler dans l’uni
au désuni des salades de transports, mon petit goret !
C’est l’heure de tailler dans le gras de la parole de crise
au bras crudité du silence de l’entreprise en mal de paresse.
C’est l’heure de la pause apéritif au coin de la grillade,
en SOS des terres rien.
Cochon qui s’en dédie, voilà un met pour tous les morts
d’un commun accord tartiné au canapé de foie,
une mise qui est bien bonne au tapis de fleurs pissenlits
toute illustrée de gelée en garniture digestive.
C’est l’heure de la joncaille dorée, ma rosette !

C’est le bon moment pour aller s’enfiler des perles au collier de la bête,
c’est l’heure du rafraichissement des mais moires,
le temps de la plongée dans la friture de l’humeur animale,
qui sommeille en tout vrai homme de qualité qui se respecte
au cœur de la tambouille…

Bienvenue sur le fil qui chante groin groin !
Grillons les rillettes, pinces sans rire,
dans les hautes sphères des réunions épicières de la gastronomie française,
oh fillette, rillons des saindoux !
Oh chair cuite des Saints Sacrifices, et tirelire porcelet de l’épargne brisée,
Tout est bon dans le cochon !

C’est le grand retour du bestiaire hanté,
l’envol de l’oiseau aviaire via le goret,
la passion de l'animal déchainé
qui tel Attila, en fait tousser dans l’au delà,
plus d’Hun !
Enfin plus que tous les canons intercostaux de la première guerre mondiale réunis.

C’est l’heure de la rébellion des cochons aux hormones
agités dans le battement d’aile poussin plume d’un cœur de poulet de batterie.
C’est l’heure de la porcherie internationale,
de la solution du problème en désirs d'abattoirs,
en souvenir sanglant de la Baie des Cochons.

C’est le temps de la pathétique symphonie
de ’Tiens voilà du boudin’ !
C’est l’heure saucissonnée des faits d’hivers,
le plein temps chaudron des salaisons à cru,
l’arrière saison salaison
dans la cuisine des petits lardons du film Porcherie.
Et si ce n’est pas une formidable partie de plaisir,
Amis, c’est une réelle sortie fabuleuse,
dans l’Eté Indien du jeu des trois petits cochons,
une 'exit' de spécialité mitonnée
dans l’entre-côte du désert,
une étendue rocailleuse en gelée,
un truisme galantine,
oeuvrant sur les flancs fumeux du volcan Etnatique.

C’est, ma brave dame, qu’un jeune homme affamé
se transmute vite dans le bouillon
et crôute facilement cannibale pour ne pas finir dans le pâté, ma foi !
Mon pauvre ère, liquéfié sur les flancs de la mère montagne désertée,
qui mange son père, et finit par vénérer l’ingestion !
Madre de dios!
Here it is
the saga of a medieval soldier-cannibal
looking for any kind of sustenance.

C’est l’ère advenue des passions des chiens balles
l’heure des battes de baise queue dalles,
se bourrant la saucisse dans le grenier de
Soudain l’été dernier, Via Frank fort.
Suddendly, Last Summer,
c’est l’heure Cousteau de la plongée pelliculée radicale,
dans le cœur mères d’intranquillité,
dans l'oubli des bras magnanime de Mamma Roma, Anna...
C'est l’Odyssée dans le livre du prophète Tennessee W.
L’orchestration saucisson,
planifiée dans la cicatrice intérieure de la chair compatible et interchangeable,
c’est l’heure de la mort du poète,
dans le renversement de l’Interdit biblique ,
le retour du fils tabou prodigue,
qui s’en vient sonner l'hallali, en pleine ère charcutière.

A Bonn, dans une luxueuse villa,
au temps sépulcres de la passion secrète pour les porcs,
élevée au rang de tradition culinaire,
c’est l’heure du grand œuvre des chefs de rangs de choix,
réunis en plateaux crépusculaires,
fumant des ‘celtiques’ ou des ‘troupes’,
au milieu des ors rutilants.
C’est l’heure de la dégustation des trophées de chasse
l'entrée de la star ’amuse gueule'
la note juste assez salée pour ouvrir l’appétit.

C’est l’heure faste pour Julian,
étalé fangeux dans le plaisir solitaire,
vautré en plein dans la porcherie bordant la propriété paternelle.

Grâce de la peste noire,
les cochons s’en vont au charbon
et ils nous en reviennent tous grippés !
C’est l’heure du nain Atchoum,
gagnant sur tous ses congénères de W. Disney,
du roi du jardin enchanté des malices,
c'est le temps du carré d’as juteux des coups de pokers médiatiques.

C’est l’heure du repas, le temps de la visitation de la dévoration
dans l’ère consumériste,
le temps infernal de la voie sans issue à la fraise,
la délectation gendarme dans la figure de style porcine
no pain no gain !
no time for lose !
here, I can do it !

C’est l’heure de la révolution
aigre de dix mille jeunes écervelés
pour «pisser contre le Mur »
c’est l’heure du contre chant symphonique du professeur d'anatomie,
dans le bain marie des «recherches scientifiques» sur les «crânes de Juifs».
C’est l’heure de pleine évolution des rapports de la science
au zénith de la transsubstantiation scientifique.
révélée in fine, en pleine sustentation de la mortadelle.

C’est le temps de l’alliance avec l’Herdhitze et de l’Andouille de Vire,
il faut bien fêter la fusion de l’entreprise,
et nourrir la famille !

C’est l’heure monstre capitalistique
se reproduisant incontinent
dans le sein de la déesse monde qui a mal aux faces
c'est le temps militaire du rata glandulaire
et le retour de manivelle des anciens nazis enrichis, via l'Argent 'in'.

C’est l’heure des humanités, vieux ramassis de porcs
prêts à tout pour s’entretuer dans lle lard de la lettre,
quel bel appétit, quelle nature !
C’est l’heure du Chef des Dévorants touillant la marmite
du frichti païen dans la pleine passion de la peau pur porc
en duc de Guise d’abat jour.
C’est l’heure d’action de la classe moyenne
du consommé de toute contradiction dans le gras douillet du sommeil .
here it is
a deep significance, an attack on the middle classes
in adoration of sacrifices
«Allemagne!
Quelle capacité de digestion!
Et quelle capacité de chier!»

C’est l’heure des Night on Earth
la fin d'un monde s’en vient sonner l’oratorio de la désespérance :
les gens n'arrivent plus à se regarder en face...
et sont copains comme cochons.
Les vrais rois de la ferme des animaux,
ce sont des ors mais...
Dans un procès à la Cauchon, ma sœur Jeanne,
même les végétariens périront au bûcher des hérétiques.
Sales temps pour les cochons!
Le monde est devenue une porcherie,
normal que les animaux
s’en viennent touiller le rutabaga humain.
Il paraît
que les cochons ont la sensibilité et l’intelligence d’un enfant de trois ou quatre ans...
Donc juste avant que le chérubin ne se décide à devenir un homme,
juste avant qu’il veuille en amonceler les preuves,
comme autant de morts sortilèges qui éprouvent la materia prima…


«Même quand il fuyait, il était toujours présent.

Il s'est créé une autorité, en jouant avec amertume. Sa douleur mystérieuse pèse sur lui comme un monument.»

«Qui peut savoir quelle est la vérité des rêves,
Outre celle de nous rendre anxieux de la vérité.».


« La mort n’est pas dans la non-communication mais dans le fait de ne plus pouvoir être compris. »

« Venni al mondo al tempo
dell’ Analogica.
Operai
In quel campo, da apprendista.
Poi ci fu la Resistenza
e io
lottai con le armi della poesia.
Restaurai la Logica, e fui
un poeta civile.
Ora è il tempo
della Psicagogica
Posso scrivere solo profetando
nel rapimento della Musica
per eccesso di seme o di pietà. »

Pier Paolo Pasolini


Interview de Pier Paolo Pasolini, à propos du film , extrait d'archives de l'Ina

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&id_notice=I04154765

dimanche 26 avril 2009

Night on nest...



















You can choose the spring festival keywords
you must drive more,
just to be good in heaven...
You can clear up one more time
to become a blue bird member.
You can hope more and more,
to get all the benefits of nest,
you can choose the music,
my sweet singer !

I can stop one heart in fire,
through the show,
before I have to go.
Because I am a dreamer
in heaven,
there no cure for
a rolling stone of clouds.
You can take a drop of milk
for the pity dance,
but I think, maybe,
sometimes,
you don’t believe her !

I like this quote
I dislike this note of exile,
in last year's nest,
perhaps the New Executive Search Solution,
unless,
one coffee,
a little more tea,
two, infused at the home paradise,
phantoms dropped in the universal water.

My desire in hair,
what ‘s going on ?
In heaven,
there is no cure for a lofty solitude.
Each thought will be laid,
through the silence break to chapter.
We meet at first, Honey
like the air and the water…

vendredi 24 avril 2009

Jardin d'Acclimation...



















Photo prise par Pierre Waechter - 6X9 cm - 1960 - Appareil Foca à rideau


On travaillait dans la couture,
chez Maman,
l'oublions pas,
on vivait cousu main,
dans le sur mesure,
tout au petit point,
à cette époque là...

On jaugeait la petite main
au ballon des plis
dans le plein bouffant de la manche
on travaillait à la délicatesse du boutonné
pour l'ourlet invisible,
on évaluait l'ouvrière spécialisée
à l'art de bien monter le patron,
par l'action opiniâtre du ciseaux à cranter,
rien ne s'effilochait.

On cousait dans le fil du temps, à cœur du biais,
la plissure du tissu perlé des rêves...

Feutrine impair passe et manque à la table de coupe,
le chas se la joue à cache cache
et le dé d'argent luit
perdu au fin fond de la travailleuse,
Oceano Nox dans la soie,
en vérité cela glisse, sous le pied de biche!

Le pic de l'aiguille course Ariane pour un coupe file,
dans la Singer à remonter la pendule couturière.
Tailleur pied de poule, jeté de lit de soi,
pliure de la veste assouplie sur le coude,
caquetant dans l'au delà de la mesure industrielle...

jeudi 23 avril 2009

Tout... T. Out...














Tout, an apple, T Out,
it's out...Who? Man?
Just a woman's Touch,
in the middle of winter,
deep in the heart of the suns
just a place for the rainy day
the circle of a singer
a gloomy reminder, in some bright players...

mercredi 22 avril 2009

mardi 21 avril 2009

La nuit sur la Terre, vous prenez un taxi et vous traversez un miroir …


Prenez en main les commandes, envisagez le temps en limite des cours,
jaugez la marée en regard des flux et des reflux, bien tassés dans la cale,
agités au creux de la houle des mots.
Travaillez à la criée, en l'écaille pelures des vifs argents,
tenez bon la barre, jusqu'à la fin des courses: en route pour la pêche, vers nulle part...
Les hommes dorment, les femmes travaillent, tous font un jour un voyage dans le taxi,
cinq d’entre eux sont livrés à leur sort, surfant sur les défilés, en similis dessins animés,
en travelling de rues brûlantes, engrangeant au plexus solaire,
les signes nocturnes, illuminés par les néons des panneaux vitaux publicitaires.

Retranchés derrière les lumières, en charités d'hôpital, soyons,
le temps d'une course de taxi, généreux clients de sensations,
soyons les vrais rois des drive in,
les grands seigneurs des destins hamburgers et nocturnes.

Entrons sous le chapiteau du cirque taxi, pour effectuer quelques tours de pistes aux étoiles,
enclenchant les vitesses, manuelles puis automatiques de l'auto du corps social,
véhicule carnaval, fusée lancée dans le flux historique.
Immergés au cœur de la fanfare cuivrée,
assistons au spectacle burlesque et tragique de la disparition du dernier clown.

C'est que maintenant, faut vous dire, mon bon Monsieur,
que la vie ressemble vraiment à un film, enfin que c’est juste un bon complot quelque part,
qui se trame dans le feu flatteur des projecteurs,
juste la possibilité d’une manigance, juste l'ombre d’un bon coup,
un truc à piger, pour résumer.
A condition de savoir lire dans entailles augures des oiseaux métaphores.
A condition de déchiffrer à la bonne clef,
toute la mélodie sensible des notes noires et blanches de la partita et fugue
aux grandes orgues de madame Némésis.

Pour un producteur pragmatique et intelligent, suivez mon regard,
c'est un jeté de lit à l'œil coulé et habile,
un joli coup de filet d'actrices à réaliser, dans le premier choix escomptable de la jeunesse, inexpérimentées certes, mais avec du caractère!
On a de l'éducation tout de même, on est à bonne école, au cinéma!
C’est bon comme endroit essayez donc!
la place tient chaud croyez m'en!
Surtout pour la fine plaisanterie dans l'entourloupe,
drivé d'une Héméralope, une clowness Yin et Yang en tenue noir et blanc,
le bon plan, c'est tout flashy :
Hé Popeye, ‘Je suis ce que je suis’ !

Prenez un ticket, venez sur le ring, déroulez de la péloche,
admirez la salle du spectacle, dans la brassée des applaudissements et des roulades de pelles,
au milieu du pop corn et des ice creams de la vie qu'est pas du gâteau tous les jours.
Admirez ce qu'est une beauté new look,
un condensé d'image innovante,
une fille elliptique, une pt’ite garce de poésie amoureuse de la mécanique!
Une vraie pochette surprise dans le moteur,
une avancée dans l'action de la lampe torche qui pendouille,
accrochée à la ceinture, en guise d'encensoir, une percée d'hyperréalisme,
dans l'assombrissement des rêves hollywoodiens.
C'est que la demoiselle garçon manqué rêve toujours du prince charmant,
qui comme Godot sait se faire attendre.
Jetez un coup d'œil à ces voitures fatiguées de la police,
qui ne demandent qu’à vivre une seconde vie à bas prix,
si y a de la casse quelque part, y en a toujours pour qui ça profite!

Ziottez un peu les quartiers de la petite Chine tout en bas la ville,
mirez tous ces tags, pures virtuosités religieuses,
les joyeux ravalements de façades d'une ville 'in', qui ne veut pas vieillir,
humez les fumées sensuelles d'un univers, dans l'incendie fantastique des yeux de Néron,
c'est un vrai conte de fées, croyez m'en!
Prenez cet endroit ainsi et surtout choisissez la voie drôle!
N'oubliez pas la casquette de base-ball sur la plage arrière
et le bubble-gum dans la bouche, facile à mastiquer,
à coller n’importe où, en prévision, là c’est un signe!
C'est que la magicienne 'Hollywood' hasarde un de ses meilleurs agents
dans les bras d'une étoile montante, alors matez un peu la tragicomédie qui s'en suit.

Où comment une vraie dame du cinéma indépendant, travaille dans l’art et l’essai ,
version fin de siècle : c’est ce qui s’appelle faire dans la courroie de transmission de luxe !
"J'ai ma vie toute élaborée!" la vie en rade sur le radio taxi s’entend,
c'est seulement une réflexion, dans le rétro viseur, permise au boulevard du crépuscule ?

Ah la saveur fastueuse et toute mélancolique des affaires de Victoria,
méditant sur la perfection téléphonique des ondes portées !
Quand on a le cœur exilé dans le vide poche, entre les valises 'crocros
et que le portable sonne en recherchant Susan, désespérément' …

Des douzaines de taxis volent dans la nuitée de la ville américaine, plongée au cœur de l’hiver, personne n'est libre pour les passagers noirs en partance pour Brooklyn.
Accordons un regard sur cet immigrant, frais venu de l'Allemagne de l'Est,
et sans famille,
ne sachant rien du mot Brooklyn.
Regardons un peu plus avant ce nouvel arrivant
imaginons la longue voie en route vers la grande maison du cirque façon Fratellini.

Figurez vous bien que le conducteur de l'Allemagne perdue ne se la fera jamais à Brooklyn,
du moins sans aide..
Prenez un ticket pour un trip de chauffeur de taxi, perdu à New York,
agitez vous dans le charme discret de l’éteignoir,
avec la cheap chapska vissée sur la calebasse en véritable sosie d’abat-jour.
Accordez- vous un trip avec Yoyo, immergés en duo hilarant dans le loulou
et dans les rires du baragouinement du jargon teuton,
bousculant les phrases
dans les rêves du jouet pour gosse,
scotché au discours récurent du roi de la débrouille,
dans le discours d'une affiche témoin du lever de chapiteau,
creusant la fleur du souvenir
dans la plate bande du film Les Clowns de l'ami Federico.

C'est le taxi des sosies de Tony Grice,
dans la découverte végétant sur les quais de Bilbao.
Tout dans la bande son remixée, auto reverse.
Chocolat, se fait remarquer dans la chevauchée fantastique de la mule incontrôlable,
et il finit par expulser le clown blanc hors de la piste de la course du taxi.

Avez-vous quelques peurs irrationnelles avec la transmission automatique Helmut ?
avez-vous jadis reçu un problème avec la conduite de la machine?
YoYo devra payer et conduire pendant quelque temps,
c’est une question cruciale du moins
pour sauver sa vie!
« Je suis Chocolat », quelque part, y en a un qui est sympathiquement « berné »
la vie c'est un de ces cirques, mon coco!...

Prenez un ticket, retenez la machine,
mettez la lumière pour dire que vous n’êtes désormais plus libre,
admirez les feux de Bengale, à plein le tas des merveilles des poubelles, le tout en cinémascope,
n'oubliez pas de récupérer la belle-sœur, toute vêtue de rouge orangé et de noir,
les feux de position allumés d'un vrai circus!
allant au pas de charge se jeter dans la gueule d'on ne sait quel loup trop séduisant …

Ah Angela, un vrai personnage à la Prévert,
qui se serait perdu et devenu enragé en plein New York,
un plongeon direct dans la somptuosité de la démesure,
au ressac des flots de la mer d'hystérie,
la tragicomédie revisitée et si bien calandée!
Ah le doux cliquetis de ses boucles d'oreille ornées de charmes et de croix,
au beau milieu de sa vocifération déchaînée, entre un idiot et un clown !
Bienvenue!
quelle famille agréable enfin si drôle surtout et si vive, quand il s’agit de piocher,
de concert et en cacophonie, dans le dernier mot!
Et Till Eulenspiegel, avec ses deux flutes, enchantant la terre de Ruisseau de Brooklyn!
C'est vraiment un emplacement de choix, une zone musicale incontournable
dans une terre merveilleusement jazzy!
13 est le prix à débourser, il faut toujours s’en souvenir,
dans l'ombre portée d'Eugène Grimaldi,
dit Chocolat fils, clown blanc, au zénith du cirque des années 20,
il faut vérifier si le compte est bon!
C’est New York, mon gars, c'est un beau cirque
et c’est un miracle !

Prenez un ticket pour retourner à Manhattan,
m'enfin, si vous voulez faire un opposé à la route, et aller à droite, quoi!
Helmut, dans le milieu de la tempête d'indécision,
vous iriez deux fois à droite, Vous ?...

Allez donc prendre le taxi pour voyager au cœur des gens en cueillant des trucs,
n’omettez pas de ramasser par terre...
Ah qu’ils sont fameusement décoratifs tous ces feux des gyrophares,
ces multicolores tournois au cœur de la nuit d’encre!

Prenez un ticket pour les histoires noires, dans la nuit de velours parisienne,
au cœur de la lumière citée,
c’est un trajet pharisien pour conducteur nocturne de qualité,
une cuvée spéciale, issue des meilleures caves..
Des itinéraires sinueux, comme du temps des chauffeurs de taxi russes,
oui vous savez, ces fameux russes blancs,
qui n'en finissaient pas d'allonger le trajet,
perdus dans leurs rêves ou bien encore..., sauf qu’ici le chauffeur est…noir,
au moins une âme semble perdurer là !
L'humour relevé so français du Belleville Royal,
un café allumé au cœur de la ville des déshérités, un vrai palace!
Si nous couchions à l’hôtel des Bains pour faire plus vrai dans le décor?

Prenez un ticket en plein canal romance,
c’est si beau de pouvoir encore se faire un film,
de nos jours à Paris Souvenirs.
Deux personnes noires très importantes,
ici, ce n’est peut être qu’une sucrerie de vantardise de plus, distillée
pour épater le chauffeur de couleurs,
et un lézard, à défaut de raton laveur!
Enfin, pour donner un peu dans la façon court métrage ou documentaire,
donc, pour résumer, trois africains dans un taxi, tournoyant dans le Paris nocturne,
à broyer du noir…
Nous ne sommes pas de la même jungle!
ce qui traduit en langage clair, signifie,
on fait pas dans la même crèmerie!

On peut être africain et ne pas aimer l’autre africain d’en face,
même au pays de la Liberté, Égalité, Fraternité.
Ivoirien, donc «il voit rien», c'est une blague si facile, que cela risque de faire un four...
Dans le taxi de l'épisode de la traversée de Paris,
deux magouilleurs grossiers lancent donc cette voix de la supériorité de classe crasse,
sur le conducteur Ivoirien, non sans l'avoir auparavant traité de roi d'opérette ,
en provenance du Bénin:,
hé ben non ce n'est pas bénin au final,
et y a de quoi vouloir prendre sa défense! il est de la côte d'ivoire n'est ce pas!
Prenez donc un ticket pour entendre la douleur de maux qui font mouche noire!

Jetez un coup d'œil éclairé dans la lueur d'étonnement des deux caïds africains,
que le taxi dépose dans un quartier sombre, au milieu de nulle part!
Eh oui, si la mécanique est parfois victorieuse,
et le jeu salace dans ses incongruités de tour de passe passe,
c'est que le piège s’avère souvent plus fort que la sagacité du chasseur...

Regardez bien avec des yeux neufs, la fille avec le canne blanche,
celle qui attend de rendre sa justice comme Saint Louis sous son chêne,
au milieu de la capitale déserte et endormie, en berne de la pensée.
Elle porte un corsage fleuri, et dessous une vraie voie lactée de seins opulents.
Elle ne se cache aux yeux de personne.

Si Gena Rowlands, sur la banquette arrière ne voyait pas grand chose à la nuit tombée,
Béatrice est devenue aveugle et 'voyante',
c'est dire si elle ne voit pas que Dalle...
Jim Jarmusch quand il se fait un film, c'est Dantesque!

Scrutez tout de ses gestes, immergés dans le lait de ses yeux blancs,
elle connait tout de la route préférable à suivre,
il suffit qu'elle tâtonne, et qu'elle déchiffre,
déesse pressentant la carrière de Béatrice Dalle,
à la plume ambigüe de sa bouche, à l'ourlet sur ligné.

Écoutez la prêtresse aveugle, née dans le Paris d'aujourd'hui,
parler de choses vues, mieux qu’un Victor Hugo,
empêtré dans la rime et la versification de la douleur qui rend aveugle,
« un film devrait être senti»
"Pouvez-vous conduire ?"
"Pouvez vous ?".
Empilez les draps du sens en couches superposées de sensations réflexives,
couchez dans le rafraichissement de la pellicule véritable en Technicolor,
lisez entre les lignes de l'odyssée concrète et sensuelle,
dans l'espace d' un cœur taxi africain.

Absorbez vous dans la surdité du désir, mu par le corps de la sirène...
Pourquoi pas porter les verres noirs puisque vous êtes aveugle ?
Et Vous, pourquoi conduire avec le bandage, la barre blanche en tiret soustraction
collée sur le visage?

Prenez un ticket pour un tour de manège,
faites bien attention à choper la queue du tigre qui pendouille!
L’amour cela rend aveugle, faut croire que c’est vrai, comme dicton proverbial,
puisque le chauffeur africain se prend une gamelle,
et s'emplafonne une autre voiture à un carrefour.
Vous êtes aveugle ou quoi ?
Prenez un ticket au portillon du tortillon verbal,
cherchez et vous trouverez!
pulsez vous les zygomatiques,
dans le segment du piston transversal de l'humour français bien senti!
Isaac est ce mouton blanc sacrifié sur l'autel de la conduite infernale,
deux bank Olé, impair passe et manque!

Il aurait bien voulu percuter autre chose que ce véhicule là, au fond, non ?

Prenez un ticket pour les heures coquines du petit matin de la turlutte,
la tête bien calée dans celle d’un chauffeur italien excentrique
et perdu dans la nuit romaine.
Traversez le décor traditionnel, dépassez le vieux pont de la chaudière,
regardez l'autel de la bougie allumée en signe de bonne fortune,
et surtout cadrez bien la Vespa sur laquelle la paire fait l'amour et tangue en accord,
cadrez bien la fontaine aux nymphes,
coulant dans l'eau païenne des satyres joufflus qui se dressent.
Prenez un ticket à l'hôtel Genius, dans l'éternel opéra des regrets de l'impérial :
où comment rêver la tête dans les nuages de Vinci,
plongé dans les calculs galactiques d'Einstein, évaluez le tout au compteur!
Les bons coefficients pour les transitions entre les niveaux vibrationnels!
Imaginez le duo impromptu dans la musique des cœurs actifs
de Charly Parker et de Beethoven réunis pour le casse croute musical...

C'est une voie royale de bel canto permanent, la rue italienne à sens unique !
Qui est plus dangereux encore, l'homme avec le taxi emballé ou l'homme avec deux fusils ?
Dipende…mon brave zouave Benigni!

C'est que le prêtre bonbon souligne avec ardeur, toute l’inutilité des lunettes de soleil,
au plongeur nocturne, confiseur de taxi,
restant sourd au désir de confession de Roberto.
Alors le Robert, eh bien il enlève sa monture noire tout de go,
et il voit tout d’un coup!
Lux FIAT? soit toute la lumière d’un miracle,
et c'est un véritable scoop pour lui!
‘J'étais aveugle et je vois!’
Rigolez bien au fleuve incontinent du discours coulant des péchés,
nés de la confession offerte sur l'autel de la circonstance,
à un prêtre ligoté par le refus de la libération.

Appuyez bien sur le champignon, dans la leçon du code de conduite,
dans l'autosuffisance du plaisir, plein gaz au moteur débridé par la révélation.
Déchiffrez, à l’encre sympathique, la signature d'un prêtre ayant une crise cardiaque,
sur le siège arrière du taxi, conduit par un chauffeur lubrique,
au cœur de la nuit italienne, et de la puttana juchée sur le gâteau.

Prenez un ticket à raison d’une liaison hilarante,
d'une fête païenne au pays des citrouilles voluptueuses,
de la tonsure arraisonnée dans la toison d’une moutonne bergère compréhensive.
Prenez un ticket pour une pleine bulle de délire,
dans la croupe enchantée de la femme du frère!
Si les péchés doivent être avoués, c'est qu'il sont mortels!
Le rire est une arme, on peut en mourir, parait- il!

La loi du silence enveloppe le prêtre mort, la bouche ouverte,
allongé dans l'attente improbable d'un sauveur sur le banc des extatiques,
les yeux clos protégés par des lunettes de soleil, noires et de marque,
qui le signent, et la fontaine est, dans l'entre deux, devenue urne blanche…

Si à Helsinki, le chauffeur de taxi las et triste, embarque trois ouvriers,
perdus dans l'ivresse, plantons d'aube titubant à la grille d'une usine fermée,
c'est que cela s'est bien refroidi depuis le début de l'équipée,
la température avoisine bien les 30 degrés au-dessous de zéro.
On croit aller aux Indes et on se retrouve rue de l'Industrie,
juste devant la porte qui se referme sur le monde de nos rêves.
Entrez dans la danse, et voyez mieux pourquoi y a pas de pain chez eux,
creusant dans le gouffre de vos pas, l'interrogation en la capucine,
gigotant dans le rythme crissé du sens de la qualité de l'huile,
première pression à froid.
Plongez dans l'avoir du chagrin, qui fait flotter son bonhomme,
comme flocons de givre tourbillonnent.
Pénétrez vous d'engourdissement, couvrez vous de neiges d'antan.
Arrimés de polaires, errez parmi les palais de la ville ensommeillés,
dans l'ombre de la course poursuite après le fric, de trois homme désargentés.
La prime de licenciement paiera le chauffeur de la course!

Voilà, juste plein cadre, la silhouette d’un grill d'autos,
qui défile, dans le paysage lunaire. Bienvenue au Vaisseau Fantôme,
écopant les gémissements d’un homme qui vient d'être renvoyé de son job.
Un homme fin saoul, qui tente d'oublier ses malheurs familiaux,
affalé sur la banquette arrière, ronflant au milieu de ses compères d’infortune,
pétrifiés d'alcool, misant leur va tout, dans un championnat à l'envers,
tablant sur la valeur des exploits de bonjour la tristesse,
un chœur au corps du cœur de la misère.

« Mika, c’est le nom de mon Hamster ! »
sauf que ce chauffeur de taxi à une vraie vie de chien!
ce genre de vie que tu traînes derrière toi, quand tu te sens comme un vrai tas de merde,
dépourvu de chance, et que tu t'éteins à petits feux,
faute de n'avoir pas compris à temps,
que le bébé prématuré ne survit pas sans amour...
C’est une histoire si triste, ici dans ce pays si froid,
ici, il n’y a plus de présence féminine pour te réchauffer,
si ce n’est dans les mots, 'dérisoires panses ments',
ou perdue dans le tirage noir et blanc d’une photographie
accrochée au tableau de bord du taxi de nuit.
Juste une photographie et ses réflexions dans le rétro.

En arrière dans le Vieux monde, pour une galopade de bohémien,
enveloppés par une musique de berceuse,
valsant au travers de quelques croches pointées,
au milieu de quelques branquignols,
mal lovés en travers de quelques sentiments d'humanité,
beuglant à la fin de partie, des poèmes façon Tom Waits…

Cinq vignettes postées à l'intérieur de la vision de l'auteur,
seulement comme une réflexion fantastique de cœurs vidés ou qui saignent,
de cœurs encore palpitants et tous chauds, en attendant que le jour se lève…

Helsinki, dans la nuit d'hiver, morte, tôt dans le matin,
c'est calme, le paysage blanchit tout dans le quartier couvert de neige.
La vie, c'est juste un passage exigé, d’obligés,
un de plus ou un de moins, crochetés dans de si belles réunions de hasards...
La solitude doit méditer ici …
il semblerait qu'il y ait un obstacle à chaque rencontre inoubliable.

Prenez un ticket pour suivre les cinq taches électriques
à l'intérieur des taxis de l’ambiguité, enguirlandés de rêves
Dans la méprise, cinq voyages à travers l'obligation temporaire,
l'excès de vitesse, cinq périples à travers les zones de l'ombre en hiver de lumière.
Prenez un ticket pour naitre de nouveau à l'épopée!
Par ces enregistrements dans plusieurs passagers, devenez, autre!

Prenez un ticket,
laissez tomber certaines gardes pour communiquer avec les étrangers éphémères!
Ne déménagez pas, ne soyez pas détruits par les affrontements,
ni par ces sommes d’instantanés, qui paraissent bien inutiles et dérisoires.
Parce qu'il n'y a, au fond, que cela de vrai,
surtout de frais disponible!

Comment font les horloges qui vont toujours sans jamais rien terminer?
où va la course des aiguilles effrénées, et ces doigts qui pointent, haletants,
le cœur de la cible, aux heures tardives de la nuit, que font-ils ?
Urgence;;; peut-être? …
La fin de toutes les choses est toujours à venir,
accroches coeurs d'advenir, dans le séjour salon de l'homme seul.

Prenez un ticket, le monde est ainsi fait,
il appareille lui-même réalisateur dans le film de la nuit américaine
et rembobine selon ses voeux et sans prévenir.
L'homme se dissout chaque jour un peu plus dans la course d'un regret d'enfance,
destination sans fin,
taxi brinquebalé et couverts de bosses et de plaies incompréhensibles.
Éternel indien qui joue à cache cache, fumant dans la tente de la collision intersidérale.
Au calumet des mille et une nuits de l’embrassade,
le client tisonne une dernière bouffarde de fin de round
en attendant celui qui éclaircira tout…


Night on Earth, un film écrit et dirigé par Jim Jarmusch.(1991)




lundi 20 avril 2009

Danielle Messia























De la main gauche

by Danielle Messia


Je t'écris de la main gauche
Celle qui n'a jamais parlé
Elle hésite, est si gauche
Que je l'ai toujours caché

Je la mettais dans ma poche
Et là, elle broyait du noir
Elle jouait avec les croches
Et s'inventait des histoires

Je t'écris de la main gauche
Celle qui n'a jamais compté
Celle qui faisait des fautes
Du moins on l'a raconté

Je m'efforçais de la perdre
Pour trouver le droit chemin
Une vie sans grand mystère
Où l'on se donnera la main

Des mots dans la marge étroite
Tout tremblant qui font de dessins
Je me sens si maladroite
Et pourtant je me sens bien

Tiens voilà, c'est ma détresse
Tiens voilà, c'est ma vérité
Je n'ai jamais eu d'adresse
Rien qu'une fausse identité

Je t'écris de la main bête
Qui n'a pas le poing serré
Pour la guerre elle n'est pas prête
Pour le pouvoir n'est pas douée

Voilà que je la découvre
Comme un trésor oublié
Une vie que je recouvre
Pour les sentiers égarés

On prend tous la ligne droite
C'est plus court, ho oui, c'est plus court
On ne voit pas qu'elle est étroite
Il n'y a plus de place pour l'amour

Je voulais dire que je t'aime
Sans espoir et sans regrets
Je voulais dire que je t'aime, t'aime
Parce que ça semble vrai



De la main gauche
Danielle Messia

Partition pour guitare

         Em                                                                 G 
 Je t'écris de la main gauche celle qui n'a jamais parlée
         Am                      Em               C                       B 
 Elle hésite, elle est si gauche que je l'ai toujours cachée
           Em                                                            G 
 Je la mettais dans ma poche et là elle broyait du noir,
          Am                   Em                   C     D           C 
 Elle jouait avec les croches et s'inventait des histoires
 
 
          Em                                                                     G 
 Je t'écris de la main gauche, celle qui n'a jamais comptée
                 Am                 Em                      C               B 
 C'est celle qui faisait les fautes, du moins, on l'a raconté
          Em                                                                 G 
 Je m'efforçais de la perdre pour trouver le droit chemin,
          Am                        Em              C                 D           C 
 D'une vie sans grand mystère où l'on ne se donne pas la main.
 
 
                 Em                       G                                                     D 
 Des mots dans la marge étroite, tout tremblant, qui font des dessins,
            Am                F                 C                      Bm 
 Je me sens si maladroite et pourtant, je me sens bien.
 B          Em                   G                                          D 
 Tiens voilà, c'est ma détresse, tiens voilà, c'est la vérité
              Am                 F      Em               C          D    C 
 Je n'ai jamais eu d'adresse, rien, qu'une fausse identité.
 
 
          Fm                                                                    G# 
 Je t'écris de la main bête, celle qui n'a pas le poing serré,
              A#m                         Fm               C#                             C 
 Pour la guerre elle n'est pas prête, pour le pouvoir n'est pas douée.
          Fm                                                       G# 
 Voilà que je la découvre comme un trésor oublié
        A#m             Fm                         C#    D#  C# 
 Une vue que je recouvre pour les sentiers égarés.
 
 
                Fm                G#                                                             D# 
 On prend tous la ligne droite, c'est plus court, oh  oui ! c'est plus court
                 A#m                    F#                    C#                           Cm 
 On ne voit pas qu'elle est étroite, qu'il n'y a plus de place pour l'amour.
  C       Fm                                        G#                  D# 
 Je voulais dire que je t'aime sans espoir et sans regret.
          A#m                     F#     Fm       C#                  D#    Fm 
 Je voulais dire que je t'aime, t'aime, parce que ça sonne vrai.