mardi 31 mars 2009

Mère, pouviez-vous dire enfin qui j’étais ?

.





















Mère, si vous saviez,
comme je vous ai cherchée,
à n’en plus savoir que faire!
si vous saviez comment je vous ai fui,
égaré,
loin de tout
comment je vous ai parfois retrouvée,
au comble de l’étonnement,
et comme je vous ai échappé,
au cœur de la tragédie!
si vous saviez comment je vous ai souvent attendue,
vissé à l’ère neuve du soupçon...

Mère, si vous saviez
comment je suis venu écouter
le froissement de l’ourlet de vos jours inquiets,
si vous saviez comment je vous ai regardée,
attentif,
fumant à la lisière rêvée du monde…

Mère, si vous saviez comme j’ai admiré vos sorties impérieuses,
hors de la banalité
et comment je les ai si souvent craintes aussi,
si vous saviez comment je vous ai aimée,
de façon brusque et imprécise
et comment je vous ai fui,
pour l’écriture nouvelle de la liberté
Mère, que j'ai aimé malgré tout,
comme j’ai aimé la signature magique en toutes choses...

Oh noble mère polonaise, qui fût votre premier amant italien?
Oh mère, accrue en quelques rumeurs à Paris, par le pape lui-même!
Oh mère, vous rappelez vous d’Olga, ce joli ‘nom de guerre ‘
si utile pour la triche ou les pertes des jeux aux roulettes des casinos?
Vous souvenez-vous de l’amertume et du refoulement au cercle de Spa ?
Avez-vous une seule fois, entr’aperçu, au miroir des tripots,
le discret reflet d’adoration, de votre mari de la 25ème heure ?
Oh mère, indomptée, qui parlait à ma jeunesse en deux langues,
vous jongliez sans cesse avec les déménagements à la cloche de bois,
les paiements d'extravagances, et les lettres de consignes’ à ne pas oublier’...
Oh mère, qui ne s’est jamais consolée de la mort de sa petite guenon apprivoisée…

J’ai vécu des heures, interminables,
relégué dans un emploi ennuyeux, à la banque,
j’ai donné des cours particuliers
à une jeune fille romantique, et stylée
en Allemagne,
j’ai vécu mon premier amour avec Annie, l’anglaise,
et j’ai eu si mal au premier rejet de ma fougue…
J’ai connu mes meilleurs amis, artistes bohèmes, à Paris,
J’ai connu la faillite de l’entreprise, le temps de chômage,
j’ai donné dans les livres pornographiques,
j’ai été obligé de tant faire pour gagner si peu d’argent,
J’ai connu les affres de l’interrogation étrange,
aux heures brumeuses de l'innovation,
j’ai chanté, les nouveaux styles de vie,
les trains, les automobiles, les mécaniques nouvelles,
les musiques d'avions, et avant tout le monde,
les armatures lunaires des films silencieux,
j’ai vécu des aventures amoureuses compliquées
l’ardeur violente de la chair impatiente et mélancolique
j’ai pleuré maintes fois aux souvenirs de Marie, Lou, Madeleine,
et tout mon cœur, au final, y a passé...

J’ai vécu momifié, sous la couronne du bandeau blanc,
sans cesse heurté par la vibration de la sonnerie téléphonique,
j’ai soupiré après l’heure brève de mon mariage avec Jacqueline,
j’ai vécu enfiévré, des mois poétiques de bonheur étrange,
perdu dans les vapeurs de la grippe espagnole…

Oh ma mère
par la fierté de cette femme élégante
qui a suivi mon enterrement,
drapée dans l’oubli de la candeur,
Pouviez -vous dire enfin qui j’étais ?
.

lundi 30 mars 2009

Éden...


















Grand lit à siestes,
à cheveux d’abandon, 



fleuve oriental de ton corps à l’aventure,
chênes-lièges des transhumances,
pierres plates des stèles,
roues de délices...

Sentiers sinueux
empierrés d’onyx
fronts inondés
aux clartés de la tresse,


éclairs furtifs
feuilletés nuanciers d'esquisses,
en l’enclos nuageux...

Reflets d’ors à l’iris de tes yeux,
sorties à la fraîche,
savons irisés de l’air du soir,
balcon avec vue sur le monde,
des bras de passage,
pour se dessaisir…

Soir d'encre secrète,
frange de lumière
voile d’un doute,
mer étale...

Fruits juteux,
coulures en pluies,
ombre errante
galaxies de méduses,
aux ravages du ciel...

Couleuvre à collier de désir,
talons évidés,
dévoués au silence,
visages hachurés,
rides solaires,
pas sages entre ciel
et terres lisses,
à flanc de montagne,
à portée de ta main...

Ailleurs,
le vent effaçait les pas des hommes sinueux…

dimanche 29 mars 2009

Apollinaire, The Melancholic Poet of an Uprooted Society























An example of some frictions and drawings
carried out by Jacqueline Waechter
in the Parisian apartment of the poet Guillaume Apollinaire,
202 boulevard Saint-Germain,
before his complete restoration (1999).



Who am I?
as a poet,
perhaps,
an uprooted person,
and what else?
perhaps
some questions
about my identity,
because of the lost boy,
always remembering,
how far it is,
looking for the reason why,
all had appeared
in daylight tragedy,
so differently.

Do I have to come out
to try something new?

I hope so,
and anything else,
anything on the stooge,
before we move
into another word,
anything else,
before we went to read issue.

Why do I have to play twice tonight ?
why do I have to sign up to be free?

I hope to write in life
without punctuation

So,
why do I have to write
just a story,
born in Rome,
to imagine
most fragile wonders,
dying in Paris,
at the end of the war,
at the doors of the new world of modernity?

Oh mother,
my polish noble lady,
who was your first lover ?
Oh mother,
increased in some rumours in Paris,
by the pope himself
Oh mother,
did you remember
the loss at the casinos ?
did you look at the man mirror
to see
all the discreet adoration of your 25th hour husband?
Oh mother,
doing a moonlight flit
and all the extravagances payments,
Oh my inconsolable mother,
after the death of her tamed she-monkey…

Here there was,
my bank office boring employment,
my private tutoring to a romantic girl,
in Germany,
here there was,
my first love affair with Annie,
here there were,
all my friends,
artists living in Paris,
Pablo Picasso, André Billy,
Max Jacob, Éric Satie,
here there were,
my office bankrupt,
my unemployement,
those pornographic books
to make money,
here there was,
my strange questioning
at hours of the innovation,
with the frames in silent movies,
here there were
some new lifestyles,
trains, automobiles,
the airplanes musics,
here there were,
my complicated melancholic love affairs
here there were,
some of my women ardent dreams,
Marie, Lou, Madeleine,
here there was,
all my heart
that had passed,

Here there were,
this bandaged head,
as a signal
the telephone,
that never rang,
timely,
here, my wedding with Jacqueline,
here there were,
the few poetic months of happiness,

Who could have imagined
all this abrupt poetry end,
the irony of fate?
Who could have imagined
the victory of Spanish influenza,
two days before
the World War One armistice ?

samedi 28 mars 2009

Crise, Où irez-vous ?























Eu égard à ces derniers, tenant compte de l'absence de modérations, au vu de ces confrontations économiques,
et des réalités des traumas,
au vu de l’économie japonaise au ralenti, et bientôt à l’arrêt,
en raison de ces explosions mondiales de dettes d'état,
au vu de la dépendance au Peak Oil, des états arabes du Golfe,
en raison de ces dévaluations des contrats,
étant donné la mort, envisagée
comme solution finale de la dette,

Combien de temps ? combien de fois ? où irez-vous ?

Au vu, des ouvriers sans avenir,
brûlant des pneus de voitures en plein Paris,
des usines qui ferment à plusieurs reprises,
en raison des Pdg dans la faillite,
au vu du suicide et de l’engagement, dans le silence,
en raison de la science qui, pour l’heure,
détruit, plus qu’elle ne construit,
au vu de la disparition de la majeure partie de la culture,
et avec elle, autant de présences diverses au monde,

Combien de temps ? Combien de fois ? Où irez-vous ?

en raison du mirage en Chine,
au vu de ces périodes de sècheresse,
en regard de leurs influences sur la santé familiale en Californie,
au vu de ces feux interminables en Australie,
étant donné le risque de cessation de paiement dans l'économie russe,
en raison de tous ces gens, élevant des poules en centre ville,
au vu de ces séquestrations des présidents,
en considération de ces signaux, au delà des entités de limites,
en tenant compte de ces figurations de l'intermédiaire,
au vu des SDF, toujours plus nombreux, dormant dans les rues,
eu égard à ces trafics d'organes humains,
et à ces prisons surpeuplées,
au regard des idéologies financières du surhomme,
non encore élucidées.

Combien de temps ? combien de fois ? où irez-vous ?

en raison de la crise énergétique, en tant que du ‘jamais vu’
eu égard au changement climatique,
étant donné le surpeuplement, et la violence immodérée,
au vu de la dégradation environnementale,
en raison des conflits, pour les ressources globales qui diminuent
en considération de la réduction imminente, à l’état d’hommes sandwich,

au vu du dessillement probable, dans l'ombre du prochain génocide…

Combien de temps, au vu de la mort massive des abeilles ?

considérant la destruction des valeurs, en la résolution des problèmes?
Eu égard au prochain, qui sera le suivant, absorbé dans la tourmente ?
Au vu de l’absence de questionnement, élevé au rang d’art de vivre ?

Combien de temps, jusqu'à la mort par la faim et la soif ?

Combien…, tenant compte de cette démission de la vie ?

vendredi 27 mars 2009

Entendras-tu ce que cette jeunesse-là vient te dire?























Balzac, portrait de jeunesse…

Si tu n’as pas été une seule fois en pensée

l’enfant un peu fragile
l’enfant malhabile et poète
qui ne gagnait jamais rien aux sports
l’enfant qui songeait tout seul
isolé dans les recoins de la cour
l’enfant étourdi, dont les voisins se riaient
l’enfant empêtré, disgracieux
envahi par la gêne de l’embonpoint
l’enfant plus petit que les autres
l’enfant souffre-douleurs

Entendras-tu ce que cette jeunesse-là vient te dire?

Si tu n’as pas été une seule fois en pensée
l’enfant méprisé de tous, accumulant les punitions
l’enfant goûtant l’ombre de la prison
dévorant dans la solitude, des centaines livres
si tu n’as jamais été en pensée
l’enfant plein de sève
rêveur impénitent et nocturne,
l’enfant coulant dans les fluides du monde
le cœur battant, ardent, assoiffé d’amour,
Si tu n’as jamais été en pensée
le pensionnaire pleurant
dans l’attente d’une mère
et de sa visite une fois l’an,

Entendras-tu ce que cette jeunesse-là vient te dire?

Si tu n’as pas été une seule fois en pensée
l’écriture secrète
le traité de la volonté, à jamais perdu,
le regard captivé par l’offrande de la nuque
de la femme au milieu de la foule
si tu n’as jamais été dans la pensée
une année dormant dans une mansarde
au cœur du Paris de la fête
nourri de pain et de lait
avec la rage et la peur ancrées au ventre
rien que pour écrire de la poésie…

Entendras-tu ce que cette jeunesse-là vient te dire?

Si tu n’as jamais été une seule fois en pensée de
l’entreprise qui avait échouée
la sueur de la dette,
si tu n’as pas connu
les affres des pseudonymes
l’ombre du pilon à l’œuvre
le papier trop onéreux
ces pages cent fois retouchées,
ces placards qui devenaient illisibles
ces nuits blanches qui ne se comptaient plus
ces dents perdues dès l’age de vingt ans

Entendras-tu ce que cette jeunesse-là vient te dire?

Si tu n’as pas été un seul jour en pensée de
l’homme illuminé par l’amour
d’une femme mariée et
deux fois plus âgée que lui
si tu n’as pas connu la double victoire
de la venue de celle-ci,
ange de clarté
si tu n’as pas été en pensée une seule fois
porté par le souvenir de Laure de Berny

Entendras-tu ce que cette jeunesse-là vient te dire?

jeudi 26 mars 2009

Crisis, where will you go?























because of these and those immoderations,
these traumas economic realities confrontations,
those decades of stagnation in this japanese economy slowing down
and coming to a stop,

because of those mondial explosions of state deb,
because of the Gulf Arab states dependance of peak oil
because of these devaluations of the contracts.
because of the death, seen as the ultimate escape from the debt.

How long ? how many times? where will you go?

because of the workmen burning some tires of cars in Paris,
the closing factories, again and again,
because of the managing directors in bankruptcy,
committing suicide, in silence,
because of the science destroying more than building
most of the best human world culturs.

How long ? how many times? where will you go?

because of the Chinese mirage
those dry periods and their influences on Californian familial health
those interminable fires in Australia
those global affairs of the non-payment in Russian economy
because of people, raising hens downtown
because of these sequestrations of the chairmen
these signals beyond the limits entities
these figurations of the inbetween
because of these almost homeless figures,
always more numerous, sleeping in the streets
these human traffics and these over-populated prisons
because of those financial common superman ideologies.

How long ? how many times? where will you go?

because of this energy crisis as no crisis's ever seen
because of the climate change
the over-population and the immoderate violence
the environmental degradation
because of the conflicts for dwindling global resources
because of the sandwich-board mens,
in the shadow of the genocide...

How many times, because of the Massive Death of Bees?

because of this destruction of values, considered as single solution ?
because of one will be pushed around, in this way ?
because of this questioning absence, as the better way of life choice?

How long, until death by hunger and thirst?

How many times, because of this life resignation ?

mercredi 25 mars 2009

Sentinelles insulaires

















Par le navire en perdition
par l’échouement
par la cargaison éventrée
par l’aubaine écumée
par l’audace de l’éblouissement
par la vie austère et insolée
par le manque de tout
par le rapt des balles de coton et des sacs de café.
par le ‘petit noir ‘que j’ai pu sucrer
par le souvenir de mes ancêtres, par la vente de leur île
par l’égarement et la subtilisation de l’or et de l’argent...

Comprenez que je n’ai que faire de vos jugements et de vos désolations
Comprenez que j’exerce, une fois encore, mon droit de bris
Comprenez que j’édite moi-même l’ordonnance
Comprenez que ce ne soit là que maigre privilège

Par le tour de grève aux petits matins de frissons
par la récupération méticuleuse dans le crépuscule des quêtes
par la carte de tous les écueils, fichée en ma tête
par l’existence réduite à l’attente de la tempête
par la brume aspirée, comme d’autres boivent la clarté
par l’espérance de la densité des nuits
par l’impatience, par l’annonce du navire en perdition
par l’écoute attentive des bruits de la brisure,
par la nécessité, par l’avidité, à votre convenance
par le risque, par la prochaine entaille dans le cours de mes jours
par le sauvetage de quelques naufragés
par le secours qui n’a pas été possible
et par celui que je n’ai même pas envisagé...

Comprenez que je n’ai que faire de vos jugements et de vos désolations
Comprenez que j’exerce, une fois encore, mon droit de bris
Comprenez que j’édite moi-même l’ordonnance
Comprenez que ce ne soit là que maigre privilège

Par le crochet à double pointes recourbées
par la fouille précise dans la vie des rebuts
par la rivalité d’adresse pour subtiliser
par le maquillage d’un vernis d’humanité
par les mâts échoués, sciés dans le sens de la longueur,
par les planches clouées des cloisons intérieures
par la maison ornée pour faire oublier que je n’y suis presque jamais
par toutes les langueurs de l’absence
par tous les voyages au long cours
par la crainte et la douleur, par l’archipel des femmes
par la proella de tous les pleurs...

Par la loi de survie, inscrite en l’île d’Ouessant
par la la marée montante et sa manne hasardée
par la cache mystérieuse des prises dans les rochers,
par les enquêtes dans les parcs à landes
par la maison garnie de tous les mobiliers échoués
par les monticules de débris soigneux, marqués d’un galet
par le fait que j’en disposerai un peu plus tard,
par le ramassage du tas signalé, vu comme un vol
par le port et par son attache
par le choc du bec des bernaches dans le bois flotté
par le sens de la subtilisation, par le rachat du déchet,
par le gage, en vue de tout ce que la mer m’enlèvera
au jour dernier…

Comprenez que je n’ai que faire de vos jugements et de vos désolations
Comprenez que j’exerce, une fois encore, mon droit de bris
Comprenez que j’édite moi-même l’ordonnance
Comprenez que ce ne soit là que maigre privilège...

mardi 24 mars 2009

The sublimation of Mr Nosson…























Nobody knew where he had gone.

It has also been observed, he was not at his usual place any more, something abnormal had taken place, no possiblity to update some deepened readings about it, nobody could not have thought further forward in any event, and it could have passed for a banal fact, why not also natural, and some were awaiting his return, as if nothing had happened , as somebody wishes summer sun, each year more impatient after bad season.

Because one day, it had become, like an obviousness which anybody would not like to see, yes, thus, suddenly, nobody yet did not really succeed to manage the integration of that incongruous thing. But it was completely undoubted that it had occurred, like a sudden skid in an ambiguous turning, a hitch in the destiny crossroads, that was a strange feeling like someone thumbing his nose at the usual understanding of life.
In any case, that proceeded, for Mr Nosson at least , from a decision, in fact, anybody who was trying to be sincere, including Mister Norton, had really never tagged there a real desire, all that fact became at one time had given in its nudity, of one inevitable fact, one unstoppable lighting about the destiny word signification.

First of all, it should be recognized that this big surprise had appeared in one simple fact, lost in the banal routines of daily life.
He had suffered from a stuffy nose all the afternoon, and the chapped nostrils had passably irritated him, at the evening remainder. He had lain down, even more tired than usually, he felt so bad, a little feverish, that was not so important at any time, but, in the actual position of the disordered economy states, with those effects more underhand than ever, it proved nevertheless, that it had become quite simply too much for him. That had begun; stupidly; with a bad cold, undoubtedly nothing moreover, some noises of the wheels squeakings and grinding halt were jolting all inside his head.

He didn’t gain some clear successes to string the ideas together, and in any directions, that have succeeded to rest him.
In all manner, he couldn't hope any more, thereby he had decided; that he would not be formally sentenced for several months in that way, he had relinquished himself, and his forces have migrated, similar to some whistlings from a pressure cooker. He felt permanently nauseated, the insidious repulsion in regard to all things had become the big idea which continued to maintain some state of consistency in his shaken shivers body.

He used to interiorize events, but as it clearly had appeared on this particular case, it was only a little clumsy manner to get some time surplus, and an overabundance of survival, despite everything.
At the firts time, he had thought, that was nothing so importantt to be reported, he didn’t want to look at the dark side of the things, in the past, he often had seen stars, and he was only expecting the much more serious way, because of one thought of the world state and his contemporaries usual anguish, from a general point of view.
In short, he was providing the best possible relativization scenario.
He had tried to make an hot toddy, the following day he had tested the well packed hot wines,
he had imagined to cough and splutter at his self-esteem to drive out the evil, in looking to recover the taste from his childhood, and to fly in the magic breath of his father, dreaming on confined bed memories of youth, but it was unavoidable, he was trembling all over, softly but without any restrictions, and the doctor had not produced miracles with the last pharmaceutical must in the form of one tonic undoubtedly too complicated to be able to treat the gravity of one so easy problem.

The meetings of the psychoanalysis didn't give some better suggestions, permanently it appeared that he was just telling the life story of someone else, and it only was, for him, a great pleasure to invent itself, he never had tought to try to carry out an intimate introspection. Consequently, the tiredness seemed to have gained the part, and to be itself generalized in his whole body, the weariness didn’t let himself to delude with any illusions, the sleeping had become his only effective act of résistance…

Two days later, he didn't go to work. somewhere he was lonely at the bottom, and unstuck in time, some one could have thought, that it was for him some long-awaited occasion of hope and pride, but to be able to say something judicious of it, altogether, it would have been necessary to be tempted to share some idea of its intimacy, and the moments of sensibles friendships just a little bit longer than usual.
That was not so easy, at the same time he used to appear wild and obstinated, he always liked the arrangement, but when all was perfectly aligned, he felt no more hope. He was only troubled by the living impossibility, somebody used always to stay there, just to abuse the harmonious elements decoration, and his pleasure was staying in a statu quo, it was quite a double pleasure in this particular way to escape without disappearing completely.
It's all true, that the least nick on the plate edge, in certain circumstances, could go until to make him sick.
Then, some share, the imagination became easier than the validation in one way or another, which seemed one little too prosaic meaning, and there were some of the good reasons which pushed him to try to capture some piece of drowsiness art in more high degree of refinement.
At the same way, that used to be only one note, and sometimes with its costs, only one appearance lifestyle, generally, in the proved fact, he used to sleep only with one eye open.

One could say that friends didn't miss him, it had always sought to be surrounded by people, he feared over all the feeling of exclusion.
It wasn't any less crazy at home, he was unable to cope with the simple feeling of being involved in pure loneliness moments, and a little bit more each day. Each new hour had hold for some worries, the time literally seemed to slip through his fingers.
If some people could not say that he feared death, some could not say either, that it left him insensitive, nor even quiet.
The time escape distressed him, sometimes more than one reason, that proceeded of the tetanization of the whole vital bodie, which led it to institute a statute quo mental guard, a kind of ankylosis of attitudes which carried sometimes to the nonchalance, which was not charmless.
He was a very sensitive delicate man, the tears could easy have flown behind the dusky curve of his lashes, in a natural way, and without reserve, at the evocation of some human tragedies.

He could have also some very hard derisive and arrogant attitudes of self-righteousness.
On certain subjects, he often prefered to keep silent. That could have appeared for the prudence, or sometimes the judicious decency, that remained to be defined according to the circumstances and the beings of meetings.
He truly had never been able to forget the survival instruction, the encouragement to be melted in the landscape, just to remain, a mode of some passing places, seeking to avoid more than to cut down, a play game in the duration, characterized by the partculier use of the instinct for self-preservation.
In fact, sometimes, he had stayed thinking one thing and quite its contrary at the same time.

He definitely looked like an artist, especially when he stood harmoniously taking the accents of the foreign languages which he used to spoke easily, and when he decided to express himself, one should have realized, that he skilfully handled the art of the synthesis.
His way of life was much more complex than the visual appearances. At first glance, and there, he had remained rather basic, also in some of his attitudes, undoubtedly because of a pragmatic measurement of simplification.
Nobody, among his close relations, never seemed to have taken time to probe him into his subsoils, perhaps even not itself also, probably some one never had dared, or nobody had found the taste of it, perhaps someone had taken fear, or finally why not him also ?.
He often closed the eyes, perhaps because of only one pleasant disguised manner to exist, just to leave fields free to the unconscious in the appeasing of some drives to let appear the back desire…
Someone could have noted that there was no more traces in Mr Nosson of any new point of some locatable revolt, nor even a glance of incomprehension on the world and people.
Generally what only persisted was a wide-eyed look, combined at one little bitterness on the corner of the lips, and the propention to emulously taste the fattiest foods of all the Central Europe dreams, in the forms of compensatory appearances.
He had always had a very rare and good appetite ability, he was rather happy to be able to eat hours during, almost of all, except perhaps for the roquefort cheese and the foods that have passed the use-by-date, a restrictive rule very important for him. He used to expose himself naive, certainly not always, but all the same, someone friendly could easily understand a little why it was recurring in his remarks.
However, what he liked for the best, was just when he succeeded in not scratching the things surface. Who can consider all the dimension of the suffering with certain discovery, which could be observed through the slit of the curiosity as a signal spirit?.
All in all, he feared to crease some alive fabric, by drawing the curtains in a clumsy way, at the windows of the existence, risking a disconnecting, considered equal to a judgment, reason according to which he carefully avoided any put in abyss, trying to escape, thus, at the height of the anguish. He was not less avid to know a lot of things, the people life, and the women lives especially used to fascinate him very well.

Being quarantined for such a disease, he would have to succeed in always remaining, like a small output on this path, but in fact, because of the knowlege that it could not face the effort any more, he thought just ahead.
He really felt, he didn't know why, more tired than usually, the fold was taken, anything did not succeed to smooth the costume out, he had never loved the dyers at all, he didn't support the use of the steam press. At home, he spent his time sleeping, and he was just like a fish out of water, exhausted.
Personal provocative projects, increasingly were being rare and secret. Too much serious and applied, by some singular and monotonous practice, he started to doubt all, disarmed by the ambient disorganization reign around him.



Younger, when it took desires of takes-off to him, it was always for having some musical runnings away, some bright escapades of female blazes. Events of his more beautiful escapes, all was balanced in the bottom of the large book, by a general stampede, a dive in the immoderate taste of lazes sea.
The evasions, hardly last but not least, he was just playing for time.., the serious backings were rare. The arranged life course, the middle-class obligations, the ordinary life quickly took their rights of the reinsurance, once again, with the excuse, which was perhaps not a good one, to wonder, permanently : Was he quite responsible for something?
What direction will someone take and who will we draft in the way?

The loophole idea even had appeared to him, as a long time to offer only one poor ridiculous subterfuge, under many aspects, inaugurating a malicious surplus of some tirednesses and complications, quite useless. One could say, that he was at the same time an idealistic and fatalistic man, he particularly snuffed the philosophy of Schopenhauer.
The only difference can be seen there, following the comparison of the example of the known choices of the philosopher : in the most important life directions, he did not love the dogs so much, and he had never thought to test in favour of one unspecified worthy representing canine race.
He had never been able to be resigned to choose, he left the river of the time to run the answers to his place.
Each day, the advisors in the indiscretions, showed that it was realy an upside-down world. And with these new signals of the imminent alarm, increasingly the most of his headaches. Nothing had survived, other than the rumours, and the background noises, and the disclosures of the movements of one world increased into the systemic state of crisis, which proved to be deep. Someone should have kept someting in his mind, to make the bare world,
Within sight of the ambient disorder extent, nobody could have managed the good stick, in any dimensions and reasonable magnitude orders, the imaginative capacities level of Mr Nosson was out of order, for a certain time, he was exceeded by the events. The test did not seem to be acted in some human dimension play without making great setting for the inordinate show.
Some people could have appeared to have struggled in hope to maintain their job in life opportunity, and they could have found here, some unexpected source of hopes.
Crudely, many others continued, until the end, to operate some business, mistrusting all the predictions of a nearest flood.
He thought that he should not be able to succeed any more, he planed on going out on short term disability, without effect.

Mr Nosson, only saw the cruel reflection of the gong at the entrance of the boxing club, for him, his time was getting short, just a question of crucial choice.
Each day, some little new white bugs everywhere in the world, some one intended to say that it became more and more question of the great deal on civilisation travel, at the very least, some one should soon take the time to prepare himself, at some serious metamorphosis.

All seemed to escape before him!.
It was urgent to run away, he could not become more aggressive each day to avoid sinking in the stagnation, he did not succeed in validating, in any way, it was leaking this cruel need to evolve increasingly tended on the wire, in some acrobaties without nets, he did not support this invading nuisance, in short the feeling of the ground which comes to be concealed under the feet, and thus, he lost any personal balance to try to escape from the general catastrophe.

But, how to flee when in fact, the whole universe suddenly stands out to sea?
How to escape and avoid the aspiration into the desire black hole?

The fateful moments of the great turning have been profiled, at the clock dial, and Mr Nosson, who had always liked to collect watches, however, saw this arrival, with a kind of fear, the blazing hour arrival, and even all the discursive time effects, and the new avoidance, together reunited in one ultime big addition effect.
Only one ticket, no roundtrip, nor couple reduction, it was just a single-handed yachtsman race against time.

Mr Nosson seemed to have the intimate pulse touch of the world in his fingers extremity.
By his involved disappearing, each day a little more, he finally succeeded into the slipping escape, making the end date, by the eye of the needle, and packed up, at the trotter speed in the temporal mechanics.

Time has run out, thus, and with it, the vital space sketch of his personal minimal life testimony. Nobody knew about it.

Nobody had dared to come to a conclusion about the advance state of the things.
Some were questioned, while others tried to forget, because of the pragmatic knowlege, that one gains nothing on the Nature opposition benches.

Nevertheless every one was well annoyed by all that.
Owing to his disparition, the heaps of things remained outstanding, the waiting room was full, and the relative suffering at the time of pause, seemed to be spread out ad infinitum, in the symphony of the questioning stage, and the reasons why and how.
Any attempt at the things photography, any test of the comprehension remained undecided, and nothing should succeed to clarify this last amazing feat in its results.

The escape was too beautiful, too fantastic, the evasion perhaps didn't be measurable in the actual position of the current knowledge.
Nobody knew where he had gone.

lundi 23 mars 2009

Georges Simenon: Ombre portée


















Jeux boisés

parfums d’enfance
danses particulières
croisées de flèches
au cœur de la cible
oubli du serment sacré
rectitude affichée
intégrité plaintive des pliures d’âmes

réunion de houx en bouquets
branches fleuries, placées si hautes…
égratignures aux cuisses
coulures de sang et de fleuve
fille-enfant révélée femme
mouchoir trempé de caresses
mains tendues de désir
tempes gonflées de sève
fonte de tout maquillage.

13 ans,
café, cigarettes dérobades
première machine à écrire
liaisons de craintes et de rages
dommages de rêves et de réfutation
jours de fers excentriques
aube singulière et géniale
rituel d’écriture,
roman de la même chemise fétiche
accomplissement immersion
caractères fleuves
vies serrées qui ruminent
ombres des démentis

teintures d'identité
plongées d’encre …
à la remorque de cent vies d'hommes,
sur la piste de milliers de call-girls
invité ambitieux,
insaisissable égoïste,
caches mystérieuses des pseudonymes
interrogation qualitative
détraqué, captivant et généreux
10.000 femmes en tête
92 mots à la minute
histoires glauques, suspens torrides
tragédies sordides
figures impatientes et crues

Jour de souffrance, matins de l’insuccès
Jour de déprimes avant chaque nouveau roman.

talismans des noms alignés
grandes enveloppes de Manille
prose croquante sur la traîne
tabac en fumées de cafetière chaudes
bouffée d’air frais au petit matin
tapuscrit et double carbones
jour de fortune, flottements et rebuts
abonné absent
jour des 33 déménagements.

Comprendre et ne pas juger
des jours de sueurs,
de multiples bains
comme pour s’en délaver

Je me souviens,
cette photo de magazine,
Georges Simenon agé, à la maison
assis dans l'ombre enveloppante d'un énorme cèdre du Liban
dans son jardin de Lausanne
‘Ne pas déranger’…

dictées, douleurs, petites joies et vertiges
cassettes rampantes de la mémoire
’Un oiseau pour le chat’…
odeur prenante du cèdre tricentenaire
sursis sarcophage
souvenir roseau
dernier penchant de l’humilité…
dernier amour qui se suffit à lui–même
dernière ombre portée
souvenirs troubles
jour funèbre des effluves d’amertume
pressentiment de l’heure diffuse

à la bouche, un goût salé de cendres …

dimanche 22 mars 2009

The Spirit of the Time (L'Air du Temps)



















Is it too early?

Is it too late ?

Is it time?


Est- il trop tôt?

Est-il trop tard ?

Est-il temps ?

samedi 21 mars 2009

Jardins de Senteurs

















"Mainte fleur épanche à regret son parfum doux comme un secret,
dans les solitudes profondes."
Charles Baudelaire

Connaissez-vous la rose qui sent la pomme, celle qui sent l’œillet ?
L’immortelle qui sent le curry ?
Le pélargonium qui sent l’eucalyptus ou le citron ?
Toutes ces plantes existent bel et bien, Jardins de Senteurs vous les présente.

Vous avez un grand jardin ou une simple terrasse,
vous êtes jardinier occasionnel ou amateur de plantes exigeantes,
ce livre pratique vous indique comment cultiver des plantes
aux parfums subtils ou capiteux, enivrants et troublants.

A l’aide de descriptions claires et concises,
de tableaux synthétiques et de dessins évocateurs,
Jardins de Senteurs vous permet de découvrir des parfums
propres à chaque saison, à chaque région.
Grâce à ses plans de jardins,
il vous aide à composer un monde de senteurs à votre style
et à vous évader par la seule magie du parfum.

Plus qu’une référence,
cet ouvrage sera le compagnon de vos rêveries
en vous suggérant la qualité particulière de chaque essence.
Il est une incitation à la découverte d’un plaisir oublié,
la recherche d’un monde suave et parfumé.

George London.


Livre pratique Jardins de Senteurs, auteur Jacqueline Waechter,
Editions PSI, Collection Main Verte, 207 pages, 1987,
plus de 1000 plantes répertoriées…

Pour se procurer un exemplaire dédicacé
en achat direct auprès de l’auteur,
merci d'écrire à l’adresse email : j.waechter@voila.fr

vendredi 20 mars 2009

Georges Simemon: Cast a long shadow...



















A tree...
did he ever leave?
he shall be like a tree...

One day they went out to play in the woods
straightly into the tree fiber
a strange rectitude walk
a particular integrity
an uprightness fortitude
they have bent some attributes
most books
and the typewriter
was only to be used to the strength honor of liaisons.

One time, she asked him to pick some holly
and the beautiful branches flowered up so high
his scratched thighs, the blood and the river
the girl was young, but...
with the attention backbone
one handkerchief began to caress all over...
like a magnetized water all around,
the girl was an undertaking woman
so they dissolved into pleasure
and the makeup cast.

At age 13, his intimity writing starts
and with coffee and cigarettes
most damage lives
the reputation name desires
the standing and the positions reputations
and somewhere,
perhaps some genius hopes.

He shall be like a tree,
like one man in all fers of eccentric
at the gates of the dawn oddity
officiating the original ritual of the same shirt
for the same one novel
of one individual
never consulting a dictionary
oddball, drinking the spirit
like some queer fishes like to do.

He shall be like a tree
one card of a crowded lifetime
one character planted by the rivers of water.

He shall be like a tree
like one man's denial shadow
musing on the memories personality nature
one disposition temperament pausing to ruminate.

He shall be like a tree
like most temper mentality experiences
like a dream of some feature qualities achievements
because of a properties traits spirit essence
and some identity complexions.

He shall be like a tree
carried out in writing
into the stories of hundred men lives,
into the looks for some call girl princesses.
He shall be like a tree
like the gustiness prodigious drinker
getting some beatitudes at the polishing time
of one eccentric collection of 300 pipes.

He shall be like a tree,
at the same time
he could have been oddity,
madcap, crank, individualist, generous.
He shall be like a tree
nobody could catch him
because of his hardworking three hundred titles
under about ten pseudonyms.

He shall be like a tree,
at the same time
the ambitious guest
in the act of love of 10,000 different women
in the cheerful feeling
of the sensitive contacts insatiability.

He shall be like a tree
perhaps an easygoing artist,
because of over two hundred novels
under his own name
He shall be like a creator
trustworthy in the rate of 92 words a minute
describing plenty of the impatient figures
by the humans characters multiplications.

He shall be like a tree,
one suffering morning sickness man
especially into most writing unsuccess of one new book
especially supporting all the moody symptoms
before the beginning conception of one of them.

He shall be like a tree, and like some talismans,
he wrote the names of the characters
on most large manila envelopes
and while his crisp prose sociable work was on trail
he took a selection of pipes
some supply of his favorite tobacco
a warm coffeepot
and some large optimistic cup
one folder for typescript
one folder for carbons
to have all his mind in clean recorded words.

He shall be like a tree
always working hopefully and steadily,
looking to have most money love affairs in better times
always thinking himself as a leader.

He shall be like a tree
but at the same time,
also an indecisive man
who has changed residences 33 times in his life.

He shall be like a tree
that waste floating in some fragile identity complexion constitution,
sometimes like the plot line from the disconnected telephone.

He shall be like a tree
fragile and strong like most character personalities
like some nature disposition temperament,
like some temper spoiling into essential quality interrogation.

I remember well this magazine photo,
the vision of Georges Simenon,
at home, or sit in the shadow of a 300-year-old cedar of Lebanon
in his Lausanne garden.

He seemed to have had a close shave,
but, in fact, nothing was really the same
and the new play didn’t have a long run.

He shall be like a tree,
like someone who shall remain
humble...

He shall be like a tree,
suspending on his heavens door handle,
the most decisive placard ' Do Not Disturb'
thanks to a sign directly coming from New York's Plaza Hotel.

He shall be like a tree
some calculated times to finish the job,
and never going back on his work.

He shall be like an old tree
at the age of 70,
some vertigo sufferings
the simple retirement
into one pretty antic house
in Switzerland,
some rambling memoir cassettes.

A Bird for the Cat...

Yes, of course, a new artless love-life
in a beautiful small garden
once again
and for ever,
he shall be like a tree,
he shall be like this centenarian tree
as the only country...

I think someone can let it go by
as seen
just remembering
the tree games dreams
for some special days.

Sometimes
some ideas have to go
up to there
just where the human ashes taste the earth salt...

jeudi 19 mars 2009

MySpace et le veilleur























Veilleur,
la tête au vent des contraires
ici et là
rubrique amitié
découvertes
scripts, vidéos postées,
quelques pages de publicité
un air frais de nouveauté
beaucoup de jeunesse
et cela fait du bien

Images et mots intimes
amours et déveines,

à la une des derniers clips affichés
merveilles d’écrans–vrille
foules d’enregistrements
étonnement,
bribes de morceaux
arrivées droit au corps
écoute d’une certaine réalité tangible

Torpilles de rêves dévoilés
vies d'artistes, projets d’élan vital
danser à l'occasion
voyager loin, bien loin
en l'exposition éphémère des diversités.

Dans, sur, en, vers, et alentour,
une découpe dans la panne du temps
n'importe où
de près ou de loin
pour quelque part jamais mourir ...

jonchées de vos vies
all the stories
us and them,
poésies musiques d’excitations

pour s'en sortir
nappes de vos sons
tiroirs vides et fragments de vos coeurs

Revue de tous vos parages
en vos nouvelles parutions

suite aux allumettes de mes désirs
une minute éberluée
jour des arts saltimbanques 

gouttes de soleil en poche, 

quelque chose qui se passe 

l'intensité des défaites et des joies
à la formation d'une identité

tribune musicale
des prélèvements et des quêtes 

à l'oreille d’un écrit...



Merveilleux films en live-love
free spirit

rêverie citadine,
oubli de la blafarde
réverbération diagonale…
créations éclairs

Bouteilles à la mer

à vous tous
à vous toutes
bonne fortune

en attente impatiente
de la prochaine marée

Par vous qui m’écrirez …


mercredi 18 mars 2009

Mercenaries Memories























Yemen
The Aden sunny growth.
here we have been working again,
this forced march
right carried out to rectify the crater fight
where the sands of the sea were banked up
into the extinct volcano,
also all stood so extreme
and there,
we were just looking for a magmatic eruption point.

Here,
the trees were legends,
here,
even not the least air blast,
the heat had stuck to the skin,
the large trousers appeared so strange, good-for-nothing,
only announcing some evil coming from occident.

Here,
the ground concealed under our steps,
we advanced towards the mirages of the volcanic clouds,
bending under the burden of the unaccomplished travellers,
captured,
toward the troubled search for some house captions
which never could have known grass.
Here,
someone was immediatly desiccated by the fibre heart.

Sometimes,
someone knitted some song of the wandering life,
sharing the caravan existence of a coffee screening man,
sometimes,
someone had plundered,
it arrived some days,
that someone had worked on,
and if we were scheduled to traverse the desert,
that was always by foot
under the rain of the bad blows,
under the sun of the arid puffs.

Sometimes also,
inside some full gray jackets,
there were shining some massacres,
some dubious trimmings,
the illuminations tensions,
the torsions of khaki effects,
some hand to hand the combats of ashes and lavas.

Here, at Steamer Point,
at the minaret of seasons,
we stood always waiting for the recitals of bazaars sagas
somewhere,
telling us some stories of the incredible peregrinations
of the horses camels robbers, stinky,
being out, long before the indecent assault.

Here, no place of rest,
we could not even say that the life was hard,
because of salvation,
we went at fire,
being located beyond all,
nobody went so far, no issue
no philosophy in this special life.

The big trouble reigned at Univers Hotel
the owner was trembling,
stuffed by fevers ,
he was showing an absent looking on his closed face ,
all day long,
he used to stay polishing
some glasses realy too thick ,
sometimes,
his wife served at table ,
at evening,
she used to make herself rare and savage.

As of time,
someone has tried to put all his cards on the table
we were even using few words,
we drank some strange bitter coktails,
some indescribable beverages,
in laying out of the mirrors of the ruined oases,
shaking some dust on some surrealist perrons,
just looking for empty space
to forget a little who we were.

It happened,
it happened that one of us had began to destroy any song
bawling at the top of one's voice,
then, the dogs barked, like hyenas,
and the whole world seemed suddenly to exist
howling with death.

Here,
someone saw the hatching at the state of the cane rifle,
the execration flower of all obviousnesses,
here,
the rare hair bleached at the sight of sore eye,
it fell equal as the rate of exhausted bodies
being lowered on the stardust bed,
at some bivouacked time,
all night long.

Here,
nobody was used to think to tidy his anger...

mardi 17 mars 2009

Mémoires intimes, Jacqueline Waechter.

...










































Ici et là
par cette vie de touche à tout,
par ces voyages intérieurs
par ces quelques vagabondages
et ces inspirations d’air frais
ici et là
par cette séduction de lumière naturelle,
par ces quelques voiles azurés d’art,
par cette page photographique dans le bleu du ciel.
et le fourré aux pommes des douceurs printanières
ici et là
par ce mystère qui éclaire
par ce dossier de tendresse
par ce disciple poétique et solaire
et l'oiseau ensoleillé d'un certain âge rêveur
Ici et là
par cette vie si fragile
Ici et là
par ce jour sombre
par ces longues absences
par ces temps d'ennui
par la prière d'espoir et de nuit
par celui qui…
et son chant de joie
et toutes ces choses
qu’on ne peut pas dire
ici et là
par la danse en la nature sensible
des heures de lumière et de pluie
ici et là
par un certain profil de coeur…










...

lundi 16 mars 2009

Artist profile, the photographic page into the blue sky diary of Jacqueline Waechter



















Artist profile,
some seductive natures of light,
some artistic veils,
the photographic page
into the blue sky.
A springtime apple pie
the sunny bird of some dreamer ages
some bright mysteries
some tenderness files
some poetic sun followers
some fragile life
the diary of Jacqueline Waechter
some gloomy days
some hope and night prayers
some happiness singers
some heart profiles...

dimanche 15 mars 2009

Souvenirs mercenaires.





























Yémen
La marche vers Aden menait droit au cratère,
les sables de la mer s’amoncelaient
au sein du volcan éteint, aussi brûlants
qu’une éruption magmatique.

Ici les arbres étaient légendes,
ici, pas le moindre souffle d’air,
la chaleur collait à la peau,
les pantalons larges étaient dérisoires,
ils ne signalaient que les mal venus d’occident.
Ici la terre se dérobait sous nos pas,
nous avancions vers les mirages des nuées ardentes,
ployant sous le fardeau des voyageurs inaccomplis,
en quête d’une maison légende
qui jamais ne connaitrait l’herbe.
Ici on se desséchait par le cœur de la fibre.

Parfois on tricotait quelque chant de la vie errante,
partageant l’existence caravane d’un trieur de café,
parfois on pillait, il arrivait qu’on travaille,
si on parcourait le désert, c’était toujours à pied
sous la pluie des mauvais coups,
au soleil des bouffées arides,
parfois aussi, sous d’amples vestes grises
il y avait des massacres, des parages incertains,
des illuminations tensions,
des torsions d’effets kaki,
des corps à corps de cendres et de laves.

Ici, à Steamer Point, au minaret des saisons,
on marchandait des récits de bazars,
des histoires d’incroyables pérégrinations
de chevaux- chameaux voleurs,
qui empestaient le stupre.
Ici, pas de place pour le repos,
on ne pouvait même pas dire que la vie était dure
on se situait au-delà de tout,
personne ne se risquait à en faire une philosophie.

L’ennui régnait au Grand Hôtel de l’Univers
le patron grelotait sous les fièvres,
l’air fermé et absent,
astiquant à longueur de journée,
des verres à fond trop épais,
sa femme servait parfois à table,
le soir elle se faisait rare et farouche.
Dès fois, on tapait le carton, parlant peu,
on buvait sans comprendre d’amers coktails,
d’indescriptibles breuvages ‘maison’,
en miroirs d’oasis ruinées,
avachis sur des perrons branlants et surréalistes,
juste pour oublier un peu qui on était.
Il arrivait que certains se mettent à chanter à tue tête,
les chiens aboyaient alors comme des hyènes,
le monde semblait soudain hurler à la mort.

Ici, on voyait éclore à la canne fusil,
la fleur d’exécration de toutes évidences,
ici, le cheveux rare blanchissait à vue d’œil,
il tombait égal à la cadence des corps épuisés
s’affalant le soir sur le lit étoilé du bivouac.

Ici, personne ne songeait à ranger sa colère…




Poème et Technique Mixte sur bois par Jacqueline Waechter.


..;

samedi 14 mars 2009

Objets engloutis


C'était trois fois rien, des menus ornements qu’on découvrait au fond de boites de cartons avachis ou de métal dépoli, un peu cabossé, n’empêche qu’au détour du grenier, c’était le genre de choses qui sans prévenir pouvait vous ficher la larme à l’œil, en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire.
Il venait tout juste de récupérer les clefs de l’appartement, celui-ci se trouvait être en partie constitué de chambres de bonnes, qu’il comptait faire réunir par un architecte-décorateur, pour en obtenir un espace plus avantageux, plus lumineux. Il ne rêvait que du futur beau volume vanté par l’agent immobilier, il se voyait déjà déjeunant dans le soleil sur la petite terrasse, dans la jouissance d’une vue panoramique sur tout Paris, moment qui avait été crucial dans l’orientation de son choix et dans sa décision d’emménager là au plus vite. L’hiver dernier avait été froid et interminable, il avait soif de belle saison et il faisait tout pour être prêt à profiter au plus vite du beau temps qui ne tarderait plus à arriver. Il se trouvait être à un tournant de son existence. Il avait besoin de poser les valises et de souffler un peu. Il comptait beaucoup sur la qualité du décor pour améliorer son cadre de vie, il se voyait enfin atteindre les rivages de moments un peu plus sereins, c’était comme débarquer dans un nouveau pays, avec des projets plein la tête. Il était tranquillement venu un soir, pour commencer à faire place nette, juste avant le début des travaux qui devaient démarrer la semaine suivante. Le changement semblait s’annoncer sous de bons augures, une opération de routine. Il allait expérimenter, de manière fortuite, que quelque part, il en en avait été décidé autrement.

Par la force des choses, il se retrouvait donc à cogiter dans la pénombre, lui qui qui n’aspirait qu’ à la lumière. Il se tenait des heures durant, assis par terre en tailleur, sur de petites tomettes irrégulières chargées d’éraflures les plus diverses qui lui éreintaient les fesses, au milieu de la poussière, entouré de magazines des années cinquante, aux titres qui lui étaient inconnus, pour trier les reliques d’une vie familiale, qui hier encore, lui était totalement étrangère. Lui qui avait décidé de ne plus se laisser posséder par les objets, et surtout pas ceux des autres !
C’en était quelque part devenu ridicule. Il se trouvait à être tout retourné par des bricoles, des riens. Il n’y avait aucune raison valable à cela, se disait-il en lui-même, cela allait passer, il devait être stressé à l’idée de l’ampleur de la tâche à accomplir, voilà tout. Il avait cru tout d’abord pouvoir en rire. A quoi pourrait bien encore servir de nos jours, ce rat de cave en fer forgé, égaré au beau milieu du grenier, orné des coulures figées d’une bougie jaunie, dont les restes avachis lui faisait penser à quelque crème renversée qui aurait tourné de l’œil ? Il n’était pas arrivé au bout de ses surprises, encore moins de ses peines.

Ce grenier abritait une réserve hétéroclite d’ustensiles, qui allaient se révéler tous plus ou moins déclencheurs, chez lui d’émotions les plus diverses et incontrôlables. Il avait beau prendre un air détaché, les objets pesaient sur lui de tout leur poids.
Ce qui lui avait peut-être le plus remué les tripes, c’était la découverte de ces colifichets, de ces pacotilles, qu’il y a bien longtemps, une enfant avait collecté précieusement, et qui avait sans doute dû représenter, à un moment donné, son trésor le plus précieux. Pourquoi cette nostalgie ? Il n’avait même pas d’enfant, et il n’avait jamais manifesté aucun regret à ce sujet là !
Le magot de la princesse avait été oublié depuis, et il gisait là, comme une entaille dans la fibre du temps, une écorchure à la chair des émotions. Chaque breloque était empaquetée de papier pelure, le tout reposait sur de la ouate, et le matelas cotonneux était aussi épais que la barbe d’un Père Noël de légendes. Les bijoux de fantaisie les plus inattendus apparaissaient à mesure du démaillotage entre ses doigts tremblants, ici le collier d’une mère, là les boutons de manchettes d’un père, peut être aussi le nom d’un frère, d’un cousin ou d’un petit ami inscrits sur une gourmette ou des boutons de pacotille. Lui qui avait horreur de tout ce qui était en toc !

A la faible lueur d’une lampe pseudo japonaise abandonnée là, et qui l’encombrait comme tout le reste, objet qu’il s’était tout de même décidé à garnir d’ une ampoule neuve pour y voir un peu plus clair dans ses opérations de débarras, il restait littéralement captivé par la lueur dérangeante de ces minuscules babioles, chargées d’intensité et dérisoires à la fois. Il y avait des cœurs en pendentifs plaqués or ou argent, des pochettes plastiques jamais ouvertes, avec trônant au travers du transparent, des barrettes truffées de strass ‘Celebrity’, une marque qui avait du avoir son heure de vogue aux Etats-Unis, il y a bien quarante ans. Il y avait également un minuscule chapeau de paille tressée qui avait du appartenir à une poupée, sans doute une amatrice de fleurs des champs au vu de la qualité fleurie de sa garniture, agrémentée d’un petit bout de gaze légère et bleu comme l’azur, qui allait mourir sur ses bords en s’effilochant.

Il y avait surtout une broche en plastique nacré qui représentait un genre de fox terrier, doublement protégée par une sorte de sarcophage cartonné constitué d’un emboitage étroit, sur lequel était inscrit un petit poème en anglais à gloire du don d’affection particulier aux chiens envers leurs maîtres, ce qui eut pour unique résultat de le remuer tout particulièrement, au moment où il s’y attendait le moins.
Il voyait d’un seul coup lui sauter à la figure comme un diable de sa boite, ces images encore fraîches en sa mémoire d’un récent reportage photographique effectué aux Etats-Unis, suite à la crise des Subprime, en particulier celle qui montrait le cadavre du chien de la maison, encore attaché à sa laisse, qui avait trouvé la mort, solitaire, parmi un monceau d’objets abandonnés par leurs propriétaires après la saisie de leur home.
Lui qui était venu faire le vide, lui qui rêvait d’une place nette et libre! Voilà qu’il butait sur ce petit tas de souvenirs plus encombrant que tout. Il avait pourtant si bien valorisé son dernier vide-dressing, son divorce n’était plus qu’un mauvais souvenir, il savait désormais mieux que quiconque comment faire le vide pour retrouver de l’efficacité dans le travail, il avait suivi avec succès tous les conseils ‘tendances’ des coachs les plus influents du moment, tout cela pour se faire submerger par quelques objets sans prix, qui racontaient sans freins, des histoires à la guimauve, des kyrielles de rêves et de tendresses d’enfants dont ils ne connaissait pas même le nom.

Pourquoi avait-il pensé à l’idée de la patrie des cœurs comme à une ville engloutie?
Qu’est ce qui avait bien pu faire qu’il en avait tant frémi ?
Egaré, plongé momentanément en son tri de vieilleries, et transporté dans une course à remonter le temps, Il avait l’impression d’entendre des voix, il pressentait des pas derrière lui, et les menues babioles alignées sur ses genoux ou dans ses mains prenaient, dans l’obscurité, des allures de commandeurs de signes.
Ce n’était aucunement les pas connus d’un frère ou d'un ami. C’était une sorte de carnaval d’objets improvisé, une danse d’apparitions troublantes.
Les colliers semblaient s’attirer s’enlacer ou se fuir, les broches avaient des regards transperçants, les bagues voyaient leurs pierreries se tresser comme des corps amoureux, les boutons avaient comme des iris en leurs centres, et leurs reflets, c’étaient autant de regards irrigués et braqués sur lui. Un envahissement et une usure d’un tout autre caractère venaient l’envahir.
Il avait toujours craint de se faire avoir par eux, voilà qu’il ne savait plus dire qui roulait qui dans la farine des déconvenues. Il était venu là faire place nette, et il se retrouvait à héberger des souvenirs qui ne lui appartenaient pas, et l'espace alentours en était changé.

Il en faisait toute une histoire. Il avait l’impression d’assister, en plein sous les projecteurs, à une des plus mélodramatiques émissions télévisuelles, transporté chez Jean-Luc Delarue. Il avait la désagréable sensation que parmi l’assistance en pleurs, on n’entendait plus que lui. Il ne trouvait même plus drôle de faire de l’ironie. Il en venait presque à comprendre pourquoi certains, pleins phares, au fait de la gloire, en arrivaient à péter les plomb au cours d’un banal voyage en avion.
Il lui semblait avoir à escalader une montagne pour dépasser cette chimère là.
Le reflet de ces objets captivants coulait en lui par le robinet de la mémoire, goutte à goutte, et l’emplissait d’un liquide délétère autant qu’enivrant.

Et les petits cailloux ainsi lancés allaient par ricochet à la surface de l’onde, pour finir par s’enfoncer aux tréfonds du lac des souvenirs.

« Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?... »


Reportage 'in situ' Crise des Subprime USA, au cœur des maisons saisies...

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=52389


Vidéo Jacqueline Waechter : Objets Engloutis

http://www.youtube.com/watch?v=ESqa69F6Dek&feature=channel_page

vendredi 13 mars 2009

La sublimation de Monsieur Nosson …























Personne ne savait où il était allé.
On ne pouvait que constater qu’il n’était plus à sa place habituelle, que quelque chose d’anormal avait eu lieu, voilà tout, cela aurait pu passer pour un fait banal, pourquoi pas naturel aussi, et certains attendaient qu’il revienne, comme si de rien n’était, comme on souhaite le soleil de l’été, chaque année plus impatient après la mauvaise saison. Parce qu’un jour, c’était arrivé, comme une évidence qui s’impose à nous et qu’on n'aime pas voir, oui, c’est ainsi que c’était arrivé, et tout à fait inopinément, on n'arrivait pas encore vraiment à intégrer la chose. Mais il était tout à fait certain que c’était advenu, comme un dérapage soudain dans un tournant ambigu, une anicroche au carrefour du destin, un pied de nez à l’entendement. En tous cas, cela procédait, du moins pour ce qui concernait Monsieur Nosson, d’une décision qui n’en n'était pas vraiment une, puisqu’elle apparaissait à un moment donné dans sa nudité, d’action inévitable, imparable. Tout d’abord, il faut bien reconnaître que cela s’était manifesté dans un petit fait quotidien des plus banals, il avait eu la goutte au nez toute l’après-midi et les narines gercées l’avaient passablement irrité le reste de la soirée. Il s’était couché, encore plus fatigué que d’habitude, il se sentait un peu fiévreux, ce n’était pas grand chose, ma fois, mais en l’état actuel des dérèglements de l’économie aux effets plus sournois que jamais, il s’avérait quand même que c’était devenu tout simplement trop pour lui. Cela avait commencé tout bêtement par un mauvais rhume, sans doute rien de plus, une pointe d’inquiétude, des grincements de roues grippées lui bourdonnaient dans la tête, il ne réussissait plus guère à aligner clairement les idées l’une devant l’autre, et en un sens cela le reposait. De toute manière, il n’avait plus le désir de faire face à la situation, les forces lui échappaient pareilles à la vapeur sifflante d’une cocotte minute, il se sentait en permanence écœuré, la répulsion insidieuse vis à vis de tout était devenue la seule idée qui continuait à maintenir quelque état de consistance en son corps secoué de frissons. Il intériorisait les évènements et c’était juste une manière un peu malhabile de se sentir gagner un rab de temps, et un surplus de survivance, malgré tout.

Il avait tout d’abord pensé que ce n’était pas grand chose, qu’il en avait vu bien d’autres, et qu’il fallait s’attendre à bien plus grave que cela si on pensait à l’état du monde et à l’angoisse coutumière de ses contemporains, d’un point de vue général s’entend. En résumé, il lui fallait relativiser. Il avait tenté de se faire un grog, le lendemain il avait essayé les vins chauds bien tassés, il avait bien imaginé se crachoter dessus pour chasser le mal juste pour se remettre dans le goût de son enfance, et voler dans le souffle magique de son père sur des souvenirs alités de jeunesse, il n’en grelotait pas moins, et le médecin n’avait pas produit de miracles avec la prescription du dernier must pharmaceutique sous forme de remontant sans doute trop complexe pour pouvoir traiter la gravité d’un problème au fond fort simple. Des séances de psychanalyse n’avaient rien donné non plus, il lui avait semblé en permanence raconter la vie d’un autre, et son seul plaisir du moment était de s’inventer, non de procéder à une introspection intime. Dès lors, la fatigue semblait avoir gagné la partie et s’être généralisée en l’ensemble de son corps, il ne se laissait bercer d’aucune illusions, dormir était devenu son seul acte efficace de résistance…

Le surlendemain, il ne s’était pas présenté à son travail, Au fond on aurait pu penser, que cela faisait des années qu’il attendait cela, mais pour pouvoir en dire quelque chose de sensé, somme toute, il aurait fallu avoir été tenté de partager quelque idée de son intimité, et des moments d’amitiés sensibles juste un peu plus profond qu’à l’ordinaire. Ce n’était pas si facile, il était à la fois sauvage et obstiné, il aimait que tout soit rangé, et une fois que tout était parfaitement aligné, il ne songeait plus qu’à l’ennui, l’impossibilité de vivre parce que les autres étaient toujours là pour malmener les éléments harmonieux du décor, et le plaisir de ne rien faire devenait une façon déguisée de prendre la fuite sans disparaître tout à fait. Il est vrai que la moindre ébréchure sur le bord d’une assiette, en certaines circonstances, pouvait aller jusqu’à lui porter au cœur. Alors, quelque part, il devenait plus facile d’imaginer que de valider d’une manière ou d’une autre un peu trop prosaïque, quelques unes des raisons qui le poussaient à s’ingénier porter l’art de la somnolence jusqu’à son plus haut degré de raffinement. Parallèlement, il arrivait qu’on constate, et parfois à ses dépens, que ce n’était qu’un mode de vie d’apparence, le plus souvent, il s’avérait en fait, qu’il ne dormait que d’un œil.
On pouvait dire qu’il ne manquait pas d’amis, il avait toujours cherché à s’entourer, il craignait par dessus tout le sentiment de l’exclusion.
Il ne s’en ressentait pas moins un peu plus seul chaque jour, chaque heure semblait littéralement lui filer dans les doigts. Si on ne pouvait pas dire qu’il craignait la mort, on ne pouvait pas dire non plus qu’elle le laissait insensible, ni même tranquille. La fuite du temps l’angoissait parfois plus que de raison, cela procédait de la tétanisation de l’ensemble de l’ordre des organes vitaux, ce qui l’amenait à instituer un statut quo mental protecteur, une sorte d'ankylose, des attitudes qui allait parfois jusqu'à la nonchalance, ce qui n’était pas sans charme. Il était très sensible, les larmes pouvaient affluer à la courbure de ses cils de manière naturelle et sans retenue, à l’évocation de certaines tragédies humaines. Il pouvait tout aussi se montrer très dur et arrogant. Sur certains sujets, il préférait souvent se taire. Cela pouvait passer pour de la prudence ou de la pudeur, cela restait parfois à définir selon les circonstances et les êtres de rencontres. Il n’avait jamais pu véritablement oublier la consigne de survie qui encourage à se fondre dans le paysage pour subsister, un mode de contournement de l’ennemi qu’on cherche à éviter plus qu’à abattre, une partie de jeu dans la durée, caractérisée par l’emploi particulier de la ruse alliée à l’instinct de conservation. De fait il lui arrivait de penser tout et son contraire à la fois. il avait naturellement l’art de prendre harmonieusement les accents des langues étrangères qu’il parlait avec une certaine aisance, et quand il se décidait à s’exprimer, on s’apercevait qu’il maniait habilement l’art de la synthèse. Il était bien plus complexe qu’il n’en n'avait l’air, au premier abord, et il était resté assez basique aussi dans certaines de ses attitudes, sans doute par mesure pragmatique de simplification. Personne parmi ses proches, ne semblait jamais avoir pris le temps de le sonder jusque dans ses tréfonds, peut-être même pas lui-même également, probablement qu’on n’avait pas osé, ou bien personne n’en avait eu le goût, peut-être aussi que certains avait pris peur, ou pourquoi pas lui aussi finalement ? Souvent il fermait les yeux, mais ce n’était peut-être là qu’une manière déguisée de laisser champs libre à l’inconscient d’assouvir quelque désir refoulé…

Avec le temps, on pouvait constater qu’il n’y avait en Monsieur Nosson, plus aucune pointe de révolte repérable, ni même un regard d’incompréhension sur le monde et les gens. Le plus souvent ne persistaient que l’écarquillement d’une paire d’yeux las, allié d’un peu d’amertume au coin des lèvres, et la propension à déguster à l’envie les nourritures les plus grasses de tous les rêves d’Europe Centrale, sous formes d’apparences compensatoires. Il avait toujours eu bel appétit, il était assez heureux de pouvoir manger des heures durant, quasiment de tout, à l’exception peut-être du roquefort et très certainement des plats en dehors de la date limite de fraîcheur, une règle restrictive à laquelle il était très sensible. Il se disait naïf, certes pas toujours, mais tout de même, on pouvait facilement constater que c’était récurrent dans ses propos. Toutefois ce qu’il aimait le mieux, c’était semble-t-il, quand il réussissait à ne pas égratigner la surface des choses. Qui peut envisager la dimension de la souffrance à certaine découverte qui pourrait s’observer à la fente d’un esprit top curieux ? En somme, il craignait de froisser le tissu du vivant en tirant de façon malhabile les rideaux aux fenêtres de l’existence, risquant un décrochage, qu’il considérait égal à une condamnation, raison selon laquelle il évitait soigneusement toute mise en abîme de soi, tentant d’échapper ainsi au comble de l’angoisse. Il n’en était pas moins avide de connaître la vie des gens, celle des femmes surtout le fascinait.

Au départ, il n’avait pas d’autorisation d’absence si longue, et il lui avait fallut faire prolonger son arrêt de travail, il aurait bien aimé rester encore un peu, il y avait longtemps qu'il n’en pouvait... Il se sentait vraiment, va savoir pourquoi, plus fatigué que d’habitude, le pli était pris, rien ne réussissait à défroisser le costume, il n’avait jamais aimé les teinturiers, ils ne supportait pas l’usage du pressing . Chez lui, il passait son temps à dormir, et il ne s’en relevait pas reposé pour autant. Si il lui arrivait encore de se faire provocateur, c’était, il faut bien le dire, de plus en plus rare. Trop sérieusement appliqué, par une singulière et monotone habitude, il se mettait à douter de tout, désarmé face à la désorganisation ambiante qui régnait autour de lui.
Plus jeune, quand il lui prenait des désirs d’envols, c’était toujours pour des fugues musicales, des escapades de flambées féminines qui l’attisaient. Quoiqu’il en soit de ses plus belles échappées, cela se soldait au bas du grand livre, par un sauve-qui-peut général, un plongeon dans le goût immodéré de la paresse. Les dérobades ne duraient guère, rares étaient les reculades sérieuses, le cours de la vie rangée, bourgeoise et ordinaire reprenait vite ses droits de réassurance, avec l’excuse, qui n’en n’était peut-être pas une, de se demander, en permanence, si au fond on était bien responsable de quelque chose ? et si tout cela avait un quelconque sens ? L'idée même de l’échappatoire lui avait longtemps apparut n’être qu’un pauvre subterfuge dérisoire sous bien des aspects, inaugurant de surcroit un méchant surplus de fatigue et de complications, bien inutile. On pouvait dire qu’il était à la fois idéaliste et fataliste, il prisait particulièrement la philosophie de Schopenhauer. La seule différence peut-être, à l’instar du dit penseur, et qui n’était pas des moindres, c’est qu’il n’avait pas de chien et qu’il ne songeait en rien à tester en faveur d’un quelconque digne représentant de la race canine. Il n’avait jamais pu se résigner à choisir, il laissait le fleuve du temps couler des réponses à sa place.

Chaque jour des informateurs en prise avec les indiscrétions d’un monde qui se mettait à vivre à l’envers lui envoyaient de nouveaux signaux d’alerte, et il recevait avec eux autant de bruits de fond qui lui faisaient avoir des maux de têtes de plus en plus fréquents. Rien ne surnageait d’autre que les rumeurs, et les divulgations des remous d’une crise systémique qui s’avérait profonde et durable. Si ce n’était pas une forme de mise à nu du monde, en tous cas, cela y ressemblait fort. Au vu de l’ampleur du désordre ambiant, plus rien ne pouvait coller dans les dimensions et ordres de grandeur raisonnables, et encore moins à l’échelle des capacités imaginatives de Monsieur Nosson, il était depuis un certain temps dépassé par les évènements, l’épreuve ne semblait pas être de dimension humaine, faire semblant ne semblait plus de mise.
Cela aurait pu apparaître à certains comme une opportunité, une source d’espoirs inescomptée. Plus trivialement, d’autres continuaient jusqu’au bout à brasser des affaires, se défiant de toutes prédictions d’un déluge prochain. Monsieur Nosson, lui, ne voyait que le reflet cruel du gong à l’entrée du ring, il lui apparaissait que le temps pressait, qu’il s’agissait pour lui de se décider. Chaque jour on entendait dire qu’il devenait de plus en plus question, ici et là d'un mystérieux grand voyage, ou pour le moins, qu’on devrait bien se préparer à quelque métamorphose.
Tout semblait prendre la fuite avant lui ! Il fallait se sauver, il n’en pouvait plus de devenir chaque jour plus agressif pour éviter de sombrer dans le marasme, il ne réussissait pas à valider, en aucune façon, cette nécessité cruelle d’évoluer toujours plus tendu sur le fil en acrobate sans filet, il ne supportait plus ce désagrément envahissant, en résumé la sensation du sol qui vient se dérober sous les pieds, et c’est ainsi qu’il perdait tout équilibre personnel pour tenter d’ échapper à la catastrophe générale.

Mais comment s'enfuir quand c’est l’univers entier qui vient à prendre le large ? comment s'évader et éviter l’aspiration dans les trous noir du désir ? L’instant fatidique du grand tournant se profilait au cadran de l’horloge, et Monsieur Nosson, qui avait toujours aimé collectionner les montres, voyait pourtant arriver avec une sorte d’effroi l’heure flamboyante où allaient s’additionner pêle même tous les effets discursifs du temps et de l’évitement. Un seul ticket, pas d’aller et retour, ni de tarif couple, la course était en solitaire et contre la montre.
Monsieur Nosson semblait tâter le pouls intime du monde entre ses mains brûlantes. A force de s’entraîner chaque jour à disparaître un peu plus, il réussissait enfin à filer, par le chas de l’aiguille, et à détaler à la vitesse du trotteur dans la mécanique temporelle. Tout s’était écoulé ainsi, en moins de temps qu’il ne fallait pour l’écrire. Personne n’en avait rien su. Personne n’osait se prononcer sur l’état de l’avancement des choses. Quelques uns se questionnaient, tandis que d’autres tentaient d’oublier, parce qu’il est dit quelque part, qu’on ne gagne rien à contrarier la marche de la Nature. N’empêche qu’on en était bien embêtés. A cause de cela, des tas de choses restaient en suspens, la salle d’attente était pleine et la souffrance relative au temps de pause semblait s’étaler à l’infini dans la symphonie des questions du pourquoi et du comment. Toute tentative de photographie des choses, tout essai de compréhension demeuraient flous et indécis, et rien ne pouvait expliciter ce dernier tour de force dans leurs résultats. L’échappée était trop belle, la dérobade trop fantastique peut-être pour être mesurable dans l’état actuel des connaissances.
Personne ne savait où il s’en était allé ...

jeudi 12 mars 2009

Love in Paris























We used to live for free and wild aspirations,
the storms lagging all the time
at the mouth, the challenge of a suspicion
and the particular case of a bittersweet taste
in one late-night magic love.

Shelling interminable hours of waits,
we used to test each new meeting bush,
in the anguish of the frontier runners,
attentive dreamers in wait of some evens,
lied in some ambushes,
rustling at the least disorder of the river mood.

Right riverbank, left riverbank by your sides
it had become in an impromptu room,
The Pelican hotel, desire ran,
when one could not have done any more.
We used to face the lyric flow of time
flying from the summary beds into broken dovecote,
and each bridge connected more tightened love,
piled up lots of aches bags,
lengthened tender glances of exiles
never ending,
frayed in resignation and pain,
at the fatal hour of the separation.

We used to be on the look out,
like hunters,
savouring each little pause and opportunity
often violent of hopes,
at the riverbanks of permanence.

Our bodies kneaded by intense feelings,
bundled by the floods of the constraint
in the pastry of ordinary existence,
we used to feel exhausted,
we would sank in some deep sleep
forgetting any architecture of scandal
and the destruction of resistance.

Certain days, the Seine river
seemed to take care of alluvial dreams
and we used to sail up, waiting for the wakes sensibility
We leaned at the parapet of the sinuosities magic spells
being absorpted into the contemplation of the free water giddinesses
remembering the lacks of the time which is never get caught up
seeing all magic ‘bouillages ‘of the directions sens.

Under the bridge, the meanders had found
a stream through our eyes in the silence of memory,
the spontaneous alternations gleams,
the murmured water, the swirls ferry passengers…

The diving arch of our joined arms
the downstream way, going hand in hand
the discrete wave of a smiles mixture
the detachment shade of sadness
the expectation, the bad dreams we ward off,

all that went up,
a fight against current of our sorrows.
We were thirsty for the river kisses.
Undoubtedly, your destiny appears one day,
some little facts explain the reason why, a long time ago,
you had been registered in the name of a certain water-carrier…

mercredi 11 mars 2009

Paris-fleuve























Frottages, dessins sur papier 24 x 32 cm.
Jacqueline Waechter a réalisé en l'appartement du poète Guillaume Apollinaire, 202 boulevard Saint-Germain à Paris, des empreintes des traces laissées sur les murs, et parquets, juste avant la rénovation complète du lieu, en 1999.


Nous vivions éperdus d’aspirations, des heures houleuses
avec à la bouche le défi d’un soupçon
et ce goût doux amer particulier aux liaisons tardives.
Egrenant d’interminables heures d’attentes,
nous éprouvions à chaque retrouvaille, l’angoisse des passeurs,
attentifs rêveurs en attentes de défi
couchés en embuscades
bruissant au moindre trouble d’humeur du fleuve.

Rive droite, rive gauche de tes flancs
c’était toujours dans une chambre de fortune,
Au Pélican que coulait le désir, quand on n’en pouvait plus.
Nous allions bravant le flux lyrique du temps
de lits sommaires en pigeonniers rompus,
et chaque pont instaurait une liaison d'amour plus serrée,
empilait des valises de courbatures,
allongeait des regards tendres d’exils sans fins,
mêlée de résignation et de douleur ,
quand sonnait l’heure fatale de la séparation.
Nous vivions comme des chasseurs aux aguets,
à l’affût de chaque pause qui se révélait
souvent violente d’espoir, aux berges de la permanence.
Pétris de sentiments intenses, ballotés par les flots de la contrainte
dans la pâte brisée de l’existence ordinaire
harassés nous sombrions parfois dans un sommeil fleuve
oubliant toute architecture de scandale
et la ruine de la résistance.

Certains jours, la Seine se chargeait de rêves alluvionnaires
et nous remontions ses berges sensibles aux sillages.
Nous nous penchions au parapet des sinuosités sortilèges
absorbés dans la contemplation des vertiges de l’eau libre
des manques du temps qui ne se rattrape pas
et de tous les bouillages magiques des sens.
Sous le pont, des méandres ruisselaient à nos yeux
dans la nuit de la mémoire,
des lueurs spontanée d’alternances,
eaux murmurées, des tourbillons traverseurs...

La plongée d’arche de nos bras réunis
l’aval de nos mains dans les mains
l’onde discrète d’un mélange de sourires
l’ombre d’un détachement de tristesse
l’espérance d’une conjuration,
tout cela remontait
à contre courant de nos peines.

Nos lèvres avaient soif du baisers du fleuve.
C’était sans doute ton destin que de découvrir un jour
Pourquoi, il y a bien longtemps,
tu avais été inscrit dans le nom d’un certain porteur d’eau…