dimanche 29 novembre 2009

"Par les ténèbres vers la lumière"...















La maison Decrucq telle l'habita Vincent Van Gogh d'Août 1879 à Octobre 1880.
Aujourd'hui l'annexe a disparu.
Dessin Anonyme
Sources : Livret Vincent Van Gogh au Borinage par Georges Duez











"Vincent Van Gogh. Ce grand personnage hollandais de l'histoire de l'art né le 30 mars 1853 à Groot-Zundert (Pays-Bas) fait sans doute une des plus grandes fiertés de Cuesmes. C'est à Cuesmes, dans la maison située rue du Pavillon n°3, qu'il décida pour de bon de suivre sa vocation de peintre. Cette maison appartenait au pasteur Francq et était déjà occupée par le mineur Decrucq et sa famille. Il y vécut d'août 1879 à octobre 1880. C'est de cette époque que datent ses premiers dessins et ses lettres envoyées à son frère Théo. À partir de ce moment là, il lui écrira régulièrement. Sa traversée du Borinage commença à Pâturages, en 1878. Le jeune homme, âgé de 25 ans, est accueilli par un pasteur qui l'installa chez un colporteur au 39, rue de l'Église. 

Il part ensuite pour Wasmes, dans une maison que très vite, il jugera trop luxueuse et qu'il ne tardera pas de quitter pour une cabane. Il occupe à cette époque, un poste d'évangéliste. Il consacre tout aux mineurs et leurs familles. Il va même jusqu'à descendre à 700 mètres dans les fosses. Lors d'un coup de grisou, il sauve un mineur. Mais son occupation ne tarde pas à être désapprouvée, on accepte pas sa fonction de prêtre ouvrier et cela le choque. Et de là lui viendra l'idée de s'installer à Cuesmes."










Pendant son séjour à Wasmes, Van Gogh résidait à la maison Denis actuellement Rue Wilson.
A cette époque la fonction de Van Gogh était "évangéliste à domicile et catéchiste."

Sources : Livret Vincent Van Gogh au Borinage par Georges Duez

Le champs derrière la maison de Petit-Wasmes et le champ du Boulanger Denis
sont mentionnés dans les lettres à son frère Théo

La maison cuesmoise où il vécut, d'août 1879 à octobre 1880
la maison où il est devenu peintre,
où il partagea la vie des mineurs du Borinage


" Lettres du Borinage "...
la condition des mineurs, dont il se sentait proche.








"Le jeune Vincent Van Gogh arrive à Pâturages au début de l'hiver 1878. Il a 25 ans. Le pasteur Bonte l'accueille et l'installe chez M. Van der Haegen, colpolteur dans la localité et habitant au 39, rue de l'Eglise (cette maison n'existe plus). Premiers contacts avec ces mineurs qui gagnent 2,52 francs... par jour. Il part pour Wasmes, en plein coeur du Borinage, dès le mois de janvier, pour occuper un poste d'évangéliste (à l'instar de son père). Il s'installe d'abord chez Jean-Baptiste Denis, rue de Petit Wasmes. C'est une maison coquette se distinguant des autres. Vincent voulant partager la vie des mineurs la trouve trop luxueuse. Du coup, il loue une cabane. Il se livre tout entier à sa charge d'évangéliste, multipliant les visites, sacrifiant peu à peu son indemnité, ses vêtements, sa nourriture et tout son temps aux mineurs et à leurs familles. Il devient "mineur parmi les mineurs".






"... il y a beaucoup d'enfants, filles aussi bien que garçons"











"Il descend dans la fosse. A 700 mètres de fond, il voit les travailleurs couchés dans les galeries, les enfants, les chevaux, le danger permanent. Il sauve un mineur lors d'un coup de grisou, mais est désavoué en 1879 (il perd en fait sa paie de 50 francs par mois) par l'Union des Églises protestantes de Belgique (à qui sa fonction de "prêtre-ouvrier" ne plaît pas). C'est une décision injuste et humiliante pour lui. On n'a pas compris son action ou plutôt, à une époque où les mineurs n'ont aucun droit, elle effraie.
Choqué, le jeune homme quitte Wasmes et va s'installer à Cuesmes, en août 1879, chez le pasteur Francq, qui loge dans l'annexe d'une maison occupée par un mineur et sa famille, les Decrucq. Il y restera jusqu'à octobre 1880. De là, il explique à son frère Théo à quel point il est désorienté.
Menant une vie d'errance, de souffrances et de privations, Vincent s'exerce au dessin en s'inspirant de la vie des mineurs. Il comprend alors ce qu'il est venu chercher parmi eux :

"J'ai senti mon énergie revenir, et je me suis dit : quoi qu'il en soit, j'en remonterai encore, je reprendrai mon crayon que j'ai délaissé dans mon grand découragement et je me remettrai au dessin, et dès lors à ce qui me semble, tout a changé pour moi".








César Franck's Prélude, Fuge et Variation Op. 18 (1862).


Cuesmes le 20 Août 1880

Cher Theo,
Si je ne me trompe pas tu dois encore avoir “les travaux des champs” de Millet.1 Voudrais tu avoir la bonté de me les prêter pour un peu de temps et de me les envoyer par la poste.
Tu dois savoir que je suis en traîn de griffonner de grands dessins d’après Millet et que j’ai fait les heures de la journée 2 ainsi que le Semeur.3
Hé bien, peut-être si tu les voyais n’en serais tu pas trop mécontent. Maintenant si tu voudrais m’envoyer les travaux des champs, peut-être pourrais tu y ajouter encore d’autres feuilles par ou d’après Millet, J. Breton, Feyen Perrin., n’en achète pas exprès mais prête moi ce que tu peux avoir.
Envoie moi ce que tu pourras et ne crains rien pour moi. Si seulement je puis continuer à tra[va]iller, je remonterai encore de manière ou autre. Mais en fai[s]ant ceci tu m’aiderais beaucoup. Si tôt ou tard tu feras un voyage [e]n Hollande j’espère que tu ne passeras pas sans venir voir les griffonna[g]es.
Je t’écris étant en train de dessiner et je suis pressé de m’y remettre, donc bonsoir et envoye les feuilles le plus [tô]t possible et crois moi

t. à t.
Vincent

chez Charles Decrucq
Rue du pavillon 3
Cuesmes.









Les Millet que j’ai fait sont les heures du jour, le format à peu près celui d’une feuille du Cours de dessin Bargue.

1v:2
Tu comprendras assez toi-même ce qu’il me faut pour que cela soit nécessaire que je te le dise
jamais pourtant je le dirai pour que tu connaisses ma pensée.
Ce sont des études de figure surtout, tel que les bêcheurs de Millet ou la lithographie d’après lui, le Vanneur, puis des figures de Brion ou de Frère ou de Feyen Perrin ou de Jules Breton.
Je crois que tu pourrais peut-être trouver tout juste ce qu’il me faut à l’Alliance des Arts, où l’on a les lithographies des Artistes Contemporains. qui s’y vendent extrêmement bon marché.

Une feuille que j’aimerais immensement à avoir c’est la grande eau forte de Daubigny d’après Ruysdael, le buisson, qui se vend à la calcographie du Louvre.
J’ai griffonné un dessin qui représente des charbonniers, scloneurs  scloneuses allant à fosse le matin dans la neige sur un sentier le long d’une haye d’épines, des ombres qui passent vaguement discernables dans le crépuscule.
Au fond s’estompent contre le ciel les g[ra]ndes constructions du charbonnage  le terris. 

Je t’en envoie le croquis pour que tu puisses te le représenter. Mais je sens le besoin d’étudier le dessin de la figure sur des maîtres tels que Millet, Breton  Brion ou Boughton ou autre. Qu’est ce que tu dis du croquis, l’idée te parait elle bonne?
Il y a dans les photographies d’après J. Breton de Bingham, si j’ai bonne mémoire, une qui représente des glaneuses. Silhouettes sombres sur un ciel où le soleil se couche rouge.

Voilà, c’est des affaires pareilles qu’il me faudrait avoir sous les yeux. C’est puisque je pense que tu aimerais mieux me voir faire quelque chose de bon que de faire Neant, que je t’écris sur ce sujet et peutêtre ce serait une raison pour que l’entente cordiale & la sympathie se retablisse entre nous deux et que nous soyons utiles peut être l’un à l’autre.
J’aimerais beaucoup à exécuter le dessin en question mieux que je ne l’ai fait. Dans celui que j’ai fait, tel qu’il est les figures peuvent avoir 10 centim. de hauteur. Le pendant représente le retour des charbonniers mais il est moins réussi tel qu’il est. C’est très difficile car il s’agit d’un effet de silhouettes brunes frisés de lumière contre un ciel de couchant tigré.
Envoie les travaux des champs par retour de la poste si tu peux; si tu veux.

J’ai écrit un mot à M. Tersteeg pour lui demander si peut- être il y aurait moyen pour que j’eusse pour un temps les exercices au fusain de Bargue,12 c.à.d. les études du modèle nu que tu connais. Je ne sais s’il le fera ou non, c.à.d. de me les envoyer, mais en cas qu’il ne le ferait pas, ne pourrais tu pas l’influencer plus ou moins à mon avantage. Car ces Exercices au fusain me seraient éminemment utiles. Mais peut-être qu’il me fera la grâce de m’en envoyer au moins quelques feuilles, sinon le cours entier.–








"Au Charbonnage, dessin accompagnant la lettre à Théo, de Laeken, faubourg de Bruxelles, le 15/11/1878.
"...Mon petit dessin Au charbonnage n'a vraiment rien d'extraordinaire. Si je l'ai fait machinalement, c'est qu'on voit ici bien des gens qui manipulent du charbon. ce sont vraiment des types caractéristiques. cette maisonnette se trouve près du chemin de halage : au fait, c'est un petit estaminet où les ouvriers viennent manger leur pain et boire un verre de bière à l'heure du casse-croûte.(...) "
"Mon vieux, si j'avais du demeurer encore un mois à Cuesmes, je serai tombé malade de misère. Ne t'imagine pas que je vis à présent dans l'aisance, car ma nourriture consiste principalement en pain sec et pommes de terre, ou en marrons comme on en vend au coin des rues...

Je crois que j'ai tout enduré durant ces deux années passées dans le Borinage : ce ne fût pas un séjour d'agrément."












"...cependant je n'ai pu m'empêcher d'esquisser... des charbonniers allant à la fosse..."
Lettre de Vincent à Théo du 7/9/1880









http://impromptu.artblog.fr/379895/Vincent-van-Gogh/

http://www.webexhibits.org/query-gogh.spy?tem=vangogh&col=vangogh&nh=12&qt=cuesmes&search=Search








Constantin Meunier, au Pays Noir...






































































extraits du livre 'Van Gogh, '

les carnets de l'Art
Pascal Bonafoux

Editions du Chêne
1998

















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