dimanche 11 octobre 2009

Petite Madeleine des Nuages...


"Dans tous les temps, dans tous les pays où le ciel n'est pas toujours limpide et bleu, les nuages ont du séduire l'imagination de l'homme par leurs formes changeantes et souvent fantastiques. Toujours l'homme a dû y deviner les êtres imaginaires ou réels qui occupaient son esprit. Chacun peut y trouver ce qui lui plaît ; le contour de ces vapeurs est si léger, si indécis… une brise les transforme, un souffle les détruit.
Le soir, quand le soleil vient de disparaître à l'horizon, que ses reflets pourprés colorent encore le ciel, les nuages découpés en formes bizarres sont amoncelés au couchant ; l'homme religieusement ému par le calme majestueux et solennel de cette heure poétique, aime à contempler le ciel; il peut découvrir alors dans les nuées des géants et des tours et toutes les fantaisies brillantes de son imagination exaltée.

Ces belles couleurs de pourpre et d'or donneront à son rêve un éclat magnifique et grandiose plutôt que charmant et gracieux ; et pourtant dans les vapeurs légères et roses qui voltigent ça et là dans le ciel, on peut saisir les contours poétiques d'un chœur dansant de jeunes filles.

Puis se laissant aller presque involontairement à une rêverie qui l'absorbe, l'homme oublie peu à peu les objets qui l'entourent; ne voyant plus rien, n'entendant plus rien près de soi, il prête à son illusion le caractère de la réalité, donne la vie aux formes qu'il a devinées et assiste à un spectacle grandiose que lui même il a crée. Ces géants qu'il avait complaisamment découverts, se livrent entre eux de terribles batailles dans le vaste champ du ciel. De temps à autre un des plus vaillants tombe dans un chatoiement de couleurs éblouissantes ; bientôt les vainqueurs s'évanouissent aussi et ces guerriers indomptables ont été renversés par une douce [brise] de la terre.

Alors l'illusion est détruite, la vision est disparue et l'on retombe à terre avec la sensation désagréable qu'on éprouve le matin après la fin d'un beau rêve."

Marcel PROUST Année scolaire 1885-1886


LE PRÉ CATELAN

Route de Tansonville, 28120 ILLIERS COMBRAY
Tél : 02.37.24.00.05
Fax : 02.37.24.16.21
Web : http://www.ville-illiers-combray.fr

Visites : Visites libres
Tarifs : Gratuit
A voir : Pavillon, Kiosque, Pont, Cours d'eau, Grotte, Arbres remarquables, Arbres fruitiers, Arbustes, Plantes vivaces, Arbres remarquables: Platane, Taxodium et Destichum
Fruitiers: pommiers et poiriers
Arbustes: collection d'aubépines
Collection de plantes vivaces


Thèmes :
A l'anglaise
Présentation LE PRÉ CATELAN :
Autour de la rivière, la partie basse du jardin est ornée de petites constructions orientales et exotiques évoquant l'Algérie où Jules Amiot passa une partie de sa vie. Au détour du chemin, nous trouvons un pont, des kiosques, la maison des archers édifiée sur une grotte.
Histoire LE PRÉ CATELAN :
Au XIXème siècle, l'oncle de Marcel Proust, Jules Amiot, créa ce jardin en bordure du Loir afin que les enfatns du village aient un lieu pour jouer. Il était nommé par Marcel Proust "le parc de Swann". C'est ici que l'écrivain a passé une partie de son enfance, dans le village d'Illiers, devenu depuis Illiers-Combray.
Ouvertures LE PRÉ CATELAN :
Ouvert tous les jours de 10h à 19h".


"Catégorie : Jardin
lieu-dit : Pré Catelan
adresse : Sente rurale n° 1 de la Croix-Rompue ; C.D. 149
éléments protégés MH : fabrique de jardin ; installation hydraulique
époque de construction : 2e moitié 19e siècle
personnalité(s) : Proust Marcel (habitant célèbre)
historique : Ce jardin d' agrément fut crée vers 1870 par l' oncle de Marcel Proust, Jules Amiot, qui acheta le terrain à son retour d' Algérie, avant la guerre de 1870. Il le nomma ainsi par référence au Pré-Catelan du Bois de Boulogne. C' est en outre le jardin célébré par Marcel Proust comme la propriété de Swann, le parc de Tansonville. Le site était traversé par le ruisseau la Serpentine, qui était à l' origine enjambé par des ponts flanqués de garde-corps en fausse branches entrelacées en ciment. Le jardin était animé par quatre fabriques, un pavillon des Archers polygonal, en briques émaillées, où la famille Amiot pouvait s' abriter et prendre des collations, un pseudo minaret, la koubba, en briques enduites et couverte d' un dôme en feuilles de zinc, souvenir du séjour en Algérie, et deux pigeonniers.
propriété de la commune
date protection MH : 1999/03/09 : classé MH
Jardin avec ses fabriques, ponts, rocailles et divers éléments bâtis (cad. AD 450, 451) : classement par arrêté du 9 mars 1999
site protégé : site classé
observations : Inscription 09 04 1997 (arrêté) annulée. Site classé 12 12 1946 (arrêté).
type d'étude : recensement immeubles MH
N° notice : PA28000004
© Monuments historiques, 1997"

"C'est à l'âge de six ans, pour les vacances de Pâques et d'été que Marcel Proust vient passer quelques semaines à Illiers. Chez sa tante, Elisabeth Amiot, soeur de son père, et son mari, Jules Amiot, "l'oncle horticulteur et cuisinier", il vit des moments bienheureux. Il revivra des émotions de son enfance lorsqu'il fera d'Illiers-Combray, le Combray du livre "Du côté de chez Swann":


"Les lilas à demi cachés par la petite maison en tuiles appelée maison des Archers, où logeait le gardien, dépassaient son pignon gothique de leur rose minaret. Les nymphes du printemps eûssent semblé vulgaires auprès de ces jeunes houris qui gardaient dans ce jardin français les tons vifs et purs des miniatures de la Perse".

"La société d'Horticulture d'Eure et Loir a décerné en 1906 un "Rappel de diplôme d'honneur" à Jules Amiot (1816-1912) pour "son beau parc du Pré-Catelan". Acquis vers 1850, à la sortie du bourg d'Illiers entre le Loir et "la plus belle vue de la plaine", c'est un terrain irrégulier d'environ 7000 m2 où l'"oncle horticulteur et cuisinier" de Marcel Proust a réalisé un triple dessein selon les modes de l'époque :
Parc à l'anglaise avec rivière "Serpentine", gazons, allées sablées, bosquets, charmilles, parterres fleuris;
Jardin néo-gothique avec grotte en rocaille surmontée d'une "Maison des Archers" (selon la légende, ces archers ont tués le troubadour Catelan);
Décor oriental emprunté à l'Algérie récemment conquise où Jules Amiot fait le commerce des vins : petits bâtiments semblables à des koubbas, sorte de noria (le manège), et plantes exotiques parsemant le parc."


Maison de la Proustille - Pâtisserie

8 rue Léon Ferré

Illiers-Combray


Du côté de chez les Proust...à Illiers-Combray...

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