vendredi 23 octobre 2009

OosTende...Vitr' in de Pluies...





Comme à Ostende

On voyait les chevaux dla mer
Qui fonçaient la tête la première
Et qui fracassaient leur crinière
Devant le casino désert
La barmaid avait dix-huit ans
Et moi qui suis vieux comme l'hiver
Au lieu d'me noyer dans un verre
Je m'suis baladé dans l'printemps
De ses yeux taillés en amande



Ni gris ni verts, ni gris ni verts
Comme à Ostende et comme partout
Quand sur la ville tombe la pluie
Et qu'on s'demande si c'est utile
Et puis surtout si ça vaut l'coup
Si ça vaut l'coup d'vivre sa vie

J'suis parti vers ma destinée
Mais voilà qu'une odeur de bière
De frites et de moules marinières
M'attire dans un estaminet
Là y avait des types qui buvaient

Des rigolos des tout rougeauds
Qui s'esclaffaient, qui parlaient haut
Et la bière on vous la servait
Bien avant qu'on en redemande

Oui ça pleuvait, oui ça pleuvait
Comme à Ostende et comm'epartout
Quand sur la ville tombe la pluie
Et qu'on s'demande si c'est utile
Et puis surtout si ça vaut l'coup
Si ça vaut l'coup d'vivre sa vie


On est allé, bras d'ssus bras d'ssous
Dans l'quartier où y a des vitrines
Remplies de présences féminines
Qu'on veut s'payer quand on est saoul
Mais voilà que tout au bout d'la rue
Est arrivé un limonaire
Avec un vieil air du tonnerre
A vous faire chialer tant et plus
Si bien que tous les gars d'la bande


Se sont perdus, se sont perdus
Comme à Ostende et comme partout
Quand sur la ville tombe la pluie
Et qu'on s'demande si c'est utile
Et puis surtout si ça vaut l'coup
Si ça vaut l'coup d'vivre sa vie



2 commentaires:

Raphaël Zacharie de Izarra a dit…

A OSTENDE

A Ostende l'onde est un songe, la lumière une vague, l'écume une bière âcre.

Là-bas les mouettes se lamentent et les hommes ont l'âme lourde, ce qui est hautement réjouissant car à Ostende tout ce qui gémit est béni.

On vient à Ostende non pour y mourir mais pour voir mourir : dans cette ville en perpétuel automne la mélancolie est un spectacle intime. Les nuées y sont sombres, les âmes brumeuses, les flots lumineux.

A Ostende au casino face à la mer on joue, on perd, on pleure : on est heureux.

Dans cette capitale de la nostalgie l'amour est lunaire, la mort intermédiaire, la vie un interminable regret.

L'existence y est pâle, sereine, quasi funèbre. C'est la chose la plus délicieuse d'Ostende.

A Ostende il y a plein de vieilles en rouge à lèvres qui traînent leurs secrets d'amour glorieux et désuets : dans la ville flamande une tendre poussière recouvre les coeurs séniles.

Ostende est une ville égarée entre la mer et les étoiles, figée dans un siècle de naphtaline.

Raphaël Zacharie de IZARRA

Jacqueline Waechter a dit…

À Ostende
by Alain Bashung


A Ostende j'aime Gibraltar
Ces rochers qui s'ingénient
A me faire du plat

A Ostende
Je tire au stand
Je gagne des otaries

La mer se retire
Cache ses rouleaux
A l'ombre des digues
Elle et moi on s'ennuie

Nos souvenirs
Font des îles flottantes
A Ostende
J'ai la hantise de l'écharpe
Qui s'effiloche à ton cou

A Ostende j'aime Epinal
Ses ondées lacrymales
A l'arrivée du ferry

Un soupçon de fadeur
Un rien de tragédie
Et je pleure
Mon collyre
Ma colère

Flottez hippocampes
Droits comme des i
Laissez-vous porter
Par l'extrême obligeance

Faites fi
De la géographie
Des petits ensembles
Des grands amphis

A Ostende
J'aime Gibraltar
A Ostende j'appréhende
Les forces en présence

Je paye en yens
Des offrandes carabinées
A mes païennes indifférentes
Armes et palabres

A Ostende
Tout me navre

A Oslo j'aime Agadir
Son brouhaha
A Java j'aime la Villette
A l'Alma je soupire
En Ukraine j'aime le fado
A Ostende

Flottez hippocampes
Droits comme des i
Laissez-vous porter
Par l'extrême obligeance

Faites fi
De la géographie
Des petits ensembles
Des grands amphis

A Ostende j'aime Gibraltar
Ces rochers qui s'ingénient
A me faire du plat

A Ostende
Je tire au stand
Je gagne des otaries

La mer se retire
Cache ses rouleaux
A l'ombre des digues
Elle et moi on s'ennuie

Nos souvenirs
Font des îles flottantes
A Ostende
J'ai la hantise de l'écharpe
Qui s'effiloche à ton cou