mercredi 7 octobre 2009

La Zoologie Politique...


"Jean Gaspard Lavater suisse a publié les Essais sur la Physionomie qui a été traduite et illustrée par Fuseli. Cette publication a essayé d'apporter un ordre à la théorie contemporaine que la formation du visage ou crânienne externe a révélé le caractère. C'était une parodie directe de Lavater que le plus grand caricaturiste de Londres, James Gillray a conçu sa plaque que Dublures de Caractères en 1798, en faisant allusion aux motifs révolutionnaires prétendument sinistres du politicien radical Charles James Fox et de ses amis dans le parti Whig en les représentant avec leur grotesque double, le 'Démon d'Arc', le Judas, ou Silenus ivre."


Un autre monde...

«L’économie politique, c’est, en définitive, l’art de faire circuler l’argent tout en le gardant pour le dépenser.»
Pierre Dac - L’Os à moelle - Septembre 1939

«Géométrie politique : le carré de l’hypoténuse parlementaire est égal à la somme de l’imbécilité construite sur ses deux côtés extrêmes.»
Pierre Dac - L’Os à moelle - Mars 1939












http://fr.wikipedia.org/wiki/Grandville

http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=7437&document_type_id=4&document_id=25360&portlet_id=17169&multileveldocument_sheet_id=4945



La Peau de Chagrin, Honoré de Balzac :

« Vous êtes-vous jamais lancé dans l’immensité de l’espace et du temps,
en lisant les oeuvres géologiques de Cuvier ? Emporté par son génie, avezvous
plané sur l’abîme sans bornes du passé, comme soutenu par la main
d’un enchanteur ? En découvrant de tranche en tranche, de couche en couche,
sous les carrières de Montmartre ou dans les schistes de l’Oural, ces
animaux dont les dépouilles fossilisées appartiennent à des civilisations
antédiluviennes, l’âme est effrayée d’entrevoir des milliards d’années, des
millions de peuples que la faible mémoire humaine, que l’indestructible
tradition divine ont oubliés et dont la cendre entassée à la surface de notre
globe, y forme les deux pieds de terre qui nous donnent du pain et des
fleurs. Cuvier n’est-il pas le plus grand poète de notre siècle ? Lord Byron
a bien reproduit par des mots quelques agitations morales ; mais notre immortel
naturaliste a reconstruit des mondes avec des os blanchis, a rebâti
comme Cadmus des cités avec des dents, a repeuplé mille forêts de tous les
mystères de la zoologie avec quelques fragments de houille, a retrouvé des
populations de géants dans le pied d’un mammouth ».



"Le Buffon de l'humanité La zoologie politique de J.-J. Grandville (1803-1847)"



« Lavater nous apprend que les deux ressemblances animales, les plus rares à rencontrer chez l'homme, sont celles de l'éléphant et de l'écrevisse. Grandville savait les y démêler. La belle tête du fabuliste grec avait toujours pour lui une doublure de pelage ou de plumage ; d'ours ou de lion, de cygne ou d'oie. Il en retournait le masque matois, féroce ou rusé, comme il aurait fait d'un gant, et l'on voyait apparaître le visage intérieur de Janus, le reflet des traits subis, le revers de l'expression simulée : un chat, un jaguar, une dinde. C'est en cela que l'œuvre de Grandville est hiéroglyphique, et doit se déchiffrer comme un obélisque. »

Robert de Montesquiou, Le Buffon de l'humanité, dans «Roseaux Pensants», Paris,1897.


Le créateur ne s'est servi que d'un seul et même patron pour tous les êtres organisés. L'animal est un principe qui prend sa forme extérieure ou pour parler plus exactement, les différences de sa forme, dans les milieux où il est appelé à se développer (...) Pénétré de ce système bien avant les débats auxquels il a donné lieu, je vis que, sous ce rapport, la Société ressemblait à la Nature. La Société ne fait-elle pas de l'homme suivant les milieux où son action se déploie, autant d'hommes différents qu 'il y a de variétés en zoologie ? (...) Il a donc existé, il existera donc de tout temps des Espèces sociales comme il y a des Espèces zoologiques.

http://www.caricaturesetcaricature.com/article-12805654.html



La Fontaine:

Les Animaux malades de la peste .

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ;
Nul mets n'excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n'épiaient
La douce et l'innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient :
Plus d'amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J'ai dévoré force moutons.
Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
Et quant au Berger l'on peut dire
Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Âne vint à son tour et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

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