Honoré Daumierbuste-charge des célébrités du juste milieu
Guizot (« Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne et vous deviendrez électeurs » )
1833
terre crue colorée Paris Musée d"Orsay
"Ce gaillard-là a du Michel-Ange sous la peau !" Attribuée à Balzac, exclamation apocryphe
« Paris, voyez-vous, est comme une forêt du Nouveau Monde,
où s’agitent vingt espèces de peuplades sauvages, les Illinois, les
Hurons, qui vivent du produit que donnent les différentes chasses
sociales [...]. Il y a plusieurs manières de chasser. Les uns chassent à
la dot ; les autres chassent à la liquidation ; ceux-ci pêchent des
consciences, ceux-là vendent leurs abonnés pieds et poings liés.
Celui qui revient avec sa gibecière bien garnie est salué, fêté, reçu
dans la bonne société. »
Honoré de Balzac
“A Paris, où les hommes d’étude et de pensée ont quelques analogies en vivant dans le même milieu, vous avez dû rencontrer plusieurs figures semblables à celle de monsieur Rabourdin, que ce récit prend au moment où il est Chef de Bureau à l’un des plus importants Ministères : quarante ans, des cheveux gris d’une si jolie nuance que les femmes peuvent à la rigueur les aimer ainsi, et qui adoucissent une physionomie mélancolique ; des yeux bleus pleins de feu, un teint encore blanc, mais chaud et parsemé de quelques rougeurs violentes ; un front et un nez à la Louis XV, une bouche sérieuse, une taille élevée, maigre ou plutôt maigrie comme celle d’un homme qui relève de maladie, enfin une démarche entre l’indolence du promeneur et la méditation de l’homme occupé. Si ce portrait fait préjuger un caractère, la mise de l’homme contribuait peut−être à le mettre en relief. Rabourdin portait habituellement une grande redingote bleue, une cravate blanche, un gilet croisé à la Roberspierre, un pantalon noir sans sous−pieds, des bas de soie gris et des souliers découverts. Rasé, lesté de sa tasse de café dès huit heures du matin, il sortait avec une exactitude d’horloge, et passait par les mêmes rues en se rendant au Ministère, mais si propre, si compassé que vous l’eussiez pris pour un Anglais allant à son ambassade. (...)”
Les Employés
Honoré de Balzac
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