
Corps Législatif, Projet de médaille
dessin, 1797
Augustin Dupré.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_Dupré

Le 4 septembre 1870, la foule envahit la salle des séances du Corps législatif. La République est proclamée.Corps Législatif 1869,
Salle des Conférences.Députés de la Seine.
2eme Élection.
De Gauche à droite :
Emmanuel Arago, Ad.Crémieux, Al.Glais-Bizoin, Henri Rochefort,
L.Garnier-Pagès, A.Thiers, Jules Favre, Jules Ferry, Eugène Pelletan.
E.Appert, Phot.
24 rue Taitbout, 24
Collection Personnelle Jacqueline Waechter.
"Le Corps législatif était une assemblée législative française institué par la constitution du 14 janvier 1852. Ses membres étaient élus pour six ans au suffrage universel direct ; les élections eurent lieu en février 1852, en juin 1857, en 31 mai 1863 et en mai 1869.
Face à un exécutif omnipotent — les ministres nommés par l'Empereur Napoléon III ne dépendent que de lui — le Corps législatif élu partage des pouvoirs réduits avec le Conseil d'État, composé de fonctionnaires, et le Sénat, dont les membres sont nommés à vie."
Le 4 septembre 1870, la foule envahit la salle des séances du Corps législatif. La République est proclamée.
Pierre Clément Eugène Pelletan,
né à Saint-Palais-sur-Mer (Charente-Maritime)
le 29 octobre 1813 et mort à Paris le 13 décembre 1884,
est un écrivain, journaliste et homme politique français.
"Petit fils de Jean Jarousseau,
un pasteur du désert dont il a raconté la vie dans un livre à succès,
fils d'Achille Pelletan, maire de Royan sous le 1er Empire et la Restauration1, il "monte" à Paris en 1833, et s'y lance dans la carrière des lettres. D'abord proche de George Sand (il est quelques temps le précepteur de Maurice), il se rapproche ensuite de Lamartine qui l'initie à la politique et lui communique ses aspirations républicaines.
Ecrivain au lyrisme enflamé et au style un peu ampoulé, libre penseur mais déiste et spiritualiste2, il se fait le théoricien du Progrès indéfini et continu, dans la continuité de Condorcet. Scandalisé par le coup d'Etat du 2 décembre, il devient, dans la presse et dans ses livres, un adversaire farouche de Napoléon III. Il est député républicain de la Seine de 1863 à 1870, puis des Bouches-du-Rhône de 1871 à 1876. Il est initié franc-maçon en 1864 dans la loge l'Avenir, dont il devient vénérable, avant d'entrer au Conseil de l'ordre du Grand Orient de France. Il entre en septembre 1870 comme ministre sans portefeuille dans le Gouvernement de la Défense nationale. Il finit sa carrière politique comme sénateur des Bouches-du-Rhône de 1876 à 1884. Comptant parmi les "pères fondateurs" de la troisième République3, il est élu sénateur inamovible en juin 1884. Il meurt en décembre de la même année, remplacé le 25 janvier 1885 par Geoffroy Velten.
Eugène Pelletan est le fondateur d'une véritable "dynastie républicaine".Il est le père de Camille Pelletan et d'André Pelletan, sous directeur de l'Ecole des Mines. André épousera Thérèse Ordinaire, fille du député Dyonis Ordinaire et soeur du vice-président du Sénat Maurice Ordinaire. Camille épousera une institutrice dont le frère, Paul Denise, sera élu député en 1919.
Deux des filles d'Eugène Pelletan épousent d'anciens préfet de la Défense Nationale, Edouard Mocqueris et Georges Coulon, futur vice-président du Conseil d'Etat. Sa petite fille, Odette Pelletan, épousera le radical Georges Bonnet, dont la succession électorale sera prise par le fils Alain Paul Bonnet.Son arrière petite fille, Denise Coulon, épousera le peintre Olivier Debré, frère de Michel Debré et oncle de Bernard Debré et Jean-Louis Debré."
Henri Rochefort
Henri de Rochefort-Luçay, marquis né à Paris le 30 janvier 1831, mort à Aix-les-Bains (Savoie) en 1913, mieux connu sous le nom d'Henri Rochefort, est un journaliste et un homme politique français.
Biographie
Le Journaliste
Titulaire en 1849 du baccalauréat, il est un admirateur de Victor Hugo et renonce vite aux études médicales auxquelles le destinait son père, le comte de Rochefort-Luçay, auteur dramatique lui-même, connu sous le nom d'Armand de Rochefort. Il débute une carrière d'employé à l'Hôtel de Ville qui lui laisse le temps d'aiguiser sa plume. Il se tourne rapidement vers le journalisme en fondant avec Jules Vallès la Chronique parisienne, qui ne dure que quelques numéros. Il entre en 1856 au Charivari, chargé de la rubrique théâtre. Malgré une promotion en 1860, il démissionne de la ville de Paris dès que ses revenus littéraires le lui permettent.
Son œuvre théâtrale, une vingtaine de vaudevilles, connaît quelques succès sans marquer la postérité. Prenant pied peu à peu à la rédaction politique du Charivari, sa carrière de journaliste, en revanche, progresse régulièrement. Il contribue également au Nain jaune en 1863.
C'est en entrant au Figaro qu'il oublie sa particule. À l'époque, la presse est sévèrement contrôlée, le Figaro n'a pas encore payé le cautionnement qui autorise à aborder les sujets politiques. Henri Rochefort se limite donc à la vie littéraire. Il s'en approche pourtant en ne ménageant pas les pièces du duc Charles de Morny ou en déclarant son admiration pour l'exilé Hugo. Il quitte le Figaro pour rejoindre le Soleil avant de réintégrer le Figaro avec un salaire quadruplé. Le ton d'Henri Rochefort n'est pas toléré bien longtemps par l'Empire, et il doit quitter le journal.
Henri Rochefort durant sa détention au Fort de l'Île-d'Yeu approuve la création d'un conseil de famille dirigé par son beau-frère Jean Marie Gorges, mari de sa sœur Caroline et ensuite par son secrétaire Olivier Pain.
Il se marie 3 fois, et a 3 enfants avec Jeanne Renault, sa première épouse : Noémie (sa préférée) mariée au peintre suisse Frédéric Dufaux, Henri Maximilien sans descendance, Octave qui réussit brillamment l'École Centrale et devint professeur de physique chimie à l'université de Cordoba (Argentine). Il existe encore des descendants de Henri Rochefort.
La Lanterne
La loi sur la presse devenant plus libérale, il décide de fonder son propre journal : La Lanterne, en mai 1868. Imprimé à 15 000 exemplaires, il faut lancer des tirages supplémentaires pour atteindre les 100 000 exemplaires vendus. L'éditorial du premier numéro restera célèbre : « La France compte 36 millions de sujets, sans compter les sujets de mécontentement… » L'indifférence affichée par le pouvoir ne résiste pas longtemps au succès du journal. Après une interdiction à la vente publique, il est attaqué en justice et sévèrement condamné (amendes et prison). Rochefort rejoint alors à Bruxelles l'autre ennemi de Napoléon-le-Petit : Victor Hugo, qui le loge plusieurs mois.
En France, on continue de se délecter de La Lanterne, vendue clandestinement. Protégé par son exil, Rochefort adopte un ton encore plus acerbe dans ces critiques de l’Empire. L'ennemi juré des bonapartistes est sollicité par les électeurs parisiens lors des élections législatives de 1869, mais il est battu par Jules Favre (auquel se rallient les bonapartistes). En novembre, il est élu au siège laissé vacant par Gambetta.
La Marseillaise
Le 19 décembre 1869 sort le premier numéro de son nouveau journal, La Marseillaise, co-créé avec Lissagaray. Le quotidien accueille les collaborations de Eugène Varlin, Jules Vallès, Paschal Grousset et de Victor Noir. Celui-ci est assassiné le 10 janvier 1870 par Pierre Bonaparte. Les obsèques ont lieu le 12 janvier, suivies par 100 à 200 000 personnes en colère. Pour certains, Rochefort rate à ce moment une occasion de renverser l'Empire.
Le gouvernement parvient à lever l'immunité parlementaire du député et dans la foulée obtient sa condamnation à six mois de prison. Il est conduit à la prison Sainte-Pélagie, où il est plutôt bien traité et peut continuer à écrire pour La Marseillaise et discuter avec ses camarades détenus Paschal Grousset et Olivier Pain. C'est du fond de sa cellule qu'il apprend la déclaration de guerre à la Prusse. Par patriotisme et par prudence, espérant une libération prochaine, il suspend la La Marseillaise. On préfère pourtant le maintenir en prison.
Le militant républicain
La République
Napoléon III s'est rendu, la République est proclamée le 4 septembre, Rochefort est libéré le même jour et porté en triomphe auprès du gouvernement provisoire qui siège à l'Hôtel de Ville. Le gouvernement de la Défense nationale est composé exclusivement des députés de Paris ou de députés ayant été élus à Paris mais ayant opté pour un autre département (Gambetta, Jules Simon). C'est donc de droit qu'Henri Rochefort est membre du Gouvernement de la Défense nationale. Seuls les généraux Louis Jules Trochu et Auguste Le Flo ne sont pas des élus, mais considérés par les républicains modérés comme des anti-bonapartistes. En fait, les électeurs de Rochefort sont heureux de le voir au Gouvernement, car il est la caution de l'extrême gauche contre qui s'est faite cette révolution du 4 septembre. À la suite de l'émeute du 31 octobre, de nouveau confronté à une situation critique, il démissionne prudemment et se dégage de la vie politique jusqu'en janvier 1871, préférant se contenter de fréquenter des amis comme l'éditeur Hetzel ou Edmond Adam et sa femme Juliette Adam. L'armistice du 26 juillet, qu'il rejette, et l'annonce d'élections début février lui fait reprendre la plume en créant Le mot d'ordre. Dès le 5 février, il est solidement élu de même que ceux qu'il soutient.
La Commune de Paris
- La Commune
Il doit rejoindre l'Assemblée à Bordeaux. Celle-ci est favorable à l'armistice : il en démissionne donc rapidement. Il rentre trop tard à Paris pour assister aux débuts de la Commune. Son attitude alors devient plus complexe. Sans croire à la victoire, il refuse la défaite. Sans condamner la Commune, il la soutient de moins en moins, et se fait de plus en plus critique. Dans le Mot d'ordre, les critiques de Thiers et des Versaillais sont vives, mais les communards, notamment ses anciens amis comme Paschal Grousset, ne sont pas épargnés.
En mai, il réussit à échapper aux Communards mais il est arrêté à Meaux et livré aux Versaillais. Le procès a lieu en septembre ; Rochefort est condamné à vie à la déportation en enceinte fortifiée. Ses amis (dont Victor Hugo) tentent d'amoindrir sa peine et obtiennent de Thiers qu'il s'engage à protéger Rochefort.
- La prison
D'abord interné à la prison Saint-Pierre à Versailles, Rochefort est envoyé à fort Boyard où il retrouve Paschal Grousset. Les premières déportations ont lieu en mai, puis, en juin, Rochefort voit partir ses camarades Grousset, Pain et Jourde. Il est transféré à Oléron où il rencontre Henri Messager, et découvre le sort d'un groupe d'insurgés algériens arrêtés en 1871 lors de la révolte des Mokrani qui deviennent bientôt les kabyles du Pacifique. Toujours grâce à l'entremise de ses influents amis de l'extérieur, Rochefort est transféré à Saint-Martin-de-Ré où il peut écrire un roman. Il est même autorisé à épouser la mère de ses enfants gravement malade. En janvier 1873, Rochefort voit partir Achille Ballière.
- La déportation à Nouméa
La démission de Thiers retire à Rochefort toute protection. Malgré l'insistance de Victor Hugo qui écrit au duc de Broglie, la déportation est devenue inévitable et le 8 août, Rochefort est embarqué à bord de « la Virginie », dans le même convoi qu’Henri Messager et Louise Michel, avec qui il échange des poésies. Sévèrement malade durant tout le voyage, Rochefort est plutôt bien traité par le capitaine Launay et peut contribuer à améliorer le sort de ses camarades.
Arrivé le 8 décembre 1873 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, Rochefort, comme tous les déportés en enceinte fortifiée, est débarqué à la presqu'île Ducos. Il se tient à l'écart de ses co-détenus, vit dans la case de Paschal Grousset, qu'il partage aussi avec Olivier Pain. Les trois compagnons ne tardent pas à préparer une évasion, profitant en cela d'un régime de surveillance relativement libéral.
- L'évasion
Le 19 mars 1874, à la nuit tombée, Rochefort, Grousset et Pain atteignent à la nage l'îlot Kuauri qui n'est pas surveillé. Les déportés libres Charles Bastien, Achille Ballière et François Jourde viennent les chercher à bord d'une barque pour rejoindre le PCE, un navire britannique qui doit appareiller le lendemain pour Newcastle en Australie.
Malgré quelques difficultés l'évasion réussit et les fuyards parviennent en Australie le 27 mars. Rochefort s'empresse de prévenir Edmond Adam qui lance une souscription destinée à payer les frais et à financer le retour des évadés en Europe. Rochefort partage alors assez inéquitablement la somme reçue. Les évadés se séparent. Olivier Pain et Rochefort choisissent de rejoindre le plus tôt possible le Royaume-Uni en passant par l'Amérique. Ils embarquent donc à bord du « Cyphrénès » dans lequel Jourde et Ballière ont aussi réussi à prendre place jusqu'aux aux Îles Sandwich (Hawaii) avec une escale aux Îles Fidji. Ils embarquent alors vers San Francisco d'où ils rejoignent New York. Rochefort, sollicité par le New York Herald pour rapporter le récit de la déportation, s'empresse d'accepter. Rochefort et Pain parviennent enfin à Londres le 18 juin 1874 où ils sont accueillis par les communards exilés.
C’est la seule évasion réussie de toute l'histoire du bagne de Nouvelle-Calédonie.
Le retour triomphale et la Chute
L'Intransigeant
Il serait à l'origine de l'emploi du terme opportuniste pour désigner les députés, notamment Gambetta, qui attendent le moment opportun pour voter l'amnistie. Celle-ci étant enfin votée le 11 juillet 1880, il peut rentrer à Paris. Son arrivée donne lieu à un triomphe, presque à une émeute. Il reprend son activité de polémiste avec L'Intransigeant, qui paraît dès le 14 juillet et rencontre un grand succès qui permet à Rochefort d'engager nombre d'anciens déportés. L'Intransigeant porte la voix des anciens communards mais bien vite, c'est son tour d'être la victime d'une campagne de presse comme il en a tant menées.
Son absence aux funérailles d'Albert Joly (1844-1880) fournit l'occasion à ses adversaires d'accuser Rochefort d'ingratitude. On reparle alors des 25 000 F de la souscription que Rochefort n'a pas remboursés et qu'il aurait inéquitablement répartis entre les évadés. Des proches comme Paschal Grousset ou Henry Bauër contestent les rôles que Rochefort se donne dans la déportation, puis dans l'évasion, mais c'est l'engagement de Rochefort dans le boulangisme qui va sceller la rupture avec ses anciens amis.
Le nationalisme : le boulangiste et l'antidreyfusard
Henri Rochefort est le directeur du journal L'Intransigeant. Il se rapproche progressivement du boulangisme et de l'extrême droite. Il rejoint le Comité républicain de protestation nationale, puis entre au comité directeur de la Ligue des patriotes. Il est l'un des plus forts soutiens au boulangisme triomphant aussi bien intellectuellement que financièrement.
Lorsque qu'éclate l'affaire Dreyfus, il laisse libre court à son antisémitisme pour mener campagne avec les « anti »'.
L'isolement social
Déjà, sous l'affaire Dreyfus, sa popularité est largement entamée auprès des classes populaires. Bientôt, il ne peut plus honorer le mur des Fédérés sans subir les quolibets des Parisiens.
Il continue inlassablement son activité de polémiste et, sans grand discernement, mène des combats contradictoires pour lesquels le goût de la formule l'entraîne souvent vers l'insulte. En 1913, c'est un homme isolé, que bien peu regrettent, qu'on enterre civilement, Rochefort étant jusqu'au bout resté fermement anticlérical.
(François Victor Emmanuel Arago),
né à Paris le 6 août 1812 et mort à Paris le 26 novembre 1896, est un homme politique français, fils de François Arago.
Biographie
"Ardent républicain comme son père et ses oncles, Emmanuel Arago est nommé Commissaire du Gouvernement provisoire de 1848 (préfet) à Lyon en mars 1848. Il démissionne du poste de ministre plénipotentiaire à Berlin lorsque Louis-Napoléon Bonaparte est élu à la Présidence de la République en décembre 1848. Il est député des Pyrénées-Orientales de 1848 à 1851.
Député de Paris en 1869, il assume dans le gouvernement de la Défense nationale les responsabilités de ministre de la justice, puis celle de ministre de l'intérieur. Membre de l'Assemblée législative de 1871 à 1876, sénateur des Pyrénées-Orientales de 1876 à 1896, il est aussi ambassadeur à Berne de 1880 à 1884.
Élu sénateur inamovible, il obtient 27 voix sans être candidat à l'élection présidentielle du 27 juin 1894 qui verra le succès de Casimir-Perier
Son fils, Pierre Jean François Arago, a été député des Alpes-Maritimes sous la Troisième République."
Étienne Garnier-Pagès
Étienne Joseph Louis Garnier, dit Garnier-Pagès,
est un homme politique français né à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 27 décembre 1801 et mort à Paris le 23 juin 1841.
Biographie
Il n'était âgé que de 20 jours lorsqu'il perdit son père, Jean-François Garnier, chirurgien de marine. Sa mère se remaria deux ans plus tard avec Simon Pagès, professeur, dont elle eut un autre fils, Louis-Antoine Garnier-Pagès (1803-1878). Les deux enfants grandirent tout d'abord sans savoir qu'ils étaient issus d'unions différentes. Lorsque plus tard ils l'apprirent, ils ne purent se résigner à porter deux noms différents, et, en signe d'étroite fraternité, ils convinrent d'adopter le double nom de « Garnier-Pagès », que tous deux illustrèrent.
L'aîné eut des débuts difficiles : employé dans une maison de commerce à Marseille, puis commis dans une compagnie d'assurances maritimes à Paris, il trouva néanmoins le temps d'étudier le droit et, reçu avocat, fit de brillants débuts au palais de justice. Mais la mort de son beau-père, puis celle de sa mère, en le livrant à lui-même, le décidèrent à aborder la carrière politique. De bonne heure, il avait suivi le mouvement libéral et était entré dans la société « Aide toi, le ciel t'aidera », et était entré en rapport avec la plupart des groupes démocratiques ou maçonniques où la jeunesse conspirait contre le gouvernement de la Restauration.
Il prit une part active aux Trois Glorieuses, fut nommé président du conseil de révision des récompenses nationales, réorganisa sur de nouvelles bases la société « Aide-toi, le ciel t'aidera », qui le choisit comme président et qu'il dirigea, contrairement à l'opinion de la plupart de ses amis de la veille, dans un sens hostile à la dynastie nouvelle. Garnier-Pagès était en effet de ceux qui avaient cru combattre pour la république et dont la monarchie de Juillet trompait les espérances.
Son énergie et son habileté lui valurent une popularité rapide, et il avait à peine atteint l'âge de l'éligibilité (30 ans), qu'il fut choisi comme candidat de l'opposition dans le 4e collège électoral de l'Isère (La Côte-Saint-André), où un siège était vacant du fait de la démission de Félix Réal. Il fut élu député le 28 décembre 1831. Il prit place à l'extrême-gauche de la Chambre des députés, parmi la petite fraction républicaine. Seul Casimir Perier protesta contre l'admission du nouvel élu.
Garnier-Pagès ne tarda pas à partager avec Armand Carrel la direction du parti républicain. Il se distinguait par sa finesse, sa pénétration et sa prudence, « par une habileté singulière, selon un historien, à mettre aux prises les partis adverses, de manière à les ruiner l'un par l'autre, en obtenant l'estime et les applaudissements de chacun d'eux »
Affable et insinuant, son esprit vif, sa simplicité, sa grâce familière, son langage fait de naïveté et de malice, lui conquirent une véritable influence au sein de la Chambre, bien au-delà de ceux qui partageaient ses options politiques.
Il eut une grande part à la rédaction du compte rendu de 1832 et son rôle parlementaire grandit chaque jour au milieu des événements. L'insurrection de 1832 fut pour lui l'occasion d'une lutte de tribune où son sang-froid ne se démentit pas, et où il tint tête au ministère et à la majorité. Aux accusations incessantes contre les sociétés secrètes, il répondit un jour, avec à propos, que deux hommes éminents qui siégeaient au banc du gouvernement, avaient fait partie, l'un, François Guizot, de la société « Aide-toi, le ciel t'aidera », l'autre, Félix Barthe, de la charbonnerie. Il fut au nombre des députés qui se récusèrent dans le procès du journal La Tribune (1833).
Garnier-Pagès échoua aux élections générales du 21 juin 1834 dans le 2e collège électoral de l'Isère (Grenoble), mais, six mois plus tard, il fut élu député, le 3 janvier 1835, par la 2e circonscription de la Sarthe (Le Mans), devenue vacante en raison de l'option de Cormenin pour Joigny. Garnier-Pagès reprit sa place dans l'opposition démocratique et continua sa lutte contre la politique gouvernementale. Il se prononça contre les lois de septembre 1835, les lois de disjonction, d'apanage, etc. Réélu le 4 novembre 1837, il fut naturellement de la coalition formée contre le ministère Molé, mais sans intention d'entrer dans aucune combinaison ministérielle.
Il fut l'un des principaux animateurs du mouvement réformiste. Plus radical que la plupart de ses collègues de la gauche, il se déclara dès 1840 partisan du suffrage universel et résuma ses aspirations égalitaires dans une formule pittoresque et souvent citée : « allonger les vestes sans raccourcir les habits ». Il déclara à la tribune de la Chambre : « Pour moi, je ne recule pas devant le titre de révolutionnaire ; et pourtant je ne pense pas que tout progrès ne puisse venir que par le moyen des révolutions. Ne croyez pas qu'il n'y ait dans cette assemblée ni parti ni homme qui veuille entasser débris sur débris [...] Nous représentons ici des idées philosophiques et des idées pratiques. »
Membre et rapporteur de diverses commissions, il émit sur la conversion des rentes, la Banque de France, etc. des idées qui trouvèrent ensuite application. Il fut le rapporteur du chemin de fer de Rouen et des paquebots de la Méditerranée. Il participa activement aux débats sur les affaires d'Orient (1840) et se sépara de ses amis du National pour combattre le projet de fortifications de Paris, protestant contre l'« embastillement » de la capitale.
Atteint depuis l'enfance d'une maladie de poitrine, il mourut prématurément à 39 ans le 23 juin 1841. Une foule immense accompagna sa dépouille mortelle au cimetière.
Jugements
* « Il avait le plus rare des courages dans un pays où tout le monde est brave de sa personne ; il était brave de sa conscience. » (Cormenin)
Wikipédia Sources, l"Encyclopédie Libre.
2 commentaires:
La mort était assez proche de lui, voir même un moteur indispensable à sa progression.
Excellente biographie. Bravo
Merci !
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