Translate

Rechercher dans ce blog

Chargement...

jeudi 4 février 2016

Automation, reengineering de la pensée Deus ex machina ?

Partager














  • Le dessein de Dieu est plus de perfectionner la volonté que l’esprit. 

  •  (Blaise PascalPensées)











"S'il n'avait jamais rien paru de Dieu, cette privation éternelle serait équivoque, et pourrait aussi bien se rapporter à l'absence de toute divinité, qu'à l'indignité où seraient les hommes de le connaître ; mais de ce qu'il paraît quelquefois, et non pas toujours, cela ôte l'équivoque".


Blaise Pascal
Pensées

ragment 559 





La pensée pascalienne est une pensée paradoxale 
"il ne dit jamais oui ou non, mais toujours oui et non".

Dieu est toujours et ne paraît jamais, bien qu'il soit certain qu'il puisse paraître à chaque instant de la vie sans qu'il le fasse jamais effectivement". 

Pour Pascal et pour l'homme tragique, cette absence du Dieu est une présence permanente "plus importante et plus réelle que toutes les présences empiriques et sensibles", c'est "la seule présence essentielle".


Comme le tragique pascalien, le révolutionnaire a soif d'absolu, c'est à dire d'une perfection concrétisée dans une humanité délivrée de tout ce qui la divise contre elle-même. Cette espérance exige pour être concrétisée une conscience aiguë de la totalité : tout doit être mis en relation avec tout.




(1) Le Dieu caché : étude sur la vision tragique dans les Pensées de Pascal et dans le théâtre de Racine / Lucien Goldmann. 
- Paris : Gallimard, 1983. -
( Tel ; 11 ). - p.7 . - 1ère édition en 1959. , collect. Bibliothèque des Idées, même éditeur.


Dans Le Dieu caché, il montre ainsi qu’une même structure tragique se retrouve dans l’œuvre de Pascal et dans les tragédies de Racine, puis dans la « vision du monde » janséniste, et enfin dans le destin social de la noblesse de robe menacée de déclassement par la curialisation de la monarchie. Ainsi, le tragique est l’expression symbolique de la conscience de classe de ce groupe social, et organise tant une vision du monde collective que des œuvres artistiques et philosophiques singulières. La relation d’homologie permet de tenir à la fois l’autonomie relative de chacun de ces ordres de réalité, et leur rapport de détermination : ce sont bien les conditions et contradictions inhérentes à une position sociale collective qui produisent des structures mentales partagées, et leur réplication ou transfert d’un ordre à l’autre.
« [Sur les relations entre les contenus des œuvres et ceux de la conscience collective,] le structuralisme génétique a représenté un changement total d’orientation, son hypothèse fondamentale étant précisément que le caractère collectif de la création littéraire provient du fait que les structures de l’univers de l’œuvre sont homologues aux structures mentales de certains groupes sociaux ou en relation intelligible avec elles, alors que sur le plan des contenus, c’est-à-dire de la création d’univers imaginaires régis par ces structures, l’écrivain a une liberté totale » (Goldmann, 1964, p. 345).
(¨¨¨)
« [L’étude des œuvres doit permettre] des groupements provisoires d’écrits à partir desquels il s’agira de rechercher dans la vie intellectuelle, politique, sociale et économique, des groupements sociaux structurés, dans lesquels on pourra intégrer, en tant qu’éléments partiels, les œuvres étudiées en établissant entre elles et l’ensemble [des productions de ces groupes] des relations intelligibles et, dans les cas les plus favorables, des homologies » (Goldmann, 1964, p. 352).

in

http://ressources-socius.info/index.php/lexique/21-lexique/155-homologie





"les faits humains ont toujours le caractère de structure significative dont seule une étude génétique peut apporter à la fois la compréhension et l'explication ...qui sont inséparables pour toute étude positive des faits". (10)













L'originalité de la méthode goldmannienne réside dans le fait qu'il met en relation d'homologie des microstructures (de fragments) avec des structures plus larges (englobant l'ensemble de l'oeuvre), elles-mêmes mises en relation avec les structures fondamentales de la conscience maximale possible d'une couche sociale précise.
L'analyse de Goldmann, même s'il elle approche le texte pas à pas, comme dans l'analyse des 26 premières répliques des "Bonnes" de J. Genet, n'est cependant pas formaliste: elle ne s'attache que peu aux procédés littéraires, préférant examiner la structuration sous-jacente du sens du texte. De même Goldmann ne semble pas recourir aux procédés quantitatifs ou statistiques. Le structuralisme de Goldmann n'est pas celui d'un sémioticien s'attachant à distinguer soigneusement connotation de la dénotation. En fait Goldmann se situe dans le prolongement de la dialectique hegelienne : le travail de l'oeuvre est mise en relation des éléments constitutifs de la pensée de l'auteur qui s'exprime par l'oeuvre et dont la structure se reflète dans la structure textuelle.
Goldmann n'a jamais hésité à faire explicitement référence au matérialisme dialectique. Malgré cette référence, il s'écarte pourtant résolument d'une conception mécaniste de la célèbre "théorie du reflet" et n'a pour cela pas fait l'unanimité des critiques marxistes. Loin d'être un simple miroir des faits économiques ou des tensions sociales, l'oeuvre littéraire contribue à structurer et à forger la conscience collective. En cela les écrivains conservent un rôle dynamique dans l'évolution des idées ; ce qu'un certain marxisme a refusé catégoriquement, conférant aux facteurs sociaux "objectifs" (développement des forces productives et rapports de production) la place de facteur déterminant "en dernière instance" dans la production de la "superstructure idéologique". Il convient donc de situer l'oeuvre de Goldmann dans le contexte plus large de la critique marxiste dont il nous faut à présent retracer les éléments constitutifs.

Patrice Deramaix







" Nous sommes en train de vivre cette bascule vers une ‘biologie’ de l’attention dans laquelle c’est, in fine, notre propre génome qui constituera la première source documentaire permettant d’ériger un nouvel ordre du monde."

http://rue89.nouvelobs.com/2015/03/07/web-40-sera-celui-genome-ya-quoi-flipper-258063
http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-manipulation-genetique-embryons-humains-autorisee-royaume-uni-61468/



http://www.genethique.org/fr/labsence-de-consensus-autour-de-linterdiction-du-clonage-est-alarmant-64686.html#.VrH-hjbhDHc








Différence entre l’esprit de géométrie et l’esprit de finesse.

En l’un les principes sont palpables mais éloignés de l’usage commun, de sorte qu’on a peine à tourner la tête de ce côté‑là, manque d’habitude. Mais pour peu qu’on l’y tourne, on voit les principes à plein, et il faudrait avoir tout à fait l’esprit faux pour mal raisonner sur des principes si gros qu’il est presque impossible qu’ils échappent.
Mais dans l’esprit de finesse les principes sont dans l’usage commun et devant les yeux de tout le monde. On n’a que faire de tourner la tête ni de se faire violence, il n’est question que d’avoir bonne vue. Mais il faut l’avoir bonne, car les principes sont si déliés et en si grand nombre, qu’il est presque impossible qu’il n’en échappe. Or l’omission d’un principe mène à l’erreur. Ainsi il faut avoir la vue bien nette pour voir tous les principes, et ensuite l’esprit juste pour ne pas raisonner faussement sur des principes connus.
Tous les géomètres seraient donc fins s’ils avaient la vue bonne, car ils ne raisonnent pas faux sur les principes qu’ils connaissent. Et les esprits fins seraient géomètres s’ils pouvaient plier leur vue vers les principes inaccoutumés de géométrie.
Ce qui fait donc que de certains esprits fins ne sont pas géomètres, c’est qu’ils ne peuvent du tout se tourner vers les principes de géométrie. Mais ce qui fait que des géomètres ne sont pas fins, c’est qu’ils ne voient pas ce qui est devant eux et qu’étant accoutumés aux principes nets et grossiers de géométrie, et à ne raisonner qu’après avoir bien vu et manié leurs principes, ils se perdent dans les choses de finesse où les principes ne se laissent pas ainsi manier. On les voit à peine, on les sent plutôt qu’on ne les voit, on a des peines infinies à les faire sentir à ceux qui ne les sentent pas d’eux‑mêmes. Ce sont choses tellement délicates, et si nombreuses, qu’il faut un sens bien délicat et bien net pour les sentir et juger droit et juste selon ce sentiment, sans pouvoir le plus souvent le démontrer par ordre comme en géométrie, parce qu’on n’en possède pas ainsi les principes, et que ce serait une chose infinie de l’entreprendre. Il faut tout d’un coup voir la chose d’un seul regard, et non pas par progrès de raisonnement, au moins jusqu’à un certain degré. Et ainsi il est rare que les géomètres soient fins et que les fins soient géomètres, à cause que les géomètres veulent traiter géométriquement ces choses fines et se rendent ridicules, voulant commencer par les définitions et ensuite par les principes, ce qui n’est pas la manière d’agir en cette sorte de raisonnement. Ce n’est pas que l’esprit ne le fasse mais il le fait tacitement, naturellement et sans art, car l’expression en passe tous les hommes, et le sentiment n’en appartient qu’à peu d’hommes.
Et les esprits fins au contraire, ayant ainsi accoutumé à juger d’une seule vue, sont si étonnés quand on leur présente des propositions où ils ne comprennent rien, et où pour entrer il faut passer par des définitions et des principes si stériles, qu’ils n’ont point accoutumé de voir ainsi en détail, qu’ils s’en rebutent et s’en dégoûtent.
Mais les esprits faux ne sont jamais ni fins ni géomètres.
Les géomètres qui ne sont que géomètres ont donc l’esprit droit, mais pourvu qu’on leur explique bien toutes choses par définitions et principes ; autrement ils sont faux et insupportables, car ils ne sont droits que sur les principes bien éclaircis.

Et les fins qui ne sont que fins ne peuvent avoir la patience de descendre jusque dans les premiers principes des choses spéculatives et d’imagination qu’ils n’ont jamais vues dans le monde, et tout à fait hors d’usage.

Blaise Pascal

Pensées




































Dans la clarté diffuse d'un jour presque sans preuves l'invisible nous porte, irrésolu passeur. 
Qui l'affronte s'aveugle, qui s'en éprend se perd.


Paul Chaulot 
Soudaine écorce, éd.. Seghers




http://jacquelinewaechter.blogspot.fr/2012/10/la-meilleure-facon-de-predire-lavenir.html


Un Speech pour tous façon Babel New Look ?

http://jacquelinewaechter.blogspot.fr/2013/05/un-speech-pour-tous-facon-babel-new-look.html


Virale société de la requête...

http://jacquelinewaechter.blogspot.fr/2015/09/virale-societe-de-la-requete.html




If ...When is now; when was then?

http://jacquelinewaechter.blogspot.fr/2013/07/if-when-is-now-when-was-then.html



Techniquement, progresser humainement ?


http://jacquelinewaechter.blogspot.fr/2015/12/techniquement-progresser-humainement.html









 « Nous vivons sous un prince ennemi de la fraude, 
 Un prince dont les yeux se font jour dans les cœurs, 
 Et que ne peut tromper tout l’art des imposteurs. ».


Tartuffe
Molière



http://www.economiematin.fr/news-face-a-l-ia-l-humour-est-il-notre-dernier-pre-carre-




Quel est le rapport d'un individu avec son temps ?



L’humour et une forme d'esprit qui résiste à l'Intelligence artificielle.


Le rire fait le propre de l’Homme

Si l’Intelligence Artificielle peut classer des images de caricatures réalistes, elle ne sait pas articuler des récits afin d'être drôle elle-même.



Le trait d'humour dessine l'esprit de finesse. 



Le langage imagé, les pointes d'ironie, l'appel à l'absurde, les références culturelles subtiles particulières à chaque culture, 
autant de terra incognita pour le langage chiffré utilisé par les machines, 
grande fabrique de stéréotypes de divers genres. 

La sensibilité, l'émotion,
tout ce qui, en certaines circonstances tragiques ou comiques de la vie,
envahit l'être humain troublé, dès lors submergé de désir, de crainte ou de doute, 
laisse de marbre la fabrique machinique du langage artificiel.



    • C’est grâce aux progrès techniques en particulier dans les domaines de la machinique et de l’informatique, que l’on peut améliorer continument la productivité tout en utilisant de moins en moins de travail humain (automatisation, reengineering…). 
    •  (Augustin FontanierSéminaire 
    • « Fabrique de la pensée technique », A.F. Garçon – Synthèse, 18 janvier 2010)


Quel drôle de langage de rêve pour la créature algorithmique !











jeudi 28 janvier 2016

Le procès Galilée... José R. GUNZBURG

Partager






José R. GUNZBURG
Avocat
Chargé de cours à l'I.S.C.E.A
LE PROCES GALILEE

DISCOURS

prononcé à la Séance Solennelle de Rentrée
du Jeune Barreau d'Anvers
le 4 Novembre 1961


Larcier
Bruxelles
 1962




"Désormais tout est possible ; mais tout devient incertain".


Albert Lilar

"Eloge de l'humanisme"
DISCOURS

 de Rentrée de la Conférence
du Jeune Barreau d'Anvers,
le 30 novembre 1935
Buschman, Anvers,
1938, p.26



Hommage à Galilée. dessin globe lumineux J.Waechter

E pur si muove!


"Et pourtant elle tourne !"







A Rome, le 22 juin de l'année 1633, un matin, un vieillard se présente devant le tribunal du Saint-Office, siégeant dans le couvent dominicain de Santa Maria novella, construit sur un temple romain dédié à Minerve, déesse de l'intelligence et de la sagesse.
A genoux, revêtu de la chemise blanche des pénitents, il fait face à une assemblée de cardinaux en robe rouge.
Une longue sentence déclare absurde et hérétique l'opinion que le soleil soit le centre immobile du monde.

L'opinion que la terre tourne et se meut autour du soleil est déclarée fausse et erronée.









Il annonce en 1610, avec quelque mise en scène, la construction d'une lunette astronomique, - reproduite d'après une description reçue de Hollande.


L'imagination de ses contemporains fut véritablement déchaînée par les perspectives que l'usage d'une pareille lunette paraissait ouvrir.

Les marins et les soldats discutaient de son influence sur la science militaire,

les femmes frissonnaient à l'idée qu'un inconnu pouvait les observer de très loin, et les bourgeois s'inquiétaient, comme toujours, se demandant si le fisc
n'allait pas les surveiller ainsi de plus près !
Et la lune, que l'on put mieux observer, n'était plus seulement un globe d'argent suspendu dans l'azur.
On crut y découvrir des continents et des mers , des montagnes et des plaines.
De là à prétendre que la lune pouvait être habitée, il n'y avait qu'un pas,
que les plaisantins et les poètes franchirent aisément.





Car n'est-il pas vrai, hélas que l'intolérance des hommes grandit souvent lorsqu'ils commencent à douter d'eux-mêmes 
ou du bien-fondé des thèses qu'ils défendent.











Photo montage
Hommage à Galilée. dessin globe lumineux J.Waechter




"L'homme a tissé un grand filet, puis l'a jeté sur les cieux ,
et les cieux maintenant sont à lui".

Ignatius 351

John Donne








Photo montage
Hommage à Galilée. dessin globe lumineux J.Waechter







un "pied de nez" au Pape...dans l'esprit de la révolution de Copernic...











En Italie naquit un marché noir où les savants, les moines et les prélats se disputèrent les exemplaires du dialogue,
dont le prix centupla.
Ils voulaient savoir ce que contenait le livre condamné.





Ainsi une première conclusion se dégage de ce procès.

Le tribunal du Saint-office, pour éteindre un conflit limité, 
avait employé une force de frappe disproportionnée à son objet.
Il provoqua ainsi des réactions en chaîne, dont les effets s'étendront 
pendant plusieurs siècles encore.

Devant un problème insolite, dans un climat d'insécurité,
les hommes sont toujours tentés d'éliminer toute contradiction.

Mais lorsque la signification d'un procès continue à inquiéter les hommes
au-delà des frontières et en dehors du temps, 
c'est qu'il renferme quelque élément lui conférant
une résonance toujours actuelle.

Le climat politique et moral de l'Europe rappelle étrangement 
celui de la guerre de Trente Ans.








Hommage à Galilée. dessin fenêtre globe lumineux J.Waechter











Hommage à Galilée. dessin fenêtre globe lumineux J.Waechter










"Que la chose nous plaise ou non,
comprenons donc enfin que rien,
absolument rien, n'empêchera jamais l'homme d'aller en toutes directions, 
et plus spécialement en matière de biologie, jusqu'à l'extrême bout de ses puissances de recherche et d'invention "

Teilhard de Chardin

cité dans Jean Rostand
Science fausse, et fausses sciences, p 34



Gagarine et Sheppard ont fait irruption dans les espaces infinis, 
dont le silence éternel effrayait Pascal.





Hommage à Galilée, portrait par J.Waechter



Sur le plan de la morale enfin,
la puissance des armes nucléaires confère à certaines objections de conscience 
un accent nouveau.

Un savant peut-il, ou doit-il, refuser son concours à des recherches visant à la destruction d'une partie de l'humanité ?







Aujourd'hui le développement de la science a transformé la mégalomanie de certains hommes en une menace mortelle pour l'Europe
et pour le monde tout entier.





Hommage à Galilée, portrait par J.Waechter



Le recours à l'argument d'autorité, à la répression, peut pendant quelques temps masquer les symptômes d'une décadence, 
mais ne peut jamais remédier aux causes profondes.



Soutenir que tout changement soit nécessairement un progrès, 
expose à se tromper souvent.

Mais affirmer que l'ordre  établi repose toujours sur des idées vraies, intangibles,
éternelles, n'assure pas non plus un monopole de la vérité.

S'abstenir de crier à l'hérésie devant une solution qui nous étonne, 
telle est la première condition pour faire face aux nombreux problèmes 
de l'heure.
Mais il en est une autre.

Il nous faut regarder l'avenir avec un esprit ouvert, 
afin de voir le monde tel qu'il est
et les hommes tels qu'ils sont.



 J GUNZBURG Le proces Galilee Larcier 1962








"Si je savais quelque chose utile à ma patrie, et qui fut préjudiciable à l'Europe,
ou bien qui fut utile à l'Europe et préjudiciable au genre humain,
je la regarderais comme un crime"

Montesquieu.

Pensées
(11.741.492) 

éditions Pléiade, p 981





Hommage à Galilée, portrait par J.Waechter