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jeudi 26 mars 2015

L'annonciateur de l'ère du cosmique.

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Rainbows, halos, and glories :The Nature of Light and Colours in the Open Air.

Souvenir d'un spectre de Brocken.





RÊVERIE




Berger las du troupeau sentimental des heures
Solaires au Brocken nu dos nuits spirituelles,
Sur le fond merveilleux des cieux intérieurs,
Je regarde monter mon Ombre essentielle.

Moi ?

Bulle instable  le présent se mire ;

Moi ?
Bulle que les passés organiques gonflèrent.
Moi ?
Tentaculeissu dos limbes millénaires,
Que la poussée des jours nouveaux étire ;

Moi ?
Bouture
De l’hydre Humanité
Qui gonfle et multiplie son milliard de têtes
À la conquête du futur.

Moi ?

Jadisau marais des genèses primaires,
Un geste aventureux de monade erratique
 Amibe précurseur des vies élémentaires 
Parmi l’obscur vagissement du flux panique
Ébaucha mon rêve : Univers.

Remous central des énergies de l’Infini,
L’âmetapie au fond des organismes,
Tissesur l’armature des os et de la chair,
L’aranéen filet des nerfs
Qui draguehors des flots inconscientsle Monde.
Enracinée aux générations profondes
 le monde et les nerfs l’un l’autre se révèlent,
Mon âmeépanouie en des cerveaux plus fiers,

Suspend
 au thyrse d’or des Lois universelles,
En grappes de clarté vivantela Matière.

Eucharistie !
Le Cosmos éternel est ma chair et mon sang :
Le Cosmos tout humain palpite à mes artères
En élixir vivant ;

 Etrougeoyant aux feux des suprêmes chimies,
Jusqu’aux tréfonds incalculables du passé,
Jusqu’au perpétuel futur de la matière,
Cet instant-roi,
Globule fulminant d’ineffable pensée,
Roule dans le creuset de mon âme éphémère
La gravitation éternelle  de moi.

 Non Moi ?
Bolide instantané
Craquéphosphoreà la muraille du Néant.
 Qu’importe !
Un soir unique,
Un soir adamantin de suprême synthèse,
Battit en moi le cœur de la Force panique ;

Etcontempteur des immortalités niaises,
 Pulvis es !  je t’accueille en orgueil radieux,
Imbécile néant de la Toute-Poussière ;

Maisjusqu’au dernier jourtu roulerasô Terre,
Par l’aveugle Cosmos la poussière d’un dieu !




(Notations.)


 Théo Varlet 



Double lune miroir dans les nuages bleus, mauves, or, azur d'un rêve.
Lunaisons de rêves.








Les promeneurs tardifs rentrent sous les yeuses  :
C'est aujourd'hui le dernier soir de notre amour ;
- Et nous n'avons pas dit les choses merveilleuses !

O destins éternels ! un jour ! encore un jour !
Je veux, demain, penché sur ton sourire étrange,
Joconde, approfondir le secret de tes yeux !

- Emportant nos désirs aux Iles Bienheureuses;
Les tartanes ailées glissent dans la nuit bleue,
Et la lune, quartier minuscule d'orange,
Mourant au bas du ciel idéaliste, versa
Un acide désir d'impossibles tendresses...



(Syracuse, 1906)


Théo Varlet 
a utilisé le pseudonyme de « Déodat Serval » 
et de Richard de Clerval (collectif) ( – )






Syracuse, poésie manuscrite de Théo Varlet, 1906. Sur fond bleu, rose mauve.
Poème autographe Théo Varlet.




LE MOULIN

Hélas ! au long des jourssempiternellement,
Pour quel méthodique labeurtoujours le même,
D’identique blé broyé,
Avec des gestes véhéments
Se buter à l’insoluble problème
D’un cercle jamais dessiné !
 Tandis que dans son cœur craquent des engrenages,
Le moulin  ô routine résignée ! 
De ses quadruples bras dévide les nuages.
Maisdans les larges soirs lunaires,
Dans les soirs immobiles et blancs,
Écartelé sur son échafaud solitaire,
Le moulin étire ses membres ballants
Etpar le ciel de mystère,
Doucement rame,
Etavec des grâces moelleuses de pavane,
S’essore.
Malgré le calme et la brise nulle,
Hilare et muettoutes voiles dehors,
Le moulin fantomal fauche du clair de lune.

Dégrafé des mornes mécaniques,
Le grand moulin vertigineux
Se venge des monotonies logiques,
Et son élan toujours plus hasardeux
Hèlede gestes conjuratoiresla Nuit.

 Vire plus vite le grand cercle magique
Ivre de folie :
Ses quatre raquettes de toile
Écorchent les immensités éblouies,
Et son giroiement fou jongle avec les étoiles.

Mon âme ! après les journées veules
 se broie sous les mécaniques en fer
Et les mâchoires tritureuses
De tes meules
Le grain remoulu des idées coutumières,

Voisdans la nuit ambiguëau moment
 du sommeil prochain montent les lourdes houles,
Vois donc en toivois virer éperdument
Le Moulin-de-Folie aux quatre couteaux rouges.



(Notes et Poèmes.)


 Théo Varlet 



Lumière des phares, photo prise au vol lors d'un trajet automobile nocturne.
Aventure lumineuse dans la nuit.




"Quel est le but d’un art? 
Nous mettre, de façon plus ou moins complète 
et bien que partant de l’état de veille, 
dans la disposition de réceptivité qui caractérise le rêve "


Dans le monde mystique et émerveillé du rêve. Le cinéma vu par Théo Varlet. 

http://lemasduchemineau.com/




__________

D’origine picarde et flamande
M. Théo Varlet (Théodore-Louis-Étienne) est  à Lille le 12 mars 1878. 
Après des études classiques heureusement achevées chez les Jésuites, 
il se consacra à la littérature, collabora à diverses revues
dirigea pendant quelque temps L’Essor, et publia, dès 1898, 
son premier volume de vers, Heures de Rêve, aujourd’hui introuvable.
MThéo Varletqui dédaigne assez la littérature littératurante
partage son temps entre ses voyages à travers l’Europe 
et une retraite studieuse sur le littoral de Flandre
à Knocke-sur-Mer ou à Bruxelles
II a visitéde 1898 à 1913l’Angleterrela Hollandel’Allemagnela Suisse
Constantinoplela Grèceet surtout séjourné en Provence 
et en Italieparcourant à pied la Liguriela Campaniela Calabre et la Sicile.
En 1905 et 1906MVarlet a fait paraître successivement Notes et Poèmes et Notationsfaisant sienne la sublime parole de Zarathoustra : 
« De tout ce qui est écritje n’aime que ce que l’on écrit avec son propre sang ; écris avec du sanget tu apprendras que le sang est esprit, »

il se donne tout entier au publictel qu’il s’est révélé à lui même au creuset d’une analyse âpre et rigoureuse. 
Les Solitudes et les Intimités sont surtout significatives à cet égard
L’ascète qui vit dans ce mystique du Néantdans ce Surhomme dilettante
tout imprégné des doctrines de Nietzschejoint au mépris du vulgaire
à la fantaisie Ironique d’un Laforgue et d’un Rimbaud
la terrible sincéritéla bienfaisante rudesse et l’étonnante acuité de 
perception de Corbière.

Dans les Lunaires
les Paysages et Villescomme dans ZélandeLondresGrèceItaliepoèmes descriptifsnous trouvons 
quelques-unes des solides qualités de Verhaeren
et un esprit toujours en éveil quiau détail pittoresqueobservé avec amoursait ajouter le piment de quelque rapide analyse psychologique
résumée en un sarcasme cruel et savoureux.
Les Poèmes choisis [1906-1910] (1911), 
écrits à Cassis (Bouches-du Rhône), 
en Calabreà Messinedans « une île du Levant »à Bruxellesà Knocke-sur-Mernous montrent le poète ivre du beau Soleil méditerranéen
dont les « fanfares de lumière » le poursuivent dans ses rêves 
jusque sur les brumeux rivages de la mer du Nord


À Bruxellesà Knockele spleenparfoisl’envahit tout entier
une lassitude de vivre le paralyse, ne lui laisse même plus la force d’aimer 
les « golfes bleus » ; 
mais le désir endormi n’est pas mortet le flamboyant Midi 
semble avoir bien définitivement conquis cet homme du Nord :

Je veux du vierge azur et des soleils brutaux,

Des mers trop bleuesdes jours trop beauxdes soirs trop chauds,

Les pins rêvant au bord des rochers roux ; je veux

Tes orangers et ta lumière…

                                          … régnant sur les golfes heureux…






Gérard Walch - Poètes d’hier et d’aujourd’hui, 1916











                                                         HYDE-PARK


Steppeurs baishuit ressorts aux souplesses de barque,
Laquais poudrés dont la gravité officie,
Dans les éclairs des roues et des nickelsvoici
Phryné aux cheveux d’orsa toilette et ses bagues.



Mais elle distribue à peine un regard vague
 Car un joli chagrin rehausse ses sourcils 
Et laisseméprisant cette démocratie,
Aux miroirs des panneaux défiler Hyde-Park :



Inattentif aux noms d’amour qui le querellent,
Le successeur chéri d’un dernier prince russe,
Trônant sur ses coussins de soie et de dentelle,



Insoucieux d’honneurs et déjà lassé d’elle,
Le ouistiti Darling tranquillement s’épuce
À l’ombre mauve et transparente de l’ombrelle.




(Notes et Poèmes.)


 Théo Varlet 



Confettis orangés de fibres optiques devant écran d'une photo de paysage ancien.
La proue fraîche d'un rêve du jour de lumière.




C'est moi, moi! qui suis la Drogue, 
la vraie, la seule, l'unique, l'incomparable Drogue. 
Je guéris les cors aux pieds des imbéciles, et je sais faire, 

dans les cerveaux de mes fidèles, 
ruisseler les cataractes de la Joie cosmique.



«L'après-midi d'un poète», 1909

 Théo Varlet 





Tête de statue, temple, ruines d'Acragas Girgenti, Sicile, orangé, ocre azur, or.
Souvenir d'Agrigente.



                                                  AGRIGENTE



Au long des murs croulés les temples éclatants,
Frontons fauves, sur l’outremer aiguse gravent
Et, dans le tuf vermiculé des architraves,
Rutilent, feu caillé, les saccages d’antan.


Glauquela plaine dortSur l’Acropole blanc,
La ville se recueille en sieste anonchalie,
Et la suavité d’un trille brasillant

Crépite sur la mer de Libye éblouie.

Hiver d’azursoleil tout grand sur Agrigente,
Tiède mansuétudeet la brise indulgente :
Seulparfoisen sursaut de la langueur déserte,

Sur les larges gradins rayés d’ombres obliques,
Un lézard, débandant son S hiératique,
Sillonne l’ocre d’or de preste foudre verte.



(Notes et Poèmes.)

 Théo Varlet 




Paysage abstrait vert brillant flammé de petites étincelles ocre, bleu azur, rouge.
Floraison prairie de rêves.


Bibliographie
 Heures de Rêve, vers (Lille, 1898) [épuisé] ; 
 Notes et Poèmes (Éditions du Beffroi, Lille, 1905) : 
 Le Dernier Satyreconte (Éditions du BeffroiLille1905 
[hors commerce] ; 
 Notationspoèmes (Éditions duBeffroiLille1906) ;
 Poèmes choisis [1906-1910], 
plaquette tirée à 80 exemplaires,
 tous hors commerce (chez l’auteur
à Cassis [Bouches-du-Rhône], 1911) ; 
 L’Autre Vie (Les Bandeaux d’Or1912).
MThéo Varlet a collaboré à l’Essorqu’il dirigea
au Beffroiau Thyrseà l’Ermitageà la Plume
à la Revue Septentrionaleau Samedi
au Feuà la Revue des Flandresà l’Idée Libreà l’Art Libre
à Poesiaà la Nouvelle Athènes,à la Frondeà Panau Divan
à l'Île dormanteaux Bandeaux d’Orà la Sicile illustréeetc.


Papiers de soie froissés ocres et crème, lavis d'un visage centré,mauve, rose .
Songes d'Odyssées.



En l'état T,1 orgasme cosmique permanent ?